‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 81 sur 108 · D0THÉRAPIE · texte numérisé non relu

D0THÉRAPIE

Saxon, Kreuznach sont chlorurées sodiques et iodo-bromurées. Est ce le sel qui a l; i i , est-ce l'iode qui est absorbé? la question se résout facilement, la quantité d'iode «le ces eaux esl insuffisante pour pénétrer, en supposant même que les substances salines passent par la peau. Dans les bains de mer, il n'y a évidemment que l'air qui agit ; l'eau n'est pas absorbée.

Y. Doses de l'iode. Doses expérimentales. — On peut impunément injecter dans le sang d'un chien, par kilogramme corporel, 0sr,02 à 0*r,03 d'iode libre dissous dans2à3 fois la quantité d'iodure de sodium; cequiferaitlfc,r,4à^gr,l d'iode libre pour un homme de 70 kilos, au delà de O",04 d'iode, ou bien au delà de2grammesd'ioduredesodiumlechien meurt, et de la même façon dans les deux cas. Au bout de quatre à six heures il éprouve une faiblesse générale avec trouble respiratoire qui mène à la mort après douze à vingt-quatre heures.

Lésions. — Desépanchements pleurétiques sanguinolents, de l'œdème pulmonaire et surtout des altérations profondes des urines et des reins.

Doses thérapeutiques de l'iode chez V homme. — La dose maxima d'iode a été peu étudiée chez l'homme, en raison de l'usage habituel de l'iodurc de potassium qui est de tous points préférable.

VI. Doses de liodure de potassium. — L'iodure de potassium, qui estsoluble dans l'eau et dans tous les liquides en toutes proportions, peut et doit être administré à des doses infiniment supérieures à celles qui étaient autrefois en usage. J'ai vu prescrire 5 à 10 centigrammes par jour, c'était sans doute dans un but fallacieux; la dose de 50 centigrammes par jour n'a aucune action, et c'est pourquoi Trousseau avait échoué dans le traiteinentde l'asthme; il faut, dans cette maladie, arriver rapidement à 3 grammes, dans la phtisie à lg,50, à moins qu'il n'y ait des hémoptysies; et dans ce cas il

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vaut mieux s'en abstenir, dans la syphilis à 4, 0 et même S grammes selon les indications de Fournier. Pour éviter ou pour diminuer les actions défavorables sur les sécrétions muqueuses, il est utile d'y ajouter 5 à 10 centigrammes d'extrait thébaïque par jour.

VI bis. De Viodure de sodium. — Par suite de notions de physiologie expérimentale fort incomplètes, on a accusé l'iodure de potassium d'agir en raison de la potasse, d'une manière nuisible sur le cœur; la mode est d'y substituer l'iodure de sodium qui serai tinoiïensif et indifférent à la circulation. Or la potasseà la dose de quelques grammes n'a jamais diminué l'action du cœur, et d'une autre part la diffusion des sels de sodium étant très inférieure à celle des sels potassiques, il en résulte/mejpour obtenir un effet analogue, ilfautdoubler ou tripler la dose du sel de soude, de sorte qu'on arrive à une véritable saturation iodique. C'est ce qui ressort des expériences que nous avons instituées avec Bochefontaine au laboratoire de l'Hôtel-Dieu.

Vil. Absorption et éliminations. — Quel que soit l'iodure alcalin, l'absorption de même que pour l'iode métallique se fait, pour ainsi dire, d'une manière immédiate. An bout de quelques minutes on retrouve l'iode dans les urines, on peut s'en assurer à l'aide del'amidon; un millionième d'iode suffit. pour colorer l'empois en bleu.

VIII. Voies d'élimination. — L'élimination de l'iode se fait par toutes les sécrétions, nous verrons sous quelles formes.

Urines. — Le principal émonctoirec'estle liquide urinaiiv: c'est là qu'on retrouve l'iode au bout de quelques minutes et l'élimination cesse au bout de vingt-quatre heures; les expériences ont été faites principalement sur les iodures alcalins, et en définitive, c'est sous la formed'ioduresodiqueque l'iode métallique quitte l'organisme.

