‹ De la phtisie fibreuse chroniqueChapitre 31 sur 36 · PULMONAIRE · texte numérisé non relu

PULMONAIRE

Dès les premiers pas qui ont été faits dans l’étude de ces maladies, la question s’est imposée aux observateurs; dès le début, on voit surgir deux courants d’opinion qui, au premier abord, paraissent très opposés, mais la contradiction est plus apparente que réelle entre les divers auteurs qui se sont occupés de la question. En comparant les explications des défenseurs et des adversaires de l’antagonisme, on s’aperçoit bien vite qu’ils se sont placés sur des terrains différents et qu’ils partent de points de vue ! opposés ; ce fait suffit à rendre compte de leurs diver- I gences.

Le mot d’emphysème, en effet, comme toutes les ex - ] pressions qui éveillent à la fois l’idée de lésion élémen- 1 taire et de maladie, n’a pas une signification assez pré ■ cise pour fermer la porte à toute équivoque. En parlant c d’emphysème, les uns ont plus spécialement pour objet - la lésion anatomique élémentaire du poumon, l’accumu- : lation anormale d’air dans son parenchyme, les autres

I s’attachent plutôt au type morbide, à la maladie emphy sémateuse, si l’on peut ainsi parler.

Dès le début on voit apparaître cette double tendance ; i Laennec, en 1819, décrit l’emphysème en prenant pour I point de départ l’autopsie, l’examen direct du poumon ; il

i 18 EMPHYSÈME CHEZ LES TUBERCULEUX

en étudie le mécanisme et les signes physiques, fort peu la signification nosologique. On se contente de ces données jusqu’à Louis; celui-ci, en 1835, dans l’article Emphyseme du Dictionnaire de Médecme en 30 volumes, reprend la question, et, prenant pour principal objet d’étude le malade, l’emphysémateux, il en fait la description clinique avec une précision remarquable. De ces deux auteurs, le dernier nie la coïncidence de la tuberculose et de l’emphysème, et le premier a plus de tendance à l’admettre, puisqu’il déclare : « Je ne doute nullement que si l’on examinait avec beaucoup d’attention les poumons des sujets qui ont éprouvé, 'par quelque cause que ce soit, une grande et longue gêne de la respiration, on trouverait presque chez tous, çà et là, quelques vésicules aériennes dilatées. J’en ai quelquefois aperçu deux ou trois seulement très dilatées dans des poumons remphs de tubercules. — Les grosses masses tuberculeuses peuvent encore produire partiellement l’emphysème; il n’est pas rare de trouver quelques cellules dilatées çà et là dans les poumons farcis de tubercules un peu volumineux L » Il y a là quelque chose d’analogue à ce qui se passerait en dermatologie, si la même expression pathologique, par exemple le pempliigus, était alternativement employée avec la signification qui lui est propre dans les classifications do Willan ou d’Alibert, les deux descriptions basées, l'iine sur la lésion élémentaire, l’autre sur la dermatose, pourraient présenter au premier abord des différences absolues, alors qu’elles seraient bien près de s'accorder sur le fond en précisant mieux la valeur du terme employé.

1 Laennec, Z,oc. cit., p. 195-202.

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