‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 28 sur 108 · II. Contai/ion au lieu d'hérédité. — 11 y a, sans aucun · texte numérisé non relu

II. Contai/ion au lieu d'hérédité. — 11 y a, sans aucun

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doute, un certain nombre de phtisies dites héréditaires, qui ne sont que des exemples de contagion; l'entant naît au milieu des conditions de contagiosité, et l'hérédité doit en être allégée d'autant dans ces cas complexes.

Contagion par le lait de la mère. — On ne doitpas oublier que la mère tuberculeuse en allaitant son enfant peut donner la phtisie par transmission, peut-être aussi par le lait dont, reniant se nourrit.

III. Hérédité par transmission directe du virus tuberculeux. Analogies et différences avec la transmission t du virus syphilitique* — Gomment la phtisie peut-elle être due à la simple transmission du virus des parents aux enfants; comment se fait-il alors qu'elle ne procède pas comme la svphilis qui se propage à l'enfant, même avant la naissance, puis se produit en caractères visibles sur le corps de l'enfant naissant, ou bien se manifeste dans les premières semaines ou dans la première année de la vie. — La tuberculose n'atteint que rarement le fœtus et l'enfant naissant; elle se révèle après les premières années, et sous ce rapport elle se rapproche de ces syphilis héréditaires tardives, qui ont été si bien décrites et démontrées par mon ami Fournier; il y a là une question de chronologie qui parait insoluble au premier abord.

IV. Prédisposition héréditaire. — Pour échapper à la difficulté, on a admis l'hérédité indirecte; peut-être, dit-on, les parents tuberculeux ne transmettent qu'une prédisposition et non le virus; la prédisposition serait accentuée par la débilitation antérieure ; — ainsi une mère nourrice qui est phtisique donne à l'enfant un lait insuffisant. A mon avis c'est une grave erreur; il s'agit sans doute d'un lait bacille. La prédisposition n'est qu'un mot qui attend des preuves.

V. Scrofule du premier âge, au lieu de phtisie pulmonaire du premier âge. — La phtisie transmise se manifeste souvent

dans les premiers temps de la vie sous forme de scrofule, et là ce qui trompe; <>n dénie à la tuberculose tout caractère de transmissibilité semblable à la transmission de la syphilis, parce que celle-ci est précoce, et l'autre tardive; niais on oublie un fait capital, c'est que la scrofule, que nous démontrons être une véritable tuberculose, est du domaine de l'enfance ; on voit les glandes scrofuleuses, les arthrites, les altérations des os. les scrofulides graves de l'espèce frapper l'enfance; or c'est là la tuberculose ; il n'y a qu'une différence de siège; la scrofule est périphérique, la tuberculose est viscérale.

VI. Tubercules méningés et péritonéaux au lieu de phtisie pulmonaire. — En sens inverse nous voyons la phtisie pulmonaire céder le pas dans l'enfance à la tuberculisation des séreuses, entr'autres des méninges et du péritoine; la méningite peul .atteindre l'enfant depuîsl'âge d'un an; la tuberculose péritonéale est également précoce, il n'y a que la phtisie pulmonaire qui est tardive. Donc l'objection de l'évolution lente de la tuberculose tombe parce lait qu'elle prend dans l'enfance le masque de la scrofule, c'est-à-dire delà tuberculose externe qui devient souvent d'ailleurs, à un âge plus avancé, la phtisie des poumons.

Objections. — Lapins grave objection est celle-ci; dans une même famille, l'hérédité collatérale joue un rôle presque aussi grand que l'hérédité directe; n'est-ce pas dans as que la contagion vient prendre sa part, à la condition formelle que l'individu frappé vit avec les parents collatéraux.

Une autre objection est celle-ci : Dans une même famille, plusieurs individus peuvent être épargnés; une génération entière peut être préservé"' de ses atteintes, c'est dans ces <;i- qu'on invoque les conditions hygiéniques, les circonstances inorales; si non, on plaide la misère physiologique qui

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serait la cause sine qua non de la phtisie. — Nous nous contenterons d'invoquer l'hérédité, qui heureusement n'est pas toujours inéluctable, mais qui constitue toujours un problème complexe à résoudre.

