SIXIÈME PART II
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P RÉSERVATIONS EXTÉRIEURE S
La phtisie, classée désormais parmi les maladies virulentes, devait naturellement être soumise aux lois de la contagion; mais ces lois varient pour ainsi dire d'une maladie contagieuseà l'autre. Infailliblement inoculable, soit à l'aide des tissus tuberculeux quelle que soit leur provenance, soit par les crachats de phtisiques, la phtisie présente, sous le rapport de l'inoeulabilité une parfaite analogie avec la variole el la syphilis; il n'y a de différence que dans la résistance des espèces vivantes ou des animaux à soumettre à l'expérimentation ; tandis que la syphilis et la variole se transmettenl si facilement à l'homme, si difficilement aux animaux, nous voyons pour la phtisie exactement l'inverse. Jusqu'ici, eneffet, la matière tuberculeuse, en supposant qu'elle pénètre accidentellement par les téguments ou parles muqueuses superficielles, n'a jamais donné lieu chez l'homme à aucune contamination locale ni, à plus forte raison, à aucune infection générale.
La contagion tuberculeuse s'exerce par deux voies: 1° pai les voies digestives au moyen des aliments; 2° parlesorganes respiratoires c'est-à-dire par l'atmosphère.
sée, Phtisie. i. — 25
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§ 122. — Préservation alimentaire
Le virus tuberculeux peul pénétrer dans l'organisme à
l'aide des aliments; la chair musculaire el surtout lelailprovenant des animaux de la race bovine, atteints de pommelière doivent être gravemenl suspectés.
Dans ses merveilleuses leçons sur la nature vivante des contagions, Bouley a démontré, d'après ses recherches, celles de Lynt, de John, la grande fréquence de la phtisie chez les vaches et les bœufs; elle frappe moins la race porcine et les poules, et elle épargne les moutons.
La race bovine, dans certaines contrées, est atteinte dans la proportion de 2 p. 100; les abattoirs nous montrent celle proportion d'une manière évidente, particulièrement dans les pays chauds, beaucoup moins dans les pays froids, en Suède et en Norwège, bien que les bêtes bovines y soient fui blés el rachilirjues, — ce qui, par parenthèse, prouve que chez l'homme les faibles ou les affaiblis ne paient pas plus leur tribut que les autres.
L'âge i\t-> animaux malades est presque partout le même; on trouve la phtisie bien plus rarement chez les très jeunes animaux, que chez ceux qui sont âgés de six mois à trois ans; ici encore une certaine analogie avec ce qui se passe dans l'espèce humaine; les enfants nouveau-nés jusqu'à un ou deux ans sont rarement tuberculeux.
Enlin, et c'esl là un fait dominant au point de vue de l'origine de la phtisie humaine; il existe, d'après Lynt, un véritable parallélisme entre la phtisie bovine et la phtisie humaine; les courbes sont les mêmes pour la double mortalité dans les divers arrondissements du duché de Bade; on ne peut s'expliquer cette coïncidence que par l'usagede la chair tuberculeuse ou du lait infesté.
PRÉSERVATIONS I AII.UI.I RES
I. Chair musculaire infestée. — Des conséquences graves .■il découlenl pour la police sanitaire des animaux; il s'agira peut-être de soumettre la viande abattue ;'i mi examen assez rigoureux, el 'le proscrire celle qui provienl «lu bétail atteint d'indurations caséiformes des poumons ou des glandes. Je m'en rapporte sur ce poinl de La préservation humaine à L'autorité el à La sagacité de notre célèbre vétérinaire.
1..' danger esl d'autant plus considérable que la cuisson de la chair musculaire à 62° ae détruit en rien sa propriété viru- Lente (Toussaint); à plus forte raison l'usage de la viande crue ou de celle qu'on appelle «lignante, qui est crue au centre, doit être prohibé, c'est pour ce motif que Bouley recommande de préférence la chair du mouton, qui est très réfractaire à la tuberculose.
II. Lait bacillifi're. — Nous avons déjà discuté longuement les dangereuses propriétés du lait des vaches malades; l'opinion dominante est celle-ci (voir § 37) : si le lait provienl d'une vache, atteinte de la pommelière généralisée et surtout dont le pis est lui-même le siège des bacilles, la transmission par le lait n'est plus douteuse. Heureusement la coction à 100°, telle que l'a recommandée le Congrès de Bade en 1882, suffit pour enlev.T au lait ses qualités nuisibles; il va là une précaution indispensable à prendre en présence du plus léger soupçon de la provenance pathologique du lait.
