‹ De la Piété FilialeChapitre 3 sur 35 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

Mais le Code des Lé a ceci de particulier: bien

qu'il fût profondément pénétré des idées chinoises,

il a su cependant conserver certaines institutions

juridiques coutumières vivantes et traditionnelles qui constituent ce qu’il y a d'original et de spécifique dans la législation annamite. Ainsi, on trouve dans la section des lois civiles un certain nombre d'articles relatifs à la propriété privée, au Huong- Hoa (voir infra p. 68) et surtout au droit de famille qui sont tout à fait particuliers au droit coutumier annamite et dont le Code Gialong, trop fidèlement inspiré de la législation chinoise, ne contient aucune trace. Ainsi, s'explique la haute importance que nous attribuons au Code des Lé dans cette

étude.

Le but de ce modeste travail est de chercher et de mettre en lumière le fondement moral du droit de famille annamite et de dégager les influencess profondes de la doctrine de la Piété filiale sur les diverses institutions ‘juridiques familiales. Pour cela, nous croyons qu'il est bon et pratique d’étudier, d’une manière approfondie, les droits et devoirs du père de famille et des enfants que le Code Gialong et surtout celui des Lê exposent et fixent avec minutie. Nous nous efforcerons de suivre fidèlement les lois dans tous leurs détails pour pouvoir mieux

faire ressortir la sollicitude toute paternelle du lé-

gislateur, sollicitude qui constitue l'originalité et la caractéristique de la législation annamite. Par contre, nous nous abstiendrons de décrire les institutions juridiques familiales, sujet étranger à cette étude.

Comme la législation annamite commence à subir, — conséquence fatale de la colonisation, — l'influence sans cesse croissante du droit français, nous croyons qu’il est intéressant de comparer le droit de famille annamite à celui des anciens Romains et des Français, afin d’en montrer des différences essentielles.

Ce modeste travail étant ainsi circonscrit, nous nous efforcerons de l’accomplir le plus consciencieusement possible. Nous nous estimerons suffisamment récompensé de nos efforts, si nous avons pu fixer l'attention du lecteur sur le caractère éminemment moral et moralisateur de la législation, de ce peuple millénaire si profondément imprégné de la doctrine de la Piété filiale et si fidèlement atta-

ché au culte des ancêtres que sont les Annamites.

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