HÉRÉDITÉS MÉCONNUES, DIVERSES MALADIES BACILLAIRES
femmes 1 sur 1,7. — Il est donc permis de conclure à la
grande fréquence tics antécédents scrnfuleux riiez les tuberculeux; — la phthisie arrive d'ordinaire chez les scrofuleux à l'âge de la puberté.
Inversement, sur 74 scrofuleux, que Thiio a observés à la clinique d'Esmark, 29 avaient eu des parents phtisique-; la scrofule des enfants dérive de la phtisie des ascendants, comme la phtisie de l'adolescent dérive de la scrofule de l'enfance.
La question du dualisme me parait jugée d'après ces fait> irrécusables; la scrofule et la tuberculose constituent une seule et même maladie; — Tune mène à l'autre; elles se transforment par la transmission* ce n'est plus qu'une question de forme.
£ 14. — Lésions broncho-pulmonaires prétuherculeuses
De tout temps on a considéré comme possible, comme fréquent le passage de diverses affections pulmonaires à la tuberculose.
Bronchite calarvhale. Rhumes négligés. — La phtisie débute souvent par une bronchite, parmi rhume; est-ce, comme le dit le public, un rhume négligé, ou bien le début de la tuberculose. — Cette opinion ne se discute plus en présence des données de l'expérience; si les bronchites. el surtout les laryngites qui ouvrent la série des accidents sont considérées comme simples, c'est la difficulté du diagnostic au début de la phtisie qui est la cause de la méprise. — C'est précisément, quand le mal débute par le larynx, que la probabilité se transforme en certitude ; le virus a pénétré dans le larynx, où il détermine des lésions ulcéreuses, et de là dans les bronches, où il provoque la formation des nodules tuberculeux, lesquels dé-
<ee, Phtisie. I. - 8
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terminent des séries de rhumes dont on néglige V origine.
Pneumonies calarrhales atelectasiques. — Ce qui est vrai de la laryngo-bronchite, l'est encore plus des pneumonies catarrhales ; nous savons que le virus peut, à peine les tubercules sont-ils formés autour des bronches, affecter, par oblitération du tuyau bronchique, le lobule correspondant; de làl'atelectasis et la pneumonie lobulaire, qui d'emblée présente le caractère caséeux de la tuberculose.
Pneumonie fibrineuse. — La pneumonie légitime a été mise également en cause; les malades affirment le début de la maladie après une fluxion de poitrine; qu'est-ce qui prouve qu'il ne s'agissait pas d'une pneumonie lobulaire caséeuse /tendue à un lobe.
Pneumonie chronique caséeuse. — Il est certain que la pneumonie massive caséeuse, qui était considérée autrefois comme constituant un genre spécial de phtisie, n'est autre qu'un état inflammatoire, provoqué par la présence du tubercule, ainsi que l'ont démontré Gornil et Ranvier, Grancher, Gharcot. — Ce n'est pas la pneumonie caséeuse, qui s'est tuberculisée, c'est le tubercule qui a provoqué l'inflammation de nature spéciale. — On doit donc se demander si les poumons et les bronches habituellement irrités constituent un terrain favorable à la tuberculose?
Hémoptysies préalables. — Il y a longtemps qu'on a l'ait justice de l'opinion de Morton, qui décrivit la phtisie abhemoptoë, et de l'affirmation deMemeyer, qui considérait l'hémoptisie comme primitive, comme prétuberculeuse. Ce sont là des inversions chronologiques.
Pleurésie. — Il est certain que plusieurs des maladies respiratoires qu'on regardait comme tuberculigènes, sont déjà le premier signe de la tuberculose; c'est ce qui a lieu fréquemment pour les pleurésies, qui ouvrent dans bien des cas la série des affections tuberculeuses.
Affections broncho-pulmonaires , d'origine spécifique , rougeole, coqueluche. — Il est une coïncidence qui a frappé l'attention des médecins depuis longtemps, cYsl la lubeirulose qui succède à la rougeole et àla coqueluche; or comme ces maladies portent sur les organes respiratoires, onadii pour elles, comme pour les bronchites, qu'elles sont phtisù> gènes, en dépouillant la membrane bronchique de son épithélium, et facilitant ainsi l'entrée du bacille. Mais ce n'est pas ainsi que je m'explique leur action délétère (voir § Ï6).
