‹ De la peste observée en Égypte. Recherches et considérations sur cette maladieChapitre 68 sur 82 · Si , au contraire, il est bien démontré · texte numérisé non relu

Si , au contraire, il est bien démontré

« Oue les gens de l’équipage elles passagers étaient, au moment

du départ , eu bonne santé ;

» QLie , dans le pays du départ , la santé publique était bonne ; ou’il n’y existait aucun soupçon de maladie pestilentielle, ou que la maladie contagieuse qui y régnait avait cessé depuis plus de

quarante jours;

» Que, dans les pays voisins et dans ceux avec lesquels on est en libre relation, il n’existe aucun soupçon de maladie pestilentielle ;

» Que les pays d’où proviennent les marchandises composant la cargaison du bâtiment n’offrent non plus aucun soupçon ;

)> Si , d’un autre côté , l’équipage et les passagers se sont maintenus en bonne santé pendant la traversée ; s’ils se trouvent en bonne santé à leur arrivée;

» Si , dans le cas où il y aurait eu des malades à bord , les maladies n’ont offert aucun soupçon de contagion , ou si elles ont

cessé depuis plus de quarante jours;

» Si , pendant la traversée, le bâtiment n’a relâché sur aucun point suspect ou infecté, et s’il n’a eu aucune communication avec les provenances suspectes ou infectées ;

w Si l’administration sanitaire n’a point reçu de nouvelles qui annoncent que, peu après le départ du bâtiment, il se soit manifesté quelque maladie suspecte ou contagieuse dans le pays du départ ;

» Si enfin les papiers du bord sont en règle ; s’il est évident qu’on n’y a fait aucune altération ni soustraction propre à cacher la vérité; si l’interrogatoire est satisfaisant et s’il en résulte des motifs suiïîsans de conliance et de sécurité (1); »

Pourquoi dans ces circonstances , disons-nous , pourquoi la

(1) Extrait des réglemens- et ordonnances sanitaires.

PROPHYLAXIE

provenance, qui est classée sons le régime de la patente nette , est-elle mise en quarantaine , et en quarantaine de dix à quinze jours ! ! ! C’est une précaution aussi inutile pour tous qu'elle est préjudiciable aux individus soumis aux exigences de la loi.

IG. Il est une chose non moins criante que le défaut que nous avons signalé , c’est la durée des quarantaines en général. Sur quoi devrait être basée cette durée? Sur celle de l’incubation , évidemment. Or, si de l'aveu même des contagionistes (je n’entends parler ici que des hommes sensés et non de ceux qui voudraient faire croire que le corps vivant est susceptible de conserver un temps illimité le soi-disant virus pestilentiel), si , de l’aveu des contagionistes , la peste ne peut rester latente dans un individu plus de dix jours sans se manifester par des symptômes morbides, pourquoi donc maintenir des quarantaines de trente et quarante jours?

17. a Pour comble d'inconséquence, dit M. Sanson , la durée de la quarantaine est en raison inverse de la traversée ; quinze jours d'Alger, vingt-cinq de Tunis et de Morée , quarante de Syrie, etc., etc. » (Lettre au ministre.)

18 . Si l’on ne tient aucun compte du temps que les provenances ont passé à la mer, de l’époque depuis laquelle les navires ont quitté le pays infecté ou suspect, et cela, dit-on, parce que les germes pestilentiels peuvent être contenus dans divers objets où ils conservent long-temps leur propriété contagieuse, pourquoi donc, quand un navire arrive dans le port , imposer la quarantaine à l’équipage dans son propre vaisseau ? Pense-t-on que le parfum que l’on promène quelques minutes dans le navire suffise pour détruire tout ce que celui-ci renfermerait d’impur ou de suspect? Non, évidemment ; et , pour preuve , c’est qu’après cette prétendue purification, le bâtiment continue sa quarantaine, et que les marchandises sont transportées dans le lazaret où on les expose à la ventilation pendant quarante jours. Donc le navire, après comme devant , est susceptible de renfermer encore des germes de peste et de les propager. Et cependant, on impose à l'équipage l’obligation de continuer ù vivre parmi des objets d’un périlleux

ggg prophylaxie.

contact (périlleux au dire des contagionisles) , de respirer une atmosphère dangereuse quand il y a possibilité pour cet équipage de se trouver dans des conditions toutes différentes.

