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— 4ÿi — le texte des Seconds. Analytiques, les Commentaires de Robert de Lincoln et ceux de Walter Burleig. Citons quelques passages de la glose de Robert. Voici comment il s’exprime sur luniversel ante rem : « Les Universaux, dit-il, sont principes de connaître, sunf.principia cognoscendi. L'intellect pur et séparé des phénomènes pouvant contempler.la.lumière première qui est la première des causes, les universaux sont pour lui principes de connaître les raisons des choses, raisons qui, de toute éternité, existent incréées dans la cause première. En effet, les connaissances (notians) des choses devant être causées, connaissances qui furent éternellement dans la cause première, sont les raisons des choses, leurs causes formelles exemplaires, causes créatrices à leur tour, que Platon nomma les idées, le monde archétype, c'est-à-dire, suivant lui, les genres, les espèces ; et ces causes sont principes de connaître, puisque l’intellect pur, portant sur elles son attention, connaît en eîles les choses créées verissime { mamfestissime ; et non-seulement les choses.créées, mais encore la lumière première au sein de laquelle il connaît le reste. Or, il est évident que ces universaux sont.entièrement incorruptibles. En outre, dans la lumière créée, c’est-à-dire dans l’intelligence (divine), est la connaissance et le dessin (descripéio) des choses créées qui viennent d’elle, et l’intellect humain, qui n’a pas été formé assez pur pour avoir immédiatement la lumière première, reçoit fréquemment, multoties, un rayonnement de la lumière créée, c'est-à-dire de l’intelligence, et dans ces dessins, qui sont l'intelligence même, il connaît les choses subalternes dont ces dessins sont les formes exemplaires, et les raisons causales créées (nous ne pouvons traduire autrement rationes causales crealæ) des choses qui doivent être faites ensuite, les espèces corporelles étant venues à l'être par la vertu de la.cause pre-
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ie — « mibre, avec 16 eôfitours dés intelligènces. Ces idées érééés « sont donc principes de cbninattre, dans l’intellect qu’élles « éclairent de leuts rayons. Et il ëst manifesté due ces uhi- * Yersaux-là sont eñcbre iticotruptibles. Enfin, dans les ver- « tus, dans les lumières des éorps célestes sont les vertus « oausales des espèces terrestres, dont les individus sont « corruptibles, ét si l'intellect (humain) ne peut contempler « eh elle-mêiné lu lurnière incorruptible, soit créée, soit in- « créés, il peut toutefois s’élevét, par la spéculation, jusqu’à « ès faisons causalés qui résident dans lés corps célestes. « Or, tes raisons sont principes de connaître et sont incor- « ruptiblés !: » ILest difficile de s'exprimer dans un langage -plus obseur, plis mystique, nous allions dire plus réaliste. Noûs pourtiôns, toutefois, l'éclairer et faire mieux comprendre en quel ordré s’échelonnent, dans le système de Robert, 4es lumières, les notions et les causes : ce système est un em- Pffnt fait, sans féserves, au Jaber de Causis; il n'a rien d'original, rien dé nouveau. Mais nous préférons éviter des détails superflus et retenir simplement du passage cité, que Robërt de Lincoln pose au moins deux ou tfois séries d’éntités au-dessus de la substance cotruptible, au-dessus des thüses, avant les choses. | Un autré fragment du même commentaire nous setnblé devoir étre textuellement reproduit. On suppose déjà, sans doute, Que Robert de Lincoln doit faire un très-médiocre état des facultés sehsibles de l'Ams et de la connaissance empirique ; il admet néantnoins que, dans ce monde, en cette région de ténèbres, l'âme n6 communique pas tout-à-fait directement avec les rayons de ln lumière supérieure et que les sens du corps voncourent, pour une part assez notable, à la formation des idées, même des idées générales, Voici ce qu’il dit à ce sujet :
“ Lib. primus, cp. xx VI.
