‹ De la physiognomonie;Chapitre 33 sur 87 · JU · texte numérisé non relu

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cles du tronc, communiquant à l'instrument toutes les ondulations nécessaires, avec un succès justifié par une exécution calligraphique remarquable. C'était le gagne-pain de ce pauvre diable trouvant dans cette industrie un moyen d'échapper h la mendicité : on se procurait un de ses autographes pour un sou.

Tout dérangement dans la substance ou dans les fonctions des organes se réfléchit sur le visage humain. Le praticien exercé ne s'y méprend pas; l'observateur inexpérimenté constate l'état de souffrance, sans pouvoir déterminer le point organique attaqué. L'indécision du docteur naît de la complication de plusieurs altérations pathologiques.

Nous esquisserons seulement ici le faciès des lésions simples, en les dégageant de celles qui sont accessoires. La difficulté principale consiste à distinguer le fait primordial des conséquences secondaires et complexes.

On peut classer les signes pathognomoniques dans deux catégories : l'une comprend l'état de surexcitation, l'autre celui de sousexcitation ou déperdition de forces. Dans le premier cas, il y a turgescence des chairs, et dans le second, amoindrissement.

L'impressionnabilité de la peau du visage explique ses diverses colorations, sous l'influence des organes cachés dans les régions profondes, car elle se trouve en communication sympathique avec eux et devient un moyen révélateur externe.

Pour se rendre compte de ces variations de teintes, il est nécessaire de connaître le système de la circulation. Le sang rouge est poussé par la partie gauche du cœur vers la périphérie, en suivant les conduits artériels ; le fluide arrive jusqu'aux vaisseaux capillaires, et revient par les veines à la partie droite du cœur et au poumon.

Le trouble apporté dans ce double mouvement circulatoire jette dans les vaisseaux réticulaires plus ou moins de sang artériel ou veineux; de là, rougeur ou bleuissement verdàtre, en se com-

binant avec le ton doré de l'épidémie. La pâleur survient, s'il y a concentration, resserrement du cœur et de la région épigastrique. Cet effet prolongé cause une syncope et quelquefois la mort subite.

La coloration du tissu dermique, ayant son siège dans le réseau capillaire, fournit des indications précieuses.

La chlorose se montre dans une teinte blafarde et verdâtre.

La couleur pain d'épice d'un visage décomposé constate une affection cancéreuse.

Malheur à la jeune fille dont les pommettes seules sont empreintes d'un ton de carmin rougeâtre ! la phthisie est présente, traînant après elle la mort plus ou moins lente; elle est proche, si le regard est fébrile et brillant, au milieu d'un nuage sombre entourant la paupière. C'est le symptôme le moins douteux pour ceux qui assistent à cette lente et muette agonie. La malade se berce encore de chimériques espérances.

Certaines maladies aiguës s'annoncent par des teintes jaunâtres ou verdâtres. Celles qui marbrent la peau d'un jaune noirâtre et sont connues sous le nom de masque, se produisent pendant la grossesse et cessent avec elle.

Le visage est plus particulièrement attaqué par la petite vérole, les dartres, les érésipèles. Des boutons viennent souvent y signaler l'âcreté du sang et l'ébullition des fluides vitaux, excités par le développement des sens à l'époque de la puberté.

L'affaiblissement et la décomposition des traits sont les signes de la fièvre adynamique : elle donne au malade une apparence cadavéreuse.

La bouffissure, avec rougeur et afflux du sang au visage, avertit de l'imminence de l'apoplexie.

L'hydropisie boursoufle aussi la face par une infiltration anormale, mais sans coloration sanguine.

Les maladies convulsives agitent violeiiiiueii! le système musculaire, comme on le voit dans le tétanos et la rage.

Les scrofuleux ont des glandes saillantes sous la peau.

Le front se couvre souvent de taches jaunâtres appelées éphélides. Les unes, irrégulières, indiquent une affection viscéral»;; les autres, isolées, lenticulaires et nommées taches de rousseur,

proviennent d'une insolation sur une peau délicate : elles n'ont d'autre inconvénient pour les femmes que d'intéresser leur amourpropre et de leur faire payer très-cher de prétendus moyens d'effacer cette atteinte à la fraîcheur de leur teint, dont elles sont si jalouses.

A l'époque de la dentition, les joues de l'enfant rougissent et pâlissent alternativement; elles se colorent à l'endroit où la dent va percer. Les lèvres s'animent d'un vif incarnat.

La jaunisse apparaît d'abord dans la teinte safranée des conjonctives; elle se répand successivement sur toute la face et, en dernier lieu, sur l'extrémité du nez et sur le menton.

Dans l'ichthyose, l'épiderme épaissi se sèche et se fendille en écailles. Cette maladie n'envahit pas toujours le visage, mais elle l'affecte secondairement.

Une sueur froide suinte du front décoloré par les prodromes d'une indigestion, et précède les mouvements spasmodiques de la bouche , excités par le besoin de rejeter le trop-plein de l'estomac.

