LA CE ESS
même ; il yairritation du tissu cellulaire, et, si le corps du délit n’est pas propre ou parfaitement poli, des complications surviennent rapidement. Ainsi un morceau de bois pointu qui pénêtre dans Pabdomen, un pieu, par exemple, ou un échalas, peut occasionner du danger non-seulement par sa présence, mais encore par les éclats résultant de la chute ou de la résistance des parois abdominales, et des diverses poussières ou impuretés siégeant à la surface. Si le corps est poli et propre, par exemple, dans les duels dans lesquels un projectile vient atteindre le tissu cellulaire, une balle pourra êtrele point de départ d’une inflammation adhésive et s’enkystera, si on a pris soin de faire garder au malade le repos le plus absolu, ou bien il y aura des accidents qui se calmeront rapidement et la suppuration ne s’établiraqu’à la longue. «Ainsi John Bell, (Traité des plaies, traduction d’Estor, p. 410) rapporte à ce sujet l'observation d’un jeune homme qui fut blessé en duel; les premiers accidents se calmèrent, mais il survint bientôt une fièvre hectique qui emporta le malade un an après l'accident. A l’autopsie, on reconnut que la balle s’était logée au-dessous du muscle psoas et sur la fosse iliaque interne, où elle se trouvait environnée de plusieurs kystes purulents. » (Grisolle.) Enfin des corps étrangers peuvent pénétrer dans l’abdomen sans léser le péritoine, notamment par l’anneau inguinal, en suivant le trajet de la crête iliaque, ou par derrière dans les chutes sur des objets pointus.
Le traumatisme peut encore agir par une sorte de répercussion chez des individus malades ou affaiblis et qui ont eu d’ailleurs dans le
cours de leur existence à souffrir d’une pérityphlite. L'exemple tout:
récent de M, Gambetta est là pour le démontrer. Du reste, nous donnons son observation dans le courant de notre travail, avec les réflexions qu’a suggérées son cas. S
Si nous considérons maintenant l'influence des maladies générales, nous voyons qu’elle est considérable. Et, tout d’abord, lafièvre typhoïde. Dance, le premier, a émis l’opinion que les abcès de la fosse iliaque sont souvent consécutifs à une phlegmasie aiguë ou chronique. Cette opinion a été adoptée successivement par Ménière, M. Lebâtard et
Teallier. Elle est battue en brèche par Grisolle qui prétend que, malgré de nombreuses et profondes ulcérations, soit dans la fièvre typhoïde, soi dans la dysenterie, rien n’est plus rare que de voir l’inflammation se propager au tissu cellulaire ambiant, et il s'appuie sur l’idée de Bordeu et de Bichat qui consiste à regarder le tissu périphérique de ces organes comme formant à ceux-ci une atmosphère qui isole leurs actions morbides. Cependant, il faut admettre que, dans la fièvre typhoïde et surtout dans la dysenterie, il peut y avoir des cas où une ulcération intestinale atteignant le péritoine enflamme celui-ci et, postérieurement, le tissu cellulaire, ou bien encore lorsque des abcès trop fréquents dans ces affections, surtout dans la seconde, décollent la muqueuse sur une large surface, infiltrent les parois musculaires de l'intestin et finissent par atteindre directement le tissu cellulaire, le mal siégeant à la face postérieure du cœcum.
Nous ajouterons que l'opinion de Grisolle à ce sujet n’est pas admise ; car des observations récentes et nombreuses, publiées dans la thèse de M. Gouronnec (Paris, 1881), ont démontré l'influence de cs affections. M. Paulier fihèse de Paris 1875), la reconnaît également, ainsi que M. Damaschino, qui prétend qu’en raison des ulcérations et de la faible sse générsle qu’elle entraîne pendant un temps à sa suite, la fièvre typhoïde détermine parfois la typhlite. La dysenterie l'occasionnerait plus rarement. On a également mis en cause le choléra (Blatin) et les fièvres éruplives, mais toute cette étiologie, d’après M, Damaschino, est fort douteuse. Nous nous rangeons à son avis. Il serait possible que la syphilis, dans ses accidents tertiaires, notamment lors de l’évolution d’une gomme intestinale ou de l’apparition d’une carie du sacrumjou de l’os iliaque déterminât la pérityphlite ; et le fait est d'autant plus probable que M. Treïai à dernièrement étudié, dans une leçon à l’hôpital Necker, des abcès iliaques ayant une origine osseuse qui sont, dit-il, « des ahcès résultan‘ de suppuration, d’ostéite, d’ostéomyélite, de ce qu’or appelait autrefois la carie de l’os coxal. Presque toujours, ces sortes de suppuration, avant de constituer des abcès, sout précédées d’une période pendant laquelle les
symptômes sont très-mal déterminés. C’est une gêne du côté du bassin, quelques douleurs, des troubles, dont on ne sait à quoi attribuer la cause et qui durent jusqu’au jour où, le pus étant devenu plus superficiel, on peut sentir la fluctuation.
