‹ De la physionomie et des mouvements d'expressionChapitre 9 sur 32 · XXXIX. — Le nez peut être considéré comme · texte numérisé non relu

XXXIX. — Le nez peut être considéré comme

organe respiratoire et comme appareil d'olfaction. Les deux ordres de mouvements correspondant à ces deux fonctions sont d'ailleurs incessamment combinés.

Chez riiomnie les narines sont actives pendant Yînspiration. Elles se dilatent et s'élèvent légèrement chez quelques hommes; la pointe du nez s'abaisse alors, mais d'une manière insensible.

Pendant V expiration ^ les narines sont flasques et molles, et, repoussées par le souffle, elles se gonflent légèrement.

Les singes n'ont point les narines mobiles et ces mouvements n'y sont jamais apparents. Ils le sont au contraire à l'excès chez quelques mammifères, tels que les chevaux. Chez d'autres animaux, les narines elles-mêmes sont peu mobiles ; mais, en revanche, le nez, dans sa totalité, a beaucoup de mouvement, et souvent il devient alors un organe de toucher. Les mouvements des narines sont nuls dans les oiseaux et dans la plupart des ovipares.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des mouvements habituels. Si la respiration nasale est embarrassée par un obstacle , l'animal cherche à rejeter cet obstacle par une expiration brusque.

Pendant cette expiration l'iiomme soulève ses narines, et les côtés du nez se froncent comme pour laisser un libre passage aux choses expulsées. Ce mouvement témoigne d'un embarras local.

XL. — Plusieurs de ces mouvements se repi^oduisent dans le cas où le nez agit comme organe d'olfaction.

1° La simple attention du nez en tant qu'organe olfactif s'exprime par une légère dilatation des narines ; mais lorsque l'attention se prête aux exigences d'une analyse délicate et subtile, ce mouvement reçoit quelques modifications intéressantes dont l'ensemble caractérise l'action du plaisir.

Dans le flair, le iiez se couche légèrement, il se dilate et une inspiration saccadée fait entrer à petits coups les effluves odorantes. Dans l'homme, l'action de flairer a. toujours la forme de l'inspiration. Mais il n'en est pas de même dans les animaux.

En effet, chez un grand nombre de mammifères existe un appareil olfactif supplémentaire qu'a découvert, le premier, le célèbre Jacobson. Cet appareil est fort développé dans les herbivores, où il paraît jouer un rôle important ; et il existe aussi, bien qu'à un moindre degré, dans les

animaux carnassiers. On s'assure , par l'expérience, que rien ne peut pénétrer dans cet organe accessoire que pendant un brusque mouvement d'expiration. Aussi, certains animaux mêlent-ils aux mouvements ordinaires du flair, un soudle nasal assez rude qui n'a, dans l'iiommc, aucun analogue. L'organe de Jacobson juge de la nature des choses odorantes, mais non de la direction des effluves. Il contribue à la finesse des perceptions, mais il ne concourt point à leur étendue.

2° Olfaction difficile. L'insistance avec laquelle flaire un animal, indique la difficulté de la perception, ou bien l'intérêt qu'elle inspire. Souvent les odeurs se dissipant dans l'atmosphère , la recherche de leur origine est un problème subtil. Certains animaux emploient à sa solution une finesse singulière. Leur tête se portant en avant, ils interrogent toutes les directions, toutes les voies. L'homme n'a qu'un diminutif de ces mouvements.

3" Olfaction contrariée. Les causes qui apportent un obstacle à l'exercice de l'olfaction étant identiques à celles qui empêchent la respiration nasale, sont combattues de la même façon par des expirations brusques et expulsives,

à" Olfaction douloureuse. Si la chose qui agit sur les fosses nasales détermine des impressions désagréables ou douloureuses, plusieurs mouvements très-difficiles peuvent se produire. Or, il faut distinguer trois cas :

{a) Les exhalaisons odorantes ont été introduites dans les fosses nasales; on s'efforce alors de les rejeter par une expiration brusque. La lèvre supérieure est presque toujours entraînée dans ce mouvement qui ressemble à celui de l'olfaction contrariée, bien qu'il soit en général plus prolongé. C'est là une expression de rêpidsîon.

(b) Les matières" qui blessaient le sens de l'olfaction ayant été rejetées, on s'efforce d'en prévenir l'introduction nouvelle. Dans ce cas , le nez se recourbe, les narines s'appliquent contre la cloison , et la lèvre supérieure , relevée par son releveur propre et refoulée par la lèvre inférieure, s'applique comme un appareil contre les ouvertures nasales. Ce mouvement exprime un refus fonnel.

(r) Une odeur étant mauvaise, on veut néanmoins l'analyser. Dans ce cas, on obture à demi son nez, ainsi que nous venons de le dire , et on ne laisse passer les inspirations du ilair que par

une ouverture fort étroite. Ce mouvement résulte de cet instinct naturel qui porte les êtres à se protéger; il exprime à la fois le doute, le soupçon, a répugnance et le dégoût commençant.

XLI. — Tous ces mouvements sont à peu près l'apanage exclusif de l'homme, la lèvre supérieure ne se distinguant d'avec le nez comme appareil nettement limité que dans l'homme et dans les vrais primates. Je veux parler ici des singes exclusivement.

Ces observations sont simples et vulgaires ; aussi l'insistance avec laquelle je les signale pourra-t-elle paraître au premier abord superflue. Mais les mouvements habituels sont les priiici- |)aux éléments de la mimique naturelle, et la rigueur de la méthode expérimentale ne permet d'en négliger aucun.

DE l'application DE LA liOUCIlE.

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