VII. M odes de transmission. — D'aprèsces considérations, on comprend que des médecins les plus éclairés tendent à élever sans cesse le niveau de l'hérédité, au point qu'elle constitue à leurs yeux neuf fois sur dix la cause de la phtisie. — Dans ces cas, force est d'admettre le bacille présent, et son développement ultérieur.

Sang placenlo- fœtal. — On sait aussi, depuis les curieuses recherches de Landouzy et Martin, que le sang placentoinfantile contient le germe de la tuberculose; l'inoculation de ce sang détermine la reproduction de la tuberculose, comme si on injectait la matière tuberculeuse elle-même; il y a toutefois un point douteux dans ce mode de transmission; on n'a recherché les bacilles ni dans le sang, ni dans les produits artificiels.

§ 45 bis. — Consanguinité

La question du mariage entre consanguins est encore aussi obscure que lorsqu'elle fut soulevée, il y a vingt ans. Tandis que les unions de ce genre sont sévèrement proscrites par Boudin, Fonsagrives, Chippault, Devay, Peter, nous trouvons des criiiques qui jugent impartialement cette doctrine, manifestement exagérée. — En parlant du rôle de la consanguinité dans la tuberculose, Smith, d'après les documents fournis par Damaschino, ne compta que 6 cas sur 1000 où la consanguinité pûtètre invoquée; ce chiffre serait plutôt en faveur des unions entre parents. II me semble que d'après les documents les plus authentiques, et aussi les plus contradictoires, on peut formuler ce principe : de l'alliance des

membres d'une famille parfaitement saine el irréprochable au point de vue de la santé des ascendants <>u des collatéraux, il ne peut résulter aucun inconvénient, aucun danger pour lesenfants qui proviennent drci'i if union; lorsqu'au contraire il entre dans la famille la moindre scrofulo-tuberculose de près ou de loin, craignez la multiplication du germe, et sa transmission pour ainsi dire fatale, directe ou indirecte, à la génération suivante.

11 est des maladies qui favorisenl le développement de la phtisie; il en est qui paraissent ou sont réellement antagonistes de la tuberculose.

§46. — Maladies |>litisio-<'iic«

Nous citerons : 1° une maladie dystrophique , le diabète; "2° des maladies microbiques, la rougeole et la coqueluche; •">" les lésions professionnelles du poumon, L'anthracosis ; 4° les inanitions absolues et les ischémies complètes.

Fréquence delà phtisie diabétique. — Le diabétique devient tuberculeux 43 fois sur 100, et sa maladie est identique de tous points avec la tuberculose vraie (Griesinger) ; cela est si vrai qu'on a retrouvé le bacille dans les poumons des diabétiques (Leyden) et surtout dans les crachats (voir § '.t."»). Si P.iegel cite une exception, c'est-à-dire s'il a vu une l'ois le bacille manquer dans les crachats, il l'a constaté dans un autre cas, d'accord en cela avec tous les observateurs (Rutimeyer, etc.).

Alternance des deux maladies. — L'alternance entre les deux maladies dans la même famille constitue une démonstration absolue de Leur affinité réciproque.

Mode de développement de la tuberculose chez le diabétique. — Pourquoi el comment le diabétique est-il exposé à subir faction virulente du bacille ? 11 n'y aquedeux suppositions à faire à cet égard. Ou bien le sang glycémique constitue un liquide de culture favorable au développement du bacille? ou bien le diabétique devient phtisique par hérédité, la phtisie ne se révélant qu'à une période avancée de la maladie, quand l'individu est épuisé par les déperditions de glycose? Il est bien difficile d'être fixé sur la valeur récipropue de ces deux hypothèses.

§ 47. — Influence des maladies nticronhytaires sur la phtisie bacillaire

I. Rougeole. — Les maladies microbiques exercent-elles une influence favorable ou défavorable sur le développement de la tuberculo-bacillose ; il y a des différences incontestables à établir sous ce rapport. La fièvre typhoïde qui d'ailleurs atteint surtout le système lymphoïde, n'est que rarement suivie de tuberculose; il n'en est pas de même de la rougeole et de la coqueluche, qui exercent un pouvoir phtisiogène incontestable.

