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GROUPE. — DES MOYENS D'ÉPARGNE OU MODÉRATEURS DE LA DÉNUTRITION

Sous le premier chef comprenant l'iode et l'arsenic nous avons étudié les moyens pratiques, les médicaments possibles, qui possèdent la triple faculté d'arrêter la genèse des bacilles, de diminuer, d'enrayer la nutrition de l'organisme, et d'activer nos organes et fonctions respiratoires; toutes conditions qui sont défavorables à l'existence comme à la formation des bacilles.

Le deuxième groupe ne sera pas si richement doté; son pouvoir nécrophytique est douteux; sa puissance respiratoire n'est qu'indirecte, mais sa fonction trophique est évidente, c'est le frein de la dénutrition.

Ces moyens d'épargne sont nombreux et en apparence dissemblables; mais la diversité, qui est indispensable pour éviter l'accoutumance ou l'effet cumulatif, n'exclut pas l'uniformité de leurs propriétés médicales, qui consistent à modérer le mouvement moléculaire de la désassimilation incessante et inévitable de l'organisme.

On peut distinguer parmi ces médicaments dont plusieurs constituent de véritables aliments :

a. Les graisses, comprenant les graisses neutres usuelles, l'huile de foie de morue, la glycérine, le lait, qui est un aliment gras; tous modèrent l'usure des aliments albumineux el favorisent leur annexion.

b. La gélatine, bien qu'azotée, agit dans le môme sens

elle fait mieux profiter l'organisme des autres alimenta azotés, c. L'alcool, qui présente de nombreux avantages, sans

constituer uni1 méthode de traitement régulier, ne brûle pas comme les graisses ; ses qualités alimentaires sont douteuses; mais ce qui ne l'esl pas, c'est son action sur les mutations ; comme moyen d'épargne, il est bien autrement puissant; il empêche la dénutrition, comme en témoignent la diminution de l'urée dans les urines, et la diminution de l'acide carbonique dans l'air exhalé.

Mode d'action des moyens d'épargne sur les microphytes. — Les microphytes ne supportent pas l'abord trop accentué de l'oxygène atmosphérique; ils meurent ou cessent de se multiplier sous l'influence d'une oxygénation intense; mais l'oxygénation insuffisante ne leur est pas moins nuisible; à défaut d'air oxygéné, ils puisent l'oxygène dans nos tissus; or tous les moyens d'épargne, en conservant les tissus préexistants, en empêchant leur usure, en favorisant l'adaptation des albuminates extérieurs à l'organisme modèrentles transformations ; la diminution de l'urée des urines en est la preuve. Mais ladiminution des oxydations atteint par conséquent aussi celles des microbes qui deviennent impropres à la vie ou à leur reproduction.

Certains moyens conservateurs, comme les graisses, consomment en outre l'oxygène du sang, comme le prouve l'augmentation d'acide carbonique. Il ne reste plus d'oxygène pour les oxydations des micro-organismes.

§ 150. — Des graisses en général

Absorption. — Leur absorption se l'ait dans l'intestin, après l'émulsionnement par la bile ou le suc pancréatique. Action physiologique. — En raison de sa richesse en car-

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bone el hydrogène la graisse corporelle use une quantité considérable d'oxygène avant de se décomposer en acide carbonique et en eau. Aussi si une grande quantité de graisse est annexée ou présente, l'oxygène absorbé trouve là matière à combustion, et détermine la calorification ; mais si l'oxygène rencontre assez de graisse dans l'organisme, il use moins d'albumine; de là une diminution marquée de l'urée éliminée, quand la graisse est ajoutée au régime; inversement l'urée est excrétée en excès lors de la privation de graisses. Aussi la graisse est un puissant moyen d'épargne (Nothnagel et Rossbach); pendant que l'usure de l'albumine corporelle se ralentit, le corps a moins besoin de s'annexer l'albumine alimentaire; c'est une véritable épargne.

Action sur les microphytes. — Qu'en résulte-t-il sur les microphytes qui habitent les corps organisés. Ils cherchent el puisent l'oxygène dans nos parenchymes, mais ils ne trouvent plus les conditions habituelles d'existence ni de multiplication; en effet, l'oxygène atmosphérique est consommé en grande partie par les graisses; l'oxygène du sang est réservé pour la nutrition d'ailleurs ralentie, et la conservation de nos tissus, pour les oxydations et les réductions, qui sont diminuées partout, par conséquent aussi celles que réclame la vitalité des microbes.

§ 151. — De I lui ilc «le foie île morue

I. Chimie. — L'huile de l'oie de morue constitue un moyen de caléfaction reconnu par tous les navigateurs (Perceval et Darbey) qui, au siècle dernier, avaient exploré les mers du Nord ; il passa dans le domaine de la médecine en 1822, et y resta malgré l'opposition violente des organiciens.

C'est une huile de foie de poisson, surtout de la morue, du cabillaud, dugadus, du squale; exposée au soleil elle est d'à-

bord limpide, devienl ensuite brune par fermentation ei noire par l'ébullition ; cette distinction qui entraîne peu de différences thérapeutiques s'applique surtout à la digestibilité »'t à la saveur du remède, < j 1 1 i deviennent plus pénibles ru raison directe des colorations c'est-à-dire des fermentations.

Composition. — G'esl un corps gras,quies1 surtoutremarquable, 1° par la présence d'acides gras, acide oléique 74 p. 100; acide margarique 1 1 j». 100; 2° la glycérine qui fait partie de toutes les graisses y esl pour 10p. 100; 3° Un élément spécial sérail formé par les acidesbiliaires, 0,04? avec une quantité variable d>- biliverdine, qui contribue à la coloration. En effet, à l'aide de l'acide sulfurique on reconnaît les acides biliaires par la couleur violette qui est caractéristique (Gobley), mais la présence de ces acides a été contestée par Buchheim, qui les déclare insolubles dans les graisse-, à l'exception de la cholestérine; il attribue l'action du remède à la quantité considérable d'acides gras de diverses espèces (acide palmitique, oléique, stéarique) prédominant surtout dans les huiles brunes.

•4° Iode, phosphore et brome. — On y a constaté des traces d'iode combiné avec la graisse, et Berthelot l'a trouvé sous la forme d'iodhydrine. Des traces de phosphore, de brome et de triméthylamine y ont également été signalées.

II. — Action physiologique. — Ce n'est certes pas l'iode ni le brome qui agissent clans l'huile de foie de morue, et on a perdu son temps à la remplacer par de l'huile d'olives iodurée.

Ce ne sont pas uniquement les acides biliaires qui produisent des effets si marqués; la quantité minime de ces acides ne -aurait suffire pour rendre cette huile plus absorbable, et plus active que toute autre graisse.

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