‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 45 sur 108 · PERCUSSION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

PERCUSSION EN GÉNÉRAL

l. Définition des, sons de percussion. — Le son de percussion de la poitrine résulte, comme toute manifestation du son, des mouvements vibratoires que subissent les parties constituantes de la paroi thoracique et des poumons, puis de la transmission des vibrations à l'air ambiant , et à l'oreille de l'observateur.

Origine des sons et des bruits. — Ordinairement ce sont

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des bruits, c'est-à-dire des manifestations acoustiques produites par des oscillations irrégulières, et non périodiques de l'air. Les tons purs, musicaux, dus à des oscillations périodiques de l'air n'existent pas dans les sons de percussion thoraciques; ceux qui s'en rapprochent le plus, ce sont les sons qu'on doit appeler tympaniqucs, etles sons métalliques.

L'origine des sons a été attribuée à trois causes : 1° à la vibration des parois; Williams, avec Iloppe-Seylcr, Mazonn, suppose en effet que les vibrations de ces parois peuvent se continuer sur un poumon aérifère, tandis qu'elles se troublent et sont remplacées par un son sourd, dès que le parenchyme pulmonaire se condense ou se trouve comprimé par une cause quelconque ; mais il y a là une erreur ou une exagération, car on peut charger la poitrine ou la comprimer, et rendre ainsi impossible toute vibration, sans que le son se modilie en quoi que ce soit. Il n'en est pas moins vrai que la texture osseuse élastique ou rigide du thorax exerce une influence favorable ou contraire sur les transmissions du son de percussion au tissu pulmonaire.

2° Air intra-pulmonaire. — D'après Skoda, c'est l'air intra pulmonaire, qui jouerait le rôle principal; tout son de percussion, dit-il, qui n'est pas mat (fémoral) provient de l'air broncho-alvéolaire mis en vibration. Il s'agit de savoir si c'est à titre de cause ou de renforcement du son.

3° Parenchyme. ■ — Le parenchyme pulmonaire a une action incontestable, en même temps variable par suite de sa composition si hétérogène, et surtout par les changements marqués de tension, que lui imprime sans cesse d'une part la respiration, d'autre part la turgescence résultant de la circulation (Friedreich, Wintrich).

II. Dichotomie des sons en creux et pleins. — Le poumon, avec et malgré sa contexture complexe, n'en constitue pas moins un corps aérifère; à ce titre il donne un son qu'on

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peut appeler creux, que Skoda oppose au son des organes vides d'air, pu parenchymes pleins; tout est là pour Skoda. Les sons, dit-il, sont tous tympaniques plus ou moins modifiés, >i l'organe percuté contient des gaz, ou bien ils sont tous fides, c'est-à-dire mais, si L'organe ne renferme pas d'air. Il n'y a pas pour Skoda d'autre division fondamentale.

Les corps pleins résonnent tous de la même façon et ne sauraient se distinguer, quel que soit le genre de tissu, quel que soit même le genre de liquide qu'ils renferment.

Piorry prétendait au contraire reconnaître la nature des parenchymes pleins et distinguer le foie, la rate, les masses musculaires; Piorry exagéra et finit par céder; mais Skoda resta absolu dans ses dénégations qui dépassent la vérité. Si en effet, comme le dit Weil, on prend deux cordes de même longueur et de même épaisseur, mais diversement constituées, le fil de fer donnera des vibrations bien plus durables que le fil de plomb; c'est l'élasticité de ces diverses matières, qui joue dans ces cas un rôle indiscutable. Il est bon d'ajouter que les nuances de sonorité ou d'obscurité résultant de la contexture des organes sont, pour ainsi dire, insaisissables, et par conséquent inutiles dans la pratique.

En résumé on peut dire que le son de percussion du poumon ne saurait dépendre ni des vibrations de l'air seulement ni du poumon exclusivement, et encore moins des parois thoraciques. Ces trois facteurs et surtout les deux premiers doivent entrer en ligne de compte ; l'ébranlement produit par le doigt qui percute, se propage jusqu'à une certaine profondeur (5 centimètres) et jusqu'à une certaine distance, \ à 0 centimètres d'après Friedreich ; mais une pareille précision n'est pas admissible, quoique le fait soit indiscutable.

| 8 I . — Des divers sons de pereusMloii ; leur elassi Bcation

I. Classification. - De toutes les discussions encore ouvertes sur la classification des sons de percussion, il ressort ce fait indiscutable, c'est que le sou subit des modifications selon : 1° l'amplitude des vibrations; c'est elle qui détermine la sonorité du son, c'est-à-dire son intensité; 2° la vitesse de leurs successions, qui fixe l'acuité ou la hauteur du son, c'est ce que Woillez et Grancher appellent la tonalité; 3° la régularité périodique ou cadencée du son entraîne la formation d'un ton musical, comme l'absence de périodicité régulière détermine un véritable bruit; 4°à ces trois qualités des sons il faut ajouter une quatrième, qui consiste dans la résonnance concomitante ou timbre, c'est-à-dire dans leur faculté de provoquer des sons harmoniques.

