DE LA PEAU
La peau sert d'enveloppe au corps humain. Elle en laisse apercevoir les formes, car elle s'applique sur elles, par le fait de son adhérence et de son élasticité. La peau se lie aux membranes muqueuses tapissant l'orifice des conduits intérieurs. Nous la considérons ici dans sa contexture et ses fonctions.
La porosité de la peau favorise la transsudation d'émanations corporelles vaporeuses ou liquides, la transpiration et la sueur. Ces sécrétions sont plus ou moins fortes, selon la région anatomique où elles se produisent et la hauteur de la température. La peau se dilate avec la chaleur et se resserre sous l'étreinte du froid. La peau est fraîche, douce, sèche, brûlante, rugueuse. Elle subit les conditions variant avec l'âge, le sexe, la santé de l'individu.
Le tissu cellulaire se compose d'éléments combinés entre eux, pour sensibiliser la peau et la rendre l'organe toujours en éveil du toucher, et un puissant intermédiaire avec le monde externe. . Toute impression physique venue de l'extérieur s'attaque d'abord à la peau : c'est le souffre-douleur. Elle éprouve le premier choc: s'il est faible, les parties sous-jacentes sont préservées; si la contusion est forte, elle passe outre et les blesse. L'effet en est transmis au centre nerveux par les filaments qui en partent et vont se confondre, en houppes nerveuses, dans le tissage de la peau. La teinte de l'ecchymose indique la violence du coup. Les querelleurs présentent souvent, et surtout sur la face, ces fâcheux stigmates. « Chien hargneux, dit le proverbe, a l'oreille déchirée. »
La dispositioji de la main cl du pied en cinq digitations donne un plus grand développement à la peau vers les extrémités. Les
supérieures sont les mieux partagées en raison de la longueur des phalanges, appelées à servir particulièrement d'organes tactiles. Les enfants tendent leurs petites mains vers les objets placés devant eux. Ils cherchent un contact pour apprécier la substance et la forme, dont leurs yeux inexercés ne sauraient leur rendre un compte exact.
La peau perd de sa finesse et de sa sensibilité par un fréquent usage. La main couverte de durillons par un labeur assidu a le tact moins parfait ; le tissu cellulaire vierge est impressionné par le moindre attouchement.
Ces différences de densité sont très-marquées à la face plantaire du pied : les points d'appui sont couverts d'une peau cornée inerte ; le sommet de la voûte tressaille au plus léger chatouillement.
L'action de l'air, du hâle, du soleil, colore la peau de tons dorés, rouges et noirâtres. Elle reste blanche chez les habitants du Nord, dans les parties recouvertes de vêtements épais. La couleur de la peau est uniforme chez les naturels des pays tropicaux.
Le ton de la peau se marie à celui des cheveux. Elle est blanche avec les rouges et les blonds, brune avec les noirs.
La coloration native de la peau varie avec les grandes subdivisions de la race humaine. La peau passe de la teinte blanche caucasienne au noir de l'Afrique, par des graduations jaunes, rouges et brunes cuivrées. Elle est un document utile pour la constatation de l'origine des sujets. Beaucoup d'auteurs ont pris la couleur de la peau pour base de leur classification des membres de la famille innombrable dont le nom commun est humanité.