‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 31 sur 108 · CONDITIONS LOCALES · texte numérisé non relu

CONDITIONS LOCALES

rieurs, d'où il résulte une accumulation de mucus el d'épithélium <l;iii^ les bronchioles, el même d'après Aufrecbt, une irritation inflammatoire. Ainsi d'après cette manière devoir, il s'agirail de l'inertie respiratoire indirecte musculo-osseuse, el finalement d'une inflammation. Or s'il est vrai que les sommets des poumons fonctionnent incomplètement comme organes respiratoires, la faute n'en esl pas exclusivement aux muscles ni aux côtes, car ou sait que si chez l'homme la respiration se l'ait surtout par le diaphragme, c'est au contraire la respiration costale qui domine chez la femme, ce qui n'empêche en rien le développement de la tuberculose '1rs lobes supérieurs dans le sexe féminin.

D'une autre part, en acceptant l'insuffisance fonctionnelle de la partie supérieure du poumon comme un fait certain, et en supposant même l'accumulation de muco-épithélium dans les petites bronches, on ne saurait admettre une inflammation consécutive à la stase des mucosités, ni surtout une inflammation qui serait la cause de la tuberculose; le temps desintlammations prétuberculeuses est passé.

2° Surcharge du thorax à sa partie supérieure. — Rindfleisch émet une idée plus singulière; il explique la prédilection de la phtisie pour les sommets, par la station debout, et le maintien du tronc en ligne droite, ce qui fait que les bras, dont les attaches leur donnent une grande mobilité, pèsent de tout leur poids sur la poitrine, et empêchent son expansion, surtout lorsque par une conformation vicieuse les épaules tombent en avant; de pareilles interprétations ne méritent pas d'êire réfutées.

.-; Inertie fonctionnelle. — Jaccoud admet l'inertie fonctionnelle des lobes supérieurs, comme 'ans.' de la localisation des tubercule-, et conseille la gymnastique respiratoire comme moyen préventif ; mais nous restons dans l'incertitude sur le mode d'action de cette insuffisance pulmonaire.

I ii LA PHTISIE BACILLAIRE

A0 Bassesse fonctionnelle des sommets pulmonaires. — Peler dit que dans le poumon qui est si pauvre « quant à la texture, et si passif quant à la fonction, le sommet est précisément la partie la moins vivante, car elle est la moins fonctionnante; » c'est, d'ailleurs dans le sommet que l'air arrive et circule le plus difficilement; c'est là par conséquent que se trouve le minimum de l'hématose, et le maximum de la tuberculose, qui est elle-même un processus de déviation trophique, c'est-à-dire le contraire de l'inflammation.

De ces divers motifs l'un est inattaquable; il repose sur la faiblesse respiratoire partielle du sommet, qu'elle soit ou non consécutive à l'influence des muscles respiratoires supérieurs.

La deuxième raison est d'ordre théorique ; il semble que la paresse fonctionnelle appelle un produit hypotrophique. et on se demande en quoi le tubercule, de ce qu'il n'est pas d'origine inflammatoire, constitue une lésion basse.

La troisième raison invoquée pour expliquer les services imparfaits des sommets pulmonaires, c'est qu'ils échappent en partie aux effets de l'inspiration; d'après Peter la colonne d'air inspiré descend en droite ligne vers labase du poumon, tandis que la bronche supérieure est ascendante, et il semble que la voie suivie par l'air soit inverse de l'axe de la trachée. — Or il estfacile devoirque la colonned'air quientredans la première grosse bronche va loutsiinplcmenlsediviserendeux courants au point d'embranchement des deux conduits secondaires, et que la distribution de l'air comme de toute substance gazeuse se fait aussi bien dans le sens horizontal ou même ascendant que dans la direction opposée, et cela par le seul fait de la diffusion des gaz; il ne s'agit pas là en effetd'un courant liquide.

