INCUBATION
Les auteurs sont loin de s’accorder sur la durée de la période dite d incubation, a. 1. — Opinion de M. Seisson , a. 2. — De M. Duvigneau , a 5> De M. Fischer, a. 4. — De M. Aubert, a. 3. — De M. Billard,
a. 6, — De M. Grassi, a. 7. — De M. de Ségur-Dupeyron , a. 8. — Conclusions de hauteur, a. 9.
1 . La durée de l’incubation de la peste a ete exprimée en chiffres bien différens par les divers auteurs qui ont écrit sur cette maladie. Mais ce sont surtout les contagionistes purs , ceux qui n’admettent que le seul contact comme cause déterminante de 1 affection , qui ont émis à cet égard les opinions les plus extraordinaires. Du reste , ce n’était qu’une conséquence de leurs idées, et quand la peste se déclarait chez un individu qui, depuis deux mois , était en quarantaine et n’avait eu de communication avec aucune personne , aucun objet suspect , ils étaient bien obligés d’admettre que l’incubation avait été de deux mois chez ces individus , de même qu’elle eût été de quatre et six mois s’ils eussent été atteints après quatre et six mois d’isolement.
Nous ne nous arrêterons pas davantage sur des faits aussi prodigieux qu’on retrouve dans les ouvrages d’une infinité d’auteurs des siècles derniers , ayant à revenir sur cette matière en traitant de la doctrine de la contagion, ici nous nous bornerons à citer l’opinion de quelques médecins d’Egypte qui ont observé la dernière épidémie , en y ajoutant les observations qui nous sont propres.
2. M. Seisson, professeur à l’école de médecine du Caire, s’exprime ainsi au sujet de l’incubation:
« Pendant que l’épidémie s’avançait progressivement d’Alexandrie au Caire, et quelle faisait depuis un mois des ravages dans cette
dernière localité , l'école et 1 hôpital du Caire , distans de quatre lieues de cette ville , se trouvaient encore tout-à-fait hors de la sphère de l’épidémie. Non-seulement il n’y avait aucun cas de peste dans nos étahlissemcns , l’école de médecine vétérinaire ni l’hôpital , mais il n’y avait meme aucun malade dans les \illages circonvoisins. Notre hôpital n’étant habituellement fourni que par la garnison du Caire, nous nous étions liâtes, au piemier bruit de peste, d’établir à distance de l’hôpital et dans le désert deux camps dont un d’observation, où les malades ai rivés du Caire devaient, avant leur admission a 1 hôpital, etie gardés en observation un temps suffisant pour nous assuiei qu ils n avaient pas la peste. L’autre camp, avec son matériel et son personnel bien distincts et séparés, était destiné aux pestiférés. Les malades qui nous arrivaient, les uns avec les symptômes des maladies pour lesquelles ils avaient été dirigés sur notre hôpital , de plus les symptômes de peste qui s’étaient déclarés du Caire à Àbouzabel ; ceux-là passaient d’emblée dans le camp qui leur était destiné. D’autres malades ne présentant que des symptômes étrangers à la peste étaient gardés dans le camp d’observation. Eh bien ! parmi cette dernière classe de malades susceptibles de nous fournir des observations relatives a la question qui nous occupe, nous croyons pouvoir établir , d’après ces observations exactement comparées, que le terme moyen de l’incubation de la maladie a été chez ces malades de trois à cinq et à six jours
au plus. »