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Fig. 175.
ne termine pas la tète commençant par un tel front. Nous sourions en entendant regretter sérieusement l'impossibilité de retoucher ce que l'on considère comme un défaut dans l'œuvre de la nature. Le remède serait pire que le mal. 11 ne faudrait pas toucher à un point : le tout serait à refondre.
Prenez un portrait photographique; ajustez une pièce hétéro-
gène à cet ensemble complet, vous ne reconnaîtrez plus l'original.
Fis 170.
C'est chose amusante et instructive de modifier un certain nombre
Fig. 177.
d'épreuves du même cliché, en changeant un trait différent à cha-
CONCORDANCE DES TRAITS DU VISAGE
cune d'elles; on peut se procurer cette récréation, la recette est peu dispendieuse.
Fig. 178.
Albert Durer, cherchant les grandes lignes de concordance du visage, a tracé trois aspects fondamentaux du profil humain :
Fig 179.
Le droit (fig. 1 79), où les traits sont dans un plan vertical ;
Le convexe (fig. 180), dont les saillies sont comprises dans une
courbe, allant du sommet de la tête au menton et de dedans en dehors, de façon que le front et la partie inférieure de la face sont en retraite et laissent le nez en avant ;
Fig. 180.
Le concave (fig. 181) offre une courbure rentrante ; elle déprime ainsi le nez, qui se trouve alors en dedans de la ligne courbée, tan-
gente au front et au menton.
Fig. 181.
Autour de ces types précis et simples, les modifications viennent se classer. Ils deviennent un moyen de mnémotechnie en servant d'unité comparative.
CONCORDANCE DES TRAITS DU VISAGE. 139
Au commencement de ce siècle, un pauvre diable, exerçant le métier de peintre de portraits, avait imaginé un moyen expéditif pour ne pas fatiguer ses clients à poser. Dans ses moments de loisir, et il en avait beaucoup, il fabriquait d'avance des séries d'ébauches applicables à la confection du premier visage venu, offrant de l'analogie avec l'une d'elles. 11 suffisait d'ajouter et de retrancher quelque chose au patron taillé déjà, pour l'adapter aux traits du modèle. Le principe n'était pas mauvais; mais sa mise à exécution se trouvait souvent défectueuse. Alors l'artiste disait ingénument : « Eh bien ! je garderai cette tête, cela me servira pour une autre fois. » Un habile homme, n'ayant pas besoin de recourir à ce procédé, aurait pu s'en servir avec avantage. On juge mieux des dissemblances que des ressemblances.
RESSEMBLANCES DE FAMILLE
La communauté de signes généraux entre les naturels d'une vaste contrée apparaît dans le petit cercle du ménage avec plus de précision encore.
Beaucoup d'enfants ressemblent au père ou à la mère; souvent leur visage est un composé de traits partiels de l'un et de l'autre. Quelques enfants ont une ressemblance frappante entre eux sans rappeler aucun indice de filiation. Des frères et des sœurs, sans analogie les uns avec les autres ni avec leurs père et mère, reproduisent l'air et la tournure de l'un des aïeux de la jeune lignée. On confond aisément l'identité de deux jumeaux, faute de pouvoir établir une dissemblance notable entre eux.
Cette situation respective des membres d'une seule famille permet de comparer le moral et le physique de ceux qui ont des points communs de caractère ou de conformation et d'en apprécier le plus ou moins de concordance.
Cette mère (fig. 182) et son fils (fig. 183), complices du même crime, sont morts l'une avec l'autre sur le même échafaud.
J'ai conservé de longues et amicales relations avec trois sœurs, dont la conformité des traits atteste une origine commune. Deux ont reçu le jour ensemble. On s'est mépris sur leur personnalité jusqu'au moment où le mariage est venu imposer à chacune des préoccupations différentes, sans les séparer de cœur ni les détourner de leur but principal : s'aimer et se soutenir mutuellement dans le chemin accidenté de la vie. Stature, démarche et son de voix pareils, les distinguaient de leur sœur, plus jeune, plus grande et d'une complexion plus forte, mais néanmoins ayant une structure organique homogène.