Le clignotement saccadé des paupières et la contraction subite et passagère des muscles du nez et de la lèvre annoncent une grande irritabilité du système nerveux. Les tics particuliers des membres et des extrémités ont la même signification.

Le resserrement et le tiraillement des traits se rencontrent dans la grippe.

L'état comateux du cerveau produit le laisser-aller des paupières et l'affaissement intermittent des muscles faciaux, caractère générique des maladies soporeuses.

La fatigue, par excès de certains plaisirs où la vie se dépense à flot, jette, avec l'atonie, des teintes livides sur la face et des tons d'un bleu noirâtre sous la paupière inférieure.

L'aspect de la langue aide singulièrement le médecin dans le diagnostic : il apprécie le ton propre de la langue, la nature et la coloration de son enduit. La rudesse de la langue sous le doigt qui l'interroge, la saillie des papilles, les gerçures, les crevasses qui s'y forment, les sérosités et le sang qui en découlent, son épaississement, sa contraction, son amoindrissement sont autant

de prodromes ou de symptômes consécutifs, dont l'art de guérir se préoccupe.

Dans le rhumatisme articulaire, la langue blanchit vers le centre.

La langue dont la surface entière est rouge, sèche et lisse. atteste une vive inflammation abdominale.

La gastrite rougit les bords et la pointe de la langue, avec ou sans sécheresse.

Une longue abstinence de nourriture répand une teinte blanchâtre sur la langue, dont les bords conservent le ton rouge normal, mais un peu pâli.

Un enduit jaunâtre, tirant sur le vert ou le brun, indique l'état d'irritation de l'appareil biliaire. Le symptôme le plus elfrayant est la persistance de l'enduit brun, croûteux, pulvérulent, fendillé.

Si la langue tremble et reste en dehors de la bouche, l'encéphale est atteint. L'hémiplégie se déclare quand la langue inerte dirige sa pointe de côté.

Des lèvres pâles signalent un ralentissement de la circulation sanguine. Elles sont aussi souvent un signe de faiblesse. Cependant on a constaté l'extrême pâleur des lèvres dans certains accès d'irritation intestinale et de congestion pulmonaire.

Les lèvres sont rouges dans la gastrite aiguë ; elles présentent une nuance bleuâtre au début de l'aploplexie : le bleuissement s'augmente encore dans l'anévrisme.

Les lèvres sont entourées d'un cercle jaunâtre quand il y a trouble dans la sécrétion de la bile. Les lèvres se gonflent dans le scorbut; elles s'épaississent chez les enfants scrofulcux.

La fièvre dépose une matière visqueuse et fait naître des boutons sur les lèvres. Leur dessèchement irrite la soif.

Les lèvres subissent une déviation prononcée dans les affections cérébrales.

La folie est le terme le plus élevé de la surexcitation cérébrale. L'ivresse, qui dérange, en les exaltant, les facultés intellectuelles, est une folie passagère, durant autant que l'action des liqueurs alcooliques.

On naît idiot; on devient fou ; on tombe en démence.

La conformation de la tête des idiots de naissance indique, au premier aspect, la petitesse du cerveau et, par conséquent, le peu d'idées qui s'y logent. On est frappé d'abord de la disproportion de la face et du crâne : la face, où se reflètent les sensations physiques, est allongée; le front est fuyant, bas, aplati latéralement, sans symétrie.

L'organisation cérébrale du fou favorise l'exaltation des idées, dont l'incohérence amène, comme résultat physiognomonique, le désaccord des muscles faciaux et leur expression désordonnée.

La figure des fous mélancoliques est dans un état continuel de concentration. L'ensemble des traits offre l'atonie et l'aspect stu-pide d'une absorption irréfléchie.

Dans l'état sain, l'on est impressionné par les objets extérieurs. Les fous se laissent influencer par leurs visions ou ce qu'ils croient être. La succession rapide de leurs hallucinations donne à leur physionomie une excessive mobilité. On y voit la crainte, la méfiance, l'anxiété se succéder vivement. Dans le paroxysme de la folie, le regard étincelle, la figure s'anime, les forces se décuplent, le système musculaire est secoué par des convulsions difficiles à modérer. La prostration suit l'accès.

La face du fou, quelle que soit la nuance de sa maladie, indique toujours l'état présent. C'est un kaléidoscope où, parmi beaucoup

d'autres signes, il en e.sl un particulier dominant, qui, tour à tour, se confond dans la masse, pour réapparaître encore et caractériser le genre de la monomanic.

II y a de l'égarement dans l'œil du fou, quand il est tranquille. Dans l'instant de l'agitation, l'œil prend successivement l'expression de la mélancolie, de l'extase, de la joie, de la terreur, de l'exaltation, en un mot, de tout ce que la versatilité la plus grande lui suggère.

Cette cruelle altération des facultés intellectuelles ne se guérit jamais complètement; il demeure toujours des traces de la folie sur les traits qui ont subi longtemps l'effet de ses désordres.

L'idiotisme est incurable : il provient d'un vice de conformation cérébrale.

La folie est le résultat d'une lésion morale, consécutive des excès de toute nature.

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