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II. Fer. — Il est de mon devoir d'apprécier minutieuse

TRAITEMENT l>Ks FORMES INITIALES 509

iihiii le fer, <;tr dr* autorités cliniques l'on! préconisé depuis Louis jusqu'à dos jours. — Pour faire cet examen eu toute conscience, il faul que nous connaissions exactement sou mode d'action physiologique; l'application à la phtisiolhérapie viendra après.

I. Fer. Préparations. — Les préparations de fer, surtout les sels à base d'oxyde, troublent profondément la digestion, puisque par un usage prolongé, qui est d'ailleurs ordinairement nécessaire, de ce médicament, la muqueuse stomacale, peut subir de graves altérations.

Pour éviter ces inconvénients on a imaginé d'innombrables formules pharmaceutiques, qui ont toutes leur parrain ou Leurs partisans, et par conséquent aussi leurs détracteurs plus ou moins intéressés. — En général les ferrugineux insolublés, comme ils ne sont dissous qu'en très minime quantité par l'acide de l'estomac, et uniquement. par ce motif, paraissent moins préjudiciables que les solubles ; les solutions ferrugineuses, les citrates, les tartrates, le protochlorure ne deviennent inofïensifs que s'ils contiennent peu de fer, dont il faut d'ailleurs une très minime quantité pour agir; le fer réduit par l'hydrogène, déjà indiqué par Dumas et Milne- Edwards, constitue une bonne préparation; il en est de même du fer métallique et des carbonates ferreux. Pour ne pas diminuer les autres préparations ni décourager les chercheurs de nouvelles combinaisons, je me hâte d'ajouter que le mieux, quand le fer est indiqué, c'est de varier les formules; c'est la meilleure façon d'éviter les troubles digestifs.

Propriétés physiologiques. — Bien que le fer fasse partie intégrante et naturelle de l'hémoglobine des globules rouges et joue par cela même un rôle considérable au point de vue physiologique, il n'en présente pas moins, dans ses conditions pharmaco-dynamiques, les rapports les plus intimes

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avec les métaux lourds, c'est-à-dire les poisons métalliques. — L'injection sous-cutanée d'une solution alcaline de fer détermine de graves lésions du rein qui livrent passage au 1er, la diminution considérable de la pression vasculaire, et des accidents intestinaux parfaitement analogues à ceux de l'arsenic, en outre, de la paralysie des membres inférieurs, el une diminution très marquée de la formation d'acide carbonique (Meyeret Williams).

Il est vrai que tous ces effets manquent, quand le fer est introduit dans l'estomac ; mais alors la masse chymeuse avec les péptones précipitent, eL la digestion se trouble : c'est ce qui ressort des belles expériences de Quévenne et Boucliardal. En supposant qu'il soit toléré, il ne passe même pas par les reins (Becquerel, Ihéring, Hamburger) soit qu'on l'ingère comme médicament isolé, soit qu'on le mêle aux aliments à titre d'expérience. — La résorption est si minime, qu'un chien qui prend du sulfate de fer n'en rend qu'un à 2 milligrammes de plus que par une ration de viande (Hamburger). Cette faible élimination par les urines semble indiquer l'absence de la résorption, et non une élimination du fer absorbé, par la bile et les intestins; d'après cela la dose médicamenteuse introduite dans l'estomac ne paraît guère agir sur la nutrition. Les modifications trophiques qui, d'après Rabuteau, Pokrowski, consistent en une suractivité de l'élimination des principes azotés, doivent être ramenées à d'autres causes plutôt qu'à une action générale du fer; il en est de même de la prétendue excitation du système vasculaire, tandis qu'on sait maintenant que c'est le contraire qui est vrai; il y a un ralentissement de la circulation et une diminution de l'amplitude du pouls; c'est pourquoi il faut toujours craindre les hémorragies.

Actions thérapeutiques. — Toute la question du fer semble ainsi se réduire à ceci : la dose thérapeutique, si minime,

est-elle à môme de produire une formation de globules rouges, dans les riais pathologiques marqués par une diminution relative de leur nombre.

