‹ De la phtisie fibreuse chroniqueChapitre 16 sur 36 · EMP11YSK.MI-: PULMONAIRE · texte numérisé non relu

EMP11YSK.MI-: PULMONAIRE

Ils sont emphysémateux au plus haut degré et offrent partout une coloration blanche, grisâtre et une surface irrégulière, par suite de la présence de tumeurs plus ou moins volumineuses, remplies d’air. Les cavités emphysémateuses de volume très variable se rencontrent au sommet, au niveau du bord antérieur des deux côtés, ainsi que vers les autres bords. — Au milieu du bord supérieur droit, noyau caséeux enkysté. On truuve des points où le tissu conjonctif forme des traînées assez larges qui emprisonnent le tissu pulmonaire situé entre elles.

Le cœur droit est dilaté et plus particulièrement l’oreillette. L’orifice tricuspide est suffisant.

Obs. III. — Obermeyer, tourneur sur bois, âgé de soixantequatre ans, entre à l’hôpital de la Croix- Rousse, salle Saint-Po- Pothin, n“ 53, le 9 février 1869. — Mort le 18 février. (Mort subite).

Début. — Cet homme tousse depuis plusieurs années ; il y a trois semaines, il fut pris de phénomènes aigus et d’une oppression très vive.

Autopsie. Les poumons sont emphysémateux sur le bord anté rieur surtout. Adhérences des deux côtés, cellesdegauche plus difficiles à rompre. Il existe à la base de ce côté, en connexion avec les côtes, un épaississement d’aspect cartilagineux dans une étendue de 5 à 6 centim. et une épaisseur de 2.

Les sommets présentent à la coupe des traînées de tissu conjonc tif d’aspect cicatriciel, an milieu desquelles se trouvent de petites nodosités qui, incisées, montrent de la matière caséeuse parfaitement enkystée. Ces phénomènes étaient plus marqués à gauche; autour de ces points so trouvait de la pneumonie interstitielle.— Dans les lobes supérieurs des poumons, les petites bronchioles sont dilatées, les parois sont épaisses et se terminent parfois en cul-de-sac au niveau des altérations signalées plus haut.

Coeur : assez volumineux, sans altérations.

Obs. IV. — Perchuik,. tisseur, âgé de cinquante-cinq ans, entre à l’hôpital de la Croix-Rousse, salle Saint-Polhin, n® 50, le 27 août 1869. — Mort le 9 septembre 1869.

Début. — Le père est mort âgé ; la mère, un frère et des sœurs morts jeunes. Cet homme avait reçu, en 1834, dans la poitrine, une balle qui a frappé dans le deuxième espace intercostal en

avnnt, en érodant la troisième côte, a traversé de part en part et est ressortie an nivean de 1 angle postérieur de la huitième

côte.

Depuis cinq ou six ans, toux et oppression. Il y a cinq ou six mois, hémo[!tysies légères pendant deux jours. — Aggravation depuis quinze jours. — Pas de diarrhée.

Autopsie s — Le poumon gauche présente une traînée de tissu fibreux qui le traverse en droite ligne, en respectant les gros vaisseaux situés sur son passage. Elle s’étend du bord supérieur delà 3“ côte en avant, à la 8® en arrière. Les deux poumons sont volumineux et emphysémateux au sommet et surtout aux bords antérieurs. Au sommet gauche, un noyau cicatriciel et deux petites cavernes; ù, droite, deux petites cavernes remplies de matière crayeuse d’où partent des tractus fibieux qui s’irradient tout autour d’elles dans un tissu pulmonaire plus dense. Dans les portions les plus emphysémateuses, le tissu pulmonaire prend un aspect aréolaire. Cœur normal.

Obs. V. — Jean Andin, tisseur, âgé de quarante-deux ans, entre à l’hôpital de la Croix-Rousse, salle Saint-Pothin, n“ 20, le 29 septembre 1868; — mort le 23 juillet 1869.