RESSEMBLANCES DE FAMILLE
1 il
Peu de familles sont aussi parfaitement unies. Tout a été mis en commun dans cette inséparable trinité. Le bonheur et l'adversité n'ont en rien influencé ces doux rapports, si ce n'est pour les
Fig 185.
rendre plus étroits. Un jour vint où l'une fut la cause involontaire de pertes considérables qui les frappa cruellement. Les questions d'argent rompent ordinairement les liens de l'amitié. Cette fois
Fig. 183.
encore, les bons sentiments l'emportèrent : on associa le restant des capitaux pour donner plus de développement à un établissement d'instruction publique. L'une conserva la haute direction de
1 42 l'H YSlOGNÛMONfE.
l'enseignement; sa jumelle eut la charge de la comptabilité; la troisième prit spécialement la conduite de l'administration. La maison prospéra. Elles jouissent aujourd'hui d'une paisible retraite, après avoir conquis une modeste aisance. Elles ont souffert : elles savent compatir au malheur.
Voici l'état actuel de leur physionomie. L'institutrice a recueilli le bénéfice de son dévouement maternel à ses élèves, dans son expression intelligente et ouverte; l'affectuosité, la bienveillance y reflètent leur sympathique empreinte. La comptable a retenu quelque chose de la rigidité d'un chiffre. L'économe a modifié sa propension à une existence large, par une sage modération dans le gouvernement de sa fortune. Ajoutons : depuis leur cohabitation, il s'établit un commencement d'équilibre entre leur façon d'être et d'envisager les hommes et les choses. Le tracé de leur écriture est presque semblable; leurs bonnes actions sont communes ; elles partagent les mêmes convictions religieuses.
A quoi tient la ressemblance de l'enfant avec l'un de ses auteurs? Ce doit être évidemment à la part plus ou moins grande prise par le père ou la mère dans l'acte commun. Le mulâtre est un composé de noir et de blanc. Les plantes hybrides proviennent d'une cause analogue. La conformité de race des deux époux produit seule un résultat identique de couleur. Dans tous les cas, il faut tenir compte des circonstances connues ou mystérieuses qui se rattachent au principe générateur.
Si l'on considère le germe de toute reproduction comme un résumé des diverses parties constitutives de l'individu, la ressemblance s'explique. Cette hypothèse ne me paraît pas gratuite. L'hérédité de certaines maladies suit la filiation jusqu'à ce que des circonstances favorables viennent neutraliser les sources viciées et détruire enfin leur action nuisible. Il est probable aussi que le degré d'excitation ou de tiédeur doit laisser dominer ou faiblir la part de chaque participant à l'union commune et faire pencher la ressemblance du côté ayant fourni le plus grand apport de vitalisation.
La grosseur de la lèvre inférieure fut un type héréditaire dans la famille de Charles-Quint. Voici la bouche de sonpère(fig. 184),
RESSEMBLANCES DE FAMILLE
Philippe Ier, surnommé le Beau, souche de la maison autrichienne qui occupa le tronc d'Espagne et de cette série de lippes royales qui ont dicté des lois à ce pays, pendant plus d'un siècle et demi.
La lèvre inférieure de Charles-Quint a été vulgarisée par des reproductions sans nombre. Elle était forte et en avant.
Fig IS
Fig. 185.
Voici la bouche de son successeur immédiat, Philippe II ("g. 185).
Fig. (80.
Fig. 187.
Même analogie chez Philippe III (fig. 186).
Des lèvres grosses sont aussi le sceau de l'origine de Philippe IV
(fig. 187).
RESSEMBLANCE ENTRE ÉTRANGERS
En comparant des hommes ayant des instincts et des aptitudes semblables, on est frappé des points de ressemblance communs.
Il y a plus que de l'analogie entre cette tète (fig\ 1 88) et cette autre (fig. 189).
Ces deux suppliciés ont vécu dans un milieu pareil. Ils ont commis le plus odieux de tous les forfaits, le parricide.
