QU'ON ACQUIERT L'INTELUGENCI
sur les narines, sur les sourcils plutôt que sur les paupières? Ainsi une même passion actuelle se trahirait sur un visage par certains traits et par d'autres muscles sur la figure d'un autre homme. Comme le langage de la parole exprime de plusieurs façons différentes une même pensée, celui de la physionomie aurait à son service plus d'un signe et plus d'une construction, et n'exclurait pas même les idiotismes nationaux et individuels; la loi grammaticale y serait seulement remplacée par la loi physiologique. On s'expliquerait ainsi les divergences et les contradictions autrement incompréhensibles des physionomistes de tous états, artistes ou critiques, philosophes ou physiologistes.
Il ne s'ensuit pas non plus néoessairelmeut de ce que la face humaine est faite expressément pour révéler à l'homme les passions de son semblable, qu'il doive posséder de cette valeur significative une compréhension innée que ne confère point l'expérience. En effet, il pourrait entrer également dans les prévisions divines que les mouvements musculaires, destinés par la nature & l'usage de signes indicateurs des passions de l'âme, ne remplissent cet office qu'autant que nous
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ajouterions notre propre industrie à sa prévoyance; et il est d'autant plus aisé de concevoir que les leçons de Texpérience suffisent à nous enseigner la valeur significative de ces traits du visage de rhonime qu'on en connaît mieux la raison physiologique. Aussi s'étonne-t-on médiocrement que ceux qui ne cherchent pas à s'expliquer comment une telle passion s'exprime par la contraction d'un tel muscle et se contentent de constater, vrai ou faux, le simple fait de leur corrélation, affirment aussi sans hésitation, comme M. Duchenne, que nous avons de la signification des traits du visage une compréhension native. Mais il semble inconséquent que Ch. Bell affirme, lui aussi, comme M. Duchenne, comme M. Jouffroy, comme presque tous les philosophes et physiologistes, que nous possédons une faculté spéciale et intuitive pour comprendre avant toute expérience les signes de la physionomie.
Cependant, s'il est une conclusion qui se tire d'elle-même de cette revue des divers auteurs qui ont écrit sur la physionomie, des efforts personnels de chacun et des opinions comparées de tous, c'est que sur le sens de ce visage humain que nous sommes tous censés connaître dès la naissance, les