Fréquence des phtisies rubéoliques. — Tandis que Rillet et Barthez indiquent la phtisie dans la proportion de 1 cas sur 11 de rougeole, Grisolle en doute, et Roger ne considère cette complication que comme un fait presque spécial aux hôpitaux.

Mode de production de la phtisie rubéolique. — C'est en effet dans ces conditions d'encombrement d'air vicié par la tuberculose elle-même, que la tuberculose se produit le plus facilement par voie de contagion.

On a «lit aussi que la rougeole n'est phtisiogène que parce qu'elle détermine constamment une lésion des bronches, avec érosion el desquamation de l'épithélium, ce qui faciliterait rintroduction des bacilles dans 1rs voies respiratoires. Nous avons déjà réfuté cette théorie qui ne repose suraucune donnée, attendu que dans le cas présent, le catarrhe rubéolique, généralement très léger et très passager, n'atteint que les muqueuses supérieures, les bronchioles restant généralement indemnes, el c'esl cependant là que se fixe le bacille lorsqu'il esl localisé. Quand la maladie détermine une inflammation broncho-pulmonaire, celle-ci peut conserver ce caractère indéfiniment, c'est-à-dire jusqu'à la guérison ou jusqu'à la mort, sans que la pneumonie prenne le caractère easéeux, c'est-à-dire bacillaire.

La cause véritable de cette affinité de la rougeole et de la tuberculose paraît être une double infection; n'est-on pas en droit de se demander si les microphytes qui déterminent la rougeole ne favorisent pas le développement des spores bacillaires. S'il y a en effet des antagonismes entre certains micro-organismes, comme nous l'avons démontré § il, il peut y avoir desconditions identiques de développement des microphytes ; ce qui est certain, c'est que la phtisie rubéolique, surtout à l'hôpital, est ordinairement miliaire, générale etfranchement infectieuse; donc la lésion érosive des bronches n'y est pour rien.

II. Coqueluche. — La coqueluche agit comme la rougeole à titre phtisiogène et plus qu'elle (Roger); il s'agit ici également d'une lésion localisée dans les organes respiratoires, et d'un micro-organisme spécial, qui présente, avec celui delà rougeole et sans doute avec celui delà tuberculose, des relations indiscutées ; ici encore on retrouve la tuberculose générale.

III. Syphilis. — La syphilis joue également un rôle considérable dans la production de la tuberculose. Astruc et

V. Swieten ont déjà noté le l'ait ; le syphilitique meurt souvent tuberculeux ; on trouve alors dans les poumons (1rs gommes syphilitiques, à côté des granulations tuberculeuses, qu'il est fort difficile de distinguer et qu'on ne saurait reconnaître ipie par la présence du bacille. De plus le syphilitique donne souvent naissance à un enfant tuberculeux; est-ce par suite de l'état de cachexie, ce qui n'est pas constant, ou par suite de la transmission d'un agent spécifique qui favorise le développement d'un autre?

§ 4-7 OIS. — Maladies pulmonaires professionnelles

Professions. Respiration de corps étrangers, de poussières, de particules diverses. — Quant aux professions qui exposent les individus à la respiration des poussières irritantes, minérales, animales ou végétales, elles provoquent bien plutôt des engorgements pulmonaires, des infiltrations métalliques ou minérales, des pneumonies d'origine mécanique que la tuberculose même, qui cependant peut venir mettre fin à ces graves inflammations; la phtisie pulvérulente se complique de phtisie tuberculeuse, surtout quand il s'y joint des causes de contagion, comme dans les ateliers; c'estdu reste ce que nous prouverons, en étudiantces maladies pulmonaires professionnelles (voir le traité d'hygiène, par Proust).

§ t8. — Influenec «le divers états nutritif.*

Sous ce titre nous indiquerons deux genres d'états morbides qui aboutissent fréquemment à la tuberculose; à savoir les inanitions et les ischémies absolues.

I. Inanitions. — Les inanitions vraies, absolues, surtout celles qui résultent d'un obstacle local, au passage des aliments dans l'estomac, sont fréquemment phtisiogènes.

