APPRÉCIATION DES MÉTHODES DE TRAITEMENT M
pronostique des signes révélateurs, ou plutôt du signe vital, je veux parler des oscillations numériques et des métamorphoses que les bacilles peuvent présenter dans leur rapide ou longue évolution. Y a-l-il là un critérium, pour nous fixer sur 1rs degrés, les phases, les arrêts ou les retours offensifs de la phtisie, c'est-à-dire de L'infection bacillaire? S'il en est ainsi, nous serons à même de juger les médications et de formuler la phtisiothérapie.
§ 161 . — Pronostic d après la marche de la maladie
La marche de la phtisie n'a rien de régulier, et il n'y a aucune prévision à établir sur son mode de développement. A l'exception de la phtisie granuleuse, que rien n'arrête dans sa fatale évolution, on peut dire que la phtisie commune peut prendre les allures les plus diamétralement opposées. Ainsi après avoir débuté avec fracas par une broncho-pneumonie bacillaire, elle s'arrête rapidement dans sa marche; le ramollissement et l'ulcération de la masse tuberculeuse sont achevés, et la caverne qui en résulte persiste un temps indéterminé; malheureusement ce n'est pas le cas habituel; en général une phtisie massive d'emblée devient rapidement envahissante et mortelle. Voici une éventualité inverse et plus fréquente : la maladie existe depuis des mois, des années sous la forme d'une excavation considérable; tout à coup sans raison connue, une nouvelle invasion bacillaire partant de cette cavité vientdans le parenchyme voisin, qui se caséifie, et -iikèrc rapidement; c'est la phtisie chronique terminée par une phtisie subaiguë, galopante. Un troisième cas peut se présenter, c'est le seul favorable; c'est la phtisie chronique restant telle pendant de longues années, et finissant par prendre la forme fibreuse, qui, sans être guérissable, est indéfiniment compatible avec la vie ; nous voyons des phtisiques .
sée, Phtisie. i. — 35
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qui depuis vingt ou trente ans sont aux prises avec la tuberculose, et meurent sinon de vieillesse, du moins à l'âge de la vieillesse. Dans ces trois éventualités, rien ne fait prévoir ce qui va se réaliser. Ce n'est que quand la caverne est devenue scléreuse, quand le thorax esl affaissé, que la fièvre manque depuis longues années, que l'amaigrissement est enrayé, ce n'est qu'alors qu'on peut établir ce que j'appellerai la diagnose pronostique.
J5 I<>7 blS. — Pronostic d après les origines de la maladie
Trois genres d'indices de curabilitô ont été signalés : 1° les formes et les origines mêmes de la phtisie ; 2° les signes fonctionnels et physiques; 3° un troisième signe semble devoir révéler à lui seul toute la vérité; c'est la multiplication ou la disparition de l'agent virulent; c'est le bacille qui, a priori, devra décider du sort du malade.
1 . Origines de la phtisie. — La phtisie a, dit-on, des origines pathologiques, ou des conditions préparatoires d'ordre physiologique; il existe en effet, dit-on, des maladies phtisiogènes, et il est des causalités individuelles.
Phtisies d'origine pathologique, ou diathésique. — A première vue, on ne saurait comprendre comment une maladie ou un état général, constitutionnel ou diathésique peut déterminer la phtisie, qui est, en définitive, une maladie virulente; il faut donc que l'organisme soit atteint de manière à préparer l'invasion bacillaire; or c'est là le rôle qu'on a attribué à la diathèse scrofuleuse, à l'arthritisme très avancé, et surtout au diabète; de là les phtisies scrofuleuses, qui seraient lentes dans leur évolution, les arthritiques, qui se passeraient à froid, et les diabétiques qui mèneraient infailliblement à la mort. Mais il n'y a qu'une objection à faire à ces distinctions subtiles. La scrofule, c'est la tuberculose extérieure, c'est la
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phtisie elle-même avec une autre localisation; si elle a procédé tacitement en tant que scrofule, il arrive un moment où elle prend les allures d'une affection tuberculeuse aiguë; c'esl la tin de deux maladies qui n'en font qu'une; donc il n'y a pas de pronostic à formuler pour ce genre de phtisie. Voyons comment se comporte l'arthritique devenu tuberculeux?
