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DES JAMBES

Les membres inférieurs soutiennent le corps dans la station et la locomotion dont ils sont les agents. Ils se subdivisent en cuisse, jambe et pied. La rotule consolide antérieurement l'articulation du genou, se fléchissant d'avant en arrière, en opposition avec celles attachant la cuisse au tronc et la jambe au pied.

La charpente osseuse et l'appareil musculaire de la jambe prouvent, d'une manière irrécusable, que l'homme doit marcher debout. Il se déplace en portant successivement le grave du corps sur la jambe quittant le sol pour se projeter en avant et dégager l'autre, qui recommence alternativement la même opération. Cette disposition, en rendant aux bras toute liberté, donne à l'homme un avantage immense sur les quadrupèdes entravés par l'impossibilité de se mouvoir d'un endroit à un autre sans employer simultanément toutes leurs extrémités. Les chances sont égales entre eux, mais non d'eux à l'espèce humaine. Quand le cheval combat avec ses jambes de devant, les postérieures s'affermissent sur le terrain : l'inverse a lieu s'il lance des ruades. Si le chat veut faire usage des griffes de ses quatre pattes, il se couche sur le dos, mais il diminue ses moyens de fuir ; aussi, dans ce cas, il engage une lutte à mort. Le coq se défend avec ses ergots, à la condition de se soulever sur ses ailes; à leur défaut, son bec seul le protège.

Les vastes ailes de l'oiseau de proie affranchissent ses redoutables serres de tout autre soin que de saisir et d'enlever sa pâture vivante. 11 n'hésite pas à fondre d'en haut sur les animaux les plus dangereux, certain de se mettre hors de toute atteinte sans se priver du secours de ses armes.

L'homme étendu par terre perd le bénéfice de son organisation. Un lutteur expérimenté vise à renverser son adversaire, afin de s'en rendre maître.

Un corps volumineux se termine par des jambes courtes ; elles sont en échasses sous un corps fluet. Elles sont tendues par l'arrogance du spadassin. Elles frémissent dans l'impatience. Elles s'immobilisent dans la stupéfaction.

Les jambes du vieillard sont dans un état continuel de demiflexion. L'enfance, essayant ses premiers pas dans la vie, et la vieillesse, achevant de vivre, ne peuvent marcher droit. D'un côté, la vigueur est loin d'être acquise; de l'autre, elle est dépensée.

Le commis stationnaire a les jambes grêles ; elles sont bien musclées chez le marcheur dé profession, le danseur, le frotteur.

L'enflure des extrémités inférieures provient souvent d'infiltration consécutive d'une maladie du cœur; mais alors les chairs sont inertes; la peau est molle, luisante et distendue.

La largeur du bassin chez les femmes donne de l'amplitude aux membres inférieurs, vers leur attache avec lui, et, comme chez elles, ils tendent à se rapprocher, la direction du fémur devient oblique et contribue à communiquer une expression de pudeur toute particulière aux genoux contournés de dehors en dedans et serrés l'un contre l'autre. L'habitude seule des robes fait céder cette disposition concentrique au besoin de recueillir un objet offert à l'état de projectile. Ainsi, dans un bal masqué, veut-on distinguer la fausse dame du cavalier véritable, il suffit de jeter un fruit à chacun des déguisés en les invitant à s'en saisir. La femme, oubliant son costume du moment, écartera les genoux, comme pour déployer les plis d'une grande étoffe, afin de ne pas laissertomber à terre ce qui lui est lancé; l'homme serrera machinalement les jambes, par un mouvement habituel au porteur d'un pantalon, ne voulant pas établir de passage entre elles.

L'ensemble de la jambe féminine est analogue à celui des doigts : maigre, avec des phalanges sèches; ronde en haut et fine en bas, avec des doigts potelés et en fuseau.

La jambe proprement dite se livre facilement à l'étude avec la prétention d'être bien tournée. L'indiscrétion n'est pas du côté de l'observateur : elle provient de. celles qui se plaisent à la provoquer.

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