CAUSALITÉ PATH0L0GIQD1 125

Rétrécissements de l'œsophage. — Tels sonl surtoul les rétrécissements simples ou cancéreux de l'œsophage. Behier ,i déjà signalé cette terrible conséquence de la lésion «lu conduil alimentaire, et de nombreuses observations onl confirmé cette donnée; c'esl que l'inanitié au dernier degré n'absorbe presque plus d'oxygène; c'esl la condition favorable au développemenl du bacille.

A norexie persistante. — Il en est de même des anorexies invincibles, comme on les rencontre parfois chez les hystériques; peu d'oxygène, beaucoup de bacilles.

Ulcères de V estomac. — On a signalé aussi les ulcères de l'estomac comme phtisiogènes; c'est une erreur ou une fausse interprétation. Il arrive souvent que les phtisiques jeunes, surtoul les femmes, présentent des ulcérations simples, rares ou multiples de la muqueuse de l'estomac, ainsi qu'on les observe aussi dans des conditions banales de débilitation ; il n'y a pas là de rapport de cause à effet, c'est une simple coïncidence. A plus forte raison faut-il considérer comme une erreur le développement de la tuberculose par suite des ulcères gastriques.

II. — Inanitions sanguines. Ischémies. Maladies congénitales du cœur. — Toutes les maladies congénitales du cœur, particulièrement le rétrécissement de l'artère pulmonaire, ont pour conséquence le développement de la tuberculose; c'esl ce qui ressort clairement des faits relevés par Lebert, par Constantin Paul, etc. On peut admettre que dans ces stagnations du sang dans les poumons, il y a des conditions favorables au développement du bacille ?

Anévrysmes de l'aorte. — J'ai observé trois faits prouvant clairement que les anévrysmes de l'aorte peuvent également provoquer le développement des tubercules dans le poumon correspondant à la crosse de l'aorte, c'est-à-dire dans le poumon droit. — Il y a encore là un trouble analogue de la

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circulation, une sorte d'ischémie statique qui protège pour ainsi dire le microbe dans son développement.

Anémies. — Par suite du même raisonnement, on a appliqué aux états anormaux du sangla théorie des inanitions, attribuant aux anémies le pouvoir tuberculisant. Il n'y a là qu'une fausse analogie. On voit les anémies les plus graves •'voluer sans produire la tuberculisation.

Chlorose. — La chlorose est souvent même exclusive de la phtisie; je connais des familles tuberculeuses dans lesquelles les chlorotiques ont été préservées de la phtisie.

Ce qui conduit à l'erreur théorique, c'est que la chlorose' simule parfois la phtisie d'une manière complète; d'une autre part la phtisie au début ne se traduit souvent que par un état pseudo-chlorotique, qui, à son tour, est difficile à distinguer de la chlorose (voir Traités des anémies, 1867; voir aussi § 55).

§ 40. — Antagonismes pathologiques, immunités

De tout temps on a considéré comme antagonistes de la tuberculose un certain nombre de maladies qui en préservent plus ou moins; — il faut citer: 1° les maladies parasitaires, entr'autres la malaria; — 2" certaines intoxications, comme l'alcoolisme; — 3° des dégénérescences comme le cancer ; 1° des dystrophies comme l'arthritisime ; — 5° des maladies du cœur; et 6° des affections respiratoires, particulièrement l'asthme.

I. Antagonismes de certaines maladies microbiques. — Parmi les maladies infectieuses il en est qui passent pour exclusives de la tubercule, telles que la scarlatine, ce qui est vrai, la variole et la lièvre typhoïde, ce qui est très douteux.

Malaria. — L'antagonisme des lièvres paludéennes et de

CAUSALITÉ PATHOLOGinl I. 121

la tuberculose a prêté à des discussions plus sérieuses; il n'est plus admis depuis les récentes recherches pratiquées dans les pays palustres.

II. Intoxications. Alcoolisme. — L'alcoolisme esl interprété dans ses rapports avec la tuberculose dans les deux sens les plus opposés. Tandis que Magnus Huss prétend que l'alcool est un préservatif, Lancereaux soutient la proposition inverse, et Jaccoud constate que chez les alcoolisés la maladie marche plus rapidement.

