‹ De la phthisie pulmonaire et de sa curabilité [electronic resource]Chapitre 28 sur 35 · CINQUIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME OBSERVATION

Le 23 octobre 1877, je fus appelé auprès de M. M. B... Il est âgé de 2(1 ans, n'a pas d'hérédité tuberculeuse; il n'est pas marié, et il s'occupe à gérer plusieurs propriétés à Paris.

Il y a déjà quelques mois qu'il est atteint de

toux; lia eu plusieurs hémorrhagies très abondantes; il a de la diarrhée, a perdu le sommeil et Tappétit; les forces ont disparu, la maigreur est extrême; les doigts ont le caractère hippo cratiquetrès prononcé.

Au moment où je l'examine, il a une fièvre très considérable, Tarière radiale donne 120 pulsations à la minute ; la peau est très chaude : elle atteint près de 40 degrés centigrades.

Cette période de chaleur a été précédée d'un sentiment de froid très prononcé. Il a le même accès tous les jours à la même heure.

Evidemment je suis en présence d'un mouvement fébrile intermittent à type quotidien.

Par la percussion je constate une matité complète sur tout le sommet du poumon droit : cette matité se perçoit dans la fosse sus-épineuse , dans la région sous-claviculaire et sous-axillaire. En même temps on entend en arrière, dans la fosse sus-épineuse, le gargouillement alternant avec la respiration caverneuse; on perçoit quelquefois de la pectoriloquie. A gauche, la matité n'est pas complète, et les signes stéthoscopiques révèlent l'existence de tubercules crus.

Le malade se plaint d'étouffements; il y a quelquefois une dyspnée considérable.

Je parviens à calmer la toux au moyen de l'opium, qui arrête en même temps la diarrhée ; les

accès de suffocation sont combattus par Tipécacuanha, à doses très petites et incapables de provoquer le vomissement.

Contre la fièvre intermittente j'administre le sulfate de quinine; et, lorsque les accès ont diminué d'intensité, je prescris l'acide arsénieux, et plus tard Feau de la Bourhoule.

Malgré des ulcérations très nombreuses de la bouche et du pharynx, je prescris un mélange d'os calcinés et très finement pulvérisés de sel marin et de sucre en poudre, et je suis assez heureux pour rencontrer le phosphate de chaux en notable proportion dans Turine, preuve que l'absorption s'est effectuée. Je réveille l'appétit au moyen d'une macération de quassia amara, et je l'entretiens en variant beaucoup l'alimentation. Je recommande surtout les substances riches en carbone.

Un mieux relatif ne tarda pas à suivre l'emploi de ces différents moyens. Malheureusement des hémoptysies excessivement abondantes vinrent quelquefois tout compromettre. Je ne pus les arrêter qu'en administrant la poudre d'ipécacuanha à doses énormes, ne craignant pas, malgré l'état de prostration du malade, de. provoquer les vomissements.

Quelquefois M. B. me fit appeler, tourmenté par des points douloureux siégeant au sommet;

ces points douloureux reconnaissaient pour cause des pleurésies partielles et cédaient à une application de morphine.

Cependant les hémoptysies devenaient plus rares, les symptômes inquiétant s'amendaient. Je surveillai mon malade avec beaucoup de soin pendant l'hiver : vers la fin de juillet 1878, il était complètement guéri.

Je Fai rencontré pendant les derniers jours d'octobre 1880, : la guérison s'est maintenue.

Seulement il lui reste un enrouement, que j'attribue à une altération des cordes vocales, déterminée par des ulcérations maintenant cicatrisées.

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