CAUSALITÉS EXTERNES, PHTISIE INOCULÉE ACCIDENTELLEMENT
niuii avec la tuberculose. Laënnec s'étail piqué dans sa jeunesse, et il prétendail que La phtisie qui en a privé l'humanité ("lait le résultat de celle blessure existant vingl ans
auparavant. — Verneuil a cité récemment le l'ait d'un (''lève, (jiii esl resté longtemps malade des suites d'un lu hercule anatomique, cl dont la santé est encore vivement ébranlée dix ans après l'accident; mais il n'est pas démontré (et Verneuil a l'ail des réserves à ce! égard) qu'il s'agisse là d'une tuberculose vraie.
La manipulation des substances tuberculeuses sous une forme quelconque n'a jamais amené de danger.
Ceci ne préjuge nullement l'infection consécutive à un foyer local de bacilles ; récemment Hanoi a observé, à la suite d'un panaris, une infection du système glandulaire, puis de tout l'organisme ; en un mot la dissémination de foyers bacillaires.
§ 40. — Tuberculose vaccinale
Mais voici une question grave, qui devait naturellement surgir à l'occasion des propriétés virulentes de la tuberculose; la maladie peut-elle, comme la syphilis, se transmettre par le virus vaccin humanisé ou animal?
Avant de résoudre ce problème il faut savoir:
1° Si les corpuscules lymphatiques, et particulièrement la lymphe vaccinale renferment des bacilles; or à cet égard Lothar Meyer répond négativement, et Bollinger ne l'a trouvé que dans la lymphe de la tuberculose vulgaire.
-n Si une érosion très superficielle, comme celle qui résulte de la vaccination, peut suffire pour produire une tubcrculisation par voie d'inoculation. — Tout récemment Fritz Schmidt a fait à Munich des essais de ce genre sur des cobayes et o'esl jamais parvenu, même en grattant répiderme
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en plusieurs points, à produire la tuberculose. — Ainsi la phtisie ne peut pas pénétrer par les procédés habituels de la vaccination.
3° Expériences de vaccination chez des tuberculeux. — Qui
sait si les détracteurs delà vaccine, s'ils sont au courant de la science, ne vont pas accuser la vaccine d'être tuberculifére, comme elle est malheureusement parfois syphilitique. Si la campagne doit s'ouvrir dans cette direction, elle sera bien vite enrayée par les recherches expérimentales entreprises récemment dans les baraquements hospitaliers de Berlin; Lothar Meyer a inoculé là de la lymphe vaccinale humaine à onze phtisiques qui n'avaient jamais été revaccinés. — Le septième jour après la vaccination, on constata chez sept de ces malades ainsi revaccinés une ou plusieurs pustules vaccinales. — Or le contenu de ces pustules ne présentait pas la moindre trace de bacilles (Guttinann.)
Conclusions générales. — 1° Le vaccin cultivé chez des tuberculeux ne contient pas de bacilles, par conséquent pas de virus tuberculeux.
w2° Une vaccine qui serait, par impossible, tuberculifére serait encore inofïenshe, attendu que les procédés ordinaires de vaccination ne suffisent pas pour faire pénétrer le virus tuberculeux dans le corps.
3° La vaccine animale serait sans danger, dit-on; toutefois il ne faut pas oublier «pie le vaccin de pommelières a déterminé, par l'inoculation, des lésions tuberculeuses, à en juger par les expériences de Toussaint.
CAUSALITÉS VITAU - 105
Si je résume les résultats de l'expérimentation, j'arrive à cette triple conclusion : 1° l'inoculation des matières bacilli- Fères produit des effets inévitables de tuberculisation ; 2° si la respiration de l'air expiré par les phtisiques n'entraîne pour les animaux aucune conséquence lâcheuse, il n'en est pas de même de l'inhalation répétée de l'air qui a passé suides crachats de phtisiques; 3° L'alimentation par les tubercules humains ou par ceux de la vache pommelière ne détermine la tuberculisation des animaux soumis à ce régime, qu'après une expérimentation rigoureuse prolongée, c'està-dire à l'aide d'un mélange d'aliments vraiment nutritifs et de produits reconnus comme virulents. C'est ainsi que le lait de la vache pommelière, lorsqu'il est mêlé avec les bacilles provenant du pis de la vache, devient certainement un moyen d'infection bacillaire, pour l'animal auquel on impose ce régime lacto-bacillaire.
Il faut donc, si la phtisie est contagieuse, admettre que la transmission se fait par les voies respiratoires ou par les voies digestives, c'est-à-dire par l'atmosphère ou par les aliments. En dehors de ces deux modes de transport du virus on n'en connaît aucun autre. Les matières excrémentitielles n'ont jamais été comptées comme virulentes, et bien qu'on y trouve parfois quelques rares bacilles, elles n'ont pas été mises en cause comme moyens de propagation de la tuberculose.
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^ 41. — ( 'oiiliuinNiir en général
Histoire. lrc Période. — Dans certains pays la contagion est une tradition populaire, qui s'est maintenue malgré les dénégations des médecins les plus instruits et les plus expérimentés; dans d'autres contrées, en Italie en particulier, elle a été maintenue par les médecins, surtout parMorgagni, etc., qui avaient même proposé des mesures prophylactiques.
