ACCROISSEMENT DES NAPPES DE SCLEROSE
du poumon que nous décrivons et qui sollicitent dans tous les sens leur parenchyme doué d’une faible résistance. Aussi troiive-t-on dans les parois alvéolaires les nombreux trous décrits par M. Villemin comme une lésion constante de l’emphysème accusé. Ces trous, ainsi que l’a montré M. Renaut dans son cours de cette année ^ ne sont autre chose que les espaces intercapillaires dilatés qui, ainsi qu’il l’a montré, préexistent dans le poumon sain et sont seulement remplis par les corps protoplasmiques et les noyaux des cellules endothéliales de l’alvéole pulmonaire.
Les nappes de sclérose que nous venons de décrire tendent sans cesse, dans les poumons atteints de tuberculose à tendance accusée vers l’évolution fibreuse, à s’accroître et à envahir soit les régions du poumon demeurées perméables, les points intercalaires emphysémateux, soit au contraire à pénétrer les points caséeux. Cette extension se fait à la fois incessamment : 1“ dans l’intérieur de la nappe de sclérose ; 2" à sa périphérie, c’est -à-dire gagnant de haut en bas et marchant vers le lobe moyen et le lobe inférieur.
Tout montre, en effet, que, loin de représenter, au point de vue de l’évolution formative, une zone stérile, la nappe de sclérose tuberculeuse est le siège incessant de processus formatifs. Elle se comporte absolument à la façon d’une chéloïde extensive. Mais un fait important, c’est quelle ne produit point de tubercule nouveau, mais bien du tissu fibreux qui s’édifie suivant son mode régulier, c’est-à-direpar la production de véritablesôoMr^eons charnus.
* Renaut, Cours d' Anatomie géndralei
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De distance en distance, entre les bandes de tissu dbreux on voit se multi[)lier les cellules fixes ; des traînées de tissu embryonnaire se montrent dans l’intervalle des faisceaux. Des vaisseaux embryonnaires, à parois larges et anfructueuses, émanés par bourgeonnement des vaisseaux préexistants, ou peut-être nés sur place, apparaissent au milieu du tissu jeune. Certains de ces vaisseaux s’atrophient ; dans d’autres la circulation s’arrête et la lumière vasculaire se remplit d’un moule d’abord fibrineux, puis colloïde, qui donne lieu sur les coupes à des apparences de cellules géantes sur lesquelles nous avons précédemment insisté. Mais sur les points du poumon demeurés perméables, le tissu embryonnaire s’organise en gros bourgeons charnus qui végètent dans les alvéoles en se coiffant de leur endothélium qui a repris sa forme embryonnaire (épithélium prismatique). Bientôt une série d’alvéoles sont oblitérés par cette végétation de bourgeons papilliformes qui les remplissent. L’effacement des alvéoles se fait ici suivant le mécanisme décrit minutieusement pour la première fois par Thaon et sur lequel il est inutile d’insister davantage. Nous ferons remarquer seulement ici que c’est à tort que M. Gornil, dans son traité de la Phthisie fait en commun avec M. Hérard, a décrit les bourgeons charnus qui nous occupent comme des nouvelles granulations tuberculeuses embryonnaires naissant dans l’épaisseur ou sur la marge des lésions scléreuses. Cet anatomo-pathologiste distingué ii’a été du reste conduit à formuler cette conception qu'à cause dos méthodes insuffisantes qu’il employait. Sur des coupes faites après durcissement dans l’alcool, la gomme et l’alcool, et colorées à l’aide du picro-carininate d’ammoniaque,