‹ De la peste observée en Égypte. Recherches et considérations sur cette maladieChapitre 61 sur 82 · DE LA NON-CONTAGION · texte numérisé non relu

DE LA NON-CONTAGION

A. Expériences sur l’homme. — Willis, a. 1. — Peste de Moscou, a. 2. — Expérience de White, a. 5. — de Desgenettes, a. 4. — de Valli, a. 5. — cVAuban, a. 6. — Expériences faites à Tanger, en 1818, par Sola, a. 7.— Expériences de Rosenfeld à Constantinople, a. 8. — Expériences de Clot-Bey et de Bulard au Caire, a. 9. — Première observation, a. 10. — Deuxième observation, a. 11. — Troisième observation, a. 12. — Quatrième observation, a. 15. — Cinquième observation, a. 14. — Expériences de MM. Bulard et Clot-Bey sur euxmêmes, a. 15. — • B. Expériences sur les animaux, a. 16.

A. Expériences sur V homme. — Les expériences faites sur l’homme ont été nombreuses.

1. On prétend que Willis s’inocula la peste à Londres en 1665 et qu’il en mourut. Je n’ai pas pu trouver sur ce fait des détails suffisans.

2. Dans la peste de Moscou de 1771 , on fit quelques expériences sur des condamnés , expériences qui se bornèrent a leur faire revêtir les habillcmcns et à les coucher dans les lits des pestiférés ; après avoir auparavant exposé pendant quarante-huit heures , à un froid du mois de décembre, les objets avec lesquels les condamnés devaient être en contact immédiat. Ces épreuves n’eurent point pour but de prouver la transmission de la maladie, chose dont on ne doutait nullement; on voulait seulement démontrer que le froid était susceptible d’annuler l’action du \ uus pestilentiel. U n’est pas nécessaire de dire que ces expériences n’ont absolument rien prouvé.

3. Au rapport de M. Mac-Grégor, White, médecin de 1 armée anglaise en Égypte, s’inocula le pus d’un bubon, contracta la maladie, et mourut le neuvième jour de l’inoculation. Au p î de l’aine, lieu où il avait pratiqué l’inoculation, il survint une pustule charbonneuse.

Sans chercher à réfuter ce fait, je ferai remarquer cependant qu’en temps d’épidémie un individu peut facilement contracter la peste, dans l’espace de neuf jours, en même temps que la piqûre

prend le caractère de la maladie léguante. r ^

4. Desgcnettes, lors de l’expédition française en Egypte, sinocula le pus d’un bubon d’un convalescent; mais son intention était moins d’expérimenter que d’agir sur le moral des soldats.

«Pour rassurer, dit-il, les imaginations et le couiage ébranlé de l’armée, je trempai une lancette dans le pus d’un bubon appartenant à un convalescent de la maladie au premier degré, et je me fis une légère piqûre dans l’aine et au voisinage de l’aisselle, sans prendre d’autres précautions que celle de me laver a\ec de peau et du savon qui me furent offerts. J’eus pendant plus de trois semaines deux petits points d’inflammation correspondant aux deux piqûres. Ils étaient encore très-sensibles , lorsqu’au retour d’Acre, je me baignai en présence d’une partie de l’armee

dans la baie de Césarée. »

Il semblerait que Desgcnettes, en pratiquant cette inoculation, n’était pas très-rassuré sur le résultat de 1 expérience; cai, ou-

Ire que les piqûres étaient Fort légères , il eut 3a précaution de se laver avec de l’eau et du savon. 11 est évident qu'il n’en fallait pas davantage pour enlever la petite quantité de pus qui avait pu être introduite par la pointe de sa lancette. Par ce procédé on parviendrait toujours à neutraliser les effets de tous les virus possibles. A part le résultat moral, l’expérience de Desgenettes ne prouve rien.

5. Yalli ayant observé pendant son séjour à Constantinople que les varioleux ne contractaient point la peste, et ayant présumé que cela tenait à la nature du virus de la petite-vérole, imagina, pour dompter la contagion pestilentielle, d’inoculer un mélange de virus variolique et de pus de bubon, et il voulut en faire d’abord l’expérience sur lui-même. Voici comment il sa prit .

