BIOLOGIE 1>KS MICRO-ORGANISMES EN GENERAL
bonique; mais Pasteur, après de nombreuses recherches, arriva à conclure que s'il y a dans les liquides de fermentation obstacle à l'accès de l'air, la fermentation de l'alcool est plus active, tandis que par l'apport de l'oxygène il ne se détruit que peu de sucre. Dans d'autres fermentations, dans la putréfaction, le même phénomène s'observe, et le processus fermentatif n'a son maximum qu'en l'absence complète de l'oxygène. Toutefois l'accroissement et la multiplication des cellules ainsi que leurs fonctions végétatives de ferment peuvent se continuer dans ces atmosphères oxygénées; — mais :e sont les fonctions et. les propriétés vitales qui cessent; c'esl là le caractère des organismes qu'il faut désigner sous le nom d'anaérobies, par opposition à ceux bien plus rares, qui ne peuvent ni exister ni fonctionner sans air atmosphérique, et qui méritent le nom d'aérobies. Cette division toutefois n'est pas à l'abri de tout reproche, ou plutôt elle n'est pas absolue; en effet, la vie végétative et l'accroissement ne s'arrêtent pas dans les anaérobies par l'oxygène, qui ne parvient que difficilement et exceptionnellement à hier ces parasites. Il semble donc comme un fait acquis à la science et comme une loi générale que les cellules végétales les plus diverses aient, le pouvoir de former des produits de fermentation (entr'autres l'acide carbonique et l'alcool) sans que l'oxygène y prenne la moindre part.
Mais voici la lutte qui recommence, sur ce sujet, d'ailleurs très intéressant, entre Gunniget Nenki. Le premier soutient que les microbes ont besoin d'oxygène en quantité notable pour vivre, qu'il ne manque pas dans les liquides de culture, el que s'il vient à manquer, ils le puisent dans les principes oxygénés de leurs matières nutritives, comme le dit Pasteur; ils décomposent ces substances dans lesquelles ils végètent, rendent l'oxygène libre, et vivent à ses dépens. — C'est pourquoi les liquides nourriciers des microbes donnent naissance
•sée, Phtisie. i. — 2
18 LA PHTISIE BACILLAIRE
& des produits d'oxydation nitrique (acide nitrique ou ammoniaque) ou bien encore à des produits de réduction qui se dégagent sous forme de gaz ammoniaque ou d'hydrogène. — A cela Nenki et Lakowitz répondent que les fermentations peuvent se produire dans une atmosphère d'hydrogène absolument pure. Dans une autre série d'expériences on prive d'oxygène un ballon rempli d'une solution gélatineuse stérilisée (c'est-à-dire privée de tout microbe), si bienqueles tracés d'absorption de Poxyhémoglobuline ont disparu au spectroscope ; cependant la fermentation ou la putréfaction peut se développer dans ce ballon. — Nenki conclut de là que si l'oxydation peut avoir lieu dans l'anaérobie, elle n'est jamais complète, qu'elle s'arrête aux premiers degrés, et qu'il ne se forme à côté de l'acide carbonique que des produits de réduction qui se passent de l'oxygène. — La vie sans air est donc la règle de la micro-biologie.
III. De Vinfluence de la température sur la vie et les propriétés des microbes . — La température, en s' élevant, agit sur les microphytes, comme sur les autres plantes, d'une manière favorable; son abaissement retarde l'acte vital; en général on peut dire que la chaleur du corps humain est à peu de chose près celle qui active le plus leur développement.
Limites extrêmes de la température . — L'accroissement et la multiplication des microphytes se dessinent jusqu'à ce (pie la température ait atteint un maximum déterminé, et s'arrêtent au contraine dès qu'il est dépassé. Ce maximum varie pour chaque microphyte, et peut en outre monter ou s'abaisser selon la qualité du liquide nourricier, selon la présence ou l'absence d'oxygène libre. — Quand la température continue às'élever de plus en plus au-dessus dumaxiinum, le processus vital s'atténue cl unit par s'arrêter, surtoùl dans un milieu humide; il se produit une rigidité cadavérique par hypertherroie. .Mais dans cet état même, la vie