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Sur Ottbanîs.
Dans le dernier cahier du SpecUUeurj M. Pariset reproche à M. de Bonald de juger légèrement Cabanis et de se tromper sur les opinions métaphysiques et religieuses de cet homme célèbre. Je n'ai pas encore lu le nouvel ouvrage de M. de Bonald ; mais j'ai été souvent a£Bligé de Terreur des personnes qui voient dans Cabanis un antagoniste des principes religieux. : il est utile de dissiper enfin cette erreur , et les amis de la vérité m'écouteront peut-être avec quelque intérêt.
Je n'ai pas connu d'homme dont l'âme fCit plus élevée que celle de Cabanis. Son imagination était brillante , son caractère avait quelque chose d'antique et d'idéal. Toujours il rendait meilleurs ceux avec lesquels il conversait, parce qu'il les supposait bons comme lui, parce qu'il avait une entière persuasion que la vérité se répandra sur la terre , et parce que nul soin pour la cause de l'humanité ne pouvait lui paraître pénible. Ses paroles , doucement animées , coulaient avec une élégante facilité. Lorsque , dans son jardin d'Âuteuil, je l'écoutais avec délices, il rendait vivant pour moi un de ces philosophes de la Grèce qui, sous de Verts ombrages, instruisaient leurs disciple*^
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aTides de les entendre. Des souffrances aiguës^ éprouvaient souirent son courage : quand les fatigues de rinsdmnie altéraient ses traits, la bienveillance était encore empreinte sur sa physionomie. L'unique désir de son àme, celui de faire le bien , se manifestait dans ses travaux » dans ses soins pour une famille digne de lui, dans son affection pour ses amis , dans son empressement à servir quiconque réclamait ou ses conseils ou ses secours. Tel fut ce sage enlevé au milieu de sa carrière , lorsqu'il rassemblait les matériaux d'un ouvrage qu'il devait intituler : Du Perfectionne^ mmt de VHomme physique et moral.
Je ne conçois pas les censeurs imprudens qui , au lieu d'examiner comment on peut concilier avec des sentimens religieux les idées physiologiques de Cabanis , se sont empressés de lui prodiguer les injures et de l'accuser d'athéisme. Ont-ils pu s'imaginer que par une telle imputation contre un tel homme , ils serviraient une cause respectable et sainte? Si leur imputation est fausse , elle annonce que cette cause a parmi ses défenseurs des gens au moins très-inconsidérés. Si leur imputation est vraie , elle prouve qu'on
peut la mériter , et pratiquer cependant Ie.s vertus
«sociales. Dans cette alternative , je ne saurais apercevoir ce qu*auroDt à gagner les adversaires d'un auteur dont l'Europe a remarqué les écrits. Cabanis eut toutes les espéi-ances d'un homme de bien. Pourquoi ce fait a-t-il été généralement mis en doute? Quelle preuve sans réplique ai-je à donner de mon assertion? G*est ce qui va s'éclaircir pour Pintérèt de la vérité et de Thistoire de la philosophie.
Pour soumettre la science à des démonstrations rigoureuses, Cabanis jugeait indispensable de séparer entièrement les questions religieuses des recherches physiologiques. Au lieu de se porter contre lui à des imputations injustes , il fallait examiner les avantages et les inconvéniens de sa méthode. Sans la discuter, je dirai avec franchise qu'une méthode différente me paraît préférable. Je viens éclaircir des faits , non soutenir toutes les opinions d'un homme dont je respecte le caractère , les intentions et les talens.
Parce qu'un savant croit utile de distinguer deux ordres d'idées, et de les examiner chacun & part, il ne s'ensuit point qu'il 'juge absurde un de ces ordres d'idées. Cabanis, ainsi que l'annonce M. Pariset, a laissé un écrit où se trouve le ré-