III. Dégénérescences. Cancer. — Le cancer n'exclut pas davantage la phtisie. — Garcin a rassemblé soixante-deux cas dans lesquels les deux maladies se trouvaient réunies, — il s'agissait surtout de cancer de l'estomac (je ne parle pas de ceux de l'œsophage, qui agissent en inaniliant complètement le malade.

Behier, Gallar Peter ont démontré que le cancer de l'utérus se rencontre assez souvent avec les granulations tuberculeuses du poumon (un cas sur six).

W'.Dystrophie. Ârthrilisme. — Toutes les diathèses, surtout l'arthritisme, arrivées à la période de cachexie, peuvent se terminer par la tuberculose; tant que le goutteux se trouve dans la période d'acuité, il n'a rien à craindre; mais lorsque la goutte passe à l'état chronique, elle menace de dégénérer en phtisie (Pidoux). La phtisie d'origine arthritique ne vaut pas plus que la phtisie héréditaire ou acquise; — la phtisie, dit Pidoux, est une maladie qui finit. Péter rectifie judicieusement le mot : c'est une maladie qui achève.

Y. Maladies du cœw. — L'école de Rokitanski avait imaginé un antagonisme dyscrasique du sang entre les maladies de la circulation et la tuberculose; la cyanose surtout devait s'opposer à la production de la phtisie; c'est précisément l'inverse, du moins dans les maladies congénitales du cœur.

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— Dans les cardiopathies acquises elles-mêmes, la coïncidence n'esl pasrare; — sur deux cent soixante-dix-sept maladies valvulaires, on a trouvé vingt-deux combinaisons de ce genre, c'est-à-dire 8 p. 100.

VI. Asthme et emphysème. — L'asthmatique devient rarement phtisique. — H ne faut pas confondre l'asthme avec l'emphysème mécanique, qui s'observe parfois chez les tuberculeux, et qui n'a aucune valeur clinique.

Nous avons ni vue l'emphysème constitutionnel, qui commence dans la jeunesse; il ne compromet pas la vie par la tuberculose.

Nous entendons parler surtout de l'asthme proprement dit qui s'accompagne toujours d'un emphysème névro-paralytique (par paralysie du nerf vague), — passager ou permanent; dans ces cas le poumon perdant son élasticité devient comme un sac de caoutchouc détendu et ramolli, qui ne fonctionne plus pour l'inspiration que d'une manière incomplète, par suite de la rupture et de la confluence des vésicules; le microphyte ne peut guère entrer ni se développer dans ce sac inerte.

§ 50. — Des immunités expérimental cm

Des prédispositions. — Dans les épidémies et en présence de ia même infection, tous lesindividus ne sont pas pris de la même façon; de plus ils restent indemnes de telle maladie infectieuse, et subissent les atteintes d'une autre affection; on dit que c'esl en vertu d'une prédisposition. On sait aujourd'hui que ce mot n'a pas de signification, ou bien ilsignitie qu'il s';igit d'une lutte des microbes contre les forces corporelles; — quand ils triomphent l'individu était, dit-on, mal disposé; quand ses forces prédominent il était bien dispos; mais dans une deuxième épidémie l'inverse peut avoir

lieu ; il peul succomber sans qu'on voie intervenir ces forces si utiles une première ibis.

Immunités. — Lorsqu'un individu a déjà subi une première atteinte, il se trouve préservé; delà les inoculations préventives du virus atténué.

Introduisez une t rare de matière microbique dans un liquide stérilisé ; fermez hermétiquement le flacon, chauliez; le liquide se trouble, puis redevient clair; au fond se trouvent desparasites uouveau-nés. — Prenez une trace de ce dépôt, cultivez-le ; vous aurez cent fois, mille fois le même effet; la millième génération sera aussi virulente que la première.

Mais si les vases sont mal clos, la génération acquise perdra de sa puissance, et la virulence absolue peut finalement s'éteindre. Quand avec ces cultures atténuées on inocule un individu, il ne survient pas de maladie; si les inoculations sont pratiquées au bout d'un certain temps avec le produit morbide non atténué, qui tue les animaux indemnes jusque-là, dès lors, les individus inoculés supportent même cette inoculation sans présenter d'accidents morbides. — Pasteur définit ainsi ce principe : « Lorsqu'un animal étant inoculé avec un poison dilué, l'organisme l'a surmonté par sa résistance, une inoculation avec un poison condensé ne produit plus que des effets insignifiants. »

Immunité tuberculeuse. — Buchner prétend l'obtenir par un usage prolongé de V arsenic. Falk a tenté des inoculations avec le virus tuberculeux atténué par la chaleur, et il n'est arrivé à aucun résultat.

