II. Iodisme grave. — On voit alors Le pouls s'accélérer s'il
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était calme (Kûss), rester au même point s'il était accéléré, devenir ample, plein, puis petit et déprimé. La peau devient le siège d'acnés, d'érythèmes, de papules qui ne s'effacent pas sous la pression du doigt, c'est-à-dire de suffusion sanguine, de taches ecchymotiques, et même d'érythème noueux (Talamon a observé un cas de ce genre dans mon service). L'œil se congestionne et devient le siège d'une inflammation conjonctivale grave. L'angine indique se dessine sous forme d'inflammation exsudative avec œdème de la luette.
La muqueuse broncho-pulmonaire est affectée à son tour d'une sécrétion catarrhale, avec dyspnée, et assez souvent d'hémoptysies peu intenses qu'il faut distinguer des hémolit vsies d'origine tuberculeuse.
La muqueuse ovaro-utérine est elle-même congestionnée; cl il n'est pas rare d'observer le retour i\r^ règles chez les chlorotiques ; l'hyperémie chez elles remplace l'anémie locale des organes génitaux.
Il est à remarquer que l'iodisme se produit facilement dans certaines conditions thérapeutiques ou pathologiques. L'emploi simultané des alcalins et de l'iode constitue d'après mon expérience, une circonstance très favorable à l'iodisme; j'ai vu des cardiaques et des asthmatiques, qui prenaient depuis plusieurs mois et même depuis un an del'iodure de potassium à '2 gr. \/2 par jour sans aucun inconvénient; une cure àCarlsbad ou à Vichy que les malades se prescrivirent '•ux-mèmes pour quelques troubles gastriques détermina l'apparition d'un grave iodisine, tandis qu'en général les isthmatiques et les cardiaques supportent très bien la médi- ■ itiou indique.
III. Applications à la thérapeutique des néoplasmes et des maladies par ralentissement de la nutrition. — Sans aller jusqu'à l'iodisme, on peut obtenir des effets atrophiants sur
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certains néoplasmes ou certains riais normaux résultan I du ralentissement de la nutrition (Bouchard).
Néoplasmes. — Abstraction faite des néoplasmes syphilitiques el scrofulo-tuberculeux, l'iode est sans effet sur les tumeurs dites malignes comme le cancer, d'une action douteuse sur 1rs tumeurs bénignes comme les corps fibreux, el très variable sur les goitres.
Goitres. — Il est des goitres qui ne se modifient en aucune façon par le traitement iodique; les goitres épidémiques aigus résistent ; le goitre exophtalmique encore plus, et quant aux goitres endémiques des Alpes, il paraît qu'ils constituenl une circonstance particulièrement favorable à l'iodisme (Roser).
Polysarcie et diabète. — C'est là le triomphe de l'iode; ma pratique est explicite à cet égard; mais il y a une limite et un inconvénient; si vous associez à l'iode le régime absolu • le Banting, si vous proscrivez à la fois les féculents et les graisses, les lorces se perdront en même temps que l'embonpoint; l'amaigrissement sera acheté au prix d'une déperdition considérable des forces. Si au contraire vous prescrive/ le régime d'entraînement, c'est-à-dire l'alimentation par les albuminoïdes et les végétaux frais sans prohiberles graiss vous pouvez, en ayant le soin de ne pas dépasser les petites doses d'iodure de potassium, obtenir un résultat favorable ; évitez les excès de dose et l'exclusivisme diététique.
Il en est de même dans le diabète, qui exige d'autant plus de précautions, qu'il y a entre la glycémie et la tuberculose un rapport plus intime; nous verrons comment prévenir el comment traiter la phtisie diabétique.
IV. Action spéciale atrophiante de Viodure de potassium . — Son usage principal est dirigé contre les néoplasmes en général, surtout syphilitiques , inflammatoires, glandulaires, etc. Son action dans ces cas, sans être infaillible, ne
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saurai! cire contestée ; ces faits si variés permettent de conclure que la guérison ne dépend pas d'une action spéciale ou spécifique de ce sel sur des organes ou i\^+ systèmes déterminés, niais qu'elle est, le résultat des changements de nutrition et d'oxydation en général. Ces modifications n'ont même pas besoin de se montrer d'une manière marquée dans l'état normal ; par exemple de se traduire par une augmentation ou une diminution de l'urée pendant un temps plus ou moins long. Les oxydations modifiées en plus ou en moins signifient tout simplement ceci : c'est qu'elles n'attirent dans ce domaine des dénutritions que les produits pathologiques les moins stables.
L'iodure détermine en outre toute une série d'actions, qui n'appartiennent à aucun autre sel. Il est absorbé très rapidement; il pénètre avec une grande facilité dans tous les tissus, i't s'y décompose en présence du chlorure de sodium, eniodure de sodium et chlorure de potassium ; par suite, son action saline doit être considérable (Voir le mot Chlorure de sodium).
Si on considère en outre, qu'à côté de l'action de la potasse et de celle non moins marquée de l'iodure, se traduisant toutes deux par la dénutrition de certains organes, il peut s'y adjoindre un effet direct de l'iode devenu libre, sur ces organes, on aura ainsi l'explication de l'efficacité de l'iodure de potassium. Il est probable que tous les éléments chimiques y contribuent, car il ne saurait, dans le traitement des états morbides indiqués, être remplacé par un autre iodure, ni par un autre sel potassique, ni en général par aucun sel facilement assimilable.
Dose. — Ce qui est certain c'est que les animaux le supportent à la dose de 0,03 par kilogramme de poids corporel, et que l'homme peut en prendre 2 à 3 grammes par jour, pendant longtemps, sans qu'il y ait le moindre trouble digestif, ni le moindre malaise.