§ 123. — Préservation atmosphérique.
I. Atmosphères viciées /"'/■ les malades. — La contagion, chez l'homme, s'exerce surtout par l'atmosphère, mais pai une atmosphère spéciale. Qu'on ne croie pas eu effet qu'il s'agil de L'airambiant que nous respirons toujours au dedans
ou au dehors de nos maisons; si l'air respiré contenait les parasites, développés, formés, et prêts à nous envahir sans
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cesse, si notre atmosphère étail au pouvoir de ces êtres délétères, comme dans les pays marécageux, où elle esl parsemée de champignons de la fièvre, le genre humain aurail disparu depuis longtemps par la phtisie. Heureusement la contagion par l'air, c'est-à-dire la pénétration i\\\ virus tuberculeux dans les organes respiratoires de l'homme es! entourée de toutes sortes de difficultés, H de nombreuses conditions, sans lesquelles la transmission esl inadmissible. Il faut avant tout que l'air soit contaminé par le phtisique, c'est-à-dire par l'air qu'il expire el surtout par les débris de ses produits d'expectoration; la poussière des crachais desséchés, répandue dans les habitations, et mêlée avec les poussières qui se dégagent des vêtements ou des tentures, voilà la véritable cause de la viciation de l'air; voilà le grave danger.
Il semble d'après ces données que rien ne soit plus facile que de détruire l'agenl infectieux, en opérant sur ces mucosités expulsées des bronches dans <]c^ vases ou sur le linge qui entoure le malade : on a employé dans ce but toutes sortes de moyens désinfectants; finalement on s'est arrêté à l'action de l'alcool concentré, et de l'acide phénique, qui dans la proportion de 5 p. 100 parvient à neutraliser la virulence des crachats. On a proposé aussi de soumettre ces substances virulentes à l'action du l'eu; mais si la théorie
per t ainsi de prévoir la destruction du bacille, elle restera
impuissante en présence des germes, c'est-à-dire des spores qui résistenl à une température de plus de 110 degrés. Toutefois, qu'on ne laisse jamais séjourner les matières expectorées dans la chambre du malade, c'est là une précaution élémentaire à prendre.
II. Ahnosplières des villes el des agglomérations, — Si on peutsuivre, pour ainsi dire, la contagion, quand l'atmosphère est imprégnée des débris pulvérulents descrachats, il n'en esl plus de même d'une contagion mystérieuse qui s'exçn e sans
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■ esse autour de nous, par des malades inconscients de leur état, et sur des individus qui ne se doutent pas de la |>i «'•sence de ces dangereux voisins. On sail que les villes sonl des foyers permanents de transmission «lu microphyte, el que la mortalité y est infiniment plus considérable que dans les localités dont les habitants n'ont que de rares contacts avec le monde appelé civilisé. Que faire à ces immigrations ?ers les grands centres? l'agriculture esl abandonnée, la vie des champs devienl un mythe ci l'agglomération la règle.
Sous ce nom il faut comprendre aussi et surtout la réunion des enfants dans les pensions et lycées, des femmes dans les ateliers, des hommes dans les casernes, les navires; partoul où la vie est en commun dans un espace Confiné, le microphyte est à craindre; il suffit d'un seul tuberculeux, même à l'état latent ou initial, pour infecter l'air par l'expectoration; l'aération insuffisante est bien moins à redouter, au point de vue de la phtisie, que l'atmosphère viciée et virulente. Que taire contre ces nécessités de l'existence? la ventilation n'opère qu'une déplétion momentanée; les soins de propreté et surtout le nettoyage des vêtements qui peuvent s'imprégner de poussières bacillifères, ce sont là des précautions bien autrement importantes.
On voit par là, combien, hélas ! les mesures sanitaires sont restreintes, infructueuses; la dispersion des individus et leur isolement n'ont pas plus de valeur pratique.
§ 124. — Préservations individuelles
Contagion matrimoniale. — Le mode de contagion le mieux prouvé et le plus fréquent s'opère par le mariage; de tout temps, dans tous les pays, on a cité de nombreux exemples de transmission de la maladie' du mari à la femme el peul être plus souvent d'une manière inverse; les enquêtes
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commencées sur la contagion sonl unanimes pour montrer les dangers de la cohabitation.
Une femme malade a pu contaminer successivement plusieurs maris, ce qui suppose une survie de plusieurs années, soil dans la période insidieuse, latente, du début (impossible à reconnaître par l'auscultation), soil dans une périodeplus avancée, facile à discerner, manifeste pour ions, mais encore compatible avec un certain degré de forces, d'embonpoint el d'apparence de la santé. Or dans l'une ei l'autre condition il existe une infection microphytaire qu'on constate facilement par l'examen microscopique des crachats; c'est ce microphyte qui se transmet.
