III.-TORIOUK
dernier travail, M. le professeur Renaiit étend cette définition à tous les produits tuberculeux, qu’ils soient nodu laires, c’est-à-dire formés par les granulations, ou intercalaires, c’est-à-dire formés par des inflammations disposées dans les intervalles des granulations elles-mêmes, et développées comme ces dernières sous l’influence de la diathèse tuberculeuse.
Il a montré qu’un point de pneumonie tuberculeuse étant donné, et caractérisé par la coexistence dans le même foyer de la double lésion caractéristique de cette pneumonie, la granulation et Vexsudat fibrineux et catarrhal, ce point de pneumonie peut évoluer selon les cas dans l’un ou l’autre des sens que prennent d’ordinaire les lésions tuberculeuses, c’est-à-dire soit dans le sens dégénératif ou caséeux, soit dans le sens formatif, fibreux ou sclérosant.
Pour bien comprendre comment s’effectue la transformation fibreuse des produits tuberculeux, il convient de les étudier dans des cas types; l’évolution, dégagée de toute complication, nous donnera la clef des formes mixtes que l’on observe le plus communément sur les sujets morts de phtisie chronique. Ces cas particuliers, qui constituent par conséquent des schémas, peuvent se réduire à trois principaux :
1° Les cas où des îlots plus ou moins étendus de tuberculose lobaire,pseudo-lobaire ou circonscrite en larges nappes, subissent d’emblée la transformation fibreuse qui envahit à la fois la granulation, ou nodule tuberculeux, et la zone occupée par l’exsudât, ou pneumonie intercalaire;
2 Les cas dans lesquels une éruption tuberculeuse
discrète, généralisée on localisée par points, subit le même mode de transformation ;
3° Enfin, les cas où une sclérose tuberculeuse disposée en nappes, par exemple, dans un sommet du poumon, est en voie d’extension et envahit les parties de l’organe, infiltrées ou non de tubercules, qui lui sont sous-jacentes.
ÉVOLUTION FIBREUSE TOTALE DE l’iLOT DE PNEUMONIE TUBERCULEUSE A GRANULATIONS CONFLUENTES FORMATION DE LA SCLÉROSE TUBERCULEUSE DIFFUSE
Pour donner une idée de cette évolution, nous allons choisir un cas type qui se rencontre, il est vrai, rarement avec les caractères de généralisation et d’intensité que nous allons décrire ci-après, mais qui nous permettra de prendre une idée claire de la façon dont s’effectue d’emblée la transformation du tissu pulmonaire en une vaste nappe de tissu fibreux.
L’observation suivante a été présentée à la Société anatomique par M.Barié, dans sa séance du 30 avril 1875; elle se trouve dans le Progrès médical, 1875, p. 536.
Observation. — Le 22 janvier 1875 on amène sur un brancard un vieillard de 75 ans, à l’iiôpital de la Pitié, dans le service de M. Desnos.
Le malade jouissait d’une santé excellente; 4 jours auparavant, attaque et hémiplégie droite ; la veille, nouvelle attaque et paralysie plus accusée toujours du côté droit. — Athéromes artériels. — Rien au cœur. — Quelques râles ronflants aux deux bases.