‹ De la pigmentation des muqueuses dans la mélanodermie phtiriasique et du diagnostic différentiel de cette affection avec la maladie d'AddisonChapitre 12 sur 29 · Température normale · texte numérisé non relu

Température normale

& juin. — Le malade allait mieux depuis quelques jours, intelli-

.gence moins obtuse, sommeil meilleur, lorsque se déclare un érysipèle débutant au niveau du nez, s’accompagnant de phénomènes délirants. La température remonte à 38° 7.

7. — L’érysipèle a disparu en quelques heures, plus de délire ni de température (37°), l'appétit est bon, le sommeil revient. Le malade a pu passer une partie de la journée dans un fauteuil, la teinte de la peau semble un peu moins foncée.

25. - Etat général beaucoup meilleur, le malade se lève et marche : la diarrhée, les œdèmes, les douleurs erratiques dans les membres ont complètement disparu. L'appétit reste excessif et les indigestions fréquentes. Température normale.

l®* juillet, — Nouvel érysipèle à la face, qui évolue en deux

= jours sans fièvre notable. Malgré cet incident, l’état général con- - tinue à s'améliorer, la teinte de la peau semble moins foncée. |

18. — Le malade marche assez bien, suffisamment pour qu'on puisse le faire descendre et l’emmener en voiture jusqu’à la Société

! de médecine, où il est présenté par M. le Prof' Bondet. Il a repris un certain embonpoint; plus de cachexie, intelligence en grande partie revenue. Quoique les pediculi aient complètement disparu depuis longtemps, un certain prurit persiste. La teinte de la peau est plus claire, mais présente toujours la même disposition Fur-

. furs plus nombreux. Les taches pigmentaires du palais et de la joue gauche ont disparu ; les trois du côté droit persistent.

3 août. — Le malade se lève toute la journée. Etat général bon ; fonctions digestives régularisées ; la teinte de la peau s’éclaircit de plus en plus. Seul le prurit persiste toujours. 77 n’y a plus trace de pigmentation au niveau des muqueuses.

17. —- Depuis deux jours le malade ne se lève plus. Température : 40° ce matin. Il à déliré cette nuit, il ne répond pas aux questions. Dyspnée vive. Rien de bien net à l’auscultation, un gros râle trachéal couvrant tous les autres bruits. À la percussion, on trouve de la matité au sommet droit. ;

18. — Les phénomènes se sont encore aggravés ; le malade meurt dans la journée de sa pneumonie.

Autopste. — On trouve un foyer d’hépatisation au sommet droit. Les autres organes, en particulier les reins, sont sains. Les capsules surrénales ne sont pas altérées.

Observation VIII

DanLos, Société de Dermatologie, 1897, et thèse de GAvANIÉ, 1897-1898.

J. B. , âgé de 70 ans, commissionnaire, entre à l'hôpital, le 23 novembre 1897. Originaire de la Savoie.

Antécédents héréditaires. — Rien d’intéressant. Il est l'aîné de 13 enfants et les renseignements qu’il nous donne ne nous éclairent qu'imparfaitement sur le sort de ses frères ou sœurs auxquels il

s’est peu intéressé. Son père est mort à 45 ans d'une affection indéterminée ; sa mère a vécu jusqu’à 85 ans.

Lui-même est venu à Paris en 1856, à l’âge de 26 ans, il s’est marié en 1854, sa femme mourut au bout de 4 ans d’une affection interne. :

Quant à lui, il n’a jamais été malade, cependant il accuse vers sa . dix-huitième année quelques accès fébriles de courte durée.

De 1856 à 1891, il a été employé de magasin et à l'abri des privations et des parasites.

Mais de 1891 à aujourd'hui, affaibli par l’âge, ne trouvant plus de place comme homme de peine dans les magasins, il a dû, pour vivre, recourir aux maigres ressources du métier de commissionpaire au Coin des rues.

Depuis six ans, il est exposé à toutes les intempéries, couchant dans un taudis, ne mangeant pas toujours à sa faim.

Au commencement d'octobre, il a pris froid, la toux s’est montrée surtout la nuit. L'affaiblissement s’est accentué, une œdème d’abord péri-malléolaire n’a pas tardé à envahir la jambe jusqu’ au niveau du genou. L’appétit est diminué.

C’est dans cet état qu'il entre à l'hôpital le 23 novembre.

On constate alors avec de nombreuses colonnes de pédiculi, des lésiors de grattage moyennement prononcées qui ne laissent aucun doute sur la pigmentation de la peau.

En effet, le malade offre sur tout le corps, excepté peut-être à la face qui à une apparence subictérique, une coloration notable des téguments.

La peau a un aspect bronzé général allant même en certains endroits Jusqu'au noir intense.

Les points les plus pigmentés sont :

En avant :

4° Le creux sus-claviculaire et F devant de la poitrine ;

2° Une bande hypogastrique aflant d'une épine iliaque antérosupérieure à l’autre, à la façon d’une ceinture ;

3° Le scrotum ;

&° Au devant des cuisses, une bande parallèle au pli de flexion et allant aboutir à la face interne ;

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