SÉE, Phtisie. i. — <J

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^ ol. — Conditions individuelles de santé, misère physiologique

I. Prédispositions. — La prédisposition comme nous venons de la voir, serait la faculté inégale selon les individus, de subir l'infection bacillaire ; il en est ainsi dans toutes les maladies infectieuses; de tous ceux qui sont exposés à l'action du poison, il n'est qu'un certain nombre chez lesquels le poison se fixe dans l'organisme et s'y développe.

II. Faiblesse individuelle. Misère physiologique. — Pour expliquer ces différences, on a surtout invoqué la faiblesse individuelle, soit innée, soit acquise; — des circonstances nombreuses dont l'ensemble a été désigné par Bouchardat, sous le nom ingénieux de misère physiologique, ont été considérées comme la cause prédisposante, ou même comme la cause réelle de la tuberculose.

III. Insuffisance nutritive. — Parmi ces conditions, il faut noter surtout l'insuffisance de la nutrition et la distinguer de celle qui résulte des obstacles matériels à l'introduction des aliments (rétrécissement de l'œsophage); en débilitant l'organisme outre mesure, l'inanition absolue peut l'exposer aux influences nocives et diminuer sa résistance au virus tuberculeux si répandu. — En est-il de même dans l'inanition relative par une nourriture défectueuse ou incomplète? rien n'est moins démontré; il semble qu'il faille une déchéance complète de l'organisme pour que le bacille une f»is entré s'y développe.

IV. Insuffisance respiratoire. — Il en esl de même de l'insuffisance respiratoire; les individus qui vivenl dans une atmosphère restreinte, surtout ceux qui sont condamnésà vivre dans les collèges, les pensions, les couvents, les ateliers, les casernes, les prisons, s'ils deviennent tuberculeux, ce qui esl fréquent, ne subissent leur sort que parce qu'ils respirenl une atmosphère virulente; il suffit de la présence d'un ou plusieurs tuberculeux dans ces milieuxà air confiné, il suffîl de l'expectoration purulente et bacillaire de ces phtisiques pour produire le mal quand les crachats sont desséchés; c'esl une affaire de contagion, bien plutôt que d'aération insuffisante.

V. Débilitations par sa ite de déperditions ou de surmenage. — A la suite des débilitations quelles qu'elles soient, ainsi par les excès de travail physique, les diarrhées prolongées, la dysenterie chronique, les pertes séminales, la lactation trop longtemps continuée, on observe, 'dit-on, cette prédisposition aux tubercules, — et celle là-même n'est pas démontrée.

Anémies ? ■ — On voit en effet des anémies, qui sont en réalité la résultante de toutes ces déperditions, de toutes ces déchéances, résister absolument à l'invasion bacillaire. — Par contre les individus les plus robustes, dans les conditions de fortune et d'hygiène les plus favorables, tombent frappés comme par la foudre. — La réponse est dans ces deux mots: contagion, hérédité.

§ 52. — Causalités physiologiques. Influence de 1 âge et du sexe ; fréquence de la maladie

I. Fréquence. Proporl ion des morts par phtisie dans la mortalité générale. — Dans les populations des villes, on compte généralement 84 morts sur 10,000 habitants; les, limites extrêmes sont de 25 à 53.

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Relativement à la mortalité générale, le chiffre des phtisiques est du cinquième au quart; ainsi à Paris sur mille morts par semaine, on compte au moins deux cents décès par la phtisie pulmonaire et en outre vingt à trente morts par d'autres tuberculoses, ce qui fait un total de 20 à 25 p. 100. — Dans les autopsies médico-légales qui portent sur des individus généralement réputés sains de corps, mon ami Brouardel trouve l'énorme chiffre de 4/5 de lésions tuberculeuses à tous les degrés.

