DE LA
PHILOSOPHIE DE s. THOMAS.
La philosophie de S. Thomas n'est pas toujours originale; elle ne l'est ni dans ses principes, ni dans ses procédés, ni dans son ensemble. Le saint Docteur ne puisa pas tout dans sa forte nature; il doit quelquesunes de ses idées à Platon ; mais il a été le plus souvent l'ordonnateur, le propagateur et le défenseur habile de la doctrine d'Aristote. (*) Il importe donc de faire un retour sur ces deux chefs de la philosophie ancienne.
Pour bien comprendre la méthode générale de Platon, la forme nécessaire qu'il dut employer et créer pour arriver à son but, il faut se faire une idée juste de sa situation dans son temps. En possession de tous les systèmes antérieurs de la philosophie grecque
(') «La plus grande partie des matières dont s'occupent ceux qu'on appelle écrivains est du domaine de l'érudition.)) M. de Lamennais, ses œuvres posthumes, par M. Ernest Renan, de l'Institut.
qu'il avait recueillis et résumés en les élevant, et en présence d'écoles sophistiques qui abusaient du raisonnement , Platon avait deux choses à faire : T se rendre compte à lui-même des croyances que lui léguaient les siècles pour les mettre en harmonie avec les siennes ; 2° opposer au raisonnement des sophistes une méthode supérieure de raisonner et les vaincre avec leurs propres armes.
De là j cette dialectique qui pénètre , sans les détruire , dans les idées les plus profondes, éclaire , sans les altérer, féconde sans leur faire violence, les vérités les plus simples, et les élève doucement, de la religion à la philosophie. Souvent aussi, Platon se tourne vers les sophistes , les attaque , les poursuit dans tous leurs retranchements, et les assomme.
Ses dialogues devaient donc être des réfutations. Au-dessus de l'abîme où il précipite tous les faux dogmatismes de son siècle, est une région supérieure dans laquelle il n'entre pas , il est vrai , mais sur laquelle il a les yeux fixés, et à laquelle il emprunte l'inaltérable sérénité de son âme, au milieu des ruines qui l'entourent.
Une pareille polémique appartient à l'esprit humain et à la philosophie. Elle ne fut pas sans profit à S. Thomas. Mais notre saint Docteur, qui développait sans cesse ses facultés réfléchies, éprouvait le besoin d'étudier plus profondément encore Aristote.
Cet homme célèbre a imprimé aux idées de Platon des formes rigoureuses, et a étendu le cercle des sciences. Il eut la gloire de saisir leurs rapports, leur enchaînement et leur corrélation avec la philosophie.
Mais il eut aussi le mérite de comprendre que, malgré ces rapports, les sciences ne devaient pas être confondues, et il contribua puissamment à leur organisation régulière.
Pour déterminer la part de l'érudition et la part de l'originalité dans la philosophie de S. Thomas, il faut donc regarder surtout aux idées péripatéticiennes et les mettre en lumière. Aristote partagea le territoire des connaissances en deux grandes régions : celle des sciences théorétiques , qui se proposent l'étude de ce qui est ; celle des sciences pratiques, qui se résolvent en actions. La première région se subdivise en trois autres : celle des sciences expérimentales , qui sont fondées sur l'observation , et, en dernière analyse sur les sens ; celle des sciences abstraites ou spéculatives, qui roulent sur les notions nécessaires et universelles, enfin celle des sciences mixtes qui empruntent leurs principes à la spéculation et à l'expérience.
On ne peut donc accuser Aristote de n'avoir qu'une méthode empirique ; il se sert aussi des vérités générales de la raison , si ce n'est pour s'élever jusqu'à leur source même, du moins pour pénétrer dans la nature. Dès le premier livre de sa métaphysique il y a de beaux passages où la sensation est convaincue de ne pouvoir donner que le fait sans sa cause ni sa raison. Au-dessus des sens , il y a en nous un entendement, une raison, une intelligence qui, à l'occasion des impressions sensibles, des besoins et des affections qu'elles excitent, entrent en exercice et nous découvrent ce que les sens ne peuvent atteindre. Aristote le dit positivement : il admet une int&tion immédiate des premiers
principes (*). 11 ne s'agit plus ici des sens. C'est la raison qui nous révèle spontanément les premiers principes (^).