Généralement la contagion a lieu par l'air expire qui provient des bronches remplies de sécrétion bacillaire, ou bien par l'air qui a passé sur ces crachats expulsés, et plus mi moins desséchés-. On conçoit facilement les dangers d'un voisinage trop intime, (Tune cohabitation qui multiplie à L'infini l'absorption des produits virulenls. La conclusion pratique est facile à prévoir : ily a danger d'épuisement pour la phtisique et danger de contamination pour l'autre époux. Conhiijion en général. — La contagion en général est plus rare, et comme elle s'exerce surtout par les voies respiratoires, il importe de purifier l'air d'une manière absolue, c'est-à-dire de le débarrasser des niicrophytes et des poussières végéto-animales; pour atteindre ce but, il faut, par l'alcool absolu ou par l'acide phénique, désinfecter d'une manière permanente les produits d'expectoration, empêcher leur séjour dans les vases placés prèsou loin du lit, enlever le linge qui a été sali, ventiler la chambre du malade dès qu'il l'a quittée, surtout veiller avec un soin extrême àce que l'air ne renferme pas des poussières végéto-animales, qui se mêlent si facilement aux poussières microbiques; finalement empêcher leur dépôt sur les meubles, sur les tentures, sur
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la literie. D'autres précautions seraienl inutiles pour les assistants el causeraient au malade un dommage moral des plus graves. Quanl au médecin, serait-il imbu «les doctrines contagionistes, son premiei devoir esl de les taire, el son premier soin sera de mettre les précautions indiquées sur le compte île la propreté uécessaire.
^ 1^.>. — Préservations il*»** familles
L'hérédité, <|ni De saurait faire aucun doute pour un obseivateur attentif, ne doit pas désormais être eoHvisagée au point de vue «le celle fatalité, qui pèse sur les familles; il faut certainement défalquer les cas de contagion, qui résultent di' la vie en commun avec un parent ascendant ou collatéral atteint de la maladie; dans ces conditions, la transmission peut jusqu'à un certain point être évitée; les précautions, indiquées à l'occasion de la contagion en général contribueront puissamment à préserver ceux qui semblaient voués au malheureux sort; à plus forte raison si on peut scinder la famille, et .'lever les enfants au dehors delà maison paternelle, abstraction faite des contagions familiales, il reste toujours la transmission soit directe, soit, dit-on, par voie de prédisposition.
Que le virus, propagé par le père ou parla mère, puisse restera l'état latent chez les très jeunes enfants, et qu'en général il ne se développe qu'après cinq à dix ans, sous tonne de scrofule, ou plus tard sous forme de phtisie pulmonaire, il n'y a rien là de surprenant, quand on songe que la syphilis, qui est manifestement héréditaire, et pour ainsi dire inoculée à l'enfant par l'un ou l'autre des parents peut également Larder à se démasquer, comme l'a démontré mon ami Kournier. Le bacille peut passer par le sang de la mère, à travers le placenta, dans le sang de l'enfant, rester dans cet
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organisme, qui commence par êlre réfractaire comme le son! certaines races animales.
Peut-on prolonger cet étal de résistance, non à l'invasion du bacille, qui est faite, mais à L'action du parasite, la limiter, l'enkyster pour ainsi dire, comme le dit Baumgarten, dans l'organe qui à été atteint primitivement? S'il y a des moyens prophylactiques, c'est qu'ils doivent, au moment dudéveloppement de l'enfant, contribuer à rendre stérile le terrain qui paraissait devoir féconder le microphyte; or, sous ce rapport, l'hygiène ne dispose que d'un petit nombre de ressources praticables, qui peuvent se résumer ainsi; 1° les exercices physiques, et particulièrement la gymnastique respiratoire; 2° l'hydrothérapie; 3° l'alimentation. Ces mêmes données s'appliqueront à la transmission des états désignés sous le nom vague de prédispositions.
1° Les exercices gymnasliques développent, comme l'a démontré Marey, la force et la capacité respiratoire.
2° L'hydrothérapie, les bains de mer, produisent les mêmes effets sur les organes respiratoires.
3° L'alimentation doit être réglée (voir §§37 et 38) de façon à ce qu'il y ait une prédominance des corps gras, et surtout à ee qu'il n'y ait pas excès de sels de potasse dans le régime.
