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I. Médication vomitive. — Si je place cette médication en

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lèle de la liste, c'est uniquement par respect pour les cliniciens qui l'ont préconisée; que Sloll ait appliqué à l'hémoptysie sa panacée, il n'y a rien qui doit surprendre; mais quand Trousseau et à son exemple Peter prescrivent ou l'ipéca, ou le tartre stibié à la dose dite nauséeuse, je demande humblement quel est le but qu'on veut atteindre; amoindrir la force de la circulation par l'état nauséeux et l'abattement qui s'en suit? mais n'oublions pas que la prostration qu'on vise pour le cœur, peut atteindre tout l'organisme et le frapper mortellement; n'oublions surtout pas que vous n'êtes pas maître de commander la dose nauséeuse; elle peut dépasser le but, provoquer des vomissements, augmenter ainsi ou reproduire l'hémoptysie, et entraîner la mort par l'hémorragie ; des faits de ce genre ont été signalés récemment encore; je m'inscris donc contre toute médication nauséeuse ou vomitive : nous avons heureusement d'autres procédés plus efficaces, et moins dangereux.

II. Térébenthines. — Avant tout autre moyen, je prescris la térébenthine sous forme de sirop, ou l'essence de térébenthine sous forme de capsules contenant chacune 0 gr. 50 d'huile essentielle ; nous connaissons déjà les effets généraux si remarquables de la térébenthine (voir § 1 00); j'insiste sur ses propriétés hémostatiques qui sont si peu discutées, qu'elle fait partie de la plupart des eaux hémostatiques à formule connue ou secrète. 11 est important d'associer au sirop de térébenthine une quantité égale de sirop diacode, ou une préparation quelconque d'opium; nous verrons pourquoi.

III. Ergot de seigle, ergotine. — Avec la térébenthine, le meilleur hémostatique est l'ergot de seigle.

a. Préparations. — L'ergot, production pathologique résultant de l'action d'un champignon sur le seigle, n'est pas encore connu dans ses parties essentielles; on en a extrait des principes dits primitifs, qui ne sont pas définis; l'ergotine de

TRA1TEMEN1 Dl S 1 ORMES INITIALES

Bonjean esl un extrait aqiieoi très utile; L'ergotine de Wiggers un extrail éthéré ; en Allemagne on a décfil l'acide sclérotique, qui n'esl qu'un composé informe, L'ecboline de Wenzel, dans laquelle on constate un alcaloïde; Yvon prépai •• un extrait aqueux, qui esl généralement employé en injections sous-eutanées à la dose de 0 gr. -Joà 0 gr. 30. Kn deruierlieu, Schmiedeberg et Zweifel ont trouvé un acide ergolique 1res solubledans l'eau, insoluble dans l'alcool el l'éther, et présentant quelques-unes des réactions de l'albumine. — On ignore encore si cet acide a une valeur; Sotchow a expérimenté avec un acide commercial qui e>t doué d'une certaine activité, tandis que Rennert lui dénie toute action. — Enfin Tanret a isolé sous le nom d'ergotine un alcaloïde qui paraît constituer le principe actif de l'ergot; el passe facilement dansl'alcool, quoique en très faible quantité < Haudelin ». 1». Propriétés- thérapeutiques et action torique. — Connu dans le dernier siècle par les accident- gangreneux el convulsifs qu'il produisait sur les populations qui consommaient le pain du seigle altéré, l'ergot est appliqué en obstétrique pour provoquer les contractions utérines, et dans l'état puerpéral, pour arrêter les hémorragies ; c'est de là qu'a surgi l'idée de l'appliquer au traitement des hémorragies en général, et de l'hémoptysie en particulier. — Il y a trente-huit ans je lis connaître en France les premiers essais de ce médicament dans le traitement des hémorragies non puerpérales, et j'obtins des résultats intéressants qui sont consignés dans ma thèse inaugurale; après une étude minutieuse des phénomènes physiologiques, dont on ne se doutait guère à cette époque, j'arrivai à constater le ralentissement et la petitesse «lu pouls, ainsi que les modifications profondes de la circulation, qui servirent à expliquer phvsiologiquement le pouvoir hémostatique; je démontrai que le seigle est un médicamenl sasculaire; tous les physiologistes l'ont vérifié de-

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puis ce temps. — S'il arrête les pertes de sang, c'est en déterminant la contraction des vaisseaux artériels; il s'agissait seulement de savoir si celle contraction est primitive ou le résultat de l'excitation de la moelle; or rien n'est démontré encore à cet égard; ces deux genres d'aclion existent, tout en n'étant pas subordonnés l'un à l'autre. Cette propriété vascuiaire et névrotique réside moins dans l'acide ergotique ou sclérotique, que dans l'ergot lui-même, qui contient des principes bien autrement actifs; c'est l'ergot qu'on donne à l'intérieur, à la dose de 2 à 8 grammes quand on veut obtenir un effet prompt ou obstétrique; ce sont les extraits aqueux dont nous nous servons contre les hémorragies non puerpérales.

