CAUSALITÉS VITAL
indique 28 cas de propagation de la maladie du mari à la
femme, 24 de la femme au mari. < Il indiqi n outre 28 i as
de contagion entre parents, frères et sœurs; enfin 14 fois la contagion s'effectua sur des étrangers par le seul fait d'avoir occupé le même logis que les phtisiques. !
Voici une série de contagions matrimoniales, dont la gravité égale l'authenticité. Un mari tuberculeux transmel la maladie à une jeune femme saine d'ailleurs, qui, à son tour, contamine un deuxième mari (Yialettes).
Weberavu le mari infecter successivement quatre femme qui ont succombé. MacDowel(Brtf. /ourn., janv. 1883) parle d'un phtisique qui infecta successivement trois femmes.
Mode de transmission. — Comment s'opère cette transmission? La plus grande somme de probabilité est pour la contamination de l'air, soit par les sécrétions bronchiques qu sont encore dans les voies respiratoires, soit par les crachat qui ont été expulsés et sont stagnantes auprès du lit commun.
La contagion génitale n'est pas démontrée, bien qu'on ai souvent constaté chez les femmes phtisiques des métrites tuberculeuses, susceptibles de se manifester dans la sécrétion utéro-vaginale. La tuberculose des organes génitaux qui esl assez fréquente peut provenir de cette source, mais cette tuberculose reste ordinairement locale; il ne s'agit donc pas de la tuberculisation pulmonaire.
■2 Catégorie. — La deuxième catégorie se rapporte aux cas de contagion entre frères ou soeurs, qui ont vécu dans l'intimité du malade. Dans ces conditions, on peut toujours invoquer l'hérédité.
lien est de même à plus forte raison, dans les transmissions des parents aux enfants.
3e Catégorie. Du personnel médical et des gens de serrice dans les hôpitaux. — On a toujours remarqué l'immunité des médecins et des élèves des hôpitaux, dont chaque
110 LA PHTISIE BACILLAIRE
salle contieni néanmoins presque toujours 20 à 30 p. 100 de phtisiques; sur ce point il n'y a pas le moindre doute.
Pour les sœurs qui donnent leurs soins à ces malades et séjournenl dans les salles, la contagion ne paraît pas exister; on pourrait d'ailleurs toujours interpréter le développement de la maladie par la phtisie contractée dans le couvent.
Les infirmiers el les infirmières ne paraissent pas davantage fournir un contingent marqué à la phtisie. Debove cite néanmoins plusieurs cas relatifs aux gens de service de l'hôpital de Bicêtre qui sont devenus tuberculeux; il n'y a en effet pas de raison pour qu'ils échappent à la maladie; il y a au contraire beaucoup de motifs antihygiéniques, en dehors de la contagiosité, pour qu'ils deviennent malades et mêmes phtisiques. Mais si on consulte les documents fournis par Williams père et fils, qui dirigent depuis plus d'un quart siècle le Brompton's Ilospital destiné exclusivement à la phtisie, comprenant en permanence 600 malades et 100 serviteurs, on peut acquérir avec certitude la preuve que le danger ne dépasse pas la limite normale.
4e Catégorie. Des phtisies transmises à des étrangers. — On a cité de nombreux exemples de phtisie contractée par ou pendant les soins donnés aux tuberculeux aux diverses périodes de la maladie par des femmes placées dans de bonnes conditions d'hygiène et de santé antérieure. Dans les cas de phtisie avérée- la transmission a été observée par Yialettes, Bergeret, Villemin, Debove, etc., eL malgré la rigueur de certaines observations on hésite encore à se prononcer.
Que dire de la transmission des phtisies douteuses el pour ainsi dire oubliées? N'est-il pas possible d'admettre que des phtisies localisées, libreuses, mais non entièrement guéries, puissent donner lieu à la tuberculisation? On ne se doute pas du nombre de phtisiques, qui, avec les apparences
BÊRÊDITES MÉCONNUES, DIVERSES MALADIES BACILLAIRES III
de la santé, el après îles préambules d'hémopiysies, de laryngites,de bronchites, ci m tin m -ut à tousser, à cracher pendant toute leur vie; ces phtisiques sans le savoir et sans le paraître, sont contagieux comme les phtisiques officiellement reconnus. 5 Catégorie. Réunion. Villes. — (Yoir§37).
BÉRÉDITÉS MECONNUES.— DIVERSES MALADIES BACILLAIRES PRÉCORSIVES
Depuis que la 'virulence de la phtisie est prouvée, depuis surtout qu'on reconnaît sa nature parasitaire, depuis enfin qu'on retrouve l'une et l'autre dans d'autres maladies, qui en paraissaientdistinctes, force est d'admettre, dans le développement delà phtisie, unesortede transformisme. Parmi les maladies similaires, il faut signaler la scrofule qui passait pour phtisiogène, tandis qu'elle est la tuberculose môme ; on trouve les lésions locales broncho-pulmonaires qui passaient également pour préparer la phtisie, et dont elles ne sont que les premiers rudiments. A côté de ces lésions locales, dites à tort inflammatoires, à côté de ces manifestations désignées sous le nom de scrofule, il est utile de faire figurer les maladies véritablement phtisiogènes ; le diabèle est du nombre.
§ 43. — Scrofule
La scrofule s'inocule et reproduit le tubercule; la scrofule contient dans toutes ses localisations le bacille CBractéristiquede la tuberculose; enfin les deux maladies se succèdent; que faut-il de plus pour prouver qu'elles sont identiques; leurs rapports sont fixés.
I. Scrofule inondable. — ■ Les expériences de Villemin, Cohnheim, Schùller, Kiener et Poulet, II. Martin ont prouvé que les produits dits scrofuleux possédaient les mêmes propriétés virulentes que la tuberculose, et en s'inoculant déterminent la phtisie loeale ou générale.
II. Scrofule bacillaire. -- Toutes les lésions srrofuleuses contiennent le bacille. Ainsi les ostéites, les arthrites simples, ou fongueuses (tumeurs blanches) sont de nature bacillaire.
Les adénites (qu'il faut naturellement distinguer des bubons syphilitiques) sont dix-neuf fois sur vingt tuberculeuses (Hérard). — Dans ces ganglions comme dans les arthrites fongueuses, on trouve non seulement le tubercule miliaire avec le follicule tuberculeux, les cellules géantes, et l'état caséeux, mais le bacillus qui en constitue l'essence; ces tuberculoses locales ou ainsi localisées n'ont donc rien qui les différencie de la tuberculose en général; leur caractéristique (Féréol) c'est le tubercule bacillaire.
La scrofule testimlaire n'est autre qu'une tuberculose locale de même origine.
Le lupus scrofuleux présente également les signes de la tuberculose et contient le bacille (Cornil).
Les scrofùlides bénignes, les affections superficielles des membranes muqueuses, certains coryzas, les blépharites, les angines semblent échapper à cette identification parce qu'elles ne se prêtent peut-être pas à un examen histologique; Quinquaud, dans son excellent travail sur les scrofules, ne fait de réserves que pour le faciès dit scrofuleux, la pléthore protoplasinatique cellulaire, c'est-à-dire le gonflement des tissus, et quelques troubles dans l'hématose ;.il n'y a pas là de quoi constituer une maladie distincte.
III. Combinaison clinique des deux maladies. — Quinquaud compte un scrofuleux sur 2,i tuberculeux, et d'une manière plus précise, chez les hommes 1 sur 3, chez les