‹ De la PérityphliteChapitre 9 sur 18 · SAT · texte numérisé non relu

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. Pépoque de la révolution laiteuse ; il prétend cependant qy'on ne peut rien conclure de l’activité plus ou moins grande de la sécrétion. Nous émettrons timidement l’idée que, dans certains cas, le rhumatisme peut porter brusquement son action, non sur le cœur, comme dans l'affection aiguë, mais bien sur la portion du péritoine qui tapisse Je côté droit de la cavité abdominale. Par son atteinte brusque, la pérityphlite pourra paraître alors spontanée, d'autant plus que de légères douleurs rhumatoïdes sembleraient ne pas être une cause suffisante dans la pathogénie de l'affection ; mais plusieurs symptômes devront mettre sur la voiedu diagnostic étiologique; l’agitation extrême,le subdelirium, l'urine rouge brique foncée,une teinte subictérique de la peau,

‘la présence de concrétions dans les feces, feront songer, en un mot, à la diathèse urique, à la goutte, aurhumatisine. Il est, en effet, d’autres métastases qui ont peut-être moins encore leur raison d’être et qu’on v’a pu s'expliquer convenablement jusqu’à ce jour, par exemple : les oreillons survenant après une orchite, et réciproquement. Dans le cas qui nous occupe, du moins l’analogie de tissu qui existe entre les articulations et l’endocarde existe de même entre les séreuses articu laires et péritonéales.

En résumé, nous croyons avoir démontré que cette forme de pérityphlite procédait avec une allure spéciale; qu’elle pouvait rester à l’état de congestion ou passer à l’état inflammatoire ; qu'elle était surtout remarquable par ses caractères de généralité et de réaction vive et qu’elle dépendait, le plus souvent, d’une affection diathésique.

Dans cette forme, la pérityphlite peut demeurer à l’état de congestion ; mais elle franchit aisément ce premier degré, pourvu toutefois qu’une cause locale vienne joindre son action à la maladie générale ou à la diathèse. Ainsi, à l’adénite iliaque (observation première), il faudra Joindre l’action du froid; plusieurs crises, en effet, coïncidèrent avec des changements de température, l’action d’un bain ou d’une douche sur l’abdomen. Il est probable, vu la lenteur d’évolution des adénites de cette région. que la pérityphlite aurait avorté sans l’appoint considérable donné par ce facteur nouveau, le froid. La marche géné-

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rale de la pérityphlite est, dans ces cas, la même que celle de la forme congestive, toutefois avec des symptômes inflammatoires plus accentués. Enfin, il est d’autres variétés de pérityphlites dues à une cause locale : ulcérations, perforations intestinales, ouvertures d’abcès dans la cavité abdominale. Ces variétés ne sont autres que des péritonites qui ne tardent pas à se généraliser. La symptomatologie est celle des péritonites suraiguës.

: Nous ne nous appesantirons pas sur la forme tubereuleuse de la maladie; nous dirons seulement qu’elle est remarquable par la lenteur de son évolution, qu’elle est sujette à des poussées congestives corres-

pondant à l’évolution et à la progression des tubercules et qu’elle ne

se différencie des précédentes que par sa marche chronique, de la diarrhée persistante et une cachexie particulière des sujets.

La troisième forme, ou forme cellulaire, est celle qui est décrite dans les auteurs sous le nom de phlegmon iliaque, celle qui est visée dans tous les ouvrages sous le nom de pérityphlite. C’est, en effet, la forme de beaucoup la plus fréquente, presque la seule admise jusqu’à ce jour ; dans tous les cas, la mieux étudiée.

Ces phlegmons reconnaissent une origine multiple; souvent ils prennent naissance à la suite de la gangrène ou d’une ulcération du cœcum ; c’est là la cause la plus évidente et la plus rationnelle de la pérityphlite ; il ne faudrait pas croire touteiois qu’une phlegmasie suraiguë soit fréquente à la suite des épanchements consécutifs aux lésions du gros intestin ; les abcès stercoraux sont en effet assez rares ; quand ils se produisent, ils amènent rapidement la mort. Comme preuve, M. Gouronnec cite dans sa thèse {Paris 1880) 18 observations de pérityphlite consécutives à une lésion intestinale dans le cours d’une fièvre typhoïde et il ne semble pas, d’après ses conclusions, que cette complication soit un accident bien redoutable.

Cependant la marche de la pérityphlite est dans ce cas toujours longue ; le tissu s’enflamme, suppure, parfois se gangrène ; l’abcès produit des décollements considérables et finalement vient se vider ou dans l'intestin, ce qui est la terminaison la plus favorable, ou dans le

D péritoine et, dans ce cas, la péritonite amène rapidement la mort ; ou bien décolle le péritoine pariétal et vient s’ouvrir, après ulcération de la peau, au-dessus du ligament de Fallope. Le foyercommuniquant alors avec l’air extérieur, il survient souvent une infection putride, ou toutefois une fistule cutanée qui persiste indéfiniment (Trélat). Dans notre observation V nous rapportons un exemple analogue. On a vu également ces abcès s'ouvrir dans le vagin, dans la vessie (Grisolle), ce qui ne les empêche pas de s’être déjà en partie vidés dans l’intestin. Le pns peut également se frayer une route dans le membre inférieur droit en passant au-dessous de l’arcade. C’est heureusement une complication des plus rares, et qui entraine après elle des accidents formidables, tels que inflammation de l’articulation coxo-fémorale, phlegmon de la cuisse, fusées purulentes, etc.