c. Action sur la moelle. — La moelle se paralyse sous l'influence des principes acides de l'ergot; les mouvements volontaires se perdent, bien que et pendant que la respiration et le pouvoir réflexe se maintiennent intacts; l'excitabilité médullaire peut même disparaître, quand les applications irritantes de la peau déterminent encore des mouvements respiratoires très actifs. On comprend maintenant les graves phénomènes, qui se produisent par de fortes doses de ce médicament, dont on l'ait un fâcheux abus; les intoxications ont été signalées également à la suite de doses trop prolongées, et je ne serais pas disposé, imitant l'exemple de Duboué (de Pau), à laisser un malade prendre 859 gr. d'ergot en un an.

d. Action sur les vaisseaux et la circulation. Action thérapeutique dans le traitement des hémoptysies. — Il est à remarquer que, malgré la paralysie de la moelle, les centres vaso-moteurs ne se paralysent pas, bien que de grandes doses d'acide ergotique diminuent sensiblement la pression sanguine (Nikelin). Vogt a même admis l'inverse, c'est-à-dire une excitation des centres vasculaires; mais Hermanides a

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démontré que, s'il y avait une aussi vaste contraction, il devrait exister une énorme augmentation de pression, el i 'est l'inverse qui a lieu. La contraction locale des vaisseaux artériels ne saurai! être mise en doute; il esl naturel qu'elle soil plus marquée dans les départements vasculaires qui sonl le siège de la congestion hémorragique, laquelle esl toujours caractérisée par la dilatation dos vaisseaux.

(in connaissait do longue date son pouvoir hémostatique dans les hémorragies puerpérales. — Parola l'appliqua ensuite à toutes les juntes de sang; on trouvera dans ma thèse de 1846 le résultat de mes observations et de mes recherches qui démontrent : 1 l'action cardiaque vasculaire et l'1 pouvoir antihémorragique; ~2Û le peu de durée de l'hémostase, qui m1 dépasse pas le temps de la contraction vasculaire et du ralentissement du cœur. Brown-Séquard, Sovot, Eberty, Wernich, Holmes et Pèton ont contrôlé ces faits. — Sous la direction de Laborde, Peton a inauguré dans le but d'arrêter la déperdition du sang, les injections sous-cutanées de 0 gr. 30 à 0 gr. 30 d'extrait aqueux, dit ergotine,queDrasche a expérimentées. Les résultats sont plus prompts, plus sûrs que par l'ergot administré par les voies digeslives. Dans tous les cas il en résulte une anémie dans les départements vasculaires, que Wernich attribue à une diminution de tonicité des vaisseaux veineux, et Holmes à une contraction des vaisseaux pulmonaires; le résultat est le même; c'est celle anémie qui agit non seulement en sens inverse «le l'hyperémie, c'est elle aussi qui détermine les vertiges, les accident- cérébraux, que Brown-Sequard a observés sur les animaux, et que les médecins du siècle dernier ont décrite sous le nom d'ergotisme convulsif; c'est l'anémie médullaire, qui produit à la longue l'ergotisme gangreneux que Ton a vu régner en Bourgogne, chez les paysan a qui consommaient du pain ergoté. — Aussi n'encourageons-

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nous pas l'emploi des doses massives, excepté dans les cas d'urgence, comme dans les métrorragies utérines, suite de couches; des phénomènes d'intoxication ont été observés après l'usage de 2 grammes d'ergotine.

IV. Morphine. — Après l'injection d'ergotine, je ne manque jamais de prescrire une injection hypodermique d'un centigramme de morphine; il est en effet indispensable de modifier le rhytine respiratoire, de diminuer l'étendue et le nombre des respirations, et surtout d'entraver les quintes de toux, qui provoquent l'expectoration sanglante. L'opium ou la morphine doivent être associés à toutes les autres médications.

Y. Astringents tanniques. — Les tanniques, dont l'étude ligure au paragraphe suivant n'ont qu'une action vasculaire et hémostatique très douteuse; quelle que soit, la provenance du tannin et sa forme, qu'il figure seul ou dans le ratanhia, il est sans action.

VI. Acides minéraux. — Eau deRabel. — Il n'en est pas de même des acides minéraux, et surtout de l'acide sulf'urique; l'eau de Rahel qui est formée principalement par cet acide, peut être administrée dans une potion gommeuse à la dose de 2 à 4- grammes, et présenter aussi des avantages, sur ou après la térébenthine et l'ergotine.

VIL Perchlorure de fer. — Le perchlorure de fer jouit cependant d'une meilleure renommée; — on le prescrit généralement à la dose de trente gouttes dans un julep; à cette dose il agit en ralentissant les battements du cœur, et en diminuant l'amplitude des pulsations (Cervello, Guestre, Lereboullet). Cette propriété lui est commune avec la plupart des autres préparations ferrugineuses, surtout avec le tartrate ferrico-polassique. Comme tous les ferrugineux aussi, il se transforme en prolochlorure dans le sang, de sorte qu'il faudrait à ce titre considérer comme hémostatiques tous les

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