‹ De la peste observée en Égypte. Recherches et considérations sur cette maladieChapitre 71 sur 82 · Moyens de désinfection. — Après avoir passé en revue le · texte numérisé non relu

Moyens de désinfection. — Après avoir passé en revue le

tableau des substances susceptibles et non susceptibles, examinons

les movens dont on se sert dans les lazarets pour opérer la des- *)

truction de l’agent pestilentiel que les marchandises peuvent receler, ou qui pourrait se trouver fixé à l’extérieur des corps vivans.

15. Naguère la liste de ces substances employées pour la désinfection des hommes et des choses était immense. Il n’est peut-être aucun corps odoriférant pris dans les trois règnes de la nature qui n’ait été proposé ou mis en usage pour purifier ce qui avait été contaminé ou ce qu’on voulait préserver de la contagion. Ainsi on a employé le soufre, la poudre à canon, l’arsenic, le cinabre, l’antimoine, des vinaigres de toutes les façons, des essences, des résines, etc., etc. ; enfin toutes les plantes de la famille des labiées, etc., etc. Ces divers ingrédiens étaient toujours associés entre eux en quantité plus ou moins grande, de façon à produire, comme on le supposait, un effet plus actif; et nous retrouvons, dans les ouvrages sur la peste publiés dans les siècles qui nous ont précédés , d’immenses formules où l’on indique la manière de combiner entre elles ces substances désinfectantes. Nous renvoyons le lecteur, qui voudra connaître quelques-unes des formules dont nous parlons, aux archives du lazaret de Marseille. C’est là qu’il trouvera tous les documens qu’il peut désirer, car les Marseillais avaient dans le dernier siècle la réputation d’ètre d’excellens désinfecteurs. « L’ordre de Malte, dit Papou (1), en fit venir un certain nombre en 1675, lorsque l’île était i'vrée aux horreurs de la peste; il dut à leur habileté le salut du pays. »

16. Aujourd’hui on a renoncé à tout ce sublime appareil de prétendus moyens de désinfection. Quelques fumigations, le lavage et la ventilation sont les seuls moyens dont on se serve dans nos

(1) Ouv. cit. , tom. ii, pag. 106.

PROPHYLAXIE

lazarets. Mais ces mesures quoique plus simples que les anciennes, laissent encore beaucoup a désirer sous tous les rappoits.

17. «La purification des monnaies consiste à les passer au vinaigre • celle des grains à les passer par la grille , celle des barriques d’huile à les plonger dans la mer. La purification des bardes et hamacs consiste à les mettre à l’évent et à les exposer à des fumigations. Les marchandises sont ventilées. Dans certains cas , les navires sont purifiés par l’introduction de 1 eau dans leur cale , par un blanchiment, etc., etc.

» Les individus bien portans ou malades, transportés au lazaret, sont obligés d’y recevoir, ceux qui sont arrivés avec patente brute, trois parfums ^ ceux qui sont arrivés avec patente suspecte , deux parfums ; ceux qui sont arrivés avec patente nette , un seul parfum (1).»

18. Ces parfums que l’intendance de Marseille fait payer chacun quatre francs cinquante centimes et qui lui coûtent à peu près quinze centimes, sont encore un de ces moyens burlesques qui rappellent les anciens usages et les cérémonies employées autrefois pour la désinfection. Ce sont des mesures entièrement inefficaces et qui , exécutées comme elles le sont à bord des bâtimens et dans les lazarets, sont de vaines et ridicules pratiques.

19. Quant à la manière dont on procède à la purification par l’air des marchandises , telles que balles de coton , de laine, tapis , etc. , elle exige beaucoup trop de temps et pourrait être remplacée avec de grands avantages par d’autres moyens que nous indiquerons dans un paragraphe suhant.

(1) Article Quarantaine (du Dict. de médec. et clair, pratiques), par M. Londe.

PROPHYLAXIE

Page 1