II. Atje. — La répartition des Ages, ({liant à la tuberculisation, est difficile à apprécier; mon ami Damaschino dit judicieusement dans son excellente thèse d'agrégation, qui date de douze ans, qu'il faut compter toutes les maladies tuherculeuses; cela est vrai surtout pour les enfants, qui commencent si souvent la tuberculose par d'autres organes que le poumon.

Fœtus et nouveau-nés. — De temps à autre on* signale dans les autopsies de fœtus ou de nouveau-nés, des masses dites tuberculeuses dans les poumons ou dans les glandes, ce sont des pneumonies caséeuses ou des adénites; sontelles ou non de nature bacillaire?

De lu naissance à trois ou quatre ans. — Chez les enfants âgés de moins d'un an, Hervieuxn'a trouvé que dix fois la tuberculose sur 801 autopsies.

De trois à huit ans. — A partir de l'âge de trois ans jusqu'à sept ou huit ans, la maladie prend une telle extension, que, dans les hôpitaux d'enfants, les deux tiers des enfants succombent à la phtisie (Rilliet et Barlhez) ; c'est alors aussi qu'on constate souvent les tubercules des méninges et du cerveau (Roger).

De huit à quinze ans. — Il y a une diminution signalée par tous les auteurs; il est vrai que c'est à cette époque que prédominent les autres formes bacillaires, la scrofule sous

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toutes ses formes, les tuberculisations ganglio-bronchiques, etc.

La phtisie pulmonaire prend souvent la forme de la pneumonie caséeuse, el {dus rarement celle de la granulie que dans la première enfance.

De quinze à vingt-cinq. — C'esl à cel âge, dit-on, qu'est le maximum de fréquence.

De vingt-cinq à trente-cinq ans. — Les limites extrêmes de la mortalité maxima vont de vingt-cinq à trente-cinq, à quarante et même à cinquante ans.

Vieillesse. — Elle c'esl poinl rare en effet dans la vieil- : les autopsies dans les hospices de vieillards sont là pour en témoigner; ce qui trompe souvent le médecin, c'est la marche insidieuse de la maladie, qui évolue pour ainsi dire sans troubler les fonctions pulmonaires, sans donner de signes physiques certains, sans provoquer la fièvre; ce sont des phtisies latentes dans toute l'acception des mots.

Résumé. — Aucun âge n'est exempt de la maladie, et si son maximum est entre quinze et quarante-cinq ans, c'est entre ces limites que les occasions de contagion sont plus accusées, plus fréquentes.

III. Mortalité tuherculeuse de la population. — Mais voici des statistiques, des décès par phtisie par rapport non plus à la population totale, mais à la population divisée par séries de cinq ou de dix ans.

Proportion des morts phtisiques par rapport au chiffre de la population vivante, calculée par série d'âges. — C'est la seule manière de déterminer l'influence de l'âge sur la mortalité par phtisie. — Or à cel égard Wahl, puis Wurzbourg, qui ont observé en Prusse, sont arrivés à des résultats diamétralement opposés à ceux qui sont énoncés et admis ailleurs.

En général on a calculé, comme nous venons de le dire,

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le maximum de la mortalité entre quinze et vingt-cinq ans; d'autres ont reculé les limites d'une dizaine ou d'une vingtaine d'années, en reportant le maximum de vingt-cinq à trente-cinq, et même à quarante-cinq ans; — mais ce n'est pas là l'expression delà vérité ; la classe qui souffre et meurt le plus de phtisie est âgée de soixante à soixante-dix ans; cette série fournit 93 sur 10,000.

Après cette classe vient celle au-dessous de cinq ans, qui est atteinte dans la proportion de 23 sur 10,000; — tous les autres âges sont d'autant moins favorisés qu'on avance dans la vie; la mortalité est au minimum de cinq à dix ans; elle atteint le chiffre de 10 sur 10,000 entre dix et quinze ans; de quinze à vingt ans elle est de 18 sur 10,000; — devingt à trente ans, elle est de 23 et va en croissant jusqu'à soixante ans. Ainsi, contrairement à toutes les indications précédentes, et en tenant compte de la proportion des décès aux vivants au même âge, c'est la vieillesse qui est le plus frappée; l'âge de cinq ans à dix ans l'est le moins.

