BIOLOGIE DES MICRO-ORGANISMES EN GÉNÉRAL II
ne se reproduisent jamais à la façon des organismes supérieurs, leur mode de production ne saurait toutefois être douteux ; toutes les tentatives faites pour développer ces corpuscules dans les liquides nourriciers les plus divers ont échoué; toutes les expérimentations destinées à prouver leur génération spontanée sont (depuis les recherches infiniment multipliées et sans cesse concordantes de Pasteur) et doivent être considérées comme entachées d'erreur; — ce sont des organismes définis, sinon classés.
Leur vitalité prouvée par les mouvements. — Ce qui prouve d'ailleurs la vitalité des microbes, c'est que la plupart sont susceptihles de mouvements qui sont spontanés, •M n'ont rien de commun avec les mouvements amiboïdes des globules blancs du sang. On les voit en effet, s'agiter tout, à coup, se mouvoir surtout par leurs extrémités, en avant ou en arrière, tourner ainsi sur place ou sur eux-mêmes, exécuter ainsi une sorte de reptation. On a attribué ces mouvements à des organes spéciaux, à des cils ; mais Van Tieghem considère ces cils comme de simples prolongements passifs de la membrane cellulaire, les mouvements étant dus à la contraction des corps protoplasmatiques de la cellule.
Toujours est-il que ces mouvements sont activés dans certaines conditions; d'après Engelman c'est surtout l'oxygène et la lumière qui les produisent ou les augmentent; au contraire, lorsqu'on agite constamment la préparation, les mouvements diminuent ou cessent.
§ 6. — Morphologie des principaux microphyfes
I. Enumération des formes et des espèces. — Les espèces qui nous intéressent le plus, sont au nombre de quatre.
1° Microcoques. — Les micrococci forment une première espèce, comprenant des cellules simples, arrondies, globu-
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leusesou ellipsoïdes qui no sont pas liées entr'elles, cl dont les dimensions ne dépassent souvent pas 5 dixièmes de millimètre.
3° Bactéries. — Les bactéries consistent en cellules allongées, cylindroïdes qui sont réunies par petites agglomérations, de manière à former des bâtonnets courts et assez volumineux.
3° Bacilles. — Les bacilles ne constituent qu'une variété morphologique des bactéries, bien qu'au point de vue fonctionnel elles en dillèrent notablement; ce sont encore les cellules allongées el reliées entr'elles, mais formant des bâtonnets plus longs et plus minces que dans les bactéries; c'est aux bacilles qu'appartient le parasite de l;i phtisie (voir la planche n° 1).
4° Spirilles, leplothrix. — dette espèce ou classe comprend des corpuscules en forme de filaments minces, soit simples comme les leptothrix, soit contournés en spirales comme les spirilles.
II. Constance de ces espèces. — Jusqu'ici (et depuis les travaux de Colin) on admet que ce sont là des espèces vraies, définies, qui présentent toujours leurs mêmes caractères, leur autonomie, sans se transformer l'une dans l'autre; cette opinion a pourtant trouvé des contradicteurs nombreux, entr'autres Naegeli et surtout Bûchner, qui prétend entr'autres que le champignon du foin peut devenir la bactérie du charbon, et que de plus l'un et l'autre peuvent prendre les formes de microcoques ou de filaments.
Modifications des formes. — Ce qui est certain, c'est que même à l'étal de développement complet, les bactérieset les bacilles peuvent offrir quelques modifications de forme, ordinairement en se dégradant, subir diverses inflexions, présenter diverses articulations et des dimensions variées, mais sans jamais perdre les propriétés physiologiques qui les