La classification de Traube est la seule qui réponde à ces desiderata d'ordre physique et en même temps pratique. Celle que nous proposons n'en diffère que dans quelques détails d'importance pratique. Nous admettons.

1° Un son tympamquœ, qui résulte d'oscillations régulières «l'un ton musical.

2° Un son soxis-tympanique ou tympaniquë obscur, qui par son origine, c'est-à-dire par l'irrégularité des oscillations consiste en un véritable bruit; le son pulmonal normal constitue le type du son tympaniquë obscur (Skoda, Traube).

Os deux espèces de sons présentent un son aigu et grave, selon que les oscillations sont rapprochées ou non; ces sons aigus et graves ne constituent que de^ variétés des sons tyinpaniques et sous-tynipaniques.

.1" Son mat. — Du son sous-tympanique au son mat (instar femoris) il n'y a qu'un pas, mais difficile à franchir, car la matité ne s'applique qu'aux parenchymes pleins, charnus,

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vides d'air, ou aux liquides enkystés, tandis que 1rs tympanismes supposent toujours un corps aérifère.

i Son de résonnance. — Ceux-ci se distinguent toujours par leur résonnance, qui prend souvent le caractère métallique.

Des conditions de production ou d'augmentation des sons: Percussion forte ou faible. — Une percussion forte augmente naturellement l'amplitude du son, c'est-à-dire la sonorité; une percussion faible l'annule; en tous les cas il importe de percuter comparativement avec la même force des deux côtés! La percussion forte est souvent nécessaire pour découvrir certaines régions qui sont situées à plus de 5 centimètres de profondeur, sans quoi des indurations pulmonaires centrales et recouvertes d'une couche épaisse de poumon sain échappenl à la percussion.

Une percussion faible ne fait vibrer que la portion superficielle du poumon; par cela même elle devient nécessaire, si les loyers d'induration superficiellement placés sont de petites dimensions ; si, par exemple, ils ne mesurent pas A à 6 centimètres, ils sont méconnaissables si ce n'est par une percussion faible. Enfin la partie lésée, qu'elle soit superficielle ou profonde, exige une certaine épaisseur, 2 centime! res dans le premier cas, 5 centimètres dans le deuxième cas, pour être révélée par le doigt explorateur qui doit percuter légèrement ou fortement selon l'une ou l'autre de ces circonstances. Ainsi la percussion ne peut rendre de services réels que dans des conditions déterminées, et par les procédés indiqués.

li <n forcement ou affaiblissement des sans clairs et obscurs par les parois thoraciques. — Ces parois, par leurcontexture, exercent dans l'étal physiologique une influence considérable sur les effets de la percussion. Chaque homme a. poulains! dire, son ton individuel de percussion; il en esl ainsi à

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plus forte raison dans l'état morbide. Plus la musculature est faible, mince, plus la couche de graisse est minime plus les cartilages et les os sont flexibles, plus aussi le son de percussion est sonore. Ces conditions sont manifestement favorables pour transmettre intact le choc du poumon, et y provoquer des oscillations faciles.

Profession, âge et sexe. — Un exemple frappant de ce genre se trouve dans la région du muscle grand pectoral droit, particulièrement chez l'ouvrier; ce muscle, gagnant en épaisseur par sa contraction fréquente, rend le son de per cussion plus faible.

La cage osseuse, sa texture, sa conformation, exercent une influence non moins marquée. Ainsi, dans la scoliose, plus la paroi du thorax est convexe, plus les côtes sont saillantes, plus elles enrayent la transmission du choc au poumon, et assourdissent le son.

Chez l'enfant, le son est bien plus accentué que dans l'âge adulte; le thorax est plus flexible et les muscles sont moins développés. — Chez le vieillard le son est également très marqué, par suite de la disparition de la masse musculaire, et peut-être aussi de la raréfaction du tissu pulmonaire. Si, chez la femme, le son est plus faible, la cause en est dans la couche de graisse qui entoure les masses et les faisceaux musculaires.

Régions du thorax (espaces intercostaux). — La valeur acoustique de chaque région varie selon la contexture des parois, et si on prend comme point de comparaison une région déterminée par exemple le premier et le deuxième espace intercostal qui présente le maximum de sonorité, on peut établir les règles suivantes, qui se vérifient chez l'homme sain, ainsi que dans l'état morbide

Le maximum de sonorité se trouve dans les espaces intercostaux, c'est-à-dire sur les masses musculaires de ces régions,

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