Déjà une statistique faite à Copenhague par Lehman, relatait de la progression croissante de la mortalité, depuis vingl ans jusqu'à soixante-quinze ans. C'est de soixante-cinq à soixante-quinze que se trouvait là le maximum. — Mais il n'en est pas de même à Londres, où la mort frappe surtout l'âge de vingt-cinq à trente-cinq ans. 11 en est ainsi à Paris; une statistique exacte de Bertillon fournit les chiffres suivants pour les années 1872 et 1877, et au prorata de la population classée par séries d'âges.

Au-dessous d'un an 103 décès pour 141,162 enfants.

De 5 à 10 ans 59 — 127,357 —

— 1U à 15 ans 125 — 133,66-2 —

— 15 à 20 ans 557 — 168,000 individus.

— 20 à 25 ans 989 — 222,000 —

— 25 à 30 ans 1 1 89 — 200,01 IU —

— 30 à 40 ans 1228 à 1213 188.U00 —

CA1 SALITÉ PHYSIOL0G1Q1 r 135

De 10 à 50 ans. 750 décès | r 145,000 individus.

— 50 à 55 ans 480 — 110,000 —

55 à 60 ans 295 77,000

— 60 à 65 ans 181 — 58,000 —

65 à 7* ans 103 36,000 -

— 7(1 à 75 ans 7:! 23,000 —

La proportion reste triple entre trente ei cinquante ans, de ce qu'elle est après cinquante ans.

IV. Sexe. — Le sexe ne parait, pas exercer d'influence notable sur le développement de la tuberculose; si Laënnec, Louis Trousseau, Bouchardat, Jaccoud donnent la prédominance morbide au sexe féminin, si Fuller compte 28,234 femmes contre 25,083 hommes, c'est-à-dire 12 p. 100 de plus, Wurzbourg n'établit pas la moindre différence jusqu'à soixante ans; alors la proportion diminue et descend à 76 pour 10,000 au lieu de 1 12. Il n'y a donc pas de prédisposition fâcheuse des femmes dans l'âge adulte; si la mortalité est la même que chez l'homme, la cause en est dans l'état de grossesse et de puerpéralité qui déterminent cette mortalité tuberculeuse : cela est si vrai que la statistique de Fuller n'établit pas de différence appréciable entre les deux sexes dans r enfance (3,422 garçons pour 3,535 filles) et que la divergence ne commence qu'à partir de la vie sexuelledes femmes.

Grossesse. Puerpéralité. — La grossesse aide puissamment .m développement de la phtisie; c'est, aujourd'hui un fait hors de contestation, et si elle parait en arrêter la marche, en réalité elle ne fait qu'en masquer la phénomalité. — L'exagération des lésions locales chez les femmes phtisiques qui deviennent enceintes est au contraire facile à constater, et plus évidente encore après l'accouchement (Stoltz, Bahuaud, Caresme). La puerpéralité active singulièrement la marche de la phtisie; de plus, comme il ressort i\c< recherches de Namias, Gruveilhier, Brouardel, la tuberculisation envahit

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souvent les organes génitaux après l'accouchement; est-ce le résultat d'une contamination par le mari ?

Lactation. — La lactation peut, si elle est prolongée, agir à titre de moyen débilitant pour la mère, et présenter les inconvénients de toutes espères de déperditions; ce n'est là qu'une cause phtisiogène bien plus douteuse que la puerpéralité.

Phtisie héréditaire chez les femmes. — Un fait remarquable et du reste facile à prévoir résulte de la statistique de Schleswig-Holstein. — Le nombre des phtisies héréditaires, chez la femme, dépasse de beaucoup le chiffre des phtisies acquises; chez l'homme, c'est la proportion inverse, en réalité l'homme étant exposé aux influences contagieuses plus que la femme.

Races. — Aucune race n'est à l'abri de la tuberculose; les nègres n'y sont ni plus ni moins sujets que les blancs; ils succombent quand ils se trouvent dans des conditions de contamination.

En Gallicie, les paysans sont indemnes, et les Juifs tuberculeux; c'est que ceux-ci sont en relations continues avec la population des grandes villes, où la maladie règne habituellement.

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