‹ De la philosophie morale: ou, Des différens systèmes sur la science de la vieChapitre 29 sur 41 · CHAPITRE XYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYII

Le succès du second moyen est difficile, le succès du premier est impossible.

Je dirais h. ceux qui ne partagent pas cette opinion : Le système que vous aspirez à faire régner seul est sans doute exc-ellent ; mais pour qu'il ne s^en glisse pas d'autres dans la société , il faut que vous preniez les hommes au berceau et ne les quittiez qu'au tombeau ; que dans tout rintervalle qui sépare ces deux termes, vous les soumettiez à votre influence la plus immédiate. Il faut que le législateur, sur- « passant en vigilance ces fées qui dans le moyen âge présidaient à la naissance d'un enfant, veille sur le peuple qu'il forme , lui prescrive ses occupations et ses amusemens. Les sciences, les lettres , l'industrie seraient funestes; l'état est détruit si l'on peut impunément ajouter une corde k la lyre ou manier d'autres outils que la scie et la hache. Il n'est qu'un moyen d'empêcher la diversité des esprits , c'est d'é^ touffer la pensée.

Sparte fut un modèle de ce genre de législation. Une société plus admirable existe, c'est

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celle des Frères moraves. Les Spartiates étaient des moines armés , servis par des Hôtes , les Morayes pratiquent des vertus paisibles et modestes : ceux-ci méritent l'intérêt du philanthrope, dont souvent les {Nremiers doivent exciter rhorreur. Les institutions fortes qui embrassent la vie entière et substituent aux volontés individuelles la volonté du législateur, ont un côté très-digne d'arrêter les regards ; ce sont des phénomènes qu'il est utile d'étudier. Les hommes sont d'ailleurs si faibles , et tant de vices , de crimes et de misères naissent de leurs erreurs , qu'on peut être tenté de croire que le parti le plus sage est de les soumettre à de vigoureuses lois qui règlent et déterminent jusqu'à leurs moindres mouvemens. Sans examiner tout ce qu'il y a de faux et de dangereux dans un pareil projet , il est évident que les institutions dont je viens de parler ne sont applicables qu'à des bourgades , h de petites sociétés qui s^isolent de la grande afin de n'en être point troublées. Peut-on transformer en couvens, nos villes, nos capitales où les aHs

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