#8 — « A mon àvis, toute acience peut être acquise sans Î8 conte « cours des sens. En effet, toutes les sciences 4oht étertielle- « ment dans la pensée divine, 6t nod-seulement 8e trouve « en elle la conndissance certaine dés universaüxt, as « encore celle des particulièts, biéh de la pensée di- « vine, connaissant toutes les essencés particulières d’une # manière abstraite, ne connaisse les particuliers que par le « moyen des universaux. Pour hotre part, nous n6 connais- « sons la singularité de cette hutuidité !, que si nous l’unissons « à des accidents ; mais Dieu connaît, dans sa pureté, hors « de tout accident, la singularité de cette essence. Ainsi, les « intelligences, recevant l'irradiation de la lumière première, « voient au sein de cette lumière toutes les choses, soit uni- “ versblles, soit singulières, et, en outre, dans ses propres « reflets, l'intelligence suprême voit au-dessus d'elle les « choses qui sont après elle, puisqu'elle est la cause des « choses ?, 11 y a donc une science synthétique, somplertta, “ qui est acquise sans le secours des sens, et, tout de même, « si la partie supérieure de l’Ame humaine, que l'on appelle « intelligence, qui n’est l'acte d’aucun corps, qui ne réclame, « pour ses opérations particulières, aucun instrumént éür- « porel, n'était pas offusquée, embarrassée par la pesante « masse du torps, elle recevrait la science complète du « rayonnement de la lumière supérieure, sans rien devoir « aux sens ; un jour, dépouillée du corps, elle jouira de ce
! Singularitatem hujus hamiditatis. C'est ce qué porte l'édition dé 1837. 1 nous conviendrait ps de Lire, avec Capreolus (In primum Sentent. dist. 11, quiest. 1), € hujus humanitatis. » Ainsi, les accidents de l'huiaæaité seraient Platon, Socrate, Callias, et le lahgagé de Robétt de Lincoln se rait celui de Guillaume de Ghampeaux.
3 Ce passage est à peu près inintelligible. Voici le latin : « Similiter intel- Héenti, reclpientes irradiationem a lumine primo, in ipso lumine primo vident omnes res scibiles universales et singulares, et etiam in reflexione ipsius intelligentiæ supra se cognoscit ipsas res quæ sunt post ipsam per hoc qued ipea est causa earum. »
privilège, que déjà, dit-on, possèdent quelques élus, affranchis en ce monde, par l'amour, de tout cantact avec les fantômes des choses corporelles. Mais la pureté du regard de l'âme étant troublée, génée, obnubilata et aggravata, par ce corps corrompu.., la raison ne connaît l’essence de l'universel déterminé en acte, hoc esse.universale in actu, qu’en la dégageant, par le moyen de l’abstraction, de .la multitude des individus, et elle se trouve alors en présence de l’un et du mème, recueilli, suivant son jugement, d’un grand nombre de singuliers. C’est ainsi que, par le moyen des sens, on recherche, on dépiste, venatur, l’universel dégagé de ses partieuliers ‘. »
Ces fragments sont très-significatifs, et il n’est pas besoin de les commenter pour faire comprendre que Robert de Lincoln appartient à la phalange la plus téméraire, la plus indisciplinée du parti réaliste. On discute, en philosophie, les prémisses de leur système, mais on: ne les suit pas audelà ; au-delà, ce ne sont que visions. L'imagination peut se représenter tout ce qu’elle veut dans les régions où:la raison ne pénètre jamais ; elle est assurée d'y échapper à tout contrôle. Nous ferons une simple remarque sur les ‘passages que nous venons de citer. Robert de Lincoln prétend avoir trouvé la matière de sa doctrine dans les Seconds Analytiques, et c’est précisément dans les Seconds Analytiques qu’Aristote s’est prononcé contre ce système, dans les termes les plus énergiques et les plus clairs Voilà comment on interprète Aristote au treizième siècle : à propos de tout et même à propos de rien, on développe des systèmes préconçus, qu’esuite on place, pour le besoin de la cause, sous la responssbilité du Philosophe, et, suivant le tempérament du lecteur qui occupe la chaire, le même Aristote, étudié dans les
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1 bid,e, Lexxt.
mêmes livres, est prôné tour-à-tour comme le plus intraitable des nominalistes, ou le plus absolu des réalistes, et quelquefois encore comme le plus extravagant des mystiques. Il faut en prendre son parti.
Après Robert de Lincoln, se placent quelques autres docteurs anglais, qui prirent leurs grades à l’Université de Paris. Nous nommerons d’abord Jean de Saint-Gilles, son compatriote et son ami. Médecin de Philippe-Auguste, Jean de Saint-Gilles professa la médecine à Paris et à Montpellier. Plus tard, il se fit admettre chez les religieux de Saint-Dominique, et devint bientôt très-habile en théologie. Bale et Pits lui attribuent divers ouvrages dont nous ne connaissons que les titres : ils sont restés inédits, et les manuscrits en sont très-rares. Parmi ces ouvrages, on nous désigne des Commentaires sur Aristote, et sur le livre des Senterices. Nous les aurions parcourus avec intérêt !. 11 ne nous est pas permis de nous arrêter davantage à un autre docteur anglais, chanoine régulier de l’ordre de Saint-Augustin, qui eut encore, de son temps, une plus grande renommée. Né à Hartford, dans la seconde moitié du douzième siècle, Alexandre Neckam a beaucoup écrit sur les matières théologiques; il avait aussi composé, sur la grammaire et sur la philosophie, plusieurs traités que nous voudrions connaître; mais ils ne se rencontrent pas dans nos bibliothèques.
