I. lie V emphysème en général
a. Définition et caractères généraux del 'emphysème. — Les infundibula et les alvéoles pulmonaires peuvent subir un certain degré de dilatation ou de distension, sans qu'il se l'orme un emphysème réel, durable. On voit des sortes d' insufflations passagères, chaque fois que la cause de ces ampliations est ellemême temporaire, ce qui a lieu très nettement dans l'asthme; cel état, que Les Allemands appellent boursout'flement du poumon, se trouve décrit dans mon article asthme, sous le nom d'emphysème temporaire; c'est en effet un état aigu qui peut passer «m quelques heures, et quand l'accès d'asthme est
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terminé, il n'y a plus <de traces d'emphysème, du moins au commencement de la maladie.
Mais pour peu que ces ectasies se répèLent avec les accès qui y donnenl lieu, l'emphysème reste permanent. Ou le
reconnaii pendant la vie par des signes à peu près certains ; après la mort on le retrouve soil généralisé et étendu aux deux poumons qui ne s'affaissent plus à l'ouverture du thorax, soit limité aux bords antérieurs, et aux Lords inférieurs îles pou mous, qui constituent son siège de prédilection, soil enfin aux sommets, dans la partie superficielle, sous forme de saillies, dont le volume varie depuis celui d'une tête d'épingle. jusqu'à celui d'un œuf de poule. — Arrivées à un certain degré, ces cavités ne peuvent plus consister en une simple dilatation des infundibula; elles résultent de la rupture des cloisons. — Ce sont d'abord les parois alvéolaires qui, par suite de leur extrême tension, s'atrophient, s'amincissent, se perforent; de sorte que plusieurs alvéoles se- fusionnent en une cavité commune où on retrouve souvent lesépithéliums infiltrés dégraisse près des noyaux; puis, les infundibula qui sont multiloculaires finissent par subir le même sort, et forment par suite de la destruction des cloisons, des loges de dimensions variées, infiltrées de graisse.
b. Nature des lésions emphysémateuses. — L'emphysème se caractérise par quatre lésions: 1° la dilatation permanente des alvéoles et des infundibula avec ou sans rupture des cloisons;— 2° l'infiltration graisseusedes épithéliums; — 3n l'altération du tissu élastique du poumon ; c'est là la lésion essentielle. — Eppinger a vu Jes libres élastiques les plus fines disparaître, de sorte que le réseau de fibres élastiques comporte une structure pour ainsi dire simplifiée; Ce n'estque plus tard que les fibres élastiques plus volumineuses sont atteintes: — Toutes ces altérations sont évidemment le résultat de tract ions mécaniques exagérées ; c'est une sorte d'usure.
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de> tissus (Eppinger) el cette disparition s'explique facilement;— 4° une grave altération des vaisseaux capillaires du poumon accompagne ces lésions mécaniques el alrophiques iliiiissu pulmonaire, Isaaksohn a vu manquer l'endothéliura de ces vaisseaux par place, de sorte que le lube vasculaire présente un aspect finement granuleux. Dans ces points on voit s'accumuler les leucocytes el se former de petites thronv boses. L's départements vasculaires ainsi oblitérés subissi-ni la dégénérescence graisseuse et finissent par se détruire. A partir de ce moment les vaisseaux deviennent très rares, à larges réseaux, el suivent-un trajel rectiligne. — Ces modifications de la vascularité sont tellement importantes que [saacksohn tes considère comme primitives, c'est-à-dire comme étant le point de départ de l'emphysème. Cette opinion n'est pas soutenable, car il suffit de se rappeler ces emphysèmes transitoires résultant de la simple distention des alvéoles et des infundibula, pour s'assurer de la prédominence et de la priorité de la lésion mécanique.
En tous les cas, la suppression plus ou moins complète de h vascularité a une influence considérable sur la respiration, et sur la circulation du sang dans le champ de l'artère pulmonaire, bien que, d'après Rindfleisch, il puisse se former ultérieurement de nouvelles anastomoses entre les artères pulmonaires et les veines bronchiques.
c. Des (liras mécanismes et des causes diverses de Veniphysème. — Au point, de vue dé ses origines, l'emphysème peut-être considéré.: 1° comme un effet mécanique, c'est l'emphysème qu'on observe à la suite des bronchites i hroniqueSj de la sténose des bronches sur leur trajet, des lésions tuberculeuses des poumons, c'est la l'orme d'emphysème la plus commune; — 2° c'est un vice de nutrition, une lésion trophique, qui atteint principalement les fibres élastiques du poumon; c'est l'emphysème qu'on a appelé constitutionnel,
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substantiel; — 3° une troisième espèce qui n'a guère été signalée se rapporte à l'influx nerveux, c'est-à-dire à la paralysation des nerfs vagues, telle qu'on l'observe dans l'asthme.
Ces trois genres d'emphysème se rattachent précisément aux diverses corrélations de l'emphysème avec la phthisie. — 1" Quels sonl les rapports de la tuberculose avec l'emphysème?-— 2° L'emphysème constitutionnel est-il antagoniste de la tuberculose? — S" Quelleest l'influence de l'asthme sur le développement de la phtisie?