A l'étal normal, l'organisme reçoit avec la nourriture habituelle, bien plus de fer, qu'il ne lui en faut après des hémorragies, cl chez l'enfant pendant la croissance. Chez un enfant, la quantité de fer contenu dans le lait est à peine absorbée. In adulte a environ 3 grammes de fer dans son sang-, tandis que la ration journalière amène de 0sr,06 àOr,09 de 1er. Ainsi L'adulte qui prend une bonne nourriture peut remplacer le ter perdu par une hémorragie, lorsque la nourriture est suflisante; voilà pourquoi un homme à l'état sain, après les hémorragies les plus intenses, mais non immédiatement mortelles, se rétablit facilement à la seule condition de prendre une nourriture azotée suffisante (Schmiedeberg). C'est en effet ce que nous avons toujours constaté après les hémoptysies, après les pertes de sang hémorroïdales. Ainsi la valeur thérapeutique du fer est singulièrement restreinte.

Applications à la chlorose. — Il n'est applicable que quand la masse du sang ou plutôt quand le nombre de ses globules est diminué ou que leur contenu en hémoglobine se trouve réduit. L'indication du fer n'existe même d'une manière formelle, que quand ces lésions chimiques sont primitives, c'est-à-dire quand elles ne sont pas simplement le résultat de la participation à une dénutrition générale. Depuis les célèbres analyses d'Andral,Gavarret, il est resté démontré que, dans la chlorose, l'usage du fer, combiné avec une bonne alimentation, augmente infailliblement le nombre et l'hémoglobine des globules; si les cblorotiques peuvent guérir par le régime seul, il n'en est pas moins vrai que l'addition du fer hâte la guérison, ce qui fait supposer qu'il y a une résorption d'une certaine partie du fer surajouté dans l'intestin; mais cette absorption est difficile à étabir; je guéris

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parfaitement la chlorose par la viande crue et le grand air.

Applications à la chlorose tuberculeuse. — Dans la chlorose tuberculeuse, le fer est inutile, et dangereux; inutile, parce que celte chlorose (voir §37) porte sur tout l'organisme qui est en déchéance; dangereux, parce qu'il diminue la circulation et peut ainsi produire des hémoptysies, augmenter ou provoquer la fièvre. Je n'ai jamais trouvé une seule indication du fer dans la phtisie, et j'ai trouvé souvent de formelles contre-indications.

III. Régimecarné. — Le régime exclusif de viandes crues, le régime univoque, comme disait mon regretté ami Lasègue, et plus tard l'addition graduelle d'un seul aliment albuminoïde, voilà la base du traitement; puis du vin de Bordeaux ou de la bière anglaise; l'un contient quelques traces de fer, l'autre de la maltose; je ne parle pas du grand air, c'est banal.

§ i i 1 — Traitement diététique des dyspnées gastriques et intestinales

a. Régime en général. — Peter dit, avec raison, qu'il faut entourer l'estomac de soins pieux; mais que fera le praticien pour accomplir ces vœux ? Dira-t-il avec piété au malade : prenez le régime le plus nourrissant sous le plus petit volume possible, c'est un conseil traditionnel? or je n'hésite pas à dire qu'il consacre une hérésie physiologique. Si, en effet, il entend, par le régime le plus nourrissant et le moins encombrant, l'usage à peu près exclusif des viandes, qui sont réputées les plus fortifiants des aliments et laissent le moins de résidu, on commettra une faute grave : l'alimentation par les viandes ne doit nullement dominer l'alimentation grasse et féculente; par la première vous arriverez à un système d'entraînement et d'amaigrisse-

ment, incompatibles avec la vie; celle des phtisiques surtout sera rapidement compromise. Sans la graisse ou les