Examinez ces deux condamnés à mort (fig-. 190 et fig-. 191) pour vol à main armée sur une grande route. On les dirait jumeaux par la naissance, comme ils le sont de par le vol et le meurtre.
S'il est difficile, au premier aspect, de les désigner individuellement par leur nom propre, on n'hésitera pas à les stigmatiser de celui de criminels. Ceux-ci montrent plus d'intelligence et d'énergie que les deux parricides. Il faut une certaine audace de combinai-
RESSEMBLANCE ENTRE ETRANGERS
sons pour surprendre la victime et l'attaquer en face, à son corps défendant; un père ou une mère tombent sous les coups d'un en-
Fig. It>9.
fant sans s'être mis en garde contre une telle monstruosité. L'attentat contre ses parents est d'une bote brute et d'un lâche.
Fij. 190.
Laissons dccôfé ces rapprochements entre ces résidus de la bouc humaine. Prenons des exemples dans les sommités sociales.
Ces profils ont une communauté de traits assez sensibles. L'un est celui de Jean-Jacques Rousseau (fig. 192), moulé sur le cadavre du grand littérateur citoyen.
Fia. 19f.
Le second représente (fig. 103) un savant théologien, au cœur
chaud et libéral, vivant dans la retraite au sein de l'étude. Le peintre Drolling, chargé d'exécuter le portrait de l'illustre Gène-
RESSEMBLANCE ENTRE ÉTRANGERS
vois, s'est puissamment aidé de la ressemblance de l'abbé avec le sujet à peindre : le prêtre a posé pour le philosophe.
Fig. 193.
Notons encore cette singularité. Ce profil (fig. 194) l'appelle celui de Louis XVI (fig. 195). Le premier, c'est celui d'un ouvrier
exerçant la serrurerie avec prédilection. L'ancien roi de France s'en occupait également avec succès. Le chef de l'Etat laissait avec
bonheur de côté l'étiquette de la cour pour se mettre à table. Il prenait une nourriture abondante; elle lui était indispensable. Nous avons vu son Sosie se débarrasser avec une vive satisfaction
Fig. 195.
de son attirail pesant pour manger à son aise un repas copieux, sinon succulent et recherché. Il ne comprenait pas le jeûne; il n'allait jamais au delà de son appétit, mais il devait le contenter.
L'un des attributs principaux de l'espèce humaine est le volume et la répartition de la matière cérébrale, plus abondante en lui qu'en tout être vivant.
Cet organe présente, dans cette figure 196, la portion supérieure
l'ig. 196.
divisée en deux lobes : un droit (3), l'autre gauche (2). La partie antérieure (A) est plus resserrée ; la postérieure (B) occupe plus d'étendue.
Le profil (fig. 197) laisse à découvert le côté droit, et vers la base, en arrière, le cervelet (n° 1).
Le cerveau est l'officine où les sensations se condensent pour s'élaborer en facultés. Son poids est une présomption de sa puissance d'activité. Sa densité de contexture entre également dans l'appréciation de son énergie.
L'on a pesé les cerveaux de plusieurs hommes doués d'une haute intelligence. Les cotes obtenues sont :
Cuvier, 1,860 grammes.
Byron, 1,807 grammes.
Gauls, 1,492 grammes.
Dupuytren, 1,436 grammes.
Haussmann, 1,226 grammes.
La moyenne est ordinairement de 1,440 grammes.
La disposition des circonvolutions cérébrales en replis multiples a-t-elle pour but d'offrir à la pensée un plus long trajet d'élaboration, comme les sinuosités du tube intestinal favorisent l'absorption des molécules nutritives en les laissant en contact avec les vaisseaux absorbaDts dans un parcours ainsi prolongé? Il
loi
se passerait alors dans l'encéphale quelque chose d'analogue à la digestion. Dans cette hypothèse, si l'on pouvait déployer les plis
du cerveau comme on le ferait du serpentin d'un alambic, on juge-
Fis. 19!)
rait, par l'extension obtenue, de la force assiinilatrice, et conséquemment de la valeur intrinsèque de l'organe. Parmi tant de
systèmes hasardés, celui-là ne serait peut-être pas le plus déraisonnable.
