‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 83 sur 108 · LA PHTISIE ISA CILLAI RE · texte numérisé non relu

LA PHTISIE ISA CILLAI RE

observe dans les bronches sous l'influence de l'iode, et c'est le revers de la médaille. ,

2° Les hyperémies iodiques sont d'ordre nervo-vasculaire. — Les hyperémies physiologiques et à plus forte raison celles qui sont provoquées par un poison sont toutes sous l'influence «lu système vaso-moteur, qui préside aux sécrétions, ou du moins leur fournit les matériaux de sécrétion, c'est-à-dire le sang-.

3° Hyperémies cérébro-bulbaires. — Or si les nerfs vasculaires sont mis enjeu de manière à activer les fonctions végétatives, ne peut-on pas supposera bon droit que la circulation encéphalique et bulbaire se trouve surexcitée parle même mécanisme sous l'influence de l'iode? Ce qu'on appelle l'ivresse iodique paraît en être la preuve; Binza décrit aussi une sorte de narcotisme iodique, qui rappelle celte ivresse. Si l'encéphale est ainsi le siège d'un fonctionnement plus intense par suite d'une circulation plus rapide, il n'y a pas de raison pour que le bulbe ne subisse pas la même suractivité, et celle-ci se traduit par et sur la respiration.

4° Action névrotique directe. — S'il n'en est pas ainsi, il faut admettre avec Binz qu'il s'agit d'une localisation de l'iode dans le système nerveux central, et en effet Vulpian a démontré que Tiodolorme envahit d'une manière évidente le cerveau et ses dépendances. Le mécanisme de l'action nerveuse et bulbaire de l'iode est donc sujet à discussion; mais le fait reste entier et les phénomènes névrotiques, respiratoires sont acquis à la science.

§ 1 il. — De l'iodoforuic

I. Caractères chimiques et préparations. — L'iodolbrme CIIP est de toutes les préparai ions iodiques celle qui se rapproche le plus de l'iode libre dont il contient 01», 7(1 p. 100;

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il se rapproche plus encore par sa composition du chloroforme; de là I»' Dom d'iodoforme indiqué par notre immortel chimiste, Dumas.

Presque insoluble dans l'eau, soluble dans r»u parties d'alcool à Ci oid, 10 parties d'alcool à chaud, el 5 parties d'éther, l'iodoforme ne présente de solubilité réelle que dans la graisse. — A l'étal de dissolution dans la graisse ou dans L'alcool, il n'abandonne l'iode qu'en présence de la lumière e! île l'oxygène; dans les plaies où il est souvent employé, la dernière condition est remplie, l'oxygène se trouvant constamment dans l'oxyhémoglobine; la première condition est remplacée dans les tissus vivants parles cellules elles-mêmes, (jiii suffisent pour dégager de l'iode.

II. Historique el doses. — Les premiers osais pharmacologiques sont dus à Cogswel (1837), Righini (1863), Kendiik 187-i, Binz, llôgyes, Bebring.

La chirurgie s'en est emparée en 1880; Mosetig, Mikulitz ont remplacé par l'iodoforme les pansements pbéniqués; mais des revers nombreux et des intoxications mortelles ont fait abandonner cette métbode ; les empoisonnements s'étaient traduits par des angoisses, l'amnésie, des hallucinations, des vomissements, l'hématurie, et la mort par l'œdème pulmonaire; à l'autopsie des dégénérescences graisseuses du foie, du cœur, etdes tubes urinii'ères; liummo qui a fait ses recherches dans le laboratoire de Vulpian, a constaté en outre de graves lésions dans l'encéphale et la moelle.

La médecine l'emploie à des doses modérées, ainsi à la dnsr de -2<>à Till centigrammes pai- jour, sous forme de pilules. «•[ avec addition d'une substance désodorantc comme nmaiine; au delà d'un gramme et demi par jour l'iodoforme peut devenir toxique. — C'est dans le traitement des trois maladies spéciiiques, la syphilis, la scrofule, la tuberculose, que l'iodoforme présente des avantages; les Améri-

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cains l'avaient employé d'abord dans les névralgies, dans la malaria; c'est Moleschott, qui le premier l'employa en 1878 contre la phtisie; il traita de la même façon la leucémie rénale, les épancbements des cavités séreuses, les engorgements ganglonnaires.

III. Mode d'action sur les cléments histologiques en général. — Tandis que l'iodoforme non dissousjoue le rôle d'un corps inerte en présence des bactéries de putréfaction, nous savons que l'iode libre constitue l'antiparasitaire le plus énergique. — L'iode qui se dégage de l'iodoforme graduellement s'oppose à la septicité de la plaie, empêche l'émigration des leucocytes en paralysant le protoplasma, et, en écartant les produits de décomposition, permet aux plaies de se couvrir de granulations de bon aloi.