féculents la dénutrition est inévitable, attendu que, p

combler le déficit du carbone éliminé, L'organisme est obligé de puiser dans les albuminates la graisse qui manque dans le régime; les matières protéiques se dédoublent pour fournir l'aliment gras, et elles s'épuisent ainsi en partie; l'annexion des matières azotées restantes est singulièrement réduite; elles se brûlent, se détruisent plus facilement qu'en présence des graisses ou des fécules ; l'excès de l'urée dans les urines est là pour fournir la preuve de cette dénutrition. — Ainsi les graisses, les féculents, sous toutes lesformes, doivent être prescrits aux phtisiques, en quantité suffisante pour réparer les déperditions de carbone; 00 à 100 grammes de graisse, 500 à 000 grammes de féculents, sous forme de pâte, de pain, de légumes secs décortiqués, etc. Pour obvier aux pertes d'azote, 120 grammes de principes azotés suffisent au besoin ; il importe fort peu que ce soient des viandes blanches ou noires, de la viande de boucherie ou la chair de volaille, du poisson ou du jambon; il n'y a pas non plus le moindre intérêt d'ailleurs à recommander le monotone beefsteak; les viandes peuvent être préparées sous toutes les formes et même additionnées de sauces; pour maintenir l'appétit, il est en effet indispensable de varier indéfiniment l'alimentation dans ses formes, mais en maintenant rigoureusement le régime hydrocarbure en excès sur le régime carné.

Notons que nous n'avons en vue que le phtisique qui est relativement bien portant, et dont les fonctions digestives sont régulières; le régime que j'appelle conservateur et d'épargne, et dont je viens de formuler le principe, maintient surtout les forces par les aliments respiratoires et empêche l'usure des tissus; c'est là précisément le double, but que nous devons viser pour le phtisique, qui perd fa ta-

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lement ses forces et son embonpoint ; c'est en quelque sorte le régime de l'herbivore qu'on engraisse et qui fournil une somme marquée de travail. Nous avons précisé les indications : elles doivent primer toute autre considération.

Que dire après cela des préceptes solennels, qui consistent à laisser au malade le soin de déterminer le régime fortifiant ou bien encore à prescrire une nourriture riche, proportionnée à l'énergie des organes digestifs. Le malade sait-il ce qu'est une nourriturre fortifiante; et le médecin connaît-il l'énergie digestive. Jusqu'à plus ample information je me contente de dire que le phtisique est dyspeptique ou sain; dans ce dernier cas il digérera les aliments imposés par les lois de physiologie, sinon il faudra le traiter comme un dyspeptique; je ne connais pas d'autre critérium.

b. Régime selon les formes de la 'phtisie. — A plus forte raison n'y a-t-il à tenir aucun compte de ce qu'on appelle les diverses formes de la phtisie? Guéneau de Mussy recommande « aux tuberculeux qui sont d'origine scrofuleuse ou lymphatique, les viandes grillées ou rôties, le poisson, les œufs, les légumes frais, en excluant les crudités, les ragoûts, les salaisons, les pâtisseries, les sucreries. » Mais pourquoi le scrofuleux ne jouirait-il pas, comme le phtisique dépourvu d'écrouelles, du plaisir de prendre des sauces, de la charcuterie, des pâtes et de la salade ? Ce n'est pas parce qu'il a eu autrefois des bacilles dans les glandes cervicales, que son estomac diffère de celui du phtisique vulgaire. Ce que je dis des scrofuleux, s'applique aux arthritiques comme aux herpétiques, aux riches comme aux pauvres, aux phtisies qui passent pour éréthiques comme à celles qui portent le nom de torpides; distinctions de races, divisions d'espèces, que jamais le clinicien n'a pu préciser; tous sont égaux devanl le bacille; mais les manuels d'eaux minérales n'ont plus de raison d'être devant l'unité virulente de la maladie; j'ajoute

qu'en présence <lr> aliments utiles, tous les estomacs Bontde môme Bouche, à la condition d'être restés à l'abri des atteintes de la maladie.

