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DU PIED

Le pied supporte le poids de tout le aorps, dans la station et la locomotion ; il est par conséquent l'un des rouages les plus actifs de la machine humaine. A ce titre, sa forme primitive se modifie par l'effet des services particuliers rendus.

La plante du pied a trois points d'appui : 1° le talon ; 2° l'articulation du gros orteil avec le métatarse; 3° la saillie articulaire métatarsienne du petit doigt. Le grave du corps ne pèse pas également sur chacune de ces protubérances, laissant entre elles une voûte qui protège les vaisseaux et les nerfs. L'individu offre une variante constituant sa démarche personnelle. Elle est la résultante de la structure anatomique et des habitudes. A cette allure on reconnaît, de loin, le piéton dont on ne distingue pas encore le visage.

Il faut considérer dans le pied sa longueur, sa largeur, sa hauteur, sa force, sa petitesse, son agilité, sa lenteur. Comme la partie exercée préférablement à toute autre se développe davantage, le pied acquiert une vigueur proportionnelle à son usage spécial. Le pied paresseux prend peu de valeur; le repos absolu l'amoindrit.

Nous allons énumérer les signes physiognomoniques les plus importants, en commençant par l'âge. Le pied de l'enfant est mignon, élégant et gracieux. Sa forme reste pure, jusqu'au moment oii'il est emprisonné dans une chaussure compressive. Déjà le pied, avant d'avoir fonctionné, annonce l'état constitutionnel à venir du nouveau-venu dans la vie. Le tissu rosé de la peau, la mobilité des orteils, la rondeur des détails nous le montrent dans sa beauté naïve. Bientôt l'exercice durcira les surfaces heurtant le sol. Le soulier serrera les doigts les uns contre les autres, au point d'angulariser les bords en contact, par un aplatissement prolongé.

Il no faut pas chercher dans la ville, mais parmi les hameaux, des sujets d'observations sur des pieds libres, si la misère ne venait trop souvent y graver sa pénible empreinte.

La charpente du pied est en raison de la masse à soutenir. Voici le côté interne (fig. 445) et le côté externe (fig. 446) du pied d'un homme bien constitué.

La grosseur des os, dans l'enfance, annonce un développement ultérieur de vitalité. Leur finesse présuppose une organisation frêle et nécessitant des soins assidus.

En grandissant, les leviers osseux des pieds sont mis en mouvement par des muscles et des tendons de plus en plus forts et élas-

Fis. 445.

tiques; les ongles se durcissent; la plante du pied s'épaissit; le derme perd sa sensibilité; il forme une semelle au pauvre villageois, forcé de parcourir des chemins semés de cailloux.

Si le solliciteur importun des cours ne compte pas ses courses, il sait néanmoins ménager son pied et l'entretenir leste et léger.

Entre le pied du berger ne portant aucun fardeau, et le pied du porteur de charges pesantes, la différence est notable. Le degré de callosité marque la rudesse du labeur.

Les pieds charnus et lourds témoignent du peu d'activité de l'intelligence. Le pied tendineux et agile dénote un esprit entreprenant et hardi : ce pied mord le terrain et s'y cramponne.

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