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Salive. — L'élimination est plus lenh- par La Balive;on renom.- encore L'iode an bout de trois semaines*, mais il esta uni. sr qu'en passant par La salive il n'esl pas rejeté, il rentre dans L'estomac el par conséquent dans Le sang; à ce compte on peut aussi s'expliquer les réapparitions de L'iode dans les urines.

Larmes. Peau. Lait. Munis. - On a retrouvé l'iode dans Les Larmes, dans la sueur, dans le lait, el d'une manière très nette dans le mucus. Les muqueuses l'éliminent facilement, el les organes respiratoires, ainsi que leurs mucosités en contiennent habituellement.

Éliminations intermittentes. — Quel que soit du reste i Liquide éliminateur, il faut noter tes intermittences, les temps d'arrêt qui marquent toute la période de dépuration; ainsi, [tendant plusieurs jours, l'iode manque dans les urines pour se retrouver plus tard.

§ 13 i . — Propriétés iiéeropliytîques

L'empirisme devançant la physiologie expérimentale a

depuis longtemps établi et consacré la supériorité de i'i< I dans le traitement de la scrofule, de la syphilis et de la tuberculose.

'1° Scrofule. — Cest par analogie avecie goitre qu'on a tenté l'emploi de l'iode dans la curation de la scrofule el les résultats oui dépassé toute al! ente.

^Syphilis. — A son tour, l'analogie apparente des lésions scrofuleuses et des tumeurs syphilitiques n'a pas tardé d'amener les essais de l'iode contre les accidents syphilitique s ici encore le triomphe fut complet; on s'estima heureux de pouvoir substituer l'iode au mercure, qui dominait depuis I ss siècles et monopolisait pour ainsi dire toute la théraj tique de la syphilis.

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3° Tuberculose, — Une troisième maladie qu'il faut désormais considérer comme virulente a été soumise depuis un demi-siècle déjà à la cure iodique; nous venons quels ont été les résultats de la pratique médicale et à quels titres l'iode agit dans cette maladie.

Yoilà les trois maladies chroniques qui sont du domaine de l'iodothérapie; toutes trois sont de nature infectieuse; ta scrofule et la tuberculose sont caractérisées par le même agent virulent, parle bacille. La syphilis dont le parasite est encore à trouver, constitue le type des maladies transmissiblespar inoculation de l'homme à l'homme. 11 n'est pas jusqu'aux maladies chroniques virulentes transmises du cheval à l'homme, à savoir la morve et le farcin-chronique, qu'on n'ait tenté de soumettre à l'action de l'iode (Ludike 1849, Payan 18-43, Cazin 1854, Bourdon).

Maladies virulentes aiguës.

Charbon. — C'est dans le traitement du charbon, que Davaine a t'ait connaître le premier la puissance antiseptique de l'iode. Si on prend, dit-il, du sang de poule charbonneuse, qu'on le dilue au 1000" et même au 10 000e, qu'on le mette en contact pendant 50 à G0 minutes avec une très faible solution d'iode, les cobayes auxquels on injecte cette solution à la dose de 2 à 4 gouttes du mélange continueront à vivre, tandis que les autres animaux inoculés de sang charbonneux succomberont infailliblement. On a vu les hommes guérir par le traitement iodé : iode, 25 centigrammes, iodure 0?r,50, eau 1000°', solution employée à l'intérieur et en injection dans la peau œdématiée.

Fièvre typhoïde. — Dans la fièvre typhoïde, Wildbrand a prescrit l'iode ioduré, et prétend avoir obtenu des rémissions considérables de la température. Libermeister a même cru à une diminution de la mortalité?

Diphthérie. — Dans cette terrible infection virulente, tout

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jusqu'ici a échoué; les applications locales de la teinture d'iode (Lccoiote, Perron), les préparations de l'iode à l'intérieur, sont restées sans succès comme tous les antiseptiques, et comme tous les remèdes en général.

Ainsi l'action de l'iode paraît s'exercer uniquement sur certaines maladies microphytaires, particulièrement sur celles qui ont besoin, d'une longue imprégnation de l'organisme par des agents nécrophytiques, et j'ajoute trophiques.