• . Suralimentation. — Au lieu de prescrire un régime dit substantiel sous le plus petil volume, Debove a eu l'idée très ingénieuse de suralimenter les malades, soit à l'aide de la sonde stomacale, soit par voie directe. Plusieurs de ses malades qu'il a bien voulu soumettre à mon examen étaient, tant au point de vue général que sous le rapport de l'étal local, dans un état remarquable d'amélioration; en cherchanl à imiter ses procédés (l'alimentation par la sonde, j'ai rencontré des réfractaires, à l'hôpital comme ailleurs; toutefois il ressort de ces curieuses recherches deux faits considérables, à savoir : la digestibilité parfaite des aliments introduits de force dans l'estomac, qui, ainsi que je l'ai indiqué dans mon traité des dyspepsies, peptonise tous les aliments albuminoïdes qui lui arrivent même après l'anorexie la plus complète; un autre fait restera dans la science, c'est le traitement de certaines dyspepsies tuberculeuses par le lavage, dont nous aurons à poser les indications précises. Il n'y a qu'un point sur lequel mon opinion diffère des idées de Debove: c'est relativement à la nature des aliments ingérés; le lait, les purées, les légumes secs, les œufs se digèrent bien, et sont indiqués physiologiquemenl ; je n'en dirai pas autant de la viande en excès, qui est sans doute assimilée, puisque les urines contiennent deux à trois fois plus d'urée que dans l'état normal; mais cela même prouve qu'elle ne parvient pas à faire partie intégrante de l'organisme; d'ailleurs les poudres de viande sont, pour la plupart, restées jusqu'ici dans le domaine du laboratoire à cause de leur odeur putride, peut-être aussi en raison de leur provenance et de leur sophistication par des viandes de qualité inférieure. il. Traitement des dyspepsies tuberculeuses. — Sous cenom

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il faut comprendre les dyspepsies proprement dites, c'est-àdire les troubles digestifs d'ordre chimique, les anorexies avec ou sans fièvre, les vomissements qui, bien que d'ordre mécanique et provoqués par les secousses de la toux, peuvent à un moment donné compromettre sinon la digestion, du moins la nutrition générale.

Certains médecins néo-broussaisistes ayant appris vaguement que la sécrétion du suc gastrique, comme toute autre, nécessite un afflux de sang, en ont conclu que chaque repas est l'occasion d'une petite congestion, chaque trouble digestif le résultat d'une véritable inflammation; voilà donc la gastrite qui reparaît par suite de la dénaturationdes hyperémies fonctionnelles si merveilleusement mises en lumière par Claude Bernard. La dyspepsie des tuberculeux est donc une gastrite qui réclame les sangsues, peut-être le vésicatoire, certainement les tisanes émollienles, la diète, ou tout au plus le bouillon coupé, le lait délayé, et l'œuf plus ou moins mollet; avec une pareille médication, la maladie serait certainement abrégée.

D'autres médecins, considérant non sans motifs sérieux la dyspepsie comme un catarrhe muqueux, débutent par un vomitif (ipéca), continuent par un purgatif, et prescrivent ce qu'on appelle des eupeptiques, c'est-à-dire les amers qui, sous le nom de gouttes de Beaumé, sous la forme de noix vomique, etc., ont la prétention de stimuler l'appétit et de favoriser la digestion; mais je crains bien que les évacuants eux-mêmes, en déterminant la déperdition des sucs intestinaux, n'entraînent iinalement la dénutrition; je crains aussi les vomitifs en raison de l'hémoptysie qui peut résulter des efforts de vomissements.

Voici le traitement et le régime que je propose et qui sont fondés sur la nature de ces dyspepsies, ordinairement de provenance névro-asthénique ; elles s'accompagnent d'une lia-