Début. — Absolument rien du côté de l’hérédité, deux enfants bien portants. Oet homme tousse depuis deux ans et il a eu des hémoptysies très abondantes pendant six mois.

Depuis un an gibbosité lombaire et troubles de la marche. — Oppression habituelle, — Durée totale ; trois ans.

Autopsie. — Une adhérence pleurale s’étend du sommet du poumon gauche à la plèvre pariétale au niveau de la première I portion du tronc brachio-céphalique veineux. Ce cordon a 0,02 de 1 longueur et a produit une dilatation du tronc veineux qui se tra- I duisait pondant la vie par un bruit de souffle continu avec renforcement systolique au niveau de l’articulation sterno-claviculaire gauche.

Les poumons sont très emphysémateux. Il existe au sommet gauche trois cavernes ; à droite deux petites cavernes seulement. Ces cavernes contiennent un liquide puriforme assez épais ; autour déliés on remarque dos tractus de tissu conjonctif nombreux, t Dans les autres portions le tissu pulmonaire est blanc, rosé, coton- • lieux, avec des dilatations dans les points les plus emphysémateux,

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et il présente une grande quantité de petits noyaux grisâtres, de la grosseur d’un grain de chônevis, isolés ou réunis par groupes de trois ou quatre.

Mal de Pott. — L’état du cœur n’est pas noté.

Obs. VI. — Benoît Martin, tisseur, âgé de cinquante-six ans, entre à l’IIôtel-Dieu, salle Saint -Charles, n® 55, le 5 novembre 1871. — Mort le 5 février 1872.

Début. - Depuis cinq à six ans, ce malade tousse pendant la durée de chaque hiver: oppression habituelle, pas d’hémoptysies, ni sueurs ni diarrhée, œdème des membres inférieurs.

Auto'ÿsie. — Adhérences pleurales nombreuses. Poumon : emphysème sur les bords et à la base, congestion et œdème des parties déclives, au sommet gauche cicatrices anciennes ; les petites bronches sont manifestement dilatées du côté droit ; on remarque autour d’elles le tissu pulmonaire sclérosé. Nulle part de granulations miliaires. L’état du cœur n’e.st pas noté.

Obs. vil — Louis Lerinck, tailleur de pierres, âgé de quarante-cinq ans, entre à l'Hôtel-Dieu. salle Saint-Charles, u® 95, le 27 décembre 1871. — Mort le 11 avril 1872.

Début. — Pas d’hérédité, ni alcoolisme ni syphilis ; mais ce malade travaille dehors et s’est souvent exposé aux intempéries. Rhumatisme articulaire aigu, il y a six ans. En janvier 1870, un gros rhume a frigore&i depuis ce moment, persistance d'une toux quinteuse et de l’oppression (qu’elle occasionne avec exacerbation pendant les hivers, et obligation pour le malade de cesser son travail pendant plusieurs jours, à différentes reprises. Aggravation depuis quinze jours. Les signes stéthoscopiques existaient presque exclusivement à la base.

AxUo'psie. — Les plèvi’es sont épaissies ; adhérences nombreuses. Poumon : les deux lobes supérieurs de chaque côté présentent à la coupe un tissu dur, fibreux, criant sous le scalpel. Ce tissu circonscrit quelques noyaux caséeux peu abondants; il est criblé de petites granulations miliaires. Dans les deux lobes inférieurs do cha([ue côté, on trouve du tissu fibreux sclérosé circonscrivant des noyaux do pneumonie chronique à divers degrés d’évolution. Nombreuses granulations miliaires grises, quelquesunes déjà caséeuses. En avant et sur les bords, emphysème; sur

OBSER^'ATIÜXS “w

quelques points, on cousUV.c une uilatation :'.la:u^o^le <ies [ictilcs bronclies.

Cœur : dilatation du cœur droit, surtout du ventricule, dont les parois sont en outre épaissies. Oriüces sains.

Obs. VIII. — François Monnet, marchand de poissons, câgé de cinquante-huit ans, entre à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Cliarles, n“ 91, le 25 avril 1872. — Mort le 10 juillet.