(( Ayant empoisonné , dit-il , la pointe d une lancette avec un mélange de virus variolique et de pus pestilentiel , ii se l’inocula entre le pouce et l’index de la main gauche, en intéressant légèrement îestégumens. Peu après il éprouva de l’engourdissement, de la gêne et un léger prurit à l’endroit de la piqûre. Plus tard il pressentit quelques symptômes morbides généraux qui l’empêchèrent de reposer. » — Mais ces symptômes furent probablement occasionnés par l’immense quantité de café, d’eau-de-vie, de vin et d’opium dont il faisait usage depuis quelque temps. Huit jours après l’inoculation , Yalli était parfaitement rétabli et en pleine santé.

Il est évident que ce médecin , tout en affectant un grand courage, n’était rien moins que rassuré, et la preuve de ce que j’avance , c’est que, pour se donner du cœur, il avait bu largement et s’était mis dans un état d’ivresse. Ce qui prouve encore qu’il était influencé par la peur , c’est qu’à plusieurs reprises il se lava les mains et la figure avec l’eau des tanneurs , et qu’il arrosa souvent, avec cette eau, le parquet de sa maison. Yalli prétendait que les exhalaisons des eaux où sont tenues en macération des peaux et des substances contenant du tannin , ou neutralisent le venin pestilentiel, ou modifient nos nerfs de manière à les rendre insensibles au contact et à l’impression de ce venin.

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Le même Yalli a inoculé à vingt-quatre individus un mélange de pus de bubons et de virus varioleux , et aucun d’eux n’a contracté la peste.

Selon moi , cela ne prouve pas que la petite vérole soit un préservatif ; cela indique seulement que le pus des bubons n'est pas susceptible de donner la peste.

6. Un médecin nommé Àuban, qui exerçait à Constantinople à l’époque où Yalli faisait ses expériences , prétendit aussi que la vaccine préservait de la peste. Il citait à l’appui de son opinion les nombreux enfans qu’il avait vaccinés et dont aucun n’avait contracté la maladie, quoique beaucoup d’entre eux eussent été en contact avec des pestiférés. Nous avons suffisamment réfuté

cette assertion.

7 Expériences d'inoculation faites à Tanger en 1818-19.

- Le docteur Sola fit, en 1818-19, à Tanger, des expériences d’inoculation sur quatorze déserteurs espagnols condamnes a mort ; voici comment se firent ces épreuves et quels résultats elles donnèrent.

« La sanie fut prise sur des personnes chez lesquelles la peste s’était présentée avec les symptômes les plus malins. On s en servit immédiatement pour les inoculations qui furent executees par le moyen de douze incisions faites avec la lancette , c’est-à-d.re trois dans chaque région inguinale, et trois sous chaque aisselle, apres avoir frotté les parties avec l’huile. Sur huit des inocules, on fit en outre, avec le bistouri, quatre autres incisions, longues d’un pouce, intéressant légèrement les tégumens communs, et dans ccs ouvertures , on injecta la matière combinée avec de l’huile. Sept des patiens ne sentirent aucun effet et n’eurent aucun symptôme général ni local , peut-être parce qu’il manquait en eux quelque prédisposition naturelle qui est nécessaire pour favoriser la contagion ; mais, chez les sept autres, il se manifesta, quatorze heures après l’inoculation, quelques légers symptômes locaux ; c’est-adire, chez trois d’entre eux, un petit bubon sur une des aines \ chez un autre , un cliarbon au centre de la fesse gauche -, et , chez es trois restans , des symptômes généraux fébriles, a\ec une légère

et vague irritation autour de l’incision. Les patiens avaient été de suite enfermés dans des chambres séparées , où , à la première apparition des symptômes , il leur fut fourni immédiatement de Lhuile, tant pour boire que pour se frictionner en dehors, avec quoi tous, sans faire usage d’aucun autre remède, guérirent parfaitement, le plus grand nombre dans la même journée, et les autres dans les vingt-quatre heures qui suivirent. Tous continuèrent à se porter parfaitement , malgré qu’ils s’exposèrent souvent au danger de contracter la peste. »

a II eût été intéressant qu’on eût pu, ainsi que le désirait M. le docteur Sola, obtenir la contre épreuve, non-seulement de la vertu active du pus des bubons en opérant sur les mêmes individus ou sur d’autres , mais encore du caractère préservatif imprimé de l’inoculation.

