‹ De la peste observée en Égypte. Recherches et considérations sur cette maladieChapitre 62 sur 82 · Expériences sur les animaux. — Lors de la peste de · texte numérisé non relu

Expériences sur les animaux. — Lors de la peste de

Marseille, Deidier fit plusieurs expériences d’inoculation sur les animaux, entre autres, sur deux chiens auxquels il fit avaler de la bile de pestiférés , sans qu’ils contractassent la maladie. Le même raconte aussi qu'un chien de l’hôpital du Mail, à Marseille, suivait le chirurgien lors des pansemens, qu’il avalait avidement les plumasseaux chargés de pus qu’on détachait des plaies des pestiférés, léchait le sang répandu à terre, continuant de la sorte pendant trois mois, sans cesser de jouir d’une santé parfaite.

Une observation semblable se trouve consignée dans les mémoires du baron Desgenettes , médecin en chef de l’expédition française en Egypte.

a Des bandes de chiens affamés , dit-il , comme ceux qui durent dévorer Jézabel, rôdaient continuellement autour de nos ambulances. On les vit se jeter avec avidité sur des cataplasmes qui avaient recouvert des bubons, manger des chairs charbonneuses, se repaître de cadavres pestiférés sans qu’ils aient contracté la maladie. Àu moins en voyait-on rarement de morts aux environs de nos ambulances. »

Pendant l’épidémie de 1835, des expériences d’inoculation sur les animaux furent également faites à Abouzabel et au Caire.

On inocula à plusieurs chiens du sang extrait du cœur ou des gros vaisseaux des cadavres, au moyen d’incisions faites à la peau. Des parties de bubons à différents états d’altération furent mis en contact avec le tissu cellulaire sous-jacent. A d’autres, on inocula du sang des saignées, du pus des abcès, des bubons entiers. La sérosité rougeâtre de la vésicule charbonneuse fut introduite dans le tissu cellulaire sous -cutané d’un âne, à la face interne de la cuisse : on eut soin de pratiquer sous la peau une espèce de poche, où le liquide pût séjourner assez long-temps pour que l’absorption en fût certaine. On répéta la même expérience avec du sang sortant de la veine. Dans tous ces cas, on n’a jamais obtenu que des résultats négatifs ; les animaux n’ont montré aucun signe de souffrance; leurs fonctions ont continué de s’exécuter normalement, et chez ceux qui ont subi l'incision la blessure s’est guérie facilement, sans que l’inflammation ait rien offert de particulier.

à laquelle on ne croit plus du tout , a cependant été rapportée bien sérieusement par des médecins d’un très-grand mérile.

Toutefois la croyance à la contagion de la phthisie est encore dans toute sa vigueur en Italie et en Espagne. Il existe dans les hôpitaux de Rome des salles exclusivement réservées aux phthisiques , et j’avoue que j’ai été aussi surpris qu’affligé, de voir dans la capitale du monde chrétien , au centre de la civilisation et des progrès, subsister un usage aussi ridicule et barbare. Car, on ne peut se le dissimuler, quelles doivent être les impressions du pauvre malade qui arrive à l'hôpital , ignorant encore la nature de son mal - parce qu’un médecin prudent et humain lui a dit que c’était un catarrhe, un rhume négligé — et qui se voit introduit dans la salle où il sait qu’il n’y a que des maladies incurables N’est-ce pas annoncer hautement à ce malheureux sa sentence de mort? Heureusement celle-ci ne reçoit pas toujours son execution ; car des hommes de l’art qui sont aussi arriérés dans la science ne doivent , le plus souvent, porter qu’un diagnostic fort

inexact.

7. Dysenterie . — Jusqu’à ces derniers temps, on a proclame la contagion de la dysenterie ; on trouve même dans plusieurs ouvrages modernes des preuves et des raisons en faveur de la nature contagieuse de cette maladie. Cependant , on ne pourrait admettre tout au plus que l’influence infecte de sécrétions morbides, dans les lieux où sont entassés des dysentériques. Encore est-il bien difficile de distinguer si c’est l’infection ou bien d’autres

causes qui ont produit la maladie.

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