])èbut. — Depuis plusieurs années, le malade a l’habitude de s’enrhumer dans le coui’ant de Thiver. Il y a trois semaines redoublement de la toux et de l’oppression; apparition de la flèvx’e.

Auto'psie. — A gauche, quelques adhérences pleurales celluleuses ; à droite, symphyse complète, sauf à la hase où il existe une grande quantité de pseudo-membranes fibrineuses de récente formation. Les poumons sont œdémateux et congestionnés; à gauche, le bord antérieur est emphysémateux. Au sommet droit, plusieurs petites cavernes; sclérose du poumon autour des lésions. Cœur : surcharge graisseuse.

Obs. IX. — Léon Sonne, maçon, âgé de cinquante-trois ans, entre à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Charles, n° 96, le 3 novembre 1872. — Mort le 21.

Dèhibt. — Pleurésie en 1840. Depuis trois ans, le malade ne pouvait plus se livrer à son travail sans être oppressé; depuis lors la gène respiratoire a été toujours en augmentant. Depuis quinze jours œdème des membres inférieurs. Battements épigastriques, bruit de souffle systolique à la pointe.

Autopsie. — Emphysème au niveau des bords antérieurs. Toutes les autres parties sont fixées par des adhérences pleurales solides. Ganglions bronchiques caséeux.

Cœur : hypertrophie du ventricule droit et insuffisance iri- C'icspide.

Obs. X. — Benoît Puillot, garçon de salle, âgé de trente-cinq ans, entre à l’IIôtel-Dieu, salle Saint-Charles, i,® 47, le 8 février 1873. — Mort le 22 mars.

Début. •> — Pas d’antécédents. Le malade a commencé à tousser sur la lin de la campagne de la Loire ; depuis lors, l’oppression a persisté.

liMPHYSKME PULMONAIRE

Auto'psie. — Adhcrerii’es pleurales. Au sommet du poumon droit, caverne ancienne d’un volume d’une petite noix renfermant des produits caséeux, et entourée par une zone de tissu sclérosé de 3 à 4 centimètres d’épaisseur. Des produits en voie de caséification infiltrent les deux poumons. A première vue, les poumons paraissent simplement emphysémateux, mais en pressant le tissu entre les doigts on trouve des portions indurées. Le cœur est un peu distendu, sans lésions.

Obs. XI. — Jean Bayet, tisseur, âgé de soixante-huit ans, entre à l’Hôtel-Dieu, salle Saint- Oliarles, n“ 100, le 25 juin 1873. — Mort le 29.

Début. — Pas de maladie grave antérieure. Depuis six ans, oppression censidérable ; depuis deux ans il a été obligé d’interrompre son travail plusieurs fois; œdème des membres inférieurs.

A%i/to'psie. — Poumons volumineux, emphysémateux. Chaque sommet présente on aspect bosselé et offre une induration très marquée de la grosseur d’une orange. Adhérences pleurales intimes au sommet. Les deux poumons sont le siège d’une congestion œdémateuse très prononcée, et les parties indurées présentent de la sclérose ressemblant à du caoutchouc mâché, au milieu de laquelle on trouve de chaque côté une petite caverne. Nombreux dépôts calcaires de la grosseur d’une tête d’épingle, disséminés dans la substance sclérosée. Vers les bords antérieurs de chaque côté, nombreux points d’emphysème.

Cœur volumiiieux; les parois ne sont pas augmentées de volume, toutes les cavités sont dilatées, la dilatation porte surtout sur le ventricule droit. Insuffisance trictispide .

Obs. XII. — Vincent Sablonnier, âgé de cinquante-deux ans. entre à l’Hôtel-Dieu, salle Saint- Charle.«, u“ 92, le 16 septembre 1876. — Mort le 22 novembre.

Phtisie pulmonaire à marche lente avec signes pulmonaires peu accentués, mais datant de longtemps. Depuis quatre mois, diarrhée et prédominance des lésions intestinales.