§ 124. — Préservations des prédisposé*
La difficulté d'admettre une transmission directe soit de la lésion tuberculeuse, soit, comme on peut croire actuellement, du bacille tuberculeux, a fait naître d'ancienne date l'idée de la transmission d'une simple prédisposition, ou d'une constitution prédestinée. Ce sont là des mots imaginés pour masquer notre ignorance au sujet de l'hérédité en général, et de la propagation familiale de la phtisie en particulier, mais, tout en faisant l'aveu de nos doutes sur l'impré-
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-nation bacillaire du fœtus, nous ne pouvons nous empêchei de montrer le danger de celte dénomination si, vague el si simple en apparence, de prédisposition ; en effet*, vous allez t i'ai ter cette prédisposition, c'est-à-dire cette entité physiologique qui n'esl ni définie, ni reconnaissable, et par quels procédés?
Misère physiologique. — On a dit que le futur tuberculeux esl unêtrechétif, dont tout l'organisme, toute la musculature, tout le système osseux, particulièrement celui de la poitrine s'arrête dans son développement; on a dit encore que la nutrition est défectueuse, imparfaite, que la maigreur el l'anémie en sont les situes el la conséquence; on a dit enfin que la maladie frappe surtout ceux qui sont mal nourris, mal logés, et qui vivent, comme on dit cruellement, de privations. Tout ceci constituerait la misère physiologique, l'atrophie, qui seraient le prélude delà phtisie et sa condition préalable. Sehlokow vient de combattre par des faits certains (Soc. méd. de Berlin, 1883) cette théorie de la misère phtisiogène.
Or, en analysant ces phénomènes, on s'aperçoit bien vile qu'il y a là une erreur, et une dangereuse interprétation; il suffit de savoir que, dans lesfamilles, ilenestquipayerontleur tribut au funeste héritage, au milieu des plus belles apparences, de la santé la plus florissante, des conditions luxueuse- , el d'une hygiène irréprochable; ils surprennent le médecin, au milieu de sa complète sécurité, tandis qu'un frère ou une sœur, qui semble devoir se heurter par sa misérable constitution à tous les écueils, à toutes les éventualités de la maladie, reste et résiste impassible à tous les dangers du mal de famille; voilà l'erreur. L'interprétation est encore plus grave, car ainsi on néglige le fort et on s'attache au faible par des soins minutieux, qui ramollissent sous prétexte d'empêcher les rhumes ou par des moyens trop actifs qui sont destinés à l'aguerrir.
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Mesures prophylactiques. — Toul bien envisagé, il faudrait soumettre toute la famille à un véritable entraînement physi©logique, el quels seraient les procédés à mettre en oeuvre^ que peut-on prescrire pendant des années, pendant tonte la vie de l'individu menacé? ce n'esl certes pas un changement de climat, c'est-à-dire une expatriation indéfinie? ce n'esl pas davantage une habitation perpétuelle à la campagne, ou une profession au grand air? .le ne vois en tant que prophylaxie, qui' l'alimentation bien dirigée, l'exercice physique, pour développer la poitrine, surtout ses parties supérieures, ce qui est encore possible, enfin le minimum d'exercices intellectuels au profil des forces physiques, ce qui constitue déjà un non-sens; si on appliquait tous les conseils que la théorie indique, on arriverait à transformer les divers membres d'une famille soupçonnée ou entachée de phtisie, en une dynastie de Gornaro, le tout pour guérir une prédisposition qui ne présente aucun caractère distinctif.
§ 155. — 1 1 > - i < ni des failtlt'M
]. Conformations vicieuses de la poitrine. — Dans les familles tuberculeuses et même dans les familles saines, on rencontre souvent des individus qui, par leur constitution -rèle, leur aspect atrophique el surtout par la contexlure imparfaite du squelette, semblent les victimes prédestinées de la phtisie. .Nous savons déjà(voir§ 12-4) que ces natures frêles résistent parfaitement aux influences nuisibles, particulièrement à l'infection parasitaire, et qu'elles ne sont pas plus sujettes que les constitutions fortes à contracter les maladies contagieuses. A ceux-là il n'y a donc pas de mesures préventives à appliquer.