"1 Période. — En France elle a été indiquée par Bernardeau, en 1875, supposée possible par Trousseau et Andral, nettement formulée par Tholozan, déclarée certaine par Cornil et Iïérard, Michel Lévy, Fonsagrives, Bonnet de Malherbe, Guéneau de Musuy, Gubleret Hardy; en 1870Compin en lit l'objet d'une thèse qui fut présidée par Hardy; à partir de ce moment nous avons à signaler les recherches de Castan, Daremberg et une excellente thèse de Musgravé-Glay, qui cite cent onze observations.
En Amérique nous relevons les noms de Ciass, Bowditsch, ( Brilisch Journal, 1 883 ) .
3e Période. — Lors les travaux de Villemin sur la phtisie expérimentale, la contagion fit naître des discussions sérieuses à l'Académie de médecine; on concluait contre la spécificité démontrée par l'expérimentation, parce qu'on ne trouvait pas la contagion démontrée par l'observation clinique; il y a là en effet une divergence facile à comprendre: la phtisie artificielle est au bout de l'aiguille à inoculation ; la phtisie dite spontanée est dans l'atmosphère, où les germes virulents sont difficiles à saisir, plus difficiles à manier.
La question reparut néanmoins tout entière lors delà découverte du bacille tuberculeux; celle fois tous les médecins émerveillés à juste titre de l'œuvre de Koch, convaincus de la nature infectieuse parasitaire de la maladie, devinrent
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résolument contagionistes. En France Debove défendit ces idées avec un grand talent, en attribuanl à la phtisie une seule origine, la contagion. Mais les faits ne répondenl pas toujours à la logique; l'étiologie reste souvenl obscure; nous verrons pourquoi ei comment.
à? Période. Faits d'importation. — Lors de la découverte de l'Amérique, les îles de la mer du Sud étaient exemptes de la tuberculose, qui \ l'ait actuellement des ravages considérables (Budd, Bush). Lesnègres, qui en Amérique jouissaient d'une certaine immunité, sont depuis dix ans, d'après Rawling, la proie de la maladie, c'est-à-dire depuis leurs rapports avec le monde civilisé, et peut-être aussi depuis que les croisements de races se multiplient , ce qui ferait rentrer es faits dans la contagion matrimoniale. Le docteur D... raconte qu'à Rio-Janeiro la phtisie, bien rarejusqu'en1848, prit une grande extension avec le développement commercial de la ville. Le courageux et infortuné Crevaux raconta que dans les contrées de l'Orénoque, l'Indien fuit devant les étrangers qui toussent; il craint même le contact des objets qui leur ont servi.
Laissons ces preuves, et voyons ce qui se passe dans les pays d'endémie tuberculeuse.
$ 42. — Contagions respiratoires
Catégories. — La contagion peut s'opérer d'un individu à l'autre, et dans ce cas c'est généralement parles voies respiratoire ; c'est la contagion infectieuse. Elle peut être personnelle, et provenir de l'alimentation, c'est une auto-infection. On a considéré comme possible la transmission du virus tuberculeux par les sécrétions morbides des organes génitaux, ce qui n'est encore qu'une supposition.
Les -contagions respiratoires s'établissent de diverses
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façons : 1° la plus généralement admise et la plus fréquente constitue la contagion matrimoniale; 2° la contagion familiale est discutée; 3° le séjour habituel dans une atmosphère tuberculo-bacillaire est considéré comme suspect pour le personnel médical et les gens de service des hôpitaux; 4° la fréquentation répétée des phtisiques; 5° la vie en commun dans les agglomérations.
La contagion par les malades préoccupe vivement les esprits depuis deux ans, c'est-à-dire depuis la découverte du bacille tuberculeux en Allemagne. En Angleterre on a dressé des questionnaires adressés aux médecins pour savoir les faits de contagion qu'ils ont observés; en France une commission instituée à la Société médicale des hôpitaux se propose un but analogue. Voici déjà un commencement d'enquête et ses résultats.
Enquêtes. — Questionnaire de la British Médical Association sur la contagion de la phtisie; réponses déjà parvenues (juillet INS.!).
Questions. — Avez-vous observé des cas de tuberculose qui se soient développés par transmission d'une personne à une autre? Si oui, combien?
Le comité a reçu 1078 réponses: 073 disaient non; 261 oui; 39 restèrent douteuses et 105 indéterminées.
Les réponses affirmatives comprennent 158 cas de contagion entre époux; 119 fois la maladie s'étant transmise de l'homme à la femme. En deuxième lieu on remarque 82 cas de contagion entre des membres de la même famille, et dont 18 des parents aux enfants; il y a, en troisième lieu, 13 cas entre parents, et 8 cas de contamination entre personnes étrangères.
lre Catégorie. Contagion matrimoniale. — Reprenons la première catégorie, qui concerne la transmission par le mariage. Des faits de ce genre ne se comptent plus; Corapin