La Stagyrite ne nie aucun des éléments de la pensée humaine ; il range la Psychologie parmi les sciences les plus exactes, les plus importantes, les plus utiles (^). Pour se diriger dans l'étude de l'essence et des propriétés^ de Tame, qu'il regarde comme une branche des sciences naturelles, il s'éclaire du flambeau de l'expérience, mais son âme s'élève toujours jusqu'aux types ou exemplaires divins. On ne trouve donc pas dans Aristote ni le spiritualisme, ni le sensualisme absoluC"). Les problèmes suivants : à quelle catégorie appartient l'âme? Est-elle quelque chose de matériel ou de formel, c'est-à-dire complexe ou simple? Toutes les âmes sont-elles comprises sous le même genre? Diffèrent-elles entre-elles en genre ou seulement en espèce? Dans l'être animé y a-t-il une ou plusieurs âmes? Doit-on commencer par s'occuper de l'âme toute entière ou de ses facultés particulières? Dans ce dernier cas, faut-il parler de la faculté elle-même, ou de de ses opérations, ou de son objet? Les opérations de l'âme ont-elles leur principe en elle seule, ou bien Font-
(') Livre 3. De Anima; III, c. 4.
(-) «Proprium autem intellectus est qiiod quid est, id est substantia rei, ut dicitur in tertio de Anima, (c 4). » S. Gontr. gent., 1. 3, c.5G.
{') Les livres qu'Aristote consacre à la psychologie , sont : ses traités de l'âme, do la mémoire, des sens et des choses sensibles, des sons, des couleurs, des songes, des veilles, de la jeunesse, de la vieillesse. On trouve encore sur ce sujet un assez grand nombre d'observations disséminées dans les divers traités sur le règne animal, et des vues qui appartiennent à la psychologie.
(*; Arist. Posl. Analylic. II, c. 3.
elles en môme temps dans le corps organisé qui lui est uni? En d'autres termes, les propriétés doivent-elles être attribuées à l'àme seule ou à l'être animé tout entier? Ces problèmes, dis-je, paraissaient offrir à Aristote de grandes difficultés.
Il se demande ensuite, s'il faut appliquer à la psychologie la même méthode qu'aux objets des sciences naturelles, et si cette méthode est la méthode analytique ou la méthode de démonstration. Quant à lui, il s'occupe d'abord d'établir la nature et les propriétés de l'âme; puis il parcourt les différentes facultés et détermine leurs lois , en s'appuyant sur l'observation des sens et du génie (*).
Le premier livre du traité de l'dme expose et réfute les principaux systèmes des anciens philosophes sur la nature du principe pensant; il s'attache surtout à détruire ceux des philosophes les plus récents qui avaient matérialisé ce principe, et ceux qui l'avaient considéré comme n'étant qu'une harmonie. Les phénomènes de l'organisme attirèrent aussi l'attention d'Aristote ; il les considéra sous le point de vue jusqu'alors négligé, c'est-à-dire dans leurs rapports avec la vie intellectuelle .
Il définit la vie, l'activité des forces organiques, l'exercice , la manifestation des forces intellectuelles. La substance est ce qui est composé de la matière et de la forme, La matière n'est qu'une simple possibilité d'être; la forme est ce qui réalise cette possibilité et lui donne l'actualité. Si maintenant, au lieu de la
{') «Aristote a pratiqué cette méthode sur plusieurs points avec une rectitude et une profondeur admirables.» De la métaphysique d'Aristote, par V. Cousin; P. 88.
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forme et de la matière dans tel ou tel objet, on s'élève à la matière première et universelle et à la forme première et universelle, on trouve entre l'une et l'autre le même rapport. La forme est toujours Tacte opposé à la simple puissance; elle est toujours ce qu'il y a de plus excellent; et quand on passe de Tontologie à la théologie naturelle , l'être absolu y devient le premier moteur, à la fois immobile et mouvant tout.
L'âme est l'entéléchie du corps organisé. Elle est inséparable du corps, mais ne peut se trouver que dans un corps organisé. La vie est attribuée aux plantes , parce qu'elles sont susceptibles de croître et de décroître ; cependant elles ne sont pas de véritables êtres animés. Cette dénomination ne convient qu'à ceux qui sont doués de sensibilité.
C'est surtout par ses actes que l'on connaît l'âme. Elle a cinq facultés principales : la faculté nutritive, celle de sentir, celle des appétits, celle du mouvement spontané, celle de l'entendement. La première est commune à tous les êtres organisés ; les trois suivantes composent l'âme sensitive qui caractérise les animaux, La dernière est, à proprement parler, Tâme intelligente : elle est réservée à l'homme.
Les fonctions principales de l'âme végétative sont la nutrition et la reproduction. La sensibilité renferme à la fois la passivité et l'activité. Ces principaux organes sont le cœur et le cerveau. Il y a trois espèces d'objets sensibles : les uns ne le sont qu'accidentellement; les autres ne peuvent être sentis que par des sens particuliers; d'autres enfin ne sont pas l'objet "^^ËN^^^ ^'"'^ ^^^^ spécial, mais de tous, c'est-à-dire du"sens ^ Qa commun.
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Aristote ne donne pas ;i ce foyer intellectuel le nom de conscience, adopté plus tard par les philosophes ; la langue grecque manquait d'un mot qui fût spécialement destiné à représenter l'idée exprimée dans la langue latine par le mot conscientia.
