XVII. Plus une force se rapproche de l'un et se dégage du
multiple, plus elle est infinie, plus son action est puissante, énergique, souveraine.
XVIII. L'être premier est dans le repos. L'office de créateur à l'égard des choses semble rempli par les hypostases qui émanent de lui. C'est ainsi que toutes les choses douées de la vie tiennent leur essence de la vie première ; que toutes les choses intelligentes tiennent leur intelligence de l'intelligence première. Cependant il est vrai de dire que toute création vient de la cause des causes : l'action que les causes de second ordre exercent sur ce qui est au-dessous d'elles ne s'accomplit passer modum creationis, mais seulement permodum formée.
XIX. De l'intelligence divine aux âmes qui gouvernent les corps, il y aune série, une échelle d'essences intelligibles.
XX. La cause première gouverne toutes les choses créées, mais sans se confondre avec elles : « praeter quam commis- )> ceatur eis. »
XXI. Elle est par elle-même : tout ce que possèdent les causes secondes leur vient de la cause première.
XXII. Elle ne peut être nommée. Dire qu'elle est souverainement parfaite, ce n'est pas encore la désigner convenablement 5 car l'idée de souveraine perfection ne contient pas l'idée de force créatrice.
XXIII. Au-dessus de tout, Dieu; au-dessous de lui, l'intelligence, le premier être qu'il ait créé, et par le moyen duquel il administre toutes choses : ce qui veut dire que la loi vient de Dieu, et que l'administration exercée par l'intelligence est nécessairement conforme à cette loi.
XXIV. La cause première est Tun à regard de toutes les choses, et toutes les choses sont le multiple à regard de la cause première. Ce qu'elles reçoivent de cette cause nest, en effet, que ce qu'elles peuvent recevoir d'elle, suivant leurs natures spéciales et diverses 5 et les unes sont éternelles,
les autres temporelles; celles-ci spirituelles, celles-là corporelles. (Test ainsi que s'explique la diversité, la variété des actes qui se produisent dans l'ensemble, bien que l'agent suprême soit un.
XXV. Toute substance intellectuelle est ce qu'elle est par sa propre essence ; « non ex re alia . »
XXVI. Toute substance qui est ce qu'elle est par sa propre essence est incorruptible, éternelle.