§ 137 bis. — Action séerétolre

Une des propriétés de l'iode qui nous intéresse le plus, c'est son pouvoir de modifier, en passant par les muqueuses et les glandes, soit la sécrétion, soit môme la texture de ces organes.

Petit iodisme. — Il se peut faire que les premières impressions du médicament sur les organes qui l'éliminent soient pénibles, et qu'il en résulte un certain nombre d'inconvénients bons à signaler; que je désignerai sous le nom de petit iodisme, pour le distinguer de l'intoxication ou saturation iodique. C'est un ensemble de sécrétions douloureuses qui tourmente souvent les malades au point de les faire renoncer au traitement; ne craignez pas d'insister sur le peu de gravité de ces incidents, qui n'indiquent nullement l'intolérance, et qui se dissipent ordinairement d'une manière plus ou moins complète en peu de jours, surtout si on a le soin d'ajouter à la préparation iodée une certaine quantité d'opium.

I. Effets sécrétoires. — Muqueuses naso-conjonctivates. — Le phénomène le plus constant et le plus précoce, c'est le coryza, avec larmoiement, puis l'injection de la conjonctive, avec dilatation de ses vaisseaux. On trouve l'iode dans le mucus nasal, dans les larmes; tout s'explique par celte sécrétion iodique.

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Muqueuses et glandes bucco -gutturales. — Bien des malades se plaignent de constriction de la gorge, de dysphagie, de grattement dans le gosier; la muqueuse gutturale est rouge, injectée, et souvent il y a une légère infiltration œdémateuse de la luette et des piliers du voile du palais. C'est l'angine indique.

La langue se couvre rapidement d'un enduit lisse, grisâtre, qui peut bien être le résultat du passage de la salive iodurée sur Fépiderme lingual, et qui en tous les cas provoque un mauvais goût dans la bouche; cette sensation est quelquefois portée au point de produire l'inappétence.

Muqueuse laryngo-trachéale. — La muqueuse laryugotrachéale se prend bien plus tardivement et plus rarement, que les membranes superficielles. Ce n'est que par un usage prolongé du médicament, ou par des doses exagérées, qu'on observe la raucité de la voix, de la toux et de l'anxiété, lui général les effets pharmaco-dynamiques sont de bon augure; c'est une sécrétion plus marquée, plus consistante du mucus, une toux facile, et surtout la respiration libre, qui étonne tous les malades. — Ce n'est que dans l'iodisme grave, qu'on a noté l'hémoptysie, et l'œdème de la glotte.

Organes digestifs. — Uue l'iode ait été introduit directement dans l'estomac, ou qu'il y arrive après avoir été absorbé par les voies respiratoires, ou par l'intestin rectum, les fonctions digestives sont peu modifiées ; si dans quelques circonstances exceptionnelles L'appétit a été augmenté, c'est qu'on a administré des doses insignifiantes de quelques gouttes de teinture, ou de quelques centigrammes d'iodure alcalin.

Si l'iode a été administré pour arrêter les vomissements, c'est encore grâce à cette dose minuscule, car en général fiode à forte dose ne produit rien, et à dose toxique il détermine le vomissement.

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Peau et tissu, cellulaire. —Acné. — Habituellement l'iode provoque dès les premiers jours L'apparition d'acné simple sur la peau «lu visage ou du tronc; d'autrefois des taches érythémateuses, qui ne s'effacent pas; — touto les autres lésions cutanées tels que l'œdème du visage, les taches purpui ines, les pustuleset bulles sanguinolentes, les urticaires, rentrent dans l'ordre de l'iodisme grave, et méritent d'être prises fii considération, car c'est un avertissement ; il faut s'arrêter.

Reins et urines. — L'iode a'agit pas sur la quantité des urines; mais sur leur composition, et sur le tis>u rénal.

!.•■ rein est un de ces tissus acides, qui produit la mise en liberté de l'iode, sous quelque forme qu'il se trouve, et le métal détermine u\v, albuminurie, ou plutôt une néphrite albumineuse, qu'on a notée même à la suite de simples badigeonnages par la teinture d'iode, particulièrement chez les enfants (J. Simon).