Affections chroniques des bronches. — En effet h:< maladies qui compromettent le plus les organes respiratoires, ,'i savoir, les catarrhes chroniques, les dilatations bronchiques, l'asthme, l'emphysème1, loin d'être lacausede la tuberculisation, peuvent non seulement persister, sans provoquer la tuberculisation, mais constituent parfois de véritables antagonismes; c'est vrai, surtout de l'asthme.
Aucune circonstance individuelle ne joue un rôle aussi considérable dans le développement de la phtisie que l'hérédité sous ses diverses formes. Déjà entrevue par tous les anciens observateurs, constatée par tous les médecins qui soignent et connaissent les familles des phtisiques, l'hérédité, peut, dans la grande majorité' des cas, être invoquée comme le vrai point de départ de la maladie, mais à une condition, c'est que l'hérédité soit largement comprise, c'està-dire dans le sens le plus étendu de la tuberculo-bacillose, et que l'enquête comprenne toutes les formes.
L'enquête sur les formes diverses de la tuberculo-bacillose
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ne doit pas se borner à la seule forme pulmonaire de la phtisie.
a. Scrofules podromiques. — Si vous apprenez que dans la famille il y a des altérations articulaires ou osseuses graves, durables, des adénites cervicales suppurées ou non, vous pouvez être certain que c'est la scrofule sous ses diverses formes, et encore plus certain que la scrofule n'est qu'une des formes de la tuberculose. Avec une pareille conviction vous ne direz pas, qu'en passant d'une génération à l'autre, la scrofule s'est transformée en tuberculose ; c'est la tuberculose elle-même sous des formes différentes; la scrofule, c'est, la tuberculose intervertie. S'il y a un scrofuleux dans la famille frappée, la transmission héréditaire est directe, patente , quoique masquée par les formes insidieuses et bénignes de la tuberculose localisée dans les os, les articulations.
b. Formes broncho-pulmonaires préfuberculeuses. — L'instruction doit porter également sur les lésions antérieures des organes respiratoires. 11 est bien fréquent de voir dans une famille un ou plusieurs individus, parents, ou frères et sœurs, qui pendant un temps variable étaient sujets aux maladies du larynx, aux rhumes, ou qui ont éprouvé les atteintes d'une pleurésie, d'une pneumonie; tenez compte de ces antécédents, car les lésions de ce genre sont souvent le prodrome de la tuberculose, qui s'est localisée, concentrée et enrayée; a plus forte raison, si l'un des membres de la famille a été atteint, dans sa jeunesse, d'une ou plusieurs hérnoptysies; c'est une marque qui s'efface pour lui, et reste indélébile pour la famille.
c. Maladies phtisiogènes. Diabètes. — 11 n'est pas moins important de tenir compte des maladies chroniques qui ne sont pas tuberculeuses, mais qui le deviennent ou préparent la phtisie, je parle surtout de diabètes. — Parmi ces ma-
ladies phlisiogènes, il n'en est point qui ail une affinité plus marquée avec et pour la phtisie que le diabète sucré. — Entre les deux états morbides il y a une <f >nu< -xif <■ telle que, dans la même famille, le diabétique donne naissance aux tuberculeux, et réciproquement; on dirait que la tuberculose ne fait que revêtir une autre apparence. De plus le diabète se termine souvent par la phtisie; dans ce cas le bacille s'esl établi dans les poumons d'une manière évidente (Leyden).
§ 45. — Fréquence de la phtisie héréditaire. — Son niode de transmission héréditaire
I. Fréquence. — Les opinions sont absolument divergentes sur la fréquence relative de la phtisie héréditaire. Tandis que Louis l'estime à 11 p. 100, Barthez et Rilliet la comptent pour un 7% Gérard et Corail pour 38 p. 100, MilletCotton pour la moitié. — Il reste à savoir comment, et sur quelles bases ces chiffres ont été établis. Les statistiques de l'hôpital sont défectueuses, et Louis lui-même déprécie ses calculs en disant que la proportion des phtisies héréditaires est certainement beaucoup plus considérable.
Un questionnaire relatif à l'hérédité a été publié il y a deux ans dans le Scheswig-Holstein par le professeur Bokendahler, et adressé à 3000 médecins; or dans une statistique qui portait sur les années 1875 à 1K79, on a compté à peu près moitié de phtisies héréditaires; on a remarqué en outre que dans les villes la phtisie acquise est plus fréquente que celle qui a une origine héréditaire. Sur 7*20 mariages dans des familles de tuberculeux héréditaires, l'un des deux époux a été atteint 33 fois, c'est-à-dire 4,5 pour 100. Au contraire chez 938 époux de race saine, au lieu de 4,5 on observa le double dans les villes.