L'attention doit se porter surtout sur les poitrines mal conformées, avec rétrécissement exagéré de la partie supé-
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rieure, musculature très faible el incapable de produire une
ampliation «!<■ la cavité thoracique; c'esl là qu trouve une condition Favorable, sinon à la réceptivité du virus, «lu moins à la multiplication des parasites. En efl le bacille a pénétré dan- de pareils organismes, il trouve dans les poumons son vrai terrain de culture, une sorte de champ clos, inaccessible à l'air vivifiant, el le siège de sécrétions muqueuses inamovibles. Or, on sail que l'oxygène, qui aborde facilemenl ces colonies de microphytes, les anéantit ni 1rs empêche de pulluler; on sail encore que, par contre, ils se multiplienl dans les liquides même albumineux stagnants. Il faut donc favoriser l'absorption de l'oxygène <'t empêcher la stagnation des sécrétions muqueuses dans les bronches; le problème se résout par la gymnastique respiratoire.— Clark avait raison de dire que, chez le riche, la véritable misère qui prédisposée la tuberculose, c'esl la vie sédentaire.
II. Irritabilité des muqueuses. — La question des prédestinés semble devoir résider toute entière dans les dispositionsà s'enrhumer, c'est-à-dire dans une irritabilité spéciale, native des bronches qui, sons l'influence du moindre froid, ou sous l'impression de la moindre poussière, deviennent le siège d'inflammations aiguës ou chroniques, continues ou à répétition. Voici la série des raisonnements qui entraînent les bronchitiques à la phtisie. Le tubercule, dit-on, est une production inflammatoire du poumon; la bronchite, une pblegmasie des muqueuses bronchiques; <\e< bronches aux poumons il n'y a qu'un pas à franchir; l'inflammation se propage par continuité et par contiguïté, et le tubercule esl fait. — A l'exemple de Laënnec, qui a tout vu, tout jugé avec son pénétrant génie, nous protestons énergiquemenl contre cette dangereuse opinion, qui règne encore partout, dans le monde comme dan- le monde médical, el qui, par cela même
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qu'elle transforme Les bronchitiques en tuberculeux, leur ordonne des précautions infinies contre le froid el le chaud, contre les vents el les poussières, le sec et l'humide, el leur inflige cruellemenl <\c> vésicatoires préventifs, des pointes de feu préservatrices en raison de leur répétition, des cautères prophylactiques en raison de leur perpétuité, et même au choix des sé'ons défensifs pour dériver l'inflammation existante ou pour conjurer l'inflammation future.
Voici maintenant un raisonnement moderne qui place les bronchitiques au nombre des Messes de la muqueuse respiratoire. A la suite de l'inflammation surviennent des ulcérations qui sont la porte d'entrée du bacille, lequel se sérail sans cela perdu à la surface de la membrane muqueuse des bronches. Ainsi, plus on a eu de bronchites, plus on est ouvert au microphyte. 11 s'agit de guérir ces bronchites à l'état naissant, ces catarrhes à l'état chronique, ces inflammations à répétition; il faut à tout prix les empêcher de devenir ulcératives, ce qui est d'autant plus facile que crérosions sont inconnues, il importe surtout de prévenir le retour de celles-ci et d'arrêter la prédisposition. Pour cela l'aire, vous reléguerez ces malades à tout jamais dans les chambres chaudes et inaccessibles à l'air; s'ils sont obligés de quitter leur couveuse et d'affronter l'air, couvrez leur bouche avec des respirateurs, à la façon anglaise, avec des tampons de coton qui s'opposent au froid, tamisent l'air ci arrêtent le bacille au passage. Or, comme il n'existe pas sur la surface du globe un seul individu qui n'ait eu au moins un rhume ou une bronchite, le peuple et les grands doivent, à l'unisson, rester chez eux, pour ne pas se refroidir à nouveau, et s'isoler pour éviter le contact des bacilles de l'atmosphère.
Voilà les mesures coercitives que dicte la nouvelle doctrine. Laënnec en rirait comme <\<'> partisans de l'ancienne doc-
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Irine phlogistique. Il disait, ''il efTel : On ne devienl pas tuberculeux par suite d'un rhume négligé; on l'est déjà. Le rhume négligé est donc la suite et. non la cause de la maladie. S'il «•-! souvenl difficile <lr savoir si la bronchite esl simple ou tuberculeuse, en raison <lr la nullité ou de l'incertitude
de l'auscultation au début de la maladie, il reste précisé ni
la ressource de l'examen microscopique des crachats. Quoi qu'on en ail dit, le diagnostic microphytaire esl si précieux, (ju'il devance toutes les autres métho les d'investigation pen- < l,i h! des 1 1 n »i -• . souvenl des années. — Si vous ne trouvez pas le bacille dans 1rs rhumes négligés, c'esl qu'il s'agil d'un vulgaire catarrhe, que vous traiterez par le julep pectoral el la patience.