L'imagination diffère de la sensibilité et de l'entendementj quoiqu'elle tienne à l'une ou à l'autre faculté par des liens étroits. La mémoire consiste dans la conservation et la rénovation des représentations. Les idées sont unies entr'elles de différentes manières; mais une fois réveillées, elles évoquent d'autres idées. Ce réveil a lieu en vertu de la simultanéité, ou en vertu du contraste , ou en vertu de l'analogie, qui lie la sensation passée à celle qui la renouvelle.
Pendant le rêve , les sens extérieurs sont inactifs ; le sens intérieur agit seul; il s'exerce sur les images. Aristote établit une différence entre l'entendement et la sensibilité. L'entendement ou la faculté de penser ressemble à la sensibilité en ce que tous deux ont pour fonction principale de percevoir les formes des choses ; mais l'entendement n'a pas besoin comme la sensibilité d'un organe corporel. Cependant elle est unie au corps de la manière la plus intime ; car sans les images, il n'y a pas de pensée possible.
Les organes des sens ont un double but : 1° la conservation de la vie animale; 2** l'excitation de la vie intellectuelle. Sentir, c'est percevoir les formes des objets; penser, c'est percevoir les formes des représentations des objets. L'objet de la pensée, c'est l'abstrait ; les images fournies par la faculté représentative ont leur base dans la sensation.
Aristote distingue la capacité de penser et la faculté de penser ; celle-ci peut être séparée du corps ; mais alors il ne s'y joint ni conscience ni souvenir. On peut encore établir une division dans la pensée en ayant égard à la nature des objets. Ces objets sont complexes ou simples , Dans le premier cas , le jugement porté sur l'objet ne constitue que l'opinion ; dans le second, la science. L'objet peut appartenir ou à la nature , c'est-à-dire à l'ordre des choses immuables, ou à l'ordre des choses variables. La raison spéculative s'occupe du premier ordre ; la raison pratique du second. La raison spéculative a trois fonctions : 1' de reconnaître les principes ; T de les appliquer par la science ; 3" de les coordonner entre-eux par la plus haute sagesse.
Aristote divise la philosophie pratique en trois branches : l'Ethique ou la morale; la Politique et l'Economique. Il semble quelquefois avoir donné à ces trois branches le nom commun de politique, car il considère l'homme moins comme un être moral individuel, que comme un être destiné à vivre en société. Mais souvent aussi le philosophe de Stagyre distingue la morale de la politique , et considère celle-ci comme une dérivation de la première. L'objet de la philosophie pratique est la fin dernière de l'homme. Cette fin est le bonheur obtenu par la vertu . Mais ce but ne peut être obtenu que par le moyen de la société civile. La politique s'occupe donc de l'éducation, de la législation et de toutes les formes sociales possibles. Enfin, l'économique indique l'acquisition et l'administration des richesses.
Dans sa psychologie morale, Aristote définit le plaisir et la douleur. C'est en consultant les désirs, que la raison assigne aux actions leur but. Les objets extérieurs déterminent les désirs ; en eux réside le bien apparent et le bien véritable. Le premier procure une jouissance momentanée; le second, une jouissance durable. Ce dernier suppose un retour sur le passé, un calcul d'avenir. Il ne peut être partagé que par des êtres raisonnables. Le désir sensible et le désir intellectuel peuvent être en harmonie ou en lutte. La volonté suppose un choix préalable de ce qu'on doit faire ou éviter, par conséquent un raisonnement. On se propose un but, on choisit le moyen de l'atteindre, et enfin on se détermine. La perfection de la volonté consiste à ne se proposer que le meilleur but ; alors il y a sagesse.
L'ontologie spécule sur l'être en tant qu'être. Elle a deux objets : les uns sont perceptibles, les autres ne sont qu'intelligibles. Les premiers sont les êtres qui nous sont connus au moyen des sens avec leurs qualités 2j,ccidentelles et variables ; les seconds sont les êtres qui nous sont connus par leurs qualités essentielles. Le même objet est donc tour a tour sensible, perceptible et intelligible. Mais l'être véritable est immuable et nécessaire. C'est cet être qu'Âristote se propose d'étudier.
Sa métaphysique comprend la connaissance des premiers principes et des premières causes, c'est-à-dire les connaissances les plus relevées , les plus universelles , les plus certaines. La métaphysique, c'est la la science-mère : elle est son propre
but à elle-même , c'est-à-dire elle a quelque chose de divin.
Il y a deux sortes de principes, ceux qui appartiennent à l'entendement et ceux qui appartiennent aux êtres. On peut aussi considérer les êtres dans leur essence commune, dans leur cause première, dans l'être par excellence. Ainsi la métaphysique traitera des principes de l'entendement, de l'essence des choses, c'est-à-dire du premier principe des choses.