fil. Interprétation de la localisation du tubercule dans les

i ONDITIONS LOI ILES 141

sommets. — Il y a pénétration directe des bacilles dans les bronches supérieures. — Les bacilles, ou les spores qui peuvent, en germinant, former les parasites, sonl transportés dans 1»? tronc bronchique par le couranl d'air inspiré, surtout >i la tuberculose esl acquise, c'est-à-dire aux lobes supérieurs; le microbe, sous quelque forme qu'il se présente, quelque degré qu'il ail atteint, s'arrête, si on peul se servir de cette comparaison, à la première station, c'est-àdire au premier embranchement des voies respiratoires. Il pénètre plus facilement dans la bronche droite qui esl plus volumineuse, lorsque la maladie est aecidentelle; dans la bronche gauche dans les cas de phtisie héréditaire (Lancereaux); — de toutes tarons le tronc primitif est destiné aussi bien aux lobes supérieurs qu'aux tuyaux bronchiques descendants.

Une fois arrivé là, le microbe trouve des conditions spéciales de développement; le monopole pbtisiogène de ces lobes supérieurs, si faibles, si peu utiles par leur fonction respiratoire, s'expliquera facilement par cette paresse innée. Par suite de la fixité des côtes supérieures, et de l'impuissance relative des muscles inspirateurs (intercostaux, portion supérieure des petits et grands pectoraux, etc.), ces lobesprésentent une ampliation moindre que la partie moyenne et inférieure du thorax, dont la mobilité et l'armature musculaire sont bien autrement développées.

Ce qui est bien plus marqué encore, c'est l'imperfection de l'acte expiratoire, qui, dans l'état physiologique, est dû uniquement au retrait de la portion élastique des côtes; les premières côtes sont encore plus impuissantes pour revenir sur elles-mêmes, qu'elles ne le sont pour s'étendre.

Par cette dernière condition l'air est expulsé incomplètement. On sait que l'air qui reste dans les poumons, l'air résidual est des 9/10 après Tinte respiratoire; il en entre ou

142 LA PHTISIE BACILLAIRE

en sort à peine 1/10 par le renouvellement. Or la ventilation est surtout incomplète dans les régions supérieures du thorax; il y a stagnation de l'air, stagnation des mucosités. Le microbe y reste, sans être agité on emporté parles mouvements de l'air. Ce n'est que quand le poumon est emphysémateux, sans élasticité, cl absolument inerte que la bacille ne saurait s'y fixer, ni s'y développer.

IV. Le développement et la multiplication des bacilles se fait dans les sommets des poumons. — Une fois arrivés et fixés dans cette région, les bacilles y trouvent des conditions spéciales de développement.

a. Absence ou diminution de Voxycjène. — L'étude biologique des microbes nous apprend qu'au contael répété de l'oxygène, ils cessent de se multiplier. L'abord trop facile de l'oxygène est unecondition contraire à leur développement; jusqu'à un certain point ils sont sinon anaérobies, du moins aérophobes. Aux sommet des poumons ils se trouvent moins exposés à faction intensive de l'oxygène.

b. Chaleur; stagnation des mucosités. — Par cela même que la ventilation est moins complète dans la partie supérieure du thorax, ils se trouvent dans des conditions de chaleur plus marquée, ce qui leur est favorable. Peut-être aussi le mucus sécrété normalement par les bronches est-il plus stagnant dans les conduits supérieurs, par suite des respirations moinsactives ; ceserait encore une circonstance déplus en faveur de la reproduction des bacilles.

Y. Conséquences thérapeutiques relatives à V aérothérapie et au.i'oliiios/dièresmédicamenteuses. — Si le développement des tubercules suit pas à pas l'introduction, la fixation et la multiplication des bacilles dans ces régions funestes, c'est là qu'il faut chercher à agir; si les atmosphères artificielles, si les vapeurs anliparasitairesouantiseptiques peuvent atteindre les bacilles confinés primitivement dans ces bronchioles, on

COMMUONS LOCALES 149

pourra conserver peut-être l'espoir d'empêcher leur repullulation indéfinie, el de transformer La maladie <mi une tuberculose locale, circonscrite. La question des tuberculoses locales esl en effet jugée aujourd'hui pour tous les organes, pourlesos, pour les glandes, etc. ; pourquoi l'invasion parasitaire ue saurait-elle être limitée à une portion de l'organe respiratoire.

Page 1