Autopsie. — Relation incomplète. On trouve noté : la nature dos lésions ne laisse aucun doute et ne permît pas de croire à une lésion primitive de l’intestin avec phtis:e secondaifo.

Obs. XIII. — Mario Magcnet, âgée do quatrc-vingi-nn ans,

outre à l’Hôtel-Dieu, salles des femmes, n» 150. le 17 janvier 1879. — Morte le 7 février.

Début. Pas de renseignements sur l’hérodité. La malade

maigrit depuis ciu(j a six ans, mais surtout depuis cette dei — nière année. La toux et l’oppression ont augmenté depuis deux mois.

A utoiisie. — Les deux poumons sont emphj^sémateux. — Adhérences milles. — Quantité do liquide minime. A la base du droit on trouve une granulation crétacée unique. Vers le milieu du gauche existe une dépression qui correspond à une cicatrice étoilée. Aux deux sommets, on note des cicatrices, et si on fait une coupe, on voit partir de ces cicatrices des travées d’un tissu ayant l’aspect du caoutchouc.

Cœur : le cœur gauche a un volume sensiblement normal. — Cœur droit dilaté. — Plaques laiteuses.

Obs. XIV. — Cette observation est tirée de la thèse de M, Hirtz :

Homme de quarante-deux ans, serrurier, entra au mois de mai 1877, dans le service de M. Désormeaux.

Pas d’antécédents héréditaires. — Asthme depuis un certain nombre d’années, hémoptysies très légères il y a deux ans. Il a toujours continué son travail et n’a jamais suivi .de traitement. — Dyspnée très accusée. — Depuis un mois, troubles urinaires.

Autopsie. — La surface des deux poumons présentait, disséminés, des îlots blanchâtres de dilatations lobulaires donnant à la surface des poumons un aspect irrégulier. L’oreillette et le ventricule droit étaient manifestement dilatés.

On ne trouve pas notées de productions fibreuses, mais la marche de la maladie peut y faire penser. Si nous donnons ici cette observation, c’est parce que c’est la seule, avec autopsie, qui ait servi àM. Hirtz h affirmer l’emphysème chronique généralisé de la phtisie latente.

Pour établir la coïncidence anatomique de l’empliy sèmo et des produits scléreux, nous n’avons accepté que des observations avec autopsie, mais on aurait pu y joindre un nombre considérable de cas dans lesquels la

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coexistence avait été constatée pondant la vie et qui présentaient la ressemblance clinique la plus grande avec les cas accompagnés de vérification anatomique. Mais le fait nous paraît suffisamment démontre pour qu’il soit inutile d’insister davantage.

11 faut rappeler encore que tout le monde a observé l’emphysème qui accompagne, au sommet du poumon, les cicatrices d’une phtisie arrêtée dans son dévelop: ement.

Dans tous ces cas il semble que l’emphysème s’est produit pendant les premières périodes de la maladie, tandis que les accidents qui ont amené la mort sont dus à des poussées nouvelles de l’affection, revêtant le type ordinaire.

Chez l’enfant les formes fibreuses sont plus rares que chez l’adulte. M. Perroud a bien voulu nous communiquer les résultats de son expérience, les renseignements qu’il nous a donnés sont d’autant plus précieux que l’on connaît la compétence toute spéciale du chef de service de la Charité sur toutes les questions qui se rattachent à la tuberculose. Non seulement les formes fibreuses sont plus rares, mais elles ne s’accompagnent pas habituellement d’emphysème. Nous en avons trouvé deux cas dans les observations de M. Perroud, mais elles ne nous ont pas paru présenter un intérêt suffisant pour être consignées à cette place.

Dans les observations qui précédent, le siège exact de l’emphysème est mal précisé. On ne pourrait faire un étude complète de sa disposition que sur des autopsies pratiquées dans ce but et alors que l'attention serait spécialement attirée sur ce point. On peut cependant en conclure

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