Nous possédons plus de renseignements sur Guillaume Shyrwood. Né à Durham, il fit ses premières études, suivant Leland, à l’Université d'Oxford, et, comme c'était l'usage, il vint ensuite à Paris. 11 est vraisemblable qu'après avoir été compté parmi les élèves de cette Université, il y professa la théologie ou la philosophie, car nous le voyons, en quittant Paris, obtenir aussitôt le grade de chancelier dans l'église de
h Quétir et Echard, Seript..ord. Prædic., 1.1, p. 100. Hist., Litt.,t. XII, ? L æ
Lincoln, et une aussi haute fonction ne peut avoir été que la récompense d’un mérite éprouvé, Suivant Mathieu Paris, il mourut à Rouen, au retour d’un voyage à Rome, en l'année 1249. Bale et Pits lui attribuent un Commentaire gur les Sentences, des Distinctions théologiques, des Sermons, et. alia Plura. Il est fâcheux que ces bibliographes ne nous apprennent rien de plus à l’égardie Guillaume Shyrwood, car il yabiende l'apparence que ces alta plura sont des opuscules très-dignes d'intérêt, Oudin prétend que la liste des œuvres de Shyrwood doit être augmentée de tous les manuscrits que les catalogues des bibliothèques de la Grande-Bretagne attribuent à Guillaume des Monts. Nous ne saurions discuter cette assertion, puisque les pièces nous manquent, et, d’ailleurs, ces pièces sont pour la plupart des traités théologiques !, En voici qui excitant plus vivement notre curiosité. Un manuscrit de la Sorbonne, inscrit autrefois sous le n° 1913, aujourd’hui sousle n° 1797, contient six traités sur la logique, qui sontautant de sommes à l'usage des écoliers, Or, deux de ces traités portent le nom de Guillaume Shyreswood, ou Shyrwood. Ainsi commence le premier, qui a pour titre : Introductiones in Logicam : « Cum duo suns éantum rerum prinoipia, soilioet « natura et anima, duo crunt rerum genera. » Le deuxième, intitulé : Synoategoreumata, a pour incipit: « Quoniam ad « cognitionem alicujus oportet cognoscere suas partez... » Ces deux traités ont pour abjet les parties de l’Organon qui traitent du raisonnement et du langage ; l’analyse des Catégories y occupe peu de place. Nous aurions donc quelque peine à y rechercher quelle fut la doctrine de Guillaume Shyrwood sur les questions controversées ; mais on y rencontre dès l’abord une suite de définitions présentées dans un très-bon ordre, et rédigées avec beaucoup de clarté. Si l’auteur de ces
! Oudin, Comm. de Script. Bccles., t. IL, col, 116.
opuscules ne s’est signalé dans l’école par aucune de ces propositions nouvelles qui provoquent la discussion et font la célébrité d’un nom propre, il mérite, toutefois, d’être compté parmi les meilleurs logiciens du treizième siècle. C’est un titre que ne lui connaissaient ni Leland, ni Bale, ni Casimir Oudin.
Nous avons plus à dire encore sur Michel Scot, et nous appellerons plus longtemps l'attention sur cet illustre docteur, dont la vie aventureuse a servi de matière à tant de 16gendes.
Parcourant le sombre asile des âmes réprouvées, le Dante y. rencontre l'ombre de Michel Scot :
Quell'altro, che ne'fanchi à cosl poco,
Michele Scotto fù ; che veramente
Delle magiche frode seppe il giuoco !.
Ce prétendu magicien, poursuivi, si longtemps après sa mort, par l’anathème populaire *, ce complice de Satan, au
1 Divina Comedia. L'Inferno, cant. xx, v. 115.
4 Nous citerons encore les vers burlesques de la dix-huitième Macaronde de Merlin Coccaie : L
Ecce Michaelis de Incantu Regula Scoti,
Qua post sex formas ceræ Fabricatur imago Dœrmonii Sathan, Saturnl facta plombo.
Cui suffgimio per sirica rubra cremato,
Hac (licet obsistant) coguntut amare puellæ.
Ecce idem Scotus, qui, standp sub arboris ugbra , Ante characteribus designat millibus orbem ; Quattuor inde vocat Magna cum voce diablos.