))Ces observations ont été faites non-seulement en ma présence, mais devant un grand nombre de chrétiens résidant dans le pays , parmi lesquels se trouvait le révérend supérieur du couvent espagnol, de l’ordre de saint François , et l’agent de santé établi par le gouvernement britannique , qui assistèrent à toutes les épreuves et qui peuvent dire : Quorum -pars magna fui; et je puis affirmer sur mon honneur que je ne crains pas qu’on trouve dans mon récit une seule parole qui soit supposée , feinte ou exagérée (1). »

On voit que les expériences n’ont pas été faites dans le but de constater la contagion de la peste par le moyen de l’inoculation, car l’auteur ne doute nullement du caractère contagieux de la maladie ; cela seulement dans le but de s’assurer, de confirmer la vertu prophylactique et curative de l’huile. Il est curieux de voir avec quelle naïveté il admet l’existence de la peste chez sept individus qui n’ont eu que de légers phénomènes , effets de la peur des incisions auxquelles ils ont été soumis , et de l’injec-

(1) Lettre de M. Graberg de Hemso, adressée au docteur Louis Grossi , médecin du collège royal médico- chirurgical de l1 université de Gênes. Gênes, 1820, pag. 18-19.

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tion irritante qu’on a pratiquée sur eux. Il est plus curieux encore de remarquer quelle prompte efficacité il attribue à son iemède, qui, en peu d’heures , suffit pour faire disparaître tout symptôme morbide. Il est vraiment surprenant qu’un homme , instruit d’ailleurs et recommandable sous beaucoup de rapports , se laisse entraîner par la préoccupation de pareilles chimères. Quant à nous, nous ne trouvons, dans ces expériences, qu’une preuve de plus de l’innocuité du prétendu virus pestilentiel.

8. E xjpèrî67ic6S de RosGTiJ'GÏd '. — - En 18 IG , un Allemand , nommé Rosenfeld , espèce de médecin sans diplôme ni science , crut avoir trouvé un préservatif assuré contre la contagion de la peste. Muni de son antidote /il se rend un jour à Constantinople, demande à être introduit dans l’hôpital grec des pestiférés , se renferme avec les malades et s’adjoint , en qualité de drogman-, un jeune Grec qu’il a persuadé de 1 efficacité de son

remède.

Ce fut le 15 décembre que l’homme au secret et son initié allèrent se mettre en quarantaine dans l’hôpital , au centre de l’infection qu’ils. étaient persuadés de traverser sains et saufs. Ils étaient là depuis douze jours, en rapport de tous les instans avec les pestiférés qu’ils touchaient sans précautions, quand Rosenfeld, fort de son moyen et encouragé par la réussite de son début , voulut ; pour rendre le résultat plus concluant, s’enduire le corps de matières purulentes de bubons et de charbons.

L’opération eut lieu le 27 décembre, et le 18 janvier, c’est-àdire vin-t-deux jours après, Rosenfeld commença à accuser quelques symptômes morbides -, bientôt la peste se développa dans toute sa violence, et, quatre jours après , le malheureux succombait, payant de sa vienne entreprise follement conçue et malheureusement terminée.

Que conclura-t-on de ce fait *?

Deux personnes restent enfermées trente-cinq jours dans un hôpital , au milieu de centaines de pestiférés , avec lesquels elles sont continuellement en rapport , sans éprouver aucun acculent. D'ne d’elles se frotte le corps de matières pestilentielles , et ce

n’est que vingt-deux jours après cette expérience qu’elle éprouve les premiers symptômes de la maladie. Est-ce, je le demande, cette opération , vieille de vingt-deux jours , qui peut être regardée comme la cause du développement du mal ?

