‹ De la physchologie d'AristoteChapitre 22 sur 41 · PUISSANCE IMAGINATIVE · texte numérisé non relu

PUISSANCE IMAGINATIVE

n'en ont plus (1). C'est en elles que la raison pense les formes intelligibles (2). Elles sont la condition des concepts et par suite de la conception et de la pensée ; et à ce point de vue , on a pu souvent considérer l'imagination comme une sorte de pensée (3). Mais les représentations, bien loin d'être des pensées, ne sont pas même des concepts, car entre autres preuves, on n'y trouve point cette combinaison qui fait l'erreur ou la vérité dans l'entendement (4).

L'imagination tient une grande place dans la vie animale. C'est elle qui le plus souvent , sous la forme d'un souvenir ou d'une espérance, produit dans le corps des altérations (5) , d'où résultent le plaisir et la peine et divers mouvements (6) . Sans elle point d'appétit, point de locomotion (7)*, et bien qu'elle ne soit pas absolument maîtresse de certains mouvements , tels que ceux qui déterminent le sommeil (8), comme elle est toujours en quelque mesure chez tout animal , ne fût-il doué que du toucher (9), et comme elle a de plus le double privilège de demeurer dans l'âme en l'absence des objets et de se comporter comme la sensation (1 0), c'est d'après ses données que se gouvernent la plupart du temps les animaux , soit que privés de facultés supérieures, ils n'aient pas d'autre lumière que celle-là, qui leur tient lieu et de la pensée et du raisonnement , soit que leur raison , s'ils en ont, soit obscurcie par quelque passion , par la maladie ou par le sommeil (11).

(I) De l'âme, III, 8, § 3. —(2) Ibid., III, 7, § 5. — (3) Ibid., ch. 3, §5. — (4) Ibid., III, 8, § 3.— (5) Mouv. des anim., VII, §9; VIII, § 2.— (6) Ibid., XI, § 4. — (7) De l'âme, III , 10, § 9 et pass.; III, 1 1 , § l . — (8) Mouv. des anim., XI, §2. — (9) De l'âme, III, 10, §9; ch. 11, §§ 1, 2. — (10) Ibid., 111, 3, §15. — (11) Ibid., ch. 3, § 15; ch. 10, § 1; Métaph., I, 1, init,; Mor. à Nie, VII, 3.

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