Unus ab Occasu properat, venit alter ab Qrtu; Meridies terzum mandat, Septentrio quartum.
Consecrare facit freno conforme per Ipeos,
Cum quo vineit equum nigrum, nulloque vedutum Que quo vult, tanquam turcherca sagitta, cavalcat, Sacrificatque comas ejusdem sæpe cavalli.…
‘Walter Scott, qui considérait comme un de ses ancètres Michel Scot de Balwearie, a célébré sa gloire dans quelques stances du Lai du dernier Ménes+ trel. ©
front bléme, aux flancs décharnés, avait été l'un des plus curieux investigateurs de la nature, l’un des docteurs les plus érudits de son temps. Né vers 1190, à Balwearie, au comté de Fife, en Ecosse, et non pas à Salerne, comme le supposent les Italiens, ou à Tolède, comme le prétendent les Espagnols, Michel Scot avait d'abord fréquenté l’école d'Oxford, puis celle de Paris, et enfin celle de Tolède, oùil avait appris l’arabe,et,suivant Pts, le grec, l’hébreu et le chaldéen. Ces connaissances plus ou moins étendues, plus ou moins variées, luiavaient, du moins, rendu familiers les livres d’Aristote, d’Averrhoës, d’Alpetrondji, d’Avicenne, sur la philosophie naturelle et l'astronomie, et il était en mesure de lire ceux qui n’avaient pas été translatés d’arabe en latin. Quand il revint à Paris, il y eut un grand renom de savoir, et Frédéric II, l'ayant appelé dans ses états vers l’année 1240, lechargea de traduire les œuvres d’Aristote. MM. Jourdain et Daunou n’accordent pas à Michel Scot toutes les versions qui lui sont attribuées par Bale, Pils et d'autres anciens bibliographes ; M. Daunou . va même jusqu’à lui contester, celles qui lui appartiennent indubitablement !, Nous ne voulons pas aborder ici l'examen de toutes les difficultés qui s’élévent au sujet des traductions attribuées à Michel Scot : il nous est cependant impossible de laisser dire sans contradiction, par M. Daunou, que, selon toute apparence, Michel Scot n’a traduit qu’un seul des traités d’Aristote, l'Histoire des animaux. Parmi les nombreuses erreurs que contient la notice de l'Histoire Hittéraire, nous corrigerons d’abord celle-ci. Non-seulement, en effet, Michel Scot a traduit les traités De l’Ame et Du Ciel, comme le prétend à bon droit M. Jourdain, mais il a traduit, en même temps, les Commentaires d’Averrhoës sur ces deux traités. Plusieurs manuscrits contemporains portent son nom.
* Jourdain, Recherches critiques, p. 130 et suiv. Hist. Littér., t. xx, p.43 et suiv.
M. Jourdain a désigné le manuscrit qui est inscrit sous le D, 950 des manuscrits de la Sorbonne. Nous ajouterons que les mêmes indications précèdent la même version du traité Du Ciel et du Monde, dans les n° 924 de la Sorbonne et 75 de Navarre; enfin, cette traduction se retrouve dans la plupart des manuscrits qui contiennent les commentaires d’Averrhoës, et, si nous n'avons pas pris soin de rechercher et de comparer toutes les éditions latines de ces commentaires, nous pouvons cependant affirmer qu’une des plus récentes, celle qui fut publiée par les Juntes en 1550, contient les versions de Michel Scot.
Il est assez difficile de dresser une liste exacte de ses ouvrages originaux. Bale et Pits déclarent qu’ils n’ont pu la donner complète, et cependant ils lui attribuent dix-neuf traités sur divers sujets. Mais il a été prouvé par M. Jourdain que la plupart de ces traités sont des versions latines d’Averrhoës, d’Avicenne ou d’Aristote, et qu’en outre les bibliographes anglais-ont grossi le nombre de ces versions, en désignant le même ouvrage sous deux titres différents !. Ainsi, leur liste est beaucoup réduite, et, après ces retranchements exigés par une critique scrupuleuse, elle ne contient plus guère que des traités d’astronomie ou d'alchimie. Voici les titres de ces traités : Super autorem spheræ, ouvrage imprimé à Bologne en 1495, in-4°, et à Venise, chez les Juntes, en 1631, in-folio ; De Sole et luna, imprimé à Strasbourg en 1622, dans le tome V du Theatrum Chimicum ; De Chiromantia, lib. 1, opuscule souvent publié dans le quinzième siècle ; De physiognonua et de hominis procreatione, publié plus souvent encore *: De Signis Platenarum , lib. 1; Contra Averrhoem in Meteora, lib, 1, manuscrits indiqués par Bale et par Pits; Nocitia convinclionis mundi terrestris cum cælesti et de definitione utrius-
* Jourdain, Recherches critiques, p. 133 et suiv. — ? Mist. Litt. de la France, t. xx, p. 48 et suiv.