Qu’on avoue plutôt que ces résultats n’ont rien prouvé , pas plus sous le rapport de la contagion que relativement à la durée de l’incubation.

9. Pour compléter mes recherches sur la peste, j’ai dû moimeme faire aussi des expériences sur l’inoculation, bien que je n’y attachasse aucune espèce d’importance , parce que je n’ai jamais cru à l’existence d’un virus. Jamais non plus je irai considéré les bubons ni les charbons , pas plus que les pétéchies, comme des pustules virulentes analogues à celles de la petite-vérole ou de la vaccine. Aussi, quand M. Bulard proposa de tenter des inoculations , m’étais -je d’abord prononcé contre ce moyen , non pas comme on l’a dit méchamment , parce que je n’étais pas l’auteur d'une proposition qui venait naturellement à tout le monde , mais uniquement parce que je la croyais sans importance.

Cependant , ne voulant pas résister aux désirs de mes confrères , j’allai moi-même demander au ministre de l’intérieur des condamnés pour tenter des épreuves. Mais j’étais convaincu que toutes les expériences n’aboutiraient à rien , parce que les individus sur lesquels on allait expérimenter étant employés comme infirmiers dans 1 hôpital, et se trouvant placés, pour cette raison, au centre de l’infection , pouvaient très-bien contracter la maladie indépendamment des épreuves par lesquelles ils allaient passer. Je savais , d’un autre côté , que si ces malheureux venaient à être atteints apres 1 inoculation , beaucoup de personnes ne manqueraient pas de mettre sur le compte de celle-ci des faits, résultats natuiels des conditions où se trouvaient placés les condamnés.

Enfin, les expériences furent faites, et on verra ce qu’elles ont prouvé. On aurait pu multiplier ces opérations, car il est peu d Arabes qui, pour quelques piastres (pièces de cinq sous), ne se fussent soumis à l’inoculation. Plusieurs des infirmiers de

l'hôpital , séduits par l’appât du gain , demandèrent à être mis à l’épreuve ; mais nous ne nous crûmes pas en droit de le faire. Du reste , nous le répétons encore , de quelle valeur sont ces expériences, faites en temps d’épidémie, dans un hôpital encombré de pestiférés , sur des gens qui se trouvent au milieu du foyer d’infection? Et qu’y a-t-il d’extraordinaire que sur neuf épreuves différentes, tentées à diverses époques sur cinq individus, on ait vu se développer trois cas de peste? Mais ce nombre est encore fort au-dessous de la proportion du reste des servans atteints , et il est à présumer que la maladie en aurait attaqué bien davantage si ces cinq personnes fussent entrées à l’hôpital dès le commencement de l’épidémie.

D’un autre côté , si Id prétendu virus pestilentiel jouit de la propriété que lui reconnaissent les contagionistes , pourquoi aucune des piqûres de l'inoculation n’a-t-elle rien produit? Car n’est-ce pas le caractère propre des maladies virulentes de donner naissance à des phénomènes morbides aux lieux où l’inoculation a été pratiquée.

10. Expériences faites à T hôpital du Caire . — Observation lre. — Le 15 avril , à quatre heures de l’après-midi , un condamné, appelé Ibrahim Hassan, revêtit la chemise et le caleçon d’un pestiféré , encore imprégnés d’une sueur abondante. L’individu soumis à l’épreuve fut placé dans le lit du même pestiféré, et il y resta jusqu’au lendemain matin.

Pendant les quatre jours qui suivirent, on n’observa chez le condamné aucun symptôme anormal ; mais dans la soirée du 19, il accusa du malaise, de la céphalalgie, de l’abattement. Bref, la peste se développa avec toutes ses allures, et l’individu succomba dans la nuit du 23, quatre jours après l’apparition des premiers symptômes.

11. Obs. 2e. — Le même jour (15 avril), l’expérience fut répétée de la même manière sur un autre condamné.

Jusqu’au 20, il n’y eut rien d’anormal : aucun symptôme de peste n’avait encore paru. Mais dans la matinée du 21, des signes non-équivoques se développèrent, et le lendemain, l’individu of-

frait un bubon à l’aine gauche. Cependant la maladie ne présenta pas la même intensité que la précédente, et le 24 , le sujet de cette observation entrait en convalescence.

