CHAPITRE PREMIER
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+ ÉTIOLOGIE
1 À La pérityphlite est souvent liée à la typhlite dont la plupart des au- Le teurs la considèrent comme un accident ou une complication. Mais 4 nous verrons bientôt que, reconnaissant dans la plupart des cas une
pareille origine, elle peut toutefois, et dans des cas bien déterminés, survenir seule, ou du moins précéder la typhlite, notamment sous l’influence de causes générales.
Sous le rapport de l’âge, la pérityphlite atteint surtout les adultes,
4 c’est aujourd’hui un fait avéré, et les observations nombreuses des 20 auteurs sont concluantes à ce sujet. Rare dans l'enfance et même 3 presque inconnue dans les premiers âges de la vie, elle frappe de Eur
Te | préférence les individus de 20 à 30 ans. Les faits de Bamberger,
; rapportés par Jaccoud et plus récemment par M. Damaschino dans son
Traité des maladies des voies digestives, les observations de Niemeyer
et de Grisolle dans leurs Traités de pathologie interne, ainsi que les
cas rapportés par M. Trélat dans la Semaine médicale du 13 juillet dernier, concordent et concluent dans ce sens. Cette conclusion est
la même dans les thèses de Paulier (1875) et de Gouronnec (1881).
La pérityphlite frappe les hommes plutôt que les femmes, et, chose remarquable, c’est surtout chez les sujets sains et robustes qu’on a en
à combattre cette affection (Grisolle). Cependant il est des affections
générales, notamment la fièvre typhoïde, le rhumatisme et la tuberculose, qui dans certains cas ont évolué pendant cette maladie et dans d’autres ont été masquées par elle. :
Nous arrivons aux causes déterminantes de la pérityphlite et nous allons d’abord la considérer dans ses rapports avec la typhlite, et c’est par les causes de cette dernière que nous débuterons.
La typhlite reconnaît des origines nombreuses ; elle peut survenir soit à la suite d’affections nées dans le cœcum ou propagées à cet organe, soit à la suite de maladies générales. La constipation habituelle en en est une des plus fréquentes. La rétention des matières intestinales à reçu d’Albers de Bonn le nom de typhiite stercorale ; bien que cette typhlite, admise par Ménière, ait été niée par quelques auteurs, notamment par Munchmeyer et M. Béhier, on ne peut cependant contester que l'accumulation des matières fécales puisse produire dans certaines circonstances des accidents redoutables; l'observation de Munchmeyer en est un exemple remarquable, puisque le cœcum distendu par ces matières avait subi une véritable torsion et causé des phénomènes d’accidents mortels. L’obstruction intestinale a pu être également la conséquence d’une énorme tumeur stercorale produite dans le cœcum (Damaschino, Traité des maladies des voies digestives. Paris, 1880). Dans notre observation VI, nous-démontrons que la typhlite peut ne pas reconnaître d’autre cause. |
Les corps étrangers peuvent être également une cause de typhlite, surtout quand ils sont petits et nombreux, notamment dans le fait de Leudet où l’on trouva 513 concrétions intestinales, ou quand ils offrent des aspérités ct des saillies. Ces corps étrangers peuvent pro-
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venir soit du dehors par les voics supérieures, soit de divers entérolithes, ou de calculs billiaires, soit de vers intestinaux. Ces derniers, en dehors des étranglements qu’ils ont pu occasionner, ont, en outre, dans les rares cas ou l’on s’est trouvé en présence d’une typhlite chez les enfants, déterminé des convulsions.
Cependant.on doit faire des réserves à ce sujet ; car, comme le fait remarquer Damaschino, les ascarides, c’est-à-dire les helminthes les plus propres à se réunir en masses agglomérées. ne vivent pas dans le gros intestin ; seuls, les trichocéphales et les oxyures y habitent, et Fon ne peut admettre que des animaux de si petites dimensions soient capables de produire de pareils effets.
Nous pourrons encore citer la vie sédentaire, le rétrécissement et les ulcérations du cœcum. Nous y reviendrons, quand nous aurons à considérer les rapports de la fièvre typhoïde avec la typhlite ; les exercices violents, notamment chez les individus prédisposés ou qui en ont été antérieurement atteints. À ce propos, je citerai un gendarme, dont l'observation a été malheureusement égarée, et qui, ressentant un matin quelques douleurs sourdes dans la fosse iliaque droite, ne trouva rien de mieux, pour se guérir, que de parcourir, au galop de son cheval, l’espace de trente kilomètres. Quand il revint, on fut obligé de le descendre, absolument incapable de faire un pas, et se tordant, frappé par les symptômes d’une pérityphlite suraiguë qui l'obligea de passer un mois à l'hôpital militaire de Lyon (mars 1881).
