‹ De la phtisie fibreuse chroniqueChapitre 30 sur 36 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

ment favorable. Les conditions de nature à le modifier dans un sens contraire sont toutes les complications ordinaires de la maladie. Nous avons déjà dit ce qu’il fallait croire de l’infiuence favorable de l’emphysème et de l’insuffisance tricuspide. Nous avons admis avec Decbambre que dès lors que la surface vasculaire n’est pas augmentée, peu importe que la surface vésiculaire le soit; et, si l’oxygénation du sang n’est pas plus abondante par le fait de l’emphysème, comment la dyspnée diminuerait-elle ? Le développement d’un emphysème considérable, s’il est de nature à fournir la confirmation de l’évolution fibreuse des lésions, doit aussi éveiller des craintes pour l’avenir. L’insuffisance tricuspide doit faire craindre l’anasarqueet l’asystolie. D’ailleurs le pronostic est étroitement subordonné aux conditions individuelles, et il doit être établi dans chaque cas sur des éléments trop variés pour que nous puissions en entreprendre l’étude. Rappelons seulement que la tuberculose stationnaire une fois constatée, il faut savoir s’il y a, ou non, évolution active, et à cette question c’est le thermomètre qui répondra.

Traitement. — On comprend quelle influence considérable les conditions extérieures peuvent exercer sur une maladie aussi essentiellement chronique que la phtisie fibreuse. Une hygiène rigoureuse retarde le développe ment des accidents qui résultent des complications ; elle entrave également rapparition des poussées nouvelles dont l’évolution peut être fatale. Mais nous insisterons peu sur les indications du traitement, d’autant qu’il ne présente aucune différence essentielle avec celui qu’on oppose d’ordinaire au progrès de la tuberculose. En

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TRAITEMENT DE RAMADGE

l’absenco de spécilique, le traitement ne peut être que symptomatique et toujours subordonné aux conditions si variables qui se présentent à l’observation clinique.

Un point seulement mérite d’attirer quelques instants l’attention. Les auteurs qui admettent l’influence favorable de l’emphysème sur la marche des tubercules conseillent d’en provoquer le développement artificiel. Ramadge croyait que la dilatation alvéolaire comj)rimait les tubercules et déterminait ainsi une sorte de résorption ; c’est lui qui est le promoteur du traitement par la dilatation forcée. Les auteurs du Compendium de médecine ont quelque tendance à approuver l’emploi de cette méthode; Gallard la repousse absolument. Après ce que nous avons dit du rôle et de la nature de l’emphysème secondaire chez les tuberculeux, il est évident que l’opinion de Ramadge ne repose que sur des idées théoriques erronées ; nous allons voir que l’observation clinique en condamne également l’usage.

M. Thaon rapporte cinq observations de phtisies dyspnéiques à longue évolution, qu’il a soumises au traitement pneumatique. Il combat l’emphysème, il arrive à le diminuer par une pneumothérapie bien dirigée et il obtient ainsi la diminution de la dyspnée et une amélioration générale. Il emploie à cet effet les inspirations d’air comprimé associées aux expirations d’air raréfié. «Ce n’est là, dit-il, qu’un moyen palliatif, mais un moyen très applicable, puisque, en modifiant la dyspnée, il modifie aussi l’hématoseL »

11 ne faut pas confondre avec le traitement de Ra-

1 Thaon, Clinique cliniatoloqiquc des maladies chroniques, p. 76, 1ST7.

GYMNASTIQUE PNEl^MATIQUE

madge, la gymnastique pneumatique ; cette dernière a des effets favorables, elle modifie heureusement la vitalité des organes ; elle sollicite la mobilité du thorax et par là excite les muscles à la contraction et rend au poumon l’élasticité qu’il a perdue. Cet exercice hygiénique doit rester dans les limites de la physiologie, bien loin do tendre à la production de l’emphysème. Souvent sans doute ceux qui partagent les idées de l’auteur anglais n'ont pas dépassé cette mesure et c’est ainsi que peuvent s’expliquer les succès réels qu’ils ont obtenus dans quelques cas.

Puisque l’on doit chercher à améliorer l’emphysème plutôt qu’à l’exagérer, on est conduit à diriger contre lui les moyens ordinaires. Dans les phtisies fibreuses la dyspnée est le symptôme capital et les malades se trouvent bien des mêmes conditions hygiéniques et climatériques que les asthmatiques emphysémateux.

Nous n’aborderons pas l’étude des moyens thérapeutiques que la matière médicale peut opposer à la marche des tubercules. A ce point de vue la phtisie fibreuse ne se sépare pas des autres variétés de la tuberculose pulmonaire ; elle n’offre d’autres indications spéciales que les indications symptomatiques, telles qu’elles résultent de l’existence des complications que nous avons signalées dans le cours de ce chapitre.

CHAPITKE V

Sommaire. — Antagonisme entre la tuberculose et l’emphysème; historique delà question. — 1/emphysèrae primitif écarte souvent la tuberculose. — Motifs de cet antagonisme. — La tuberculose s’accompagne dans certains cas d’emphysème consécutif. — Mécanisme de cet emphysème. — Causes nutritives. — Causes mécaniques. — L’inspiration joue le rôle prédominant: pourquoi! — Théorie de Laennec ■ — Emphysème compensateur : Théories de Gallard et de Gairdner.

Dans le second chapitre, consacré aux rapports de l’emphysème pulmonaire avec les lésions scléreuses du poumon dans la tuberculose, nous avons provisoirement laissé de côté deux questions préliminaires qui ne sauraient être passées sous silence : l’antagonisme qu’on a signalé entre l’emphysème et les tubercules pulmonaires, et en second lieu, le mécanisme de l’emphysème chez les tuberculeux, tel qu’il est exposé par les auteurs. La réponse à ces deux questions annexes sert de point de départ à cette étude ; mais pour faciliter le développement naturel de notre s’ajet, nous les avons renvoyées à cette place, et ce chapitre est destiné à exposer avec plus de soins les détails qu'elles

HISTORIQUE 117

comportent et qui doivent justifier les solutions que nous avons adoptées par avance.

ANTAGONISME ENTRE LA TUBERCULOSE ET l’EMPHYSÉME

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