II. État de Viode dans les sécrétions et dans les organe* éliminateurs.

Iode libre. — Après l'introduction des iodures dans l'économie, il apparaît de l'iode libre dans l'organisme, mais dans certaines parties seulement. Ainsi, d'après Bucheim et Sartinon, c'est l'iode libre qui détermine le catarrhe de la muqueuse ".utluro-nasale, de même les éruptions cutanées, qui s'observent si souvent après l'usage de l'iodure de potassium.

Sur les muqueuses gutturales. — L'iode mis en liberté provient des iodures qui sortent abondamment avec la salive, et se trouvrent en contact avec des masses d'acide carbonique; ce gaz agit sur ces iodures, et sur les nilrites, qui ne manquent jamais dans ces régions. Or on sait qu'une solution d'amidon iodopotassique, qui contient un nitrit. tarde pas à bleuir, lorsqu'on y fait passer un courant d'acide carbonique; cette coloration est duc à l'iode libre.

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Sur la peau. — Ici les todures sonL sans doute décomposés par le contenu acide des glandes sébacées et sudorales ; il se forme de l'acide iodhydfique cjui abandonne facilement l'iode, libre, lequel détermine l'apparition des exanthèmes.

Dans V estomac. — C'est sans doute aussi l'acide gastrique, qui agit pour dégager l'iode de Piodure de potassium ou de sodium. Toutefois on n'a pas trouvé le métalloïde à l'état de liberté, parce qu'il se combine rapidement avec l'albumine, et se soustrait ainsi à une démonstration directe.

Dans les parenchymes. — On suppose que l'iode devient libre dans le sang et les parenchymes, et agit surtout sur les parois vasculaires en les irritant comme s'il s'agissait d'une application directe; en effet les procédés d'élimination de l'iode, après l'usage de l'iodure de potassium semblent indiquer ce processus. Pendant que la plus grande partie de l'iode s'élimine rapidement par les urines, la salive, la sueur et d'autres sécrétions (Lewald), on en retrouve encore des traces dans la salive pendant des semaines entières quand il a disparu depuis longtemps des urines (Cl. Bernard). Ce fait s'explique si on admet dans l'organisme, des albuminates iodifères qui ne sont capables dépasser que dans les sécrétions renfermant comme la salive, des aliments albuminoïdes.

Iodo-albuminates dans les parenchymes. — Mais il n'est pas démontré que l'iodure alcalin ait une affinité particulière pour les albuminates de l'organisme, et agisse par leur intermédiaire. Binz croit que c'est l'iode libre qui agit partout, et que c'est un élément histologique, le protoplasma, qui le met en liberté; le protoplasma active les propriétés de l'oxygène qui existe ou abonde dans ces tissus; mais les cellules de nos tissus n'opèrent ainsi sur l'oxygène qu'en présence de l'acide carbonique; or notre organisme fournit des quantités marquées de gaz carbonique; c'est donc cet acide qui dissocie l'iodure de potassium « de sorte qu'il en résulte

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un bicarbonate de potasse, el de r hydrogène iodé, lequel esl immédiatement décomposé par l'oxygène ozonisé, attendu que l'affinité de l'hydrogène pour l'oxygène esl bien plus considérable que pour l'iode » (fiinz).

lodr dans les urines. — L'iode reparaîl dans les urines en abali. sous forme d'iodure de potassium, ce qui s'explique aisément, car l'iode, devenu libre dans certains tissus, esl denouveau repris par les alcalis du sang; ii continue ainsi à progresser et à se métamorphoser, jusqu'à ce que, dan- les reins, il trouve à s'éliminer comme sel, tandis qu'une autre portion d'iode reste libre, el [tasse comme tel dans les urines à cause de l'acidité du tissu rénal.

C'est à cette incessante transformation de l'iode en iôdure, qu'esl due l'innocuité de l'iodure de potassium, qu'il ne faut pas considérer comme un poison (Binz).