Bamberger dit que la longueur exagérée de l’appendice iléo-cœcal est une cause de pérityphlite ; nous ignorons jusqu’à quel point cette assertion est fondée, toutefois, 1l est bon de signaler que cet appendice, reste du canal allantoïdien chez le fœtus et oblitéré d’ordinaire chez l’adulte, peut dans quelques cas demeurer perméable et par suite donner passage aux divers corps étrangers ou calculs intestinaux, de même qu'aux matières fécales ; au bien, dans le cas où il est oblitéré, comme à l’état ncrmal, redevenir perméable, sous l'influence d’un | corps très-effilé, par exemple, une aiguille avalée par mégarde, ou une arête de poisson.
FR pre Nous allons maintenant considérer.la pérityphlite dans ses rapports avec les autres maladies; et ici nous nous trouvons en présence de deux ordres de causes: causes externes et maladies générales. Le traumatisme, dans ses diverses formes, donne un certain appoint à la pérityphlite ; les chutes sur le siége, les coups donnés aux angles des meubles occasionnent chez la femme des péritonites. circonscrites ayant leur siége principal dans les ligaments larges. Ces péritonites sont remarquables au début par leur caractère de chronicité ; les malades n’éprouvent dans la région qu’une douleur modérée, mais pouvant s’exaspérer par la pression ; et l’on comprend que ces péritonites siégeant à droite, au milieu des troubles digestifs qu’entraine toujours après elle une telle affection, même partielle et bien délimitée, puissent s’aggraver à la moindre occasion et se propager au tissu cellulaire sous-jacent, alors que, la maladie étant fréquemment indolente par elle-même, la femme continue de vaquer à ses occupations.
Mais, si une telle complication est rare, il n’en est pas de même de l’état puerpéral ; on a remarqué, en effet, que les deux tiers des abcès iliaques survenant chez des femmes évoluaient à l’époque de la par- turition, principalement du deuxième au cinquième jour, et cependant ilest à considérer que les grossesses pénibles ne doivent guère ici entrer en ligne de compte, mais qu'un accouchement long et pénible peut et doit prédisposer à la maladie ; du reste, les abcès sont plus fréquents chez les primipares (Grisolle). M. Trélat a récemment rapporté un exemple analogue qui s’était produit chez une femme ayant eu un accouchement laborieux : les lymphatiques de l’utérus et de ses annexes qui communiquent largement avec ceux de la fosse iliaque s'étaient enflammés ét avaieat donné lieu à un abcès qui fut ouvert. (Semaine médicale du 13 juillet 1882.) Les métrites ont été mises en causes ; mais, malgré les deux observations de Velpeau et les deux cas de M. Piotay rapportés par Grisolle, nous nous rangeons à la conclusion de ce dernier, qui dit que rien ne saurait autoriser les auteurs à prétendre, comme ils Le font, que Les annexes de l'utérus et des ligaments larges en particulier sont le point de départ de phlegmons
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iliaques consécutifs aux couches. Nous ferons une réserve toutefois ; car il existe souvent à la bifurcation de l’iliaque primitive un ganglion, recevant d’une part les lymphatiques du membre abdominal et de l’autre ceux des organes génitaux internes et externes ; et, d’un autre côté, dans un récent travail, M. Castex a rapporté quinze observations « constatant que les abcès iliaques peuvent résulter de plaies, d’ulcérations du membre inférieur ou des organes génitaux, déterminant des lymphangites et des adénites profondes dont le diagnostic au début est des plus difficiles, si on ne remonte pas à la cause. Ces lymphangites ne suppurent pas toujours, mais elles laissent souvent après elles un état subinflammatoire de la partie malade, qui prédispose aux rechutes et qui, au bout d’un temps souvent fort long, peut devenir l’origine de nos abcès iliaques. » (Castex, Trélat). Nous en rapportons nous-même un exemple dans le sujet qui fait l’objet de notre observation LE: la pérityphlite survenant en même temps qu’un anthrax au périnée et récidivant deux mois après. Il est probable que, dans ce cas, il y avait eu adénite profonde, et ce fait est d'autant plus probable que l’adérite des ganglions le l’aine était considérable. Du reste, il n’y eut pas de suppuration.
La suppuration est, au contraire, la règle, quandil y a pénétration dans l’abdomen d’un corps provenant du dehors ou des organes intérieurs. Dans ce dernier cas, rien ne peut tomber dans le péritoine ou dans le tissu cellulaire ambiant qu'après une perforation résultant d’un traumatisme dû à une saillie ou une arête quelconque de £e corps, ou d’une perte de subtance due elle-même au sphacèle du tube intestinal. L’issue de ces différents corps est ordinairement accompagnée d’une certaine quantité de liquide qui. vient joindre son action nocive à leur présence (1).
Dans le traumatisme de cause externe, le mécanisme est le
(1) John Burne (Gazette médicale, 1838, n° 25 et 26) et M. F. Merling dans une thèse soutenue à Heidelberg en 1836, citent plusieurs exemples d'abcès stercoraux de la fosse iliaque droite consécutifs à des perforations (Grisolle).