12. Obs. 3e. Le 18 zilkedjéon inocula à un troisième condamné, par quatre piqûres pratiquées à la partie antérieure de l’articulation huméro-cubitale droite, du sang récemment tiré de la veine céphalique d’un pestiféré malade depuis deux jours.

Jusqu’au 20, le patient ne présenta rien de nouveau; mais, dans la nuit suivante, il accusa un malaise générai , et le 21 au matin , tous les symptômes qui s’étaient développés inspirèrent quelques chutes sur la nature de l’affection. Le condamné eut le 22 un commencement de bubon qui s’affaissa rapidement et ne suppura point.

Le 26 , il était convalescent.

13. Obs. 4e. L’individu de l’observation deuxième que nous avons vu soumis à l’épreuve du revêtissement d’effets pestiférés, et qui avait offert des symptômes assez bénins , fut inoculé vingt jours après, à l’aine et sous l’aisselle, avec la sérosité prise sur la phlyctène d’un charbon.

Cette tentative ne produisit aucun effet, et on n’obtint pas plus de résultat d’une seconde opération qui fut tentée huit jours après sur le même, avec du sang qu’on inocula.

14. Obs. 5e. Un cinquième condamné , âgé de seize ans , fut inoculé le 20 avril avec la sérosité prise sur une phlyctène de charbon. Cette inoculation fut comme la précédente sans résultat.

Dix jours plus tard , on répéta l’expérience sur le même individu, de la meme manière qu’ auparavant, mais sous l’aisselle et à la région inguinale droite , avec le pus d’un bubon qui venait d’être ouvert. Comme la première fois, on n’obtint qu’un résultat négatif.

Enfin, quinze jours après, l’individu fut inoculé pour la troisième fois ; et cette fois encore aucun symptôme de peste ne se manifesta. Disons ici que les tégumens ni le tissu cellulaire chez

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CCS deux individus n’ont donné lieu, près des points d’inoculation,

à aucune espèce de travail inflammatoire.

15. Expériences de M. Bulard et de V auteur. — Pour justifier ce que nous avions osé faire a d autres, M. Bulard et moi pensâmes devoir tenter sur nous de semblables expériences.

M. Bulard fit ôter à un pestiféré la chemise qu’il portait depuis la veille, se l’appliqua immédiatement sur la peau, et la garda pendant quarante-huit heures. Je pris moi-même du sang d’une saignée faite au malade, et me pratiquai six piquies assez profondes, dont trois à la partie antérieure de l’avant-bras gauche et trois au pli de l’aine droite. Nous ne prunes ni 1 un ni 1 autie aucune précaution pour atténuer l’effet de ces expériences. Quelques jours après , je m’inoculai du pus de bubon , au moyen de trois piqûres faites a la partie interne du bras gauche. Ces trois épreuves eurent lieu en présence de nombreux témoins , et procès-verbal en fut dressé. Nous n’éprouvâmes aucun symptôme de la maladie.

Je dois faire remarquer que les sujets qui furent choisis pour ces expériences étaient gravement malades, et que tous deux moururent peu de temps après.

L’inoculation du sang ne m’inspira aucune espèce de ciainte, et. contrairement à l’opinion de MM. Bulard et Lachèze, j étais convaincu que l’agent morbide ne résidait pas dans cette humeur.

Quant à l’absorption du pus, je pensais que cette matièie, comme le produit d’une phlcgmasie quelconque, m’occasionnerait dans l’économie une perturbation plus ou moins foi te, mais rien de plus. En effet, je fus incommodé pendant deux ou trois jours , mais aucun symptôme pestilentiel ne se manifesta chez moi.

Quant à M. Bulard , il n’éprouva absolument rien.

Ainsi se sont passés les faits; que chacun en tire la conclusion qui lui paraîtra la plus logique et la plus juste. Ainsi s’accomplirent ces épreuves, auxquelles pour mon compte je me soumis sans crainte et sans répugnance , comme sans espoir d’en rien obtenir de certain.

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