‹ De la phtisie fibreuse chroniqueChapitre 32 sur 36 · DIVERGENCES DES OPINIONS · texte numérisé non relu

DIVERGENCES DES OPINIONS

De même les opinions de Lacnuec et de Louis, malgié leur opposition apparente, ne sont pas inconciliables. Quelle assimilation peut-on établir entre 1 emphysème généralisé que vise la description de Louis et les quelques vésicules dilatées dont parle Laennec? Dans les travaux postérieurs on retrouve la même différence dans la valeur du terme employé. Gairdner, Gallard, Jaccoud, Roulin, admettent la coïncidence delà tuberculose avec l’emphysème : il suffit de jeter un coup d’œil sur leurs descriptions pour reconnaître l’emphysème, lésion anatomique locale, absolument indépendante de l’état général clinique qu’il peut déceler.

Au contraire, Pidoux, Guéneau de Mussy, adoptent l’opinion de Louis ; mais ils placent l’antagonisme entre la tuberculose et l’emphysème lié à l’asthme, et qui n’est le plus souvent que la manifestation pulmonaire de l’ar thritisme et de l’herpétisme ; c’est bien là la considération la plus pure de l’état général, de l’emphysème constitutionnel.

Il ressort de ce parallèle que les uns se sont contentés de déclarer, avec Jaccoud par exemple, que l’infiltration tuberculeuse du poumon pouvait être considérée comme une cause d’ectasie alvéolaire, c’est-à-dire d’emphysème, tandis que les autres se sont bornés à affirmer que les causes, autres que la tuberculose cela va sans dire, qui cütraînent habituellement de l’emphysème, constituaient pour le malade qui en était atteint une sorte d’immunité contre la tuberculose.

Ces deux manières de voir sont parallèles, mais non pas contradictoires, et nous devons les examiner toutes les deux.

A. Existe-t -il un antag onixme entre Vcmj>hysème primitif

et la tuberculose?

Oh pouvait penser a priori que la gêne respiratoire, qui est le fait de remphysème, était de nature à solliciter l'apparition de la dégénérescence. M. Roulin rejette cette hypothèse, parce que « jamais une affection locale n’a pu engendrer une maladie générale ». La gêne respiratoire, si elle n’engendrait pas la tuberculose, aurait bien pu favoriser le développeihent des tubercules, et il n’y aurait eu là rien d’aussi étonnant que M. Roulin paraît le croire. Heureusement, bien avant lui, Louis avait résolu cette question par l’observation : il a constaté que non seulement les emphysémateux n’avaient pas plus de tendance que tous autres à devenir tuberculeux, mais encore qu’ils paraissaient en avoir moins.

Cette observation de Louis conserve encore aujourd’hui toute sa valeur ; nous sommes même convaincu que les exceptions à cette règle sont encore plus rares qu’on ne le croit généralement. Les faits qui lui ont été opposés ont été parfois mal interprétés, et nous avons montré dans le chapitre précédent combien l’erreur est facile et combien souvent on a pris pour des emphysémateux des malades qui, très probablement, étaient tuberculeux dès le début et ne devaient leur emphysème qu’à leur tuberculose.

B. p\turquoi les emphyse'iiiateux }i e de v ie a n c n I - i Is pas 2}hts souvciit tuberculeux ?

Les raisons qui ont été invoquées pour expliquer cette sorte d'antagonisme sont do plusieurs ordres : les uns ont

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