III. Application à lu tuberculose. — Cet efïet sécréteur de l'iode sur les muqueuses respiratoires est très remarquable de/, les individus atteints de bronchite sèche, d'asthme et surtout du catarrhe sec, qui marque le début de la tuberculose. Quand vous serez consulté- au sujet d'une toux sèche, quinteuse, avec ou sans vomissements, «'t surtout sans expectoration, vous ne constaterez, dans la plupart des cas, pas même un râle sec ni sonore, ni sibilant; administrez l'iode; vous serez frappé au bout de peu de jours de trois phénomènes, à savoir l'apparition : de quelques râles au sommet d'un poumon, ce qui ne serait qu'un médiocre avantage; d'une autre part une bien plus grande facilité de la respiration ; >-t en troisième lieu une toux plus facile, plus grasse. Que s'est-il passé? Sous l'influence de l'iode, la sécrétion a au gmentédans lesbronches, et a cessé d'être concrétée, de sorte que l'air y passe forcément, el pénètre plus profondément; la toux s'exerce maintenant sur un sécrétum muqueux véritable, au lieu de porter à faux avec un caractère spas-

modique; ce sont là de véritables bienfaits pour le malade.

Effets sécréteurs sur la muqueuse bronchique. — L'iode produit outre cette fonction sécrétoire une véritable excrétion des produits morbides qui se trouvent accumulés dans les cavités muqueuses; aussi il est permis de supposer que si les parasites occupent la muqueuse, ou le tissu sous-jacent, ils peuvent subir une élimination avec les produits d'expectoration exagérés par l'iode.

Effets éliminateurs généraux. — Dans cet ordre d'idées on a été plus loin; on a attribué a l'iode un pouvoir éliminateur bien plus marqué et plus général ; c'est sur celte fonction qu'est basé le traitement de certaines intoxications métalliques» ainsi du mercurialisme, du saturnisme ; celte idée a été émise dès l'année 1844 par Melsens et Natalis Guillot; mais le plomb altère si profondément tous les organes, tous les tissus, qu'il a fallu renoncer aux moyens de détacher le^ particules métalliques; le mercurialisme est encore traité souvent par ce procédé, avec des succès très dcuteux.

Conclusion. — L'iode agit-il pour purifier le sang des bacilles qu'il contient? rien ne le fait supposer, et tout porte à croire, comme le sang ne contient presque jamais les bacilles développés, que le pouvoir éliminateur s'exerce moins sur le sang, que sur les muqueuses respiratoires, qui sont le siège habituel des bacilles dans la phtisie plumonaire.

§ 138. — De l'iode dans le sans;. — Les effets sur le san^. Action oxydante

I. État de Viode dans le sang. — L'action de l'iode sur le sang et les tissus, en raison de son affinité connue avec l'hydrogène, se traduit par la formation d'acide iodhydrique, en même temps qu'il s'opère une destruction de la trame moléculaire des tissus.

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i. imposé albvmtnoide. — Une autre affinité non moins marquée esl celle de l'iode pour les albuminates. — On sait

que l'empois, coloré en bleu par l'iode, se décolore par l'albumine ; on sait aussi que l'iode lui-même se décolore dans les solutions albumineuses, par exemple dans le sérum; et qu'il se forme ainsi un iodate albumineux. — Or cette combinaison iodo-albumineuse est très peu stable, et se détruit facilement parla coagulation de l'albumine ou par la dialysi .

L'alcali de l'albumine dans le sérum, ne se trouve pas saturé par l'iode qu'on y ajoute; mais du sérum neutre ou privé «le ses sels devient acide par l'addition d'iode.

Iodure et iodate. — Lors de la destruction del'iodo-albuminale par la coagulation ou par la dialyse, l'alcali devenu libre de l'albumine se combine avec l'iode de deux façons : à savoir en tant que iodure et que iodate. Ce qui le prouve, c'est que, si on ajoute à une solution d'iodure de Y acide chlorhydrique pur, la solution qui est très acide reste incolore ; — mais si à la solution du sérum on ajoute le même acide chlorhydrique, elle jaunit, parce que l'iode devient libre; or, comme celui-ci rencontre toujours dans le sérum un carbonate alcalin, il se transforme en iodure et en iodate.

