SIXIÈME OBSERVATION
M™" la marquise du P. de L. n'a pas d'ascendants phthisiques. Elle vient de passer quelques années à Londres, et elle est revenue à Paris souffrant depuis longtemps d'une toux très fatigante, qu'elle a trop négligée.
Elle a des sueurs très abondantes pendant la nuit; elle a eu quelques hémoptysies.
Elle me fait appeler pour la première fois depuis son retour d'Angleterre, le l^' novembre 1877. Je constate dans le poumon droit des désordres très graves : il y a au sommet du poumon, en arrière, une caverne très évidente; en outre, les signes physiques indiquent, jusqu'à l'extrémité in-
férieure du bord interne de Fomoplate, Texistence de tubercules à différents degrés de leur évolution.
La fièvre a le caractère intermittent avec le type quotidien; Famaigrissement est considérable, les forces sont anéanties. Je calme la toux, je m'efforce de relever Tappétit, et j'administre le mélange de petits os de volailles calcinés et finement pulvérisés de sel marin et de sucre en poudre. Je prescris les arsénicaux, Feau de la Bourboule aux repas avec le vin,
La malade ne peut supporter Thuile de foie de morue : elle mange des tartines de beurre. L'alimentation est surtout végétale. L'appétit renaît, les forces reparaissent, et, en juin 1878, la malade est complètement rétablie.
Sur ces entrefaites, elle devient enceinte, et met au monde un garçon très fort et très vigoureux, qu'elle allaite elle-même.
Or, pendant la grossesse et l'allaitement, la phthisie n'a pas reparu; madame la marquise s'est toujours bien portée, elle a repris de l'embonpoint : on ne croirait pas qu'elle ait jamais été malade.