Jaccoud dit avec raison que la phtisie arthritiq i'est la
phtisie cliez un arthritique; si le malade ne s'avoue pas arthritique, il est absolument impossible de distinguer sa phtisie des phtisies vulgaires; on a bien supposé une marche plus lente, des hémoptysies plus rares; mais tous ces signesont illusoires; il y a une formule terrible : tout le monde esl égal devant le bacille.
La même réflexion s'applique aux phtisies diabétiques; elles peuvent évoluer insidieusement, cela est vrai; j'en ai vu de nombreux exemples, et c'est pourquoi j'ai recommandé, dans mon Mémoire académique du 4 décembre 1883, d'examiner les crachats des diabétiques atteints de catarrhe bronchique; mais il n'est pas rare de voir la scène se terminer brusquement par des hémoptysies mortelles.
Ainsi les diverses formes originaires delà phtisie n'existent pas ; il n'y a pas à les reconnaître, ni à en prévoir l'issue.
Phtisies héréditaires ou acquises. — Les mêmes remarques s'appliquent aux phtisies héréditaires ou acquises. A priori il semble que l'une soit fatale, et l'autre seule curable; il n'en est pas ainsi; j'ai vu, dans plusieurs familles de phtisiques, la maladie s'arrêter définitivement chez un ou plus sieurs membres; j'en cite deux exemples péremptoires. Une dame, qui a aujourd'hui soixante-treize ans, est née d'un père phtisique, et présente, depuis vingt ans que je lui donne des soins, tous les signes d'une excavation pulmonaire; elle a deux tilles dont l'une a succombé à trente ans, après avoir perdu deux enfants de méningite ; l'autre fille âgée de trente-
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huit ans lui te depuis vingt ans contre une phtisie ulcéreuse. La pauvre grand'mère a donc vu s'éteindre une enfant et deux petits-enfants, et elle vit toujours, comme on dit, avec un seul poumon.
L'autre cas se rapporte à trois filles nées de père et mère tuberculeux ; des trois enfants l'une a succombé à une phtisie laryngée; la deuxième en a été quitte pour une chlorose incurable ; la troisième présente depuis longtemps les signes d'une caverne, qui ne fait aucun progrès fâcheux. Ainsi les phtisies héréditaires peuvent s'immobiliser, se localiser, se limiter, s'épuiser pour ainsi dire sur place comme les phtisies acquises, c'est-à-dire contractées par contagion directe.
II. Signes et symptômes pronostics. — Que doit-on conclure de la phénoménalité locale, que peut-on induire des troubles fonctionnels de tout l'organisme?
L'hémoptysie, le premier et souvent aussi le dernier signe de la tuberculose n'a qu'une influence restreinte sur l'issue de la maladie; il produit plus de frayeur que de désastres; si l'hémorragie n'entraîne pas de danger immédiat, elle peut guérir sans entraver le rétablissement du malade; elle guérit souvent, très souvent, après des déperditions considérables et répétées en tant qu'il s'agit de la première période de la maladie. Il n'en est pas de même au déclin; une hémoptysie de la période ulcéro-caverneuse est due habituellement à la rupture des anévrysmes intra-cavitaires; c'est un incident ou un indice mortel.
Les ulcérations du larynx ont une signification fâcheuse, elles deviennent mortelles, si elles atteignent l'épiglotte; le malade périt d'inanition.
La fièvre, l 'amaigrissement, la chloro-anémie, la sécrétion nrinaire chargée de produits de dénutrition en excès, constituent dans leur ensemble ou même isolément un mauvais