Le développement cérébral a des limites; au delà, cette croissance anormale est la conséquence d'une altération pathologique. On en voit un exemple chez cet hydrocéphale (fi g. 198).
Le manque de substance cérébrale provient d'un temps d'arrêt dans l'achèvement de l'organe pendant la vie fœtale.
Cet anencéphale (fig. 199) est venu à terme dans ces conditions. Il est né à la Maison d'accouchement de Paris, où nous l'avons dessiné d'après nature.
Une expérience, remontant à l'époque delà Fronde, prouve que l'on peut perdre une partie de la substance cérébrale et continuer de vivre. Lapeyronie, chargé d'un service de santé militaire sous Louis XV, a écrit un mémoire sur le siège de l'âme, qu'il place dans le corps calleux. Il raconte ce fait concluant : A la suite d'une blessure, en haut et au devant du pariétal gauche, il y eut une déperdition considérable de la substance du cerveau chez un jeune homme de seize ans. Deux mois de traitement amenèrent uneguérison complète. Aucune incommodité ne survint; la tête resta libre comme auparavant.
Les études récentes de M. Flourens ont confirmé ces assertions. Il a enlevé un lobe entier du cerveau sur un animal, qui a survécu à l'opération sans éprouver de grands troubles dans les fonctions organiques ; la portion cérébrale restante a fait la besogne, seulement la vision du côté opposé à l'ablation était détruite. M. Flourens a été plus loin : il a retranché le cerveau proprement dit, tout entier; le vie organique a persisté pendant une année, mais avec perte de l'intelligence et du sens de l'animal. Dans une autre circonstance, la resection du cervelet n'a pas causé la mort de l'animal : il a vécu plus d'une année après la mutilation, mais sans recouvrer la régularité de ses mouvements.
Nous copions textuellement ce passage de Y Examen de la phrénologie, par M. Flourens : « On peut enlever à un animal, soit p?r devant, soit par derrière, soit par côté, soit par en haut, une portion assez étendue de son cerveau, sans qu'il perde aucune de ses facultés. »
Les travaux do Gall sur la physiologie du cerveau sont dans le domaine de la science. Il convient d'en rappeler ici les bases, sans prendre parti pour ou contre ses adhérents. La lutte dure encore; elle a cet avantage incontestable de remuer des idées et de fixer l'attention sur l'analyse des facultés de l'homme et des animaux. Nous exposerons simplement les enseignements de la phrénologie.
Les actes du cerveau, selon l'impression apportée par les nerfs, se classent en quatre catégories :
1° Instincts ;
2° Sentiments;
3° Facultés intellectuelles;
4° Mouvements.
Les instincts agissent sur les organes destinés à communiquer l'impulsion au mécanisme de la vie et à l'entretenir. Les instincts ont leur point de départ dans les parties centrale, postérieure, latérale et inférieure du cerveau.
Les sentiments ont leur siège dans la portion cérébrale supérieure ; ils appartiennent au besoin de relations sociales.
La région frontale ou antérieure, contient les facultés intellectuelles.
Les mouvements sont l'action du cerveau sur les organes intérieurs et les muscles.
Les anciens philosophes ont agité la question de savoir si les idées innées doivent prédominer les idées acquises par le fait des sens. Les platoniciens admettaient trois âmes humaines : la végétative, l'animale et la rationnelle. Bacon réduisit à deux ces propriétés : la sensilive et la rationnelle. Descartes affirma ce principe : « Je pense, donc je suis, » et donna la priorité au moi. Les opinions de Kant et de Jouffroy sont connues.
Les fonctions cérébrales sont localisées par Gall. Leur degré d'activité dépend de la force relative de leur centre nerveux et de leur excitation.
Les figures 200, 201 et 202 contiennent les subdivisions de la convexité crânienne en centres nerveux. Les mêmes chiffres indiquent les mêmes délimitations.
Fig. 200.
Penchants.