Mais, pour qu’une pareille complication soit possible, il faut qu’il y ait destruction de l’aponévrose.du muscle iliaque, et que l’inflammation gagne le tissu cellulaire de ce muscle; le pus suit alors la gaine du psoas et cause les accidents que nous énumérons ci-dessus. M. Aubry, dans les Archives de 1843, et Grisolle en 1847 ont ranporté, le premier un fait, le second deux faits où la capsule fibreuse de l’articnlation fut détruite ; la tête du femur sortit de la cavité catyloïde et le membre inférieur fut porté dans la rotation en dehors, position qu’on ne pouvait modifier qu’au prix de douleurs atroces.

Eafin la laxité du tissu cellulaire périnéphrétique permet de supposer que le pus peut fuser vers le rein et même vers le foie.

Les symptômes à cette période présentent quelque variété. Quand la suppuration s’établit, on constate l’instantanéité el l’acuité de la péritonite aiguë dans les abcès stercoraux, Dans les autres cas, elle s’annonce par une série de petits frissons, avec exaspération vespérale, des sueurs, de l'agitation, de la soif, des élancements dans la partie phlogosée qui avgmente encore de volume. À ce moment, apparaissent où redoublent les nausées et les vomissements. La constipation devient en général plus opiniâtre, soit que la tumeur comprime le cœcum, où que cet organe soit retenu fixement et en quelque sorte

td béant par un tissu cellulaire phlogosé, induré, qui ne lui permet que des contractions faibles (Grisolle). Ces symptômes persistent jusqu’à la formation de l’abcès et son issue dans un organe voisin. La fièvre tombe alors et on constate une détente générale.

Nous entendons, par la forme mixte, la maladie caractérisée tout à la fois par les symptômes de la typhlite et de la pérityphlite. Cette variété est presque aussi fréquente que la précédente, et l’on peut même avancer que la typhlite ne persiste guère sans amener des complications, soit du côté de la fosse iliaque, soit du côté du péritoine. C’est par la typhlite, en effet, que débute forcément la maladie dans les affections générales qui produisent des lésions dans le gros intestin, fièvre typhoïde, dysenterie ; par elle qu’apparaissent les accidents dus à la présence dans le cœcum de corps étrangers, accidents débutant par l’irritation et l’inflammation des parois iatestinales, se terminant par l’ulcération de ces mêmes parois. Parfois, cependant, la maladie éclate si inopinément et sa marche est si rapide, qu’on ne peut faire la part des symptômes qui reviennent à la typhlite de ceux qui sont le propre de la pérityphlite. Notre observation V est un exemple remarquable de cette complication réciproque, où nous voyons un abcès de la fosse iliaque venir s’ouvrir au-dessus du !ligament de Fallope, et, peu après, l'intestin perforé épancher des matières alvines par cette même ouverture. Une observation analogue est rapportée dans les cliniques de Dupuytren (tome INT). Dans les deux cas, les deux maladies ont évolué simultanément et séparément.

Cette forme mixte se voit également dans les affections utérines. M. Trastour et M. Gallard en ont publié chacun une observation que nous rapportons dans notre travail (Voyez observ. IIT et VI.)

Les complications de la pérityphlite sont nombreuses, mais découlent surtout des rapports des tissus et des organes voisins. Les abcès iliaques, notamment, présenteront les symptômes les plus variés, selon que le pus se frayera un passage entre les lames aponévrotiques, remontera le long du cœeum ou perforera un organe du voisinage. La forme péritonéale présentera des différences, selon qu’il existera

ÉOAAPEE seulement dela congestion, une inflammation locale ou générale, ou bien encore un néoplasme. Cependant nous devons ajouter que la pérityphlite affecte rarement une forme quelconque, excepté la forme uberculeuse, sans présenter les symptômes d’une variété voisine. Ainsi il n’est pas rare de voir un malade ayant une péritonite localisée, et plus tard, iors d’une récidive, présenter un abcès iliaque et une typhlite en même temps. La pérityphlite présenta ces variétés chez M. Gambetta, sur lequel on a pu constater à l’autopsie des adhérences anciennes et les désordres qui ont occasionné sa mort.

Nous n’insisterons pas sur les symptômes particuliers qui découlent de la présence du pus dans les organes, ni sur ceite complication particulière et unique jusqu'ici, rapportée par M. Trastour dans son observation, et dont nous a’avons pu nous expliquer la production. Nous voulons parier de la parotidite suppurée.

Nous allons maintenant passer en revue les diverses observations que nous avons pu recueillir. Quelques-unes de ces observations ont élé puisées dans différents ouvrages, notamment daus les journaux de médecine ; d’autres nous sont personnelles ; ces dernières nous ont semblé intéressantes à faire connaître, car presque touies reproduisent l'hisioire de la pérityphlite primitive, que de récents travaux tendent à élucider chaque jour.

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