La tuberculose a été admise tout d’abord par Albers de Bonn et par M. Leudet. Plus tard Niemeyer et surtout Grisolle ont démontré que cette redoutable maladie peut masquer son évolution en se localisant à une partie du péritoine et que la grande majorité des péritonites chroniques reconnaissaient cette origine. Il prétend n’avoir observé à Vautopsie qu’une seule exception à cette règle. Nous n’insisterons pas sur l'importance de cette affirmation, étant donnée la fréquence des péritonites, surtout dans la première enfance, et cela d'autant plus qu’un ganglion mésentérique suppuré peut s’ouvrir, soit dans la cavité abdominale, soit en dehors dans le tissu cellulaire, ainsi qu’il résulte de deux faits rapportés : le premier par Griesinger, dans son Traité des maladies infectieuses, et le second par Jenner dans le Médical Times (1880). Le liquide cancéreux peut également, à un moment donné, s’épancher en plus ou moins grande abondance, soit dans le tissu cellulaire, soit dans le péritoine, et mettre rapidement, dans les deux cas, un terme aux souffrances du malade.
Je ne citerai que pour mémoire l’hydronéphrose, les néphrites suppurées, les kystes et calculs rénaux : il n’y a guère d’exemple dans la science que la pérityphlite ait reconnu une telle origine ; cependant il est possible que dans la ponction de l’hydronphorose, par exemple, du liquide sunte et s’épanche, et donne lieu à des symptômes de pérityphlite qui dans ce cas est toujours suppurée.
La pérityphlite peut également survenir consécutivement à l’inflammation de la capsule synoviale qui tapisse la branche horizontale du pubis, pour faciliter le glissement du muscle psoas et iliaque. Mais nous n’insisterons pas sur cette origine, car nous n'avons pu trouver dans la science qu’un seul fait de ce genre dû à Velpeau, et encore l’abcès de la fosse iliaque avait-il été trouvé à gauche.
Nous arrivons à la dernière des maladies générales auxquelles on a
Eire
> attribué l’évolution des pérityphlites : le rhumatisme. Cette origine a été
des plus controversées par tous les auteurs qui ont eu à s'occuper de la question, et la négation est presque universelle à cet égard. Grisolle est muet ; Damaschino et Niemeyer admettent surtout l’action du froid humide ; Trélat, dans une leçon faite à l'hôpital Necker et rapportée dans la Semaine médicale (13 juillet 1882), cite un fait probant ; cependant j'ai pu recueillir deux observations qui tendent à démontrer que le rhumatisme peut bien occasionner une pérityphlite ; et, chose remarquable, il n’est pas question dans ces deux cas d’un rhumatisme aigu ou généralisé, mais de la forme lente et subaiguë de cette affection. Le premier fait a été l’objet d’une belle observation donnée par M. Vulpian dans les Archives de médecine (1875, 26° volume, p. 225
et suiv.). Il s’agit d’un jeune homme ayant eu à souffrir d’un rhumatisme, avec quelques douleurs vagues et répétées dans les articula-
tions. Un jour, il entra à l’hôpital, se plaignant de douleurs violentes dans la fosse iliaque droite, de coliques, de constipation et de vormissements. Le diagnostic de pérityphlite fut porté. Des purgatifs répétés amenèrent l'expulsion d’un ascaride lombricoïde ; la maladie céda, mais le malade resta dans le service, parce qu’on reconnut, à l’auscullation du cœur, un bruit systolique ; quelques jours après, il fut pris d’une endocardite aiguë et d’une pleurésie qui tourna à la purulence et qui finit par l'emporter. A l’autopsie, on trouva les lésions de la pérityphlite, et, dans les réflexions qui suivent l'observation, M. Vulpian admet que le malade est mort d'infection purulente, mais qu'il portait en lui un foyer de septicémie. Nous rapprocherons ce fait de
celui de M. Gambetta qui aurait probablement guéri de son accident,
s’il n’avait été sujet à de fréquentes atieintes de périlyphlite dont la dernière a suppuré et a occasionné sa mort. Le second fait nous est fourni par un de nos collègues à l’intérnat de Toulouse, lequel avait souffert, à trois reprises différentes, de douleurs vagues dans le membre supérieur droit et dans l'intervalle a eu à supporter quatre atteintes consécuiives d'une pérityphlite qui heureusement n’a pas reparu depuis plus d’une année. Je dois ajouter cependant que, depuis lors, il subit les inconvénients d’une angine rhumatismale. 3
Ses Nous expliquerons enfin les récidives de la pérityphlite par la présence des adhérences et des fausses membranes qui se forment nécessairement, lorsque l’inflammation atteint la séreuse. Il en est du péritoine comme de la plèvre, où les vaisseaux de nouvelle formation se rompent facilement et à la moindre cause, et occasionnent ainsi une inflammation nouvelle. Le danger serait peut-être plus grand pour le péritoine, car il est possible qu’un paquet de fausses membranes se forme à la face antérieure du cœcum et comprime cet organe de telle manière qu’il puisse donner lieu à des phénomènes rapides d’étranglement, lors de sa distention, par les matières alimentaires.
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