lulence pei*sistante, (Tune dilatation de L'estomac, d'une distensioD gazeuse de* intestins el comme conséquence, d'une dyspnée mécanique surajoutée à La gêne préalable el pour ainsi dire inévitable de La respiration. Je prescris 1° l'eau de Vichy, un verre une demi-heure avant les repas, pour favoriser la sécrétion du suegasirique; -}• au commencement des repas une poudre absorbante, composée de craie Lavée < 1 gramme) magnésie calcinée (2 grammes), de rhubarbe ou de i olombo (0,10 à 0&r,20); 3° s'il y a constipation, les malades prendront une cuillerée de graines de lin à chaque repas; i° L'alimentation ue sera ni uniforme, ni systématique; elle e composera d'aliments excitants épicés et de haut goût, de viandes froides, de charcuterie, de poisson, ajoutez-y des légumes secs décortiqués, des salades, des fruits conservés ou frais, ils sont digérés sans le secours de l'estomac; 5° pour favoriser ce passage de la masse alimentaire dans l'intestin et remplacer la digestion stomacale par la digestion intestinale, rien n'est plus utile que l'usage de boissons chaudes, très abondantes et stimulantes comme le thé, ou bien les boissons chaudes alcoolisées par l'addition de liqueurs fortes; elles sont bien supérieures au vin qui s'acidifie si facilement, à la bière qui fermente dans l'estomac, aux eaux gazeuses, qui ajoutent le gaz acide carbonique à ceux qui remplissent déjà les premières voies ; elles sont également préférables à la glace et aux boissons glacées, qui ne produisent qu'une sensation agréable et enrayent souvent la peptonisation ; b,0enfm, quand la dyspepsie résiste à l'emploi de ces divers moyens diététiques et thérapeutiques, la meilleure médication; consiste dans le lavage de l'estomac, avec une infusion aromatique chaude, ou avec l'eau de Vichy tiédie; au bout d'un certain nombre de ces appropriations de l'estomac, l.i muqueuse, débarrassée des mucosités qui en couvrent la surface et provoquent la fermentation putride des aliments,

sée, Phtisie. i. — 37

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se trouve pour ainsi dire à découvert et à neuf; en contact avec les aliments, qui tous, particulièrement les stimulants, provoquent la sécrétion du suc gastrique, elle recommence à fonctionner; dès lors on peul permettre tous les aliments que le malade réclame; la peptonisation s'opérera comme dans l'état physiologique.

e. Traitement des anorexies, avec ou sans fièvre. — Les mêmes règles s'appliquent aux anorexies avec ou sans fièvre. Lorsque le dégoût des aliments est persistant, comme il porte ordinairement sur les aliments solides, surtout les viandes, on est souvent obligé de se borner aux aliments liquides, tels que les potages avec des pâtes, ou des bouillons avec de la viande crue, du café au lait; s'il y a de la lièvre, comme l'anorexie s'accompagne d'une véritable apepsie, le lait luimême et à plus forte raison les viandes ne trouvent plus à se peptoniser; c'est dans ces cas qu'on peut recourir aux préparations gélatineuses, aux gelées, aux bouillons américains qui sont facilement digérés, ou aux boissons alcooliques, qui pénètrent directement dans le système veineux. Pour parer aux dangers de l'inanition, je ne crains pas de prescrire, comme l'a fait Debove, le lavage stomacal, même dans les anorexies p y ré tiques.

§ 173. — Traitement des phtisies avec toux sèche et spasmodique, des phtisies douloureuses et dyspnéiques

Dans ces diverses formes de la phtisie, le remède par excellence, c'est la morphine ; nous en connaissons les inconvénients, mais nous en apprécions les avantages; l'étude des injections morphiniques justifiera ces données sommaires.

I. Morphine. — La morphine agit comme l'opium, et d'une manière plus nette, parce que l'opium contient quelques ilcaluïdes tétanisants, comme la thébaïne.

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a. Action $wt V encéphale et la moelle. — Chez tous les animaux supérieurs, la morphine produit sur la moelle une excitabilité réflexe très prononcée, el sur l'encéphale cette série de phénomènes qui finissent par le narcotisme. Elle commence par amoindrir, par émousser la perccptivii»' ou la perception des excitants de la sensibilité, particulièrement de ceux qui déterminent la douleur ou la toux, tandis que la sensation du tael reste indemne. L'effet câlinant se produit, sans que le sensorium ait perdu son activité, et soit engagé dans le sommeil. Toutefois la tendance à dormir ne tarde pas à se manifester, ce qui veut dire que l'impressionnabilité de divers départements encéphaliques est compromise eu même temps que la sensibilité aux excitations externes; ce n'est que dans quelques cas que les idées se troublent, avant et pendant le sommeil; en général l'idéation reste tout entière, quand déjà la sensibilité aux irritants est profondément affaiblie. Je ne parle pas de l'état de la pupille et de son rétrécissement qui doit néanmoins nous servir de guide pour la dose de la morphine.