Action de Viodo forme sur les cellules tuberculeuses. — L'iodoforme, d'après les curieuses expériences de Marchand (Arch. de Virchow, t. XCHI, septembre 1883), semble agir d'une façon spéciale pour empêcher la formation de certains éléments histologiques du tubercule; danslesplaies tuberculeuses artificielles de la cornée on reconnaît les parties traitées par l'iodoforme, en ce qu'elles sont formées uniquement de corpuscules de pus, qui présentent une coloration rouge très pure, quand on les traite par le picrocarmin, tandis que les fragments non traitéspar l'iodoforme contiennent en outre un grand nombre de cellules épithéliodes, qui présentent une coloration jaune. — Ainsi dans le traitement iodoformique la formation des cellules géantes est entièrement enrayée.

Combinaisons de F iode avec les albumines. — Mais l'action de l'iode libre est-elle directe, ou bien passe-t-il d'abord par l'état d'albuminate comme le croit llôgycs? ce qui est certain, c'est que cet albuminate iodique se dissocie par une simple dialyse, et se transforme en iodate et iodure, qui se décomposent à leur tour.

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Affinités de V iode avec divers éléments. — L'iode libre peul se combiner avec l'hémoglobine du sang, avec l'aride urique des urines.

IV. Effets physiologiques sur la circulation et Vinnervation. — A la dose de trois à dix décigrammes l'iodol'orme détermine d'après les expériences de Rummo un ralentissement du pouls; à 2 grammes une diminution de la pression sanguine; mais ces phénomènes ne durent pas. Les centres nerveux, pu is les nerfs périphériques perdent leur excitabilité, qui ne larde pas à être remplacée par des convulsions.

Étal de Viode dans les urines. — Dans tous les cas l'iode formé ne s'élimine pas en nature, il se décompose, et l'iode s'unit aux alcalins (Harnak et Grundler) pour sortir sous la l'orme d'iodure de potassium.

Une seule lois ces physiologistes trouvèrent de l'iode libre. Ilommo ne l'a trouvé en aucun cas; mais il pense avec Vulpian que l'iodoforme s'élimine sous forme d'iodate. Ils ont remarqué que l'élimination dure plusieurs jours, même quand il n'y a eu qu'une seule ingestion de l'iode. Zeller a l'ait les mômes observations et a constaté' en outre dans le sang des animaux en expérience, une véritable accumulation d'iode, de sorte que la résorption par le sang et l'élimination par les urines ne marchent pas parallèlement.

V. Résultais thérapeutiques dans le traitement de la phtisie. — Les observations de Moleschott fixèrent l'attention de l'école italienne représentée parSemmola, puis parCiaramelli,de Renzi et Fasano, enfin de l'école de Vienne, où les liavaux des professeurs Schnitzler, Drascbe éclairèrent la question de l'iodoforme sans la résoudre d'une manière complète.

L'iodoforme agit surtout, d'après les auteurs italiens, dans

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la phtisie commençante, qui peut ainsi guérir. Dans les cas avancés, le remède peut également être très utile en amoindrissant l'expectoration, les quintes de toux, la fièvre, et en enrayant le processus de caséification, en d'autres termes en prolongeant la vie des malades.

En Italie l'iodoibrme se donne en pilules, de 08r,07 à 0fjr,040 avec l'extrait de gentiane, ou bien on l'administre sous forme d'inhalation, de Uniment (Lo Spallanzani.)

A Vienne, les intéressantes discussions soulevées à la Société des médecins peuvent être résumées ainsi :

1° Les laryngites simples, ulcéreuses ou tuberculeuses qui précèdent ou accompagnent la phtisie pulmonaire sont merveilleusement modifiées par ce moyen employé surtout sous l'orme de fumigation (Schnitzler); les douleurs laryngées, la dysphagie disparaissent rapidement.

2° Le diabète (d'après Moleschott, Semmola) peut, guérir entièrement par ce moyen, qui est supérieur à l'acide salicylique, et réduit rapidement la soif, la sécrétion des urines, la production du sucre; mais Drasche (de Vienne) ne considère ces améliorations que comme temporaires.

3° La phtisie a été traitée par Schnitzler, à l'aide de l'inhalation d'une solution éthérée ou alcoolique d'iodoforme, ou bien au moyen de l'huile de foie de morue additionnée d'iodoforme et préparée en capsules; pas de résultats.

Dix-sept cas de phtisie furent traités par Drasche et Millier, à l'aide des pilules de 2 centigrammes d'iodoforme additionnés d'extrait de gentiane. Sur les dix-sept malades, huit éprouvèrent une augmentation du poids corporel, et cela après trois à six jours; dans une deuxième série les résultats furent moins favorables. Son action sur la température fut le plus souvent fâcheuse. — Kowalski considère le remède comme utile, mais seulement quand il peut se trouver en contact avec les surfaces tuberculeuses: ainsi dans

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l'emphysème tuberculeux on n'obtienl jamais Le moindre avantage.

D'une manière générale, ce qui me frappe dans ces observations el dans celles que j'ai pu recueillir dans mon service, c'est l'utilité très marquée de l'iodoforme comme moyen de guérir les douleurs pectorales, les névralgies, les myosalgies, qui affligent si souvent les phtisiques ; 0"V20 à ()'"', \\) en pilules suffisent pour atteindre ce but.

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