Fodéré (3) pense que les voies de l’aspiration pulmonaire
(1) Manget , de la Peste, pag. 43.
(2) De la Peste, pag. 273.
(3) Art. Peste du Dictionn. des Scienc. med., pag. 1 •
et de l’absorption cutanée sont les seules par lesquelles les miasmes s’introduisent dans l’organisme. Il cite, à l’appui de son opinion, l’opinion et les expériences de Diedier, qui rapporte qu’un chien contracta la peste, après qu’on lui eut injecté dans la veine crurale de la bile de pestiféré-, ce chien n’avait jamais été incommodé jusqu’alors , quoi qu’il eut fait sa pâture habituelle des bubons retranchés aux malades, et des plumasseaux chargés de pus qu’on jetait à terre dans les pansemens. M. Desgenettes cite des observations semblables de chiens qui se repaissaient de chairs charbonnées et de cadavres de pestiférés, sans contracter la maladie.
« 11 paraîtrait donc à peu près démontré, ajoute Fodéré, que la contagion ne se gagne pas par les voies digestives, ce qui avait déjà été établi pour la petite-vérole, qu’on n’avait pas réussi à inoculer, en mélangeant les croûtes avec les alimens (1). »
3. M. Bulard (2) rejette l’absorption veineuse par le système pulmonaire, s’appuyant sur ce fait que jamais « la plus ténue et la plus susceptible des parties des organes respiratoires ne présente la plus légère altération de fonction ni de tissu ; » se fondant encore sur les recherches cadavériques qui lui ont toujours montré « le système ganglionaire lymphatique constamment et
gravement altéré, sans que 1 altération, dont il est le siège, puisse être physiologiquement rapportée à l’altération préalable du sang, puisque, dans beaucoup de cas , il n’y a pas d’autres lésions concomitantes justificatives d’une viciation sanguine, à priori (3). » L’auteur pense que a les absorbans dermoïdes d’un côté , les absorbans muqueux de l’autre , sont les deux voies par lesquelles pénètre le principe pestilentiel. »
(1) Ouv. cit, pag. 114.
(2) De la Peste, pag. 84.
(5) Ouv. cit. , pag. 85.
dgkÉe de l’incubation d’après les contagionistes.
Les contagionistes admettent en général le terme de sept jours, al.—
Il existe des faits d’incubation très-prolongée , a. 2.
1. Nous avons dans le premier chapitre parlé de 1 incubation de la peste d’une manière générale, abstraction faite de la nature
de l’agent morbide. . .
Nous avons dû revenir sur ce sujet, parce que les opinions
émises à cet égard par quelques contagionistes sont d’un ordre tout-à-fait à part. Félix Plater (1), Daniel Sennert (2), Fabrice de Hilden (3), Hoffmann (4), Pestallossi (5), F. Franc (6), etc., fixent la durée moyenne de l’incubation à sept jours. Ils admettent cependant que la maladie produit quelquefois ses effets
très-promptement , tandis que, dans d'autres circonstances, elle prolonge indéfiniment sa durée. Ainsi Lernet(7)cite le cas d’un jeune homme qui , s’étant assis sur un char , lequel avait servi à transporter un malade à l’hôpital, fut atteint le jour même de la peste, et succomba le lendemain. Schraud rapporte le fait d un Allemand qui, pendant la peste de Srnyrne, eut la témérité de revêtir les culottes d’un pestiféré. Il fut pris au bout d’une heure de céphalalgie et de vertiges, et succomba une heure après. D’autres historiens citent des exemples d’une incubation plus courte