‹ De la phtisie bacillaire des poumonsChapitre 88 sur 108 · AITKECIATION DES MÉTHODES DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

AITKECIATION DES MÉTHODES DE TRAITEMENT

bilan; la Bèvre cependant n'est pas à redouter d'une manière absolue; elle peut être enrayée ou s'arrêter spontanément; mais elle laisse à sa suite un épuisement qui s'ajoute aux autres signes de dénutrition.

Le malade qui maigrit est en mauvaise voie, mais si, après ce dépérissement, il reprend des forces et de l'embonpoint, soyez sur que la maladie ne l'ait plus de progrès; il en est de môme si ce résultat s'obtient par les médications d'épargne ou par le régime d'engraissement; en général tout traitement qui fait cesser ce qu'on appelle vulgairement l'étbisie, doit être inscrit en bonne ligne; l'arrêt de la dénutrition c'est sa marque distinctive.

La chloro-anémie qui loin de se borner à l'hypogiobulie frappe l'organisme loliussubstantiir, m'inspire généralement de vives inquiétudes, d'autant plus qu'elle s'accompagne souvent de profondes perturbations dans la digestion et l'assimilation des aliments; prenez garde à cet état de décoloration du sang et des tissus, examinez alors les urines au triple point de vue de l'urée, des phosphates, et surtout de la quantité du phénol résultant de l'oxydation du benzol; c'est une mesure exacte de la dénutrition; Xenki l'a indiquée, et j'ai pu la vérifier chez tous les phtisiques en voie de dépérissement.

Ainsi les signes physico-chimiques des mutations organiques doivent entrer avant tout en ligne de compte; ils valent plus que tout autre signe local, plus que l'hémorragie pulmonaire, plus que la forme, plus que l'origine de la maladie.

11 s'agit maintenant de contrôler les progrès ou la régression de la maladie par le bacille, c'est-à-dire par l'agent infectieux lui-même.

550 LA PHTISIE BACILLAIRE

§ 168. — Valeur pronostique du nombre et de la foruic des bacilles

Une fois reconnus la valeur seméiotique des crachats

bacillaires, leur signification absolue au point de vue du diagnostic, leur importance étiologique, on n'a pas tardé d'attribuer aux bacilles, à leur variation de forme et de nombre, le pouvoir de régler le pronostic de la maladie elle-même; ses éventualités si diversement graves reposeraient uniquement sur l'état de la population parasitaire.

a. Formes diverses des bacilles. — Aussitôt après la découverte du bacille, Balmer et Frankel ont cherché à démontrer que, quand on trouve des bacilles petits, courbés et ne portant qu'une petite quantité de spores, c'est que la maladie progresse avec lenteur ou s'arrête entièrement; qu'au contraire des bacilles volumineux, chargés de spores, répondent à des cas graves; mais Frankel n'a jamais pu vérifier ces données; lorsque les bacilles sont nombreux dans les crachats, ils présentent toutes les formes possibles dans la même préparation : ils sont grands ou petits, avec ou sans spores, sans qu'il y ait le moindre rapport avec la gravité de la maladie. Frankel a vu guérir un phtisique, dont l'expectoration, parfois exempte de bacilles, en contenait souvent de très volumineux et chargés de spores. Dans trois autres cas qui devinrent mortels, on ne constata que des bacilles très courts, mais très larges. En un mot, les dimensions des bacilles ne permettent pas d'établir une conclusion pronostique.

b. Nombre des bacilles. — Le nombre des bacilles devait avoir une importance plus marquée au point de vue du pronostic, il s'aggrave avec le nombre, de telle façon que dans les phtisies florides les colonies sont immenses; c'est là l'opinion de Balmer et Frankel, de Millier, etc. Pour bien appré-

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