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Comparaison avec Viodurede sodium. — Tandis que l'iodure de potassium est transformé en présence du chlorure de sodium, en iodure de sodium el chlorure de potassium, que devient donc L'iodure de sodium ingéré? opère-t-il en présence des sels de potasse des globules du sang une double décomposition? s'il en estainsi,on reconstituera de l'iodure de potassium, el on se demande quelle aura pu être la supériorité de l'iodure de sodium sur l'iodure potassique? Nous savons d'ailleurs que les doses d'iodure de sodium ont besoin d'être singulièrement élevées pour que l'iode puisse agir.
§ 139. — De I iode connue aiilirivNpiiéique
Nous voici arrives à l'étude de la propriété la plus curieuse de l'iode, c'est sa fonction respiratoire, que j'ai fait connaître dans mon mémoire académique du mois de juillet 1870.
I. Historique des propriétés antidyspnéiques de Viode. — Mrs premières recherches ont porté sur l'as! lime ; quelqu'il lut, -impie ou goutteux ou herpétique, intermittent ou permanent, je constatai sous l'influence de l'iode la disparition immédiate des accès et le retour du poumon emphysémateux à l'étal normal. Des arcanes avaient été vantés, qui contenaient de l'iodure; des doses minuscules d'iodure avaient été indiquées, par Trousseau, Jaccoud, et puis abandonnées par suite de l'insuffisance des doses ; avec la médication iodée résolument menée, la dose journalière de 2 à 3grammes, souvent sans aucune addition, la continuation rigoureuse du traitement, les effets antidyspnéiques furent constants et tellement immanquables que je fus graduellement et logiquement conduit à en tenter l'usage dans toutes les dyspnées cardiaques, et en donner dans toutes les phtisies pulmonaires.
Depuis 1870, j'ai pu recueillir près de deux cents observa-
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lions relatives à l'asthme simple ou goutteux, à l'asthme intermittent ou permanent, sans rencontrer un seul cas qui ait résisté à la médication iodée; à en juger par les prescriptions de mes contradicteurs de la première heure, je vois avec bonheur que leurs scrupules sont levés, et que leurs préoccupations théoriques pour sauver l'asthme diathésique que j'ai déclaré justiciable de l'iode ont complètement cessé devant l'évidence des laits; l'opposition ne porte plus sur le genre de traitement, mais, ce qui est plus grave, sur les procédés et les doses de la médication; de là l'origine de nombreuses el l'àcbeuses déceptions.
11. Fonction respiratoire de Viode. — Dans toutes les dyspnées asthmatiques, l'iode exerce une double action, c'està-dire en tantque modificateur des sécrétions bronchiques, el comme médicament respiratoire. Les mucosités deviennent plus abondantes, mais aussi moins consistantes, de sorte que les tuyaux respiratoires obstrués deviennent plus perméables à l'air inspiré. Ce n'est pas tout; l'iode exerce sur le centre nerveux respiratoire, sur le bulbe une suractivité qui facilite singulièrement l'acte réflexe de la respiration, c'est-à-dire l'impression perçue ou sensation de besoin de respirer, puis la transmission à travers la moelle allongée, de l'influx nerveux sur les nerfs moteurs de la respiration, particulièrement sur les nerfs diaphragmatiques. Ce qui prouve qu'il en est ainsi, c'est que tous les malades accusent une respiration plus libre; c'est un effet subjectif qui ne manque jamais; (Tune autre part la synergie des muscles respiratoires est manifeste et prompte ; l'ampliation de la poitrine surtout dans le sens longitudinal, c'est-à-dire par la contraction du diaphragme ne saurait l'aire le moindre doute.
Il reste à savoir si cette activité du bulbe est primitive ou si elle est le résultat d'un afflux de sang plus marqué qu'a
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l'étal normal; ce point sera discuté dans le paragraphe suivant.
III. Applications de la médication iodée aux dyspnées cardiaques. — L'effet respiratoire si constant dans les dyspnées bronchiques m'a conduit naturellement à l'application de l'iode aux dyspnées cardiaques el aux maladies du myocarde lui-même; ce n'esl pas le lieu d'insister sur ce sujet.
IV. Applications à la tuberculose. — Ici nous retrouvons pour ainsi dire toutes les propriétés utiles de l'iode réunies; sans parler de l'effet nécrophytaire et de l'action d'épargne, je >i L:nale le pouvoir sécrétoire (pie l'iode exerce sur la muqueuse bronchique, et surtout la modification du type respiratoire chez les tuberculeux à quelque période qu'ils soient arrivés. Le seul inconvénient c'est la production possible de l'hémoptysie; la seule contre-indication est peut-être la lièvre; l'explication des sufîusions sanguines est facile à trouver.
> 140. — Aetion névrotique, ncrvo-vaseulaïre et liypei'émiaiitc, tle l'iode.
1 L'iode active la circulation générale en dilatant les vaisseaux. — On a noté cet effet dans les intoxications iodiques expérimentales; on a indiqué aussi dans les empoisonnements accidentels l'accélération du pouls (Kûss). Les hyperémies locales sont encore mieux démontrées; on a remarqué tout d'abord l'action congestive sur les glandes qui sont amenées à une hypersécrétion, sur l'ovaire qui devient le siège d'hémorrhagies, sur les muqueuses, en général, lorsqu'elles fonctionnent comme organes sécréteurs. Claude Bernard a démontré qu'aucune fonction n'est activée, qu'aucune sécrétion ne se produit sans une hyperémie physiologique. C'est là la cause des sulïusions sanguines qu'on