Ces deux sels, circulant l'un à côté de l'autre, doivent dans un milieu acide abandonner de l'iode libre, lequel agit sur les tissus d'une manière irritante en se développant. — On sait, en effet, qu'un mélange d'iodures et d'iodates (mais seulement le mélange) est détruit instantanément par l'acide chlorhydrique ; d'où résulte la mise en liberté d'une certaine quantité d'iode. — La même expérience réussit avec le suc gastrique (Rabuteau); l'iode devient libre dans l'estomac.

II. Action sur V hémoglobine. — L'hémoglobine, de même que le sérum, fixe une assez grande quantité d'iode, sans perdre ses propriétés. — Les globules n'augmentent ni ne dimi-

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nuent, bien qu'on lui eût attribué des propriétés hériîatigènes, comme au fer.

Action sur lu fibrine. — On avait supposé encore que l'iode agit sur la fibrine, pour la fluidifier; c'est une idée préconçue.

III. Propriétés oxydantes de Viode et de Viodure de potassium. — Connue l'iode et l'iodure de potassium sont doués d'un pouvoir dénutritif très marqué, qui se traduit par l'atrophie d'un grand nombre de productions morbides, de tissus et de glandes physiologiques, on a supposé que les matériaux de dénutrition devaient passer dans les urines, et cela sous forme d'urée, dont la quantité serait par conséquent au-dessus de la normale.

Or, d'après les expériences deRabuteau sur lui-même, c'est le contraire qui paraît être vrai; après une semaine de rationnement uniforme, il prit pendant cinq jours 1 gramme d'iodure de potassium et observa que la moyenne normale de l'urée, qui était de 24 gr.,6 à 21 grammes, descendit successivement à 19 gr.,30 et même à 13 grammes. Ce dernier chiffre fut même obtenu cinq jours encore après la cessation du médicament. Ainsi l'iodure modère le mouvement de dénutrition? Fubini a constaté les mêmes faits, tandis que de Beck qui a examiné les syphilitiques n'a pas trouvé de modifications dans le chiffre de l'urée après 1 gr.,50 d'iodure administré pendant six jours.

En est-il de même, on y a-t-il des variations dans les divers élats pathologiques?

Il est prouvé que dans certains états morbides, l'urée s'élimine en plus grande quantité sous l'influence des iodiques. Bouchard a observé ce phénomène dans le diabète, mais, comme dans cette maladie l'urée est presque toujours en excès, on peut supposer qu'il ne s'agit là que d'une excrétion augmentée, et non d'une sécrétion; c'est donc à titre d'élimi-

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naleur qu'il produirai! L'augmentation de l'urée dans les urines.

Dans d'autres états morbides, la nutrition générale reprend d'une manière évidente; est-ce uniquement en guérissant la maladie el en empêchanl les néoformations nouvelles? On le voit manifestement clans la syphilis, dans la «rotule; les malades guérissent et engraissent, de sorte qu'on se demande si l'hypernutrition porte sur les tissus alluunineux on seulement sur la graisse; de toutes façons i! n'est pas démontré qu'elle se traduise par l'excès d'urée.

Si le phénomène avait lieu, on sérail encore en droit de se demander si l'iode n'agit pas à petite dose sur l'estomac d'une manière favorable, augmentant L'appétit, la digestion, par conséquent l'assimilation des principes azotés, d'où il résulterait un exeès d'urée, dans l'urine, car on sait que l'urée augmente en proportion directe de la quantité d'azote des aliments.

§ 138 DIS. — Action» atrophiantes

I. Atrophies locales. — On a discuté sur les propriétés oxydantes et sur le pouvoir dénutritif de l'iode qu'il ne faut pas confondre. L'action dénutritive du médicament, qui n'est pas douteuse, se traduit par l'atrophie de certains tissus morbides; il agit dans le même sens sur certaines glandes à l'état normal, à savoir les glandes lymphatiques, la glande thyroïde, la glande mammaire et les organes génitaux chez l'homme; ce qui n'est nullement démontré pour les doses modérées.

En outre lorsqu'il est employé pendantunlong temps et à dose de plus de 2 grammes il ruine l'organisme en produisant un grave iodisme.

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