Il y a plusieurs espèces de principes : le premier exprime le commencement d'un mouvement (changement), son point de départ; la seconde, les maximes qui nous dirigent; la troisième, les parties dont se compose un tout ; la quatrième , ce qui nous fait connaître les choses, comme les axiomes, les définitions, etc.
Dans la première partie de la métaphysique qui traite des principes de l'entendement, Aristote y donne la définition de la philosophie première; il établit qu'elle est la science des principes, et que les principes contiennent toute vérité. La seconde partie est un examen détaillé de l'être en général. Cette dernière I)artie de la métaphysique est une théologie naturelle.
Quelque spéculatif que soit le résultat dernier auquel Aristote aspire, il ne s'y élève point par la spéculation seule; il s'appuie sur la base de l'expérience. Ainsi, au lieu de développer à priori la nature de l'objet qu'il traite, il interroge d'abord les opinions reçues, les notions communes que chacun trouve dans son esprit. C'est de là qu'il tire une première définition de
son objet. Mais il ne se contente pas de rapporter historiquement les opinions des philosophes qui l'ont précédé, il discute ces opinions, les tourne et les retourne de tous côtés, et en exprime ce qu'il y trouve de vrai et de juste. Ainsi, commencer par le sens commun, interroger l'histoire, appliquera la question une dialectique sévère qui la décompose en ses éléments, et en exposer toutes les difficultés, telle est la marche d'Aristote.
Ce philosophe devient éloquent lorsque la pensée de la Divinité se présente à lui. Il en appelle au témoignage de tous les siècles. Entre toutes les preuves de l'existence d'un Être suprême , celle qu'il a le plus développée est tirée de la nécessité d'un premier moteur, d'une cause première, du premier principe de tout mouvement qu'il imprime sans le subir. Toute sa béatitude consiste dans l'harmonie éternelle de son immuable pensée (*).
La puissance pure, la simple virtualité n'est qu'une abstraction. Tout ce qui n'est pas en acte n'est pas, et l'être absolu est un acte éternel. De là le mouvement perpétuel et la grande erreur de l'éternité du monde.
L Etre absolu est à la fois immobile et principe du mouvement. Le premier moteur, immobile et actif, existe donc nécessairement; et comme sa nécessité repose dans sa nature même, il est le bien. Ainsi, tous les grands représentants de la philosophie ont prouvé l'existence de Dieu et de ses attributs, dans la
(') Voyez Duval ^ dans son analyse du chap. 1, liv. 14. Métaph d'Aristote.
mesure de leur temps et selon le degré de lumière et de civilisation auquel l'humanité était parvenue.
Âristote est surtout physicien. Pour saisir l'ensemble des choses, il descend dans les entrailles de la terre et en sonde les profondeurs. Y a-t-il perdu la lumière qui éclairait ses travaux? Nous ne le croyons pas. En s'occupant de l'analyse de la pensée, Âristote ne l'a pas entièrement détachée de sa source.
Quant à sa logique, elle est vraie et peut-être le plus parfait de ses ouvrages. Ses Catégories si célèbres ne sont que les lois de l'intelligence , les rapports sous lesquels elle envisage les objets , savoir : la substance, la quantité, la qualité, la relation, l'action, la passion ou passivité, le lieu, le temps, la situation, la possession. Les universaux, au nombre de cinq, sont des moyens de classification ou les idées générales qui ont plus ou moins d'étendue selon leur objet ; ce sont les genres, les espèces, les différences, les propres et les accidents : c'est-à-dire que ces universaux sont les produits de la faculté de généraliser que nous constatons en psychologie.
Nulle part Aristote ne traite spécialement de la méthode : cependant il a mis en lumière, et consacré dans sa dignité et son autorité, le principe de contradiction, base de tout raisonnement. L'influence du Stagyrite sur la philosophie ancienne et sur celle du moyen -âge, c'est-à-dire ses idées représentant sa métaphysique ne se sont pas perdues dans l'histoire; tout ce qu'elles contiennent de vrai s'est accrédité dans le monde savant et s'y maintient ; tout ce qu'elles renferment d'obscur, d'inconséquent, d'abus d'hypo-
thèses ou d'abstractions, de contradictions mênrie et d'erreurs , dans certaines parties fondamentales de la théodicée et de la psychologie philosophiques, n'a pas eu de durée. Mais S. Thomas, en exaltant l'autorité d'Aristote, a-t-il rendu oui ou non un service véritable à la science philosophique? En se plaçant au 13* siècle, la réponse est facile. La philosophie péripatéticienne devint alors un instrument utile. En s'appuyant sur Aristote , elle commença à prendre rang comme science toute spéciale à côté de la théologie et à avoir une existence légale.