que mundi; De præsagiis stellarum et elementaribus, manuserits de la Bibliothèque Nationale, sous le n° 1614 de Saint-Gertnain-des-Prés ‘. Nous n’aurions pas à nous occuper davantage de Michel Scot, s’il n'avait fait que des tradudtions et des livres de philosophie occulte; mais d’autres renseignements nous sont fournis sur cet illustre docteur par Vincent de Beauvais et par Albert-le-Grand. Le Speculum doctrinale de Vincent de Beauvais * contient plusieurs fragments de Michel Scot, qui ne peuvent avoir été pris dans des livres d'astrologie ou d’alchimie; ce sont de bonnes définitions des diverses parties de l'étude philosophique, qui paraissent toutes extraites de quelque ouvragesemblable à ceux d’Avicènne et deKilwardeby, Sur l'origine et la division des Sciences. Uequ’on lit dans Albert-le-Grand offre plus d'intérêt. Après avoir reproduit l'opinion exprimée, sur la nature et les causes déterminantes de l'iris, dans un opuscule intitulé : Quæstiones Mcolaïperipatetici, il ajoute : « Propter hoc etiam fœda dicta «inveniuntur in libro illo qui dicitur Quæstiones Nicola peri- « patetici. Consuevi dicere quod Nicolaus non fecit librum il- « lum, sed Michaël Scotus, qui in rei veritate nescivitnaturas, « nec bene intellexit libros Aristotelis. » A la lecture de ces lignes, notre curiosité a été vivement excitée. Un livre de Michel Scot, signalé comme renfermant d’abominables choses, fœda dicta, et &emeuré jusqu’à ce jour ignoré de tous les bibliographes, inconnu même aux auteurs de l'Histoire littéraire de la France, quel objet plus digne de notre examen! Malheureusement , nous n’avons pu rencontrer ce livre dans aucun catalogue, et nous allions désespérer d'en rien connaître, si ce n’est la description de l'iris, quand nous en avons
‘IL est vraisemblable que la plupart de ces traités astrologiques se retrouvent dans un manuscrit de la bibliothèque Bodleienne, indiqué sous le Vitre de : Mich. Scoti Opera Astrologica. — *Lib. I, c. xv; lib. XVI, c.1; Lib, xVIL, C. LVI, LVII, LIX.
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découvert quelques phrases datis un manuscrit de la Biblio» thèque Nationale, inscrit sous le n° 841 du fonds de la Sorbonne. Vers le milieu de ce volume, qui est un recueil composé de pièces écrites, les unes sur vélin, les autres sur papier, au treizième et au quatorzièmé siècles, ôn lit, k la suite d’un fragment de saint Thomas sur la manière d'étudier, De modo stüdendi, un autre fragment qui a pour titre marginal: Hæc sunt extracta de libro Nicholai peripatetict. Voici maintenant le texte de ce fragment, que nous allons intégralement reproduire, comme le débris unique et d'autant plus précieux de l'ouvrage pseudonyme dont Albert-le-Grand * nous a fait connaître l'auteur :
« Dico ergo tempus esse mensuram seu quantitatem motus secundum prius et posterlus ; nam cum motus sit contrariorum quemadmodum et corpus, necesse est quantitatem inesse motui, sicut et corpori quod tempus, seu mora appellatur. — Item, differunt doctrine Aristotelis et Platonis. Aristoteles enim a debilioribus inchoat ad modum naturæ, tanquam physicus, Plato a fortioribus irichoat ad modum Dei. Theologus enim fuit; imitatur namque Deum qui posuit principium a fortiori et nobiliori eréatione et angelorum creationem seu intelligentiarum. —Itèm, omne cœlum est circulare et omhe cireulare est perfectum ; ergo omnie cœlum est perfectum : sed ullum perfectum indiget motu, ergo ullum cœlum indiget motu. Partes autem sui cum videant bona quæ non habent, perpendentes se indigere illis bonis, inmotum prorumpunt ut acquirant illa bona quæ non habent, et quæ est comparatio totius ad totum et purtis ad partèm : ergo salus nostra est per quietemh; cœli finis autem per motum partium ejus : et hoë est quod diclt Averozt.—Item, quarendum est quare duo æque gravia appensa in duobusbrachilslibræ, si moveantur abæquilibritate, iterum redeant ad æquilibritatem ; nam cum ipsa æque gra-
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