h. Action sur les vaisseaur, le cœur. — Chez les animaux, la tonicité des vaisseaux ne se perd, par suite de la paralysie de leurs centres vaso-moteurs, que par les fortes doses de morphine, et dans ce cas la pression intravasculaire tombe considérablement. Chez l'homme il se produit très souvent, par les doses thérapeutiques, une dilatation vasculaire sur la peau du corps et du visage; les centres vaso-moteurs de ces départements vasculaires sont extraordinairement accessibles à toutes les influences, particulièrement à celles qui sont dépressives. — Par cette dilatation des vaisseaux on s'explique la sensation de chaleur, la rougeur du visage, les -leurs, les éruptions, les démangeaisons, qui sont si fréquentes après les injections de morphine.

Vascularité cérébrale. — On ne sait si les vaisseaux de

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l'encepnale subissent la même dilatation, et si c'est là la cause de l'action violente de la morphine sur le cerveau des enfants; ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas à redouter ces atonies vasculaires chez les individus qu'on dit être sujets aux congestions cérébrales.

Cœur et respiration. — Le cœur reste d'ailleurs parfaitement intact; la respiration ou plutôt la sensation du besoin de respirer tend à diminuer, en tant du moins que la dose est régulière; au delà d'une certaine dose la respiration subit de graves altérations, et Filehno a vu, chez les animaux, apparaître, dans ce cas, le singulier phénomène qu'on appelle la respiration de Cheyne-Stokes.

c. Action sur l'intestin. — Les mouvements de l'intestin sont manifestement influencés par la morphine. — Par suite de la diminution de la péristaltique, les gardes robes sont plus rares et souvent même elles sont supprimées. — Dans les diarrhées qui s'accompagnent toujours de contractions exagérées, les évacuations venant à cesser, l'intestin trouve dans le repos les conditions de la guérison.

On explique ces effets par une paralysie des ganglions automoteurs et des muscles, ou bien par une excitation du nerf d'arrêt, c'est-à-dire du grand splanchnique; mais rien n'est prouvé à l'égard de ces deux suppositions; il est probable que les éléments nerveux sensibles de la paroi intestinale, qui agissent par voie réflexe sur les centres moteurs, deviennent moins excitables, et perdent leur pouvoir de transmission.

d. Action thérapeutique clans les affections bronchopulmonaires. — Nous connaissons déjà l'action de la morphine sur la douleur, sur la toux, sur l'intestin; je résume ses effets sur la sécrétion muqueuse des bronches; lorsque l'exsudation est considérable, la morphine peut devenir nuisible, en supprimant l'expectoration; il y a même un véritable

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danger lorsque les muscles respirateurs ont perdu leur puissance contractile; l'accumulation des exsudais dans les bronches peut devenir le point de départ de l'oblitération d'une bronchiole, d'où il résulte l'affaissement du lobule pulmonaire correspondant, c'est le commencement de l'atelectasis pulmonaire, si fréquent et si grave chez l'enfant et le vieillard. La morphine n'est indiquée, que dans les toux incessantes résultant de l'hyperesthésie des extrémités nerveuses, et à la condition encore que la sécrétion soit rare et consistante; ce sont les données qu'on retrouve fréquemment dans le catarrhe sec chronique, et dans le catarrhe initial de la phtisie.

Une autre indication se présente dans les hémoptysies; la morphine constitue alors le moyen le plus puissant pour diminuer l'excitabilité de la muqueuse, qui provoque la toux, et pour mettre les bronches au repos. Elle est de beaucoup préférable à tous les astringents, et il faut toujours associer ces deux moyens.

II. Divers narcotiques. Chloral, paraldéhyde. — Ce sont là des narcotiques qui, loin de calmer la toux, loin de diminuer la dyspnée, ne provoquent qu'un sommeil artificiel plus ou moins rapide, généralement peu durable, et toujours nuisible au fonctionnement de l'estomac. Ils présentent, et surtout la paraldéhyde, tous les inconvénients de la morphine, sans aucun de ses effets favorables sur la respiration et les sécrétions bronchiques. Dujardin-Beaumetz, qui en a soigneusement étudié les effets, la considère comme un hypnotique, incapable de lutter contre les douleurs aiguës.