19. Tous les vices que nous venons de signaler ont été indiqués depuis long-temps par tous les hommes qui se sont occupés des mesures sanitaires. Depuis long-temps , on demande des réformes pour des précautions illusoires dans quelques cas, inutiles dans d’autres, et toujours vexatoîres et dispendieuses.

2.0. Règlemens pour les peslifeTes . a On piocede au débar quement d un malade atteint de maladie pestilentielle en faisant suivre l’embarcation dans laquelle il se trouve par un des bateaux de garde qui sont établis au port de Pomegue , pour su 1 veiller

ï équipage d un navire pestiféré.

» Ce malade, arrivé dans l’enclos de Saint- Roch, est logé dans une des chambres les plus voisines de la barrière de fer....

» On procure à l’individu qui soigne le malade des sabots de bois , une camisole , des pantalons et des gants de toile cirée , dont il se revêt lorsqu’il entre dans la chambre du malade pour lui approcher quelque remède au bout d’une planche ; il quitte ce vêtement aussitôt qu’il est sorti de la chambre, et il l’expose au grand air.

» On procure au chirurgien des vètemens de toile cirée

semblables à ceux dont il a été parlé.

» On lui remet des instrumens à longue queue pour qu’il puisse en faire usage sans toucher le malade (l). » (Extrait des réglemens de l’intendance de Marseille.)

(1) Voir les deux figures qui se trouvent à la fin du volume, et qui représentent le costume de médecins du lazaret à deux époques différentes. Le premier costume, qui remonte à l’année 1720, est des plus grotesques •. il se compose, outre l’attirail ordinaire, d’une espèce d’étui en forme de bec, appliqué sur le nez, et recélant dans son intérieur des parfums dèsinfectans. La seconde figure représente un costume de l’année 1819, costume quia peu varié depuis cette époque. Les chirurgiens sont représentés l’instrument en main, et tels qu’ils doivent être quand ils vont s’approcher du malade I

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21. Qu’on songe aux résultats de ces mesures. Qu’on sc représente un pauvre malade relégué dans une espèce de cachot , seul , isolé , ne recevant d’autres soins que ceux d’un homme qui , dans son lugubre attirail , se tient à l’écart , et ne doit souvent donner aucune assistance au pestiféré. Qu’on songe à l’effet que doit produire sur un esprit malade , sur un cerveau pusillanime , l’aspect d’un semblable fantôme; et quand, sous ce meme costume , le malheureux voit paraître le chirurgien qui s’avance pour l’opérer, trouve-t-il dans l’homme qui devrait le consoler, le soulager, autre chose qu’un sujet d’horreur et d’effroi?

22. Code pénal. —11 existait naguère des articles dans les instructions de la santé qui spécifiaient les peines infligées contie les cas de non-révélation , s’agit-il d’un ami , d’un parent , d un frère, d’un père, d’une mère! Nos mœurs ont fait justice de ces lois. Mais il en est d’autres qui subsistent encore , et qui ne sont ni moins atroces, ni moins immorales. Ce sont celles qui prononcent la peine de mort contre 1 habitant effiavc qui se chappe d’un foyer épidémique , contre le capitaine de navire que le danger met dans la nécessité de braver des mesures sanitaires, contre celui que son courage pousse au secours du naufragé .avant d’y avoir été autorisé par l’intendance sanitaire!!! Combien de temps encore subsisteront ces mesures avec notre civilisation?

Nous continuerons l’exposition des lois et reglemens sanitaii es par l’énumération des substances susceptibles de désinfection et le développement de différons procédés mis en usage da.is les lazarets.

PROPHYLAXIE

CLASSIFICATION DES OBJETS EN SCSCEPTIBLES ET NON-SUS- CEPTIBLES. DIFFERENT MOYENS DE PURIFICATION MIS

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