\ 1 ' l. — Traitement de la toux quinteuse avec vonilasements

Contre un état si grave, et susceptible d'amener une véritable inanition par le rejet continu des aliments, on a pro-

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posé une série de moyens qui méritent d'être discutés el appréciés à leur juste valeur.

I. Bromure de potassium. — Le regretté Woillez faisait gargariser les phtisiques avec une forte solution de bromure de potassium, pour éviter la toux qninleuse; ce moyen n'a pas donné de résultats.

Les bromures alcalins ont été administrés à l'intérieur, pour procurer le sommeil, faciliter la respiration, calmer la toux et les douleurs, el s'opposer aux vomissements. Il est bien vrai qu'on obtient aussi le sommeil, mais à quel prix'. L'expérience m'a fourni la preuve que les bromures s'éliminent par les bronches, et déterminent ainsi fréquemment une toux irrésistible, souvent même une véritable bronchite; j'ai même constaté trois fois la pneumonie; ce grave inconvénient se produit souvent pendant le traitement de l'épilepsie par les préparations bromiques, et il est tellement prononcé, que force est de suspendre l'usage du remède, ou d'en calmer les effets irritants par l'opium ou l'aconit. On peut affirmer que dans le traitement de la plilisie en général, c'est un remède à proscrire.

II. Eau chloroformée. — L'intensité des vomissements peu! être modérée par l'eau chloroformée, imaginée par mon bien regretté ami Lasègue, et préconisée par Beurmann, à la dose de iO à 00 grammes délayés dans une eau aromatique; je l'ai employée parfois avec succès.

III. Aconit et aconitine. — Les préparations d'aconit, surtout l'extrait alcoolique déracine d'aconit, et mieux encore l'aconilinedeDuquesnel,sibien étudiée par Laboi de, peuvent être d'un grand secours; un quart de milligramme d'aconitine par jour suffit souvent pour calmer ces toux incoercibles, et mettre lin aux vomissements qui en sont la suite.

IV. Teinture d'iode el iodure alcalin. — L'iode en teinture ci à trê> petite dose a été préconisé depuis longtemps dans

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le traitement des vomissements; en prescrivant 5 à 10 poulies de teinture additionnée de 0, 10 d'iodure par jour, j'ai observé souvent un double effet : la cessation <l<'s vomissements, et surtout la transformation de la toux sèche en une toux plus facile, plus muqueuse; c'est peut-être par ce dernier procédé qu'on met un aux vomissements qui résultent des secousses de la toux.

Y. Lavage de V estomac. — En désespoir de cause Debove a employé avec succès, et son exemple a été suivi par Dujardin-Beaumetz, le lavage de l'estomac; je ne puis que confirmer le témoignage de ces observateurs; il faut en etïel q\ iter l'inanition à loui prix.

§ 175. — Traitement «les hémoptysie*

Les hémoptysies du début sont les seules qui guérissent, et cette heureuse terminaison peut même s'observer dans les hémorragies les plus considérables, de sorte que le médecin doit déployer toutes les ressources consacrées par l'expérience. — S'agit-il de phtisies ulcérées, qui se traduisent pendant tout le temps de leur évolution par la forme hémorragique, on peut encore concevoir l'espoir d'enrayer les incessantes déperditions. Lorsqu'cnfin l'hémoptysie vient tardivement se montrer dans les phtisies cavitaires, il est bien rare qu'elles ne dépende pas de la rupture des vaisseaux anévrysmatiques, développés dans la paroi de la caverne, ou déjà ouverts dans la cavité tuberculeuse elle-même; dans ces conditions les moyens hémostatiques les plus énergiques retient ordinairement impuissants.

Le traitement des hémoptysies curables